II INTRODUCTION
notre intelligence puisse trouver son repos et entretenir sa vie ; si nous sommes ensuite animés du légitime désir de porter à ceux qui cherchent encore la consolation que nous avons trouvée, c'est, — ne craignons jamais de l'affirmer, — c'est dans la science expérimentale que nous devons chercher les moyens de connaître ; c'est par elle que nous devons marcher. Le scepticisme, le doute universel régne au sein de notre âme; son œil scrutateur, que nulle illusion ne fascine, veille au fond de nos pensées. Ne trouvons pas mauvais qu'il en soit ainsi ; ne blâmons pas Dieu de ne pas nous avoir révélé toutes choses en nous créant, et de nous avoir donné le droit de discussion. Ce caractère de notre être est bon en lui-même : il est la grande condition de notre progrès. Mais si le scepticisme veille en nous, le besoin de croyance nous attire. Nous pou-
vous douter; mais nous nous sentons dominés et emportés par Tinsatiable désir de connaître. Il nous faut une cropnce ; les esprits qui se vantent de n'en avoir aucune sont les plus près de tomber dans la superstition ou de s'évanouir dans l'indifférence.
INTRODUCTION. tu
L'homme porte en sa nature une si impérieuse nécessité de s'arrêter à une conviction, particulièrement au point de vue de l'existence d'un ordonnateur du monde et de la destinée des êtres, que si nulle foi ne le satisfait, il a besoin de se démontrer que Dieu n'existe pas, et cherche le repos de son âme dans l'athéisme et la doctrine du néant. Aussi la question actuelle qui nous passionne n'estelle plus de savoir quelle est la forme du créateur, le caractère de la médiation. Tinfluence de la grâce, ni de discuter la valeur des arguments théologiques : la véritable question est de savoir si Dieu existe ou s'il n'existe pas. Or on doit remarquer qu'en général la négative est soutenue par les expérimentateurs de la science positive, tandis que l'affirmative a pour principaux défenseurs des hommes étrangers au mouvement scientifique.
Un observateur attentif peut actuellement apprécier dans la société pensante deux tendances dominantes diamétralement opposées.
D'un côté, des chimistes de la nature occupés à traiter et à triturer dans leurs laboratoires les fai^^ matériels de la science moderne,