DITES-MOI QU’IL EST AU CIEL
« Le vénérable pasteur ne répondait que par ses larmes. »
Nous ne sachons pas de mot plus sublime. Celui de l’abbé Edgeworth à Louis XVI: Fifo de Saint’ Louis, montez au Ciel!
DIEU
Qu’on dise à présent que les Stuarts sont les seuls rois nés, mourants ou survivants, malheureux!
Mais c’est surtout le GRAND LIEU de la castastrophe qui est mémorable :
La Capitale de la France , c’est-à-dire la vraie Chambre des représentants cl même des députés de tous les départements , et... de tous les pays -,
La ville de PARIS, la grande Ville, le grand théâtre déplus en plus progressif de la vérité et des erreurs, du bien et des maux , de toutes les causes, de tous les moyens, de tous les résultats, des révolutions bienfaisantes et des révolutions désastreuses...
Ce Paris , qui, la veille encore, venait de se montrer colère, et, il faut le dire, ingrat envers le roi... qu’il avait fait , en lui envoyant pour députés les hommes capables de le défaire;
Ce Paris , qui n’a plus aujourd’hui d’espérances que dans un enfant de son nom!
Et d ans quel quartier de Paris?
La Barrière de Y Etoile ! Y Arc -de -Triomphe ! les Champs-Elysées !
Le lieu le plus beau, le plus riche, le plus royal ;
A égale distance, au milieu des quatre grands Palais royaux de ville et de campagnes des deux augustes branches de la Maison de Bourbon, si bonne
ne montre que la puissance du Prêtre sur Dieu; celui de Marie-Amélie (les deux plus beaux noms) suppose la puissance, que nous croyons réelle, du simplcFidèlesurle prêtre !
aux peuples les plus ingrats : le Palais-Royal et Neuilly (*), — les Tuileries et Saint-Cloud !
(Versailles, cette grandiose majesté surannée, décime..., le Palais- Royal des Parisiens, des bourgeois de Paris, avait été assez frappée deux mois auparavant...)
Et le PETTT LIEU (5) de la chute aussi prodigieuse qu’effroyable...
Mais c’est ici surtout que nous rentrons dans la seconde partie de notre pensée : la moralité, la philosophie, la théologie du fait , et la solution si aisée, si faite déjà par tout le monde, du problème de son explication.
* 4U , il.
ili ©i faut-
Le fait, on peut le dire, car tous les journaux euxmêmes l’ont dit j, et tout le monde surtout l a pensé ,
(*) La fatalité rappelait de toutes ses forces le prince à Neuilly :
Le Globe de Londres rapporte, d’après sa correspondance de Paris, l’anecdote suivante :
« Le duc d'Orléans avait pris congé de sa famille à Neuilly, où il ne devait pas retourner. Mais, ayant terminé plus tôt qu’il ne le pensait une inspection militaire, il regarda sa montre et dit : « Je suis en avance de plus de trois « quarts d’heure ; cela me suffit pour courir à Neuilly, leur « dire seulement au revoir. »
(5) ( Vo y. cette Note à la fin.
DIEU
le Fait est immense, il est inouï, il est unique, peutêtre depuis la fondation de la monarchie française.
L’antiquité elle-même n’offre rien qu’on puisse lui comparer.
Les conséquences politiques et morales, médiates et immédiates, du fait ne sont pas moins immenses.
Tout le monde le sent encore.
Seulement la conséquence qui occupera le plus le monde et les Chambres, c’est la plus petite (comme il arrive toujours) : la régence.
Mais ce que tout le monde abesoin, apparemment, qu’on lui apprenne, ce sont les causes , et même les grands faits d’une grande calamité;
Et d’abord celui qu’on n’a point d'homme coupable à chercher, ou seulement à imaginer ici, pour ajouter un second malheur apparemment à un premier.
Et ceux-là même qui songeraient à profiter de près ou de loin de la catastrophe , n’auront nul homme à en remercier.
Celle seule considération est mémorable.
Ainsi les Clausel de 1842 ne diront point cetle fois aux Decazes, s’il y avait des Clausel ou des Decazes, s’il y avait surtout des Berry en 1842 : « C’est Vous qui avez assassiné le duc de Berry. »
Si donc, il y avait quelqu’un à accuser ici, s’il y avait quelqu’un à remercier (le plus grand malheur n’est que le meilleur bon à quelque chose , et les journaux les plus dépendants ou indépendants l’ont dit
des le 14 juillet) (4), ce serait DIEU SEUL assurément (5) î
On croit voir une application éloignée de ces paroles de V Ancien-Testament aux livres VIII et XI de Y Exode : Bigites Bel est hic.... Et morietur omne primogenitum in terrâ Ægyptomwi à prirno genito Pharaonis qui sedet in solio.., et dont le résultat
doit être la gloire de Dieu et du Roi lui-même : Et adorahunt me...
Quant à moi (et j’ose le dire pour le royaliste vrai comme pour l’Église) , j’étais prêt, Dieu le sait, à remercier Dieu de la mort de Henri V le 27 juillet 1840, comme je le remercie de celle du duc d’Orléans le 15 juillet 1842...
L’enseignement du 15 juillet, bien plus certes que celui du 21 janvier 95, que celui du 15 février 1820, que celui des trois jours de 1850, que celui de juillet 1835, que toutes les Providences si visibles, si avouées, si proclamées, de tous les attentats de Fieschi et consorts contre le roi, est avant tout un enseignement aux rois.
Dans tous les autres cas, il y avait haines privées ou publiques de sujets, et, disons- le, de mauvais sujets à Souverains : et les meilleurs de ceux-ci n’ont souvent que les pires des autres.
Je conçois que Dieu se mette alors du côté des princes, pare les coups qui leur sont portés , et les fasse rétroagir contre leur point de départ.
(4) (5) Voy. les à la fin.
DIEU
C’est qu’alors il y a régicide.
Mais lorsque l’amour porté, et, je le dirai, dû au jeune prince royal, exclut jusqu’à la pensée d’un ennemi personnel ou politique... il faut voir, ou nulle part, ou jamais, dans la mort de ce prince : toute seule, et libre, la Main de Dieu,... toujours amie, surtout amie salutaire dans ses rigueurs.
DIEU enfin, ou rien !!!
Et, pour ma part, je ne crois pas plus à Dieu luimême qu’à sa bonté, le 13 juillet, pour le royaume très-chrétien, et pour les Fils aînés ou cadets de VE glisej, sans excepter les à' Orléans- Egalités (car il y a égalité surtout devant la mort) , qu’il exécute, tantôt de la main de l’innocent bourreau , tantôt de celle des Conventions coupables , et tantôt de la main ingénieuse, si j’ose le dire, d’un écuyer, ou mieux encore, de l’ardeur d’un cheval orgueilleux ! — Et qu’il « n’exécute jamais, dit l’ami et même le courtisan des rois par excellence, Bossuet, que comme son dernier moyen d’en faire des martyrs et des élus. » — En sorte que l’abbé Lothringer (6), qui reçut et scella le repentir de l’âme du père du roi de France actuel, la veille de sa mort sur l’échafaud qu’il avait dressé pour un autre , put lui crier, comme l’abbé Edgeworth à Louis XVI : Fils de saint Louis , montez au ciel!
L’abbé Coquereau a pu le dire, et, quoi qu’il en soit, je le dis, moi, et hardiment, dans la foi et dans
(6) Voy%- la à la fin.
la logique les plus profondes, du prince royal le 15 du mois fatal et providentiel à la fois (*) :
(*) Tous les loyalistes eux-mèmes ont dit avec M. le vicomte de Maumigny : « Qui ne tressaillit en entendant ce cri de l’amour maternel : « J’étais trop heureuse et trop « fière de lui ; Dieu me l’a enlevé. »A ces plaintes déchirantes : « Ce n’est pas trop, mon Dieu I mais c’est beaucoup,
« oui, c’est beaucoup ! »
« Qui, d’un œil sec, a pu lire le récit de cette scène de désolation? Le roi, les princes et les princesses se sont précipités à genoux en arrivant. « Ferdinand! mon pauvreFer- «dinand! criaient-ils, réponds-nous ! Oh ! réponds-nous!..» La reine tirait des larmes de tous les yeux par sa douleur et par les prières ferventes qu’elle adressait au ciel (*). Elle est restée quatre heures au pied du matelas où son fils agonisant était étendu. En arrivant, Sa Majesté détacha une petite médaille, qu’elle porte sur elle depuis le jour de sa première communion, et la plaça sur le cœur de son fils chéri (**). »
« Puis, quand l’infortunée princesse vit impuissants tous les secours de l’art, tournant alors ses regards vers une autre vie : « Par pitié, Monsieur, dit-elle au prêtre, priez « encore pour mon fils; dites-moi qu’il est au ciel (***).» Et le prêtre ne pouvait répondre que par des larmes, car c’était le secret de Dieu.
« Le prince, en effet, n’a pas recouvré la parole ; mais il a paru sensible à plusieurs phrases qu’il comprenait. En pouvait-il être autrement, lorsque sa pieuse mère et ses sœurs s’abîmaient au pied de son lit dans une prière ardente,
(*) Parisien,— * (**) Débats, — (***) Siècle.
DIEU
0 pensées humaines, ô humaine justice! que de choses il vous manque pour être vraies ou justes !
La leçon ici fut donc admirable pour le prince malheureux : car s’il a eu dans sa chute et depuis, et même avant (7), une pensée (et je suis sûr qu’il en a eu mille), elle a été pour le Dieu... qu il avait plus d’une fois proclamé (* *).
demandant par-dessus tout une fin chrétienne pour celui qu’elles allaient perdre (*)? »
L’éloquent archevêque de Bordeaux, que le prince royal voulait à toute force élever au siège de Paris, mieux inspiré, a dit mieux : « La Prière d'une Mère n’est-elle pas du nombre de celles qui pénètrent les deux?»
(7) Foy. à la fin.
(*) Le prince a répondu à l’archevêque de Bordeaux, dans une circonstance solennelle :
« Monsieur l’archevêque, j’en ai la ferme confiance, les prières que vous allez adresser à Dieu seront exaucées. Je partage les sentiments qui vous animent pour la prospérité de ce département et pour le bonheur de toute la France. Le roi, comme vous l’avez dit, saura les vœux que vous venez si bien d’exprimer en faveur de la population bordelaise, dont vous êtes le pasteur chéri, et à laquelle vous faites journellement tant de bien. Quoique absent , le roi , soyez-en sûr, s’associe à nos prières ; avec vous , monsieur l’archevêque, il demande au Ciel l’union de tous les Français , ÉGAUX dans son cœur , comme devant la loi et devant Dieu. »
(*) Univers,
Si
La leçon est bien autrement grande et éclatante pour le roi, pour toute la famille du roi, pour toutes les branches de la famille du roi..., toutes frappées dans leur Tête la plus sacrée.
C’est à présent que le roi saura que Dieu est patient parce qu'il est éternel , et que ses providences agréables (8) apparentes sont souvent grosses de providences terribles.
. C’est à présent, et désormais, que le roi
des Français (que j’appelle roi de France par orgueil de Français) saura, à n’en plus douter (*), que celui qui craint Dieu n’a rien à redouter des hommes 5 qu’il n’a rien surtout à redouter de Dieu -, et
Et à M. l’évêque de Bayonne :
« Je vous remercie, Monsieur, de l’appréciation que vous venez de faire du concours que prête le roi au maintien et à l'affermissement de la religion. Oui, la religion doit exercer une salutaire influence sur les peuples, lorsque ceux qui sont chargés de la leur enseigner se renferment, comme vous, dans l’exercice deleursaintministère. Je vous remercie pour madame la duchesse et pour moi des vœux que vous avez bien voulu faire pour nous, et des prières que vous allez adresser au ciel pour ma famille et pour la France. »
« Après le chant de YExaudiat et du Domine salvum , le duc et la duchesse ont visité la cathédrale et se sont rendus à l’évêché. »
(8) Voy. à la fin.
(*) On lit dans la Patrie du 25 Mai :
« Si l’on en croit quelques récits qui viennent de bonne source, un luxe inusité de précautions entoure en ce mo-
DlEt)
que ses vrais gardes-du-corps sont les admirables Évêques qu’il se complaît à clire, et surtout celte Médaille miraculeuse qu’il portait, nous le savons..., au jour de son miraculeux salut à la machine infernale -, — mais aussi que la Providence sait, en temps et lieu, échappera la police, qui, elle-même, n’échappe point à la Providence, et qu’elle sait (s'il le faut à toutes ses sortes de justices) faire trouver la mort... jusque dans la vie et pour elle !
ment la résidence de Neuilly. On sait déjà qu’une nombreuse garde veille aux issues de ce palais et en défend les abords avec une rigidité qui témoigne au moins de la méfiance. Mais ce qu’on ne sait pas, c’est que tous ces frais ombrages de l’île qui est en avant du parc, tous ces bosquets touffus, recèlent des factionnaires dont les armes sont chargées, cl qu’il serait dangereux de se laisser séduire par les charmes de ce feuillage.
« On dit même que la surveillance s’étend beaucoup plus loin y ainsi des patrouilles de cinquante hommes partent, dit-on, de quart d'heure en quart d’heure de la caserne de Courbevoie et se croisent sans cesse du pont de Neuilly à celui d’Asnières, sondant tous les buissons, les fossés, etc. Voilà pour l’armée de terre. La marine a aussi son service : chaque nuit des embarcations montées par des marins armés font une croisière active dans les eaux de Neuilly et exercent le droit de visite sur tous les bateaux qui s’approchent de l’île. Enfin, assure-t-on, des sapeurs sont placés à la tête de chacun des petits ponts qui vont de l’ile au rivage du côté du parc, et ont ordre de les couper au moindre
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre ,
N’en défend pas nos rois.
C est à présent, et accessoirement, que le roi de France sc gardera bien sans doute de répéter la Saint- Philippe à Versailles le jour consacré à Dieu dans tous les temps et chez tous les peuples;... et qu’il ajournera à cent années, à la façon de l’Aréopage, les causes qui ne sont pas entendues ,... les fêles de juillet , lesquelles seraient à jamais le lendemain de son immortel deuil.
Les Fêtes politiques le jour de la fêle de Dieu, le Dimanche , mêlées aux fêtes de Dieu, et par conséquent exclusives des fêtes de Dieu ( Celui qui n'est pas pour Moi, est contre Moi, dit Dieu lui-même); — les fêtes... impolitiques surtout, fussent-elles le lundi, sont, désormais, et à jamais, frappées de malédictions divines éclatantes : les premières par la catastrophe du Dimanche même sur le Chemin de fer de Versailles; les autres par la Chute d’un jour (*) plus
(*) Le Treize Juillet ! — Quand ce n’eût pas été le jour fatal du plus lâche, du plus effroyable, du plus fanatique assassinat de l’ère régicide moderne, c’eût été juste le jour qu’il fallait aux royales funérailles de l’auguste Victime pour êlre prêtes treize jours après, les 27, 28 et 29 juillet, et coïncider avec nos jeux malgré Minerve.
Et nous ne voudrions pour le prouver que l’avancement de l’ouverture des Chambres à la veille de ces trois jours , et l'ajournement des funérailles du prince royal au lendemain.
On peut dire de celle Fête, ce que Tacite dit de l’image
{54 dieu
mémorable encore sur le Chemin de pavés de Neuilly.
Les Chemins de fer universels et les Forts détachés de Paris, celui surtout du Calvaire, sont frappés de la même malédiction par un contre- coup visible....
C’est aussi à présent que Louis-Philippe appréciera la catastrophe du 13 février à l’Opéra...
Leçon immortelle, leçon ad hominem, au duc de Bordeaux, si jamais il se trouve rappelé formellement par la Providence, plus forte et plus légitime apparemment à faire ou défaire des rois ou des chartes, que toutes nos assemblées passées, présentes ou futures, car il faillit, lui aussi (et quel jour et à quel anniversaire!), être envoyé avant le temps, Fils de Saint-Louis , au Ciel.
Leçon immortelle enfin pour les rois de toute origine et les souverains de tous les trônes, lesquels entendront enfin cet Exaudiat sublime, et aujourd’hui si pittoresque , qui nous a fait dire, et osons le dire, inspiré, au mois de juillet 1841, cette Note glorieuse et finale de nos M agnificences de la Religion, qui peut passer pour une véritable prophétie :
Car l’Ecriture Sainte est surtout faite pour et contre les Rois : c’est à Eux que le Roi Prophète dit qu’il les fait s’ échapper du Chemin: « Elfusa estcon-
de Brutus seule absente aux funérailles de Germanicus , qu’on la voyait d’autant mieux qu’elle n’y était point : Prœfulgebant Cassius atque Brutus co ipso , quod effigies eorumnon visebanlur . Ann. III.
DEVANT PARIS. 5o
temptio super principes, errare fecit eos in invio , et non in viâ. ...Videbunt recti , etlætabuntur : et omnis iniquitas oppilabit os suum. Quis sapiens, et custodiet hæc? et intelliget misericordias Domini? — dans le verset treize du Psaume 75 : que « Dieu est terrible : Terribili et ei qui aufert spiritum Principum , terribili apud Reges terræ ; et dans le Dixit „ que Dieu brise leur Tête dans sa colère : Confregit in die irœ suœ Reges.... Conquassabit Capita....
Dieu au livre IV des j Rois, v. 19, se dit le Seul Dieu des Rois : Deus solus Regum.
Or, voici nos propres paroles dans les Magnificences de la Religion :
« .... Enfin, un Enfant que sa seule position a déjà fait homme, et, à certains égards, Roi, et plus que Roi (puisqu’à sa destinée est appendue celle de tous les Rois) , . . . . échappé à la mort le jour même que sa royauté pensa périr, et presque aussi miraculeusement qu’à sa naissance il avait échappé au fer de Lou..ve., mais en proie aux douleurs les plus aiguës, criant au vaillant Clouet : AllonSj Gènéralj c'est pour compléter mon Éducation que Dieu m'a condamné à cette épreuve de patience.
« Tl faut que la Providence qui veille sur les jours de Monseigneur le Duc de Bordeaux soit bien grande! Elle a frappé les Fidèles jusque dans YEæaudiat que les hommes inconvertis de 1859 ne sauraient, sans dérision, chanter pour eux-, car il raconte I histoire du Secret de leur cœur ;
DIEU
.... Nunc Cognovi quoniam Satvum fecit Dominas Cl iristum Suum..,i
HI IN CURRIBUS ETUI IN EQUIS : 110s in Nomme Domini...
lpt1 ceciderunt, nos Surreximus et Erecti sumui :
ainsi traduits dans la Bible de Saci, cdit. de 1727 :
« Quant à eux, ils sont tombés; au lieu que nous nous sommes relevés , ET AYONS ÉTÉ REDRES¬ SÉS . » (C’est à n’en pas croire sa raison ni môme
scs yeux.)
« Nous verrons bien!....
« S’il n’y avait en effet, dans la Erancc et même dans l’Univers, qu’UN Homme à plaindre, à trembler d’être, et avant tout, à scs propres yeux (en sc voyant d’un autre poinlde Vue que celui du Ciel).... ce serait... Louis-Philippe : lequel, petit-fils de Louisle-Grand comme Henri Y, et posé à se trouver Roi de France par la Grâce de Dieu, a accepté, je ne dirai pas la chance de 3000 lâches assassinats dans la rue, mais seulement celle de sa définition imitée de Rivarol à Mercier (l’auteur du Tableau de Paris'), et qu’on prête au nouveau Roi de Prusse : Pensé dans la Rue , sacré sur la Borne ,• — et du premier mot qui me vient, à moi , à celte seule occasion , de la seule force du principe Constitutionnel d’où le Roi relève :
Sous un Bourbon sujet, tout Sujet est... Bourbon...
« Raillerie à part, je dirais volontiers, mais presque seul des Royalistes, aux quelques malheureux.... qui
ont pensé faire ce que Dieu seul s’est réservé . ,
comme Châteaubriaud à madame la Duchesse de
Berry : Messieurs , votre Fils est mon Roi .
« Mais à la charge de sauver la Pairie et surtout la
Religion, à tout prix . « Sans excepter celui de
ma Légitimité , » a déjà dit Henri Y.
« X. ces titres , je rends à Louis-Philippe plus que i estime qu’il a , je le sais, pour mes principes , et par conséquent pour moi ; — Sinon , non , comme disaient jadis je ne sais quels Cortèz à je ne sais quel nouveau Roi de Castille.
« S’il n’y avait, au contraire, en ce moment, qu’UN seul Français Heureux selon Dieu, et selon le monde, ce serait assurément cet Enfant qui nous était né, et qui vient de nous être conservé à tous. . . . , et qui sait déjà régner sur la douleur et sur lui même , à l’exemple de son immortel Père , et , sans doute aussi, à la précoce Imitation de sou Dieu : car, nous ne sortons jamais de notre sujet chéri que pour le rendre plus visible et peut-être plus aimable, même aux Septembriseurs qui songeraient à lui appliquer leur Droit criminel.
« Et, en parlant de bonheur ou de malheur, qui pourrait oublier, après l’avoir apprise, cette révélation magnifique du Fils de Dieu lui-même à un Saint qui s’étonnait, sans réflexion, à la vue d’un contraste apparent de deux Hommes du monde : l’un criminel, et toujours prospère.... en apparence \ l’autre incessamment vertueux , mais souffrant toujours : — «C’est
DIEU
qu’à leur mort, je ne veux rien devoir à l’un, et avoir tout à donner à l’autre ? ».... :
« Car l’Homme-Dieu, pour être remonté au Ciel, ne s’est pas départi à jamais apparemment de parler à ses enfants : et, pour moi, je crois à la divinité de cette parole, fut-elle humaine , précisément parce qu’elle est magnifique. »
Leçon immortelle pour la Capitale de la France et pour toute la France, qui a lu dans l’Office même de la semaine du Treize juillet 1842 (par une vraie coïncidence inouïe, il se trouvait précisément être aussi l’ Office de la grande semaine de 1850) ces paroles quadruplement Historiques de quatre grandes catastrophes, dont la dernière est la pire : la Révolution de juillet, la ruine ou la profanation de Saint - Germain- V Auxerrois et de Sainte-Geneviève quelques jours après ; les prétendues fortifications de Paris , et la mort du Treize Juillet, depuis :
« Tout ce que vous nous avez fait, Seigneur, vous l’avez fait très-justement , parce que nous avons péché contre vous, et que nous n’avons pas obéi à vos commandements -, mais donnez gloire à votre nom, et traitez-nous selon la Grandeur de votre miséricorde. Vous nous avez rejetés, ô mon Dieu, et vous avez exercé sur nous la rigueur de vos jugements -, mais après nous avoir fait sentir votre colère, vous avez eu pitié de nous.
« Omnia quœ fecisti nohis , Domine f in vero judicio
fecisti , quia peccavimus tibi , et mandatis tuis non obedivimus ; sed da gloriam nomini tuo, et fac nobiscum secundum multitudinem misericordiæ tuæ. Deus, repulisti nos, et destruxisti nos : iratus es, et misertus es nobis.
Epître de saint Paul aux Corinthiens , 10 :
« Vous ne devez pas ignorer, mes frères, que nos pères ont tous été sous la nuée*, qu’ils ont tous passé la mer Rouge $ qu’ils ont tous été baptisés sous la
conduite de Moïse dans la nuée et dans la mer .
Il y en eut peu d’un si grand nombre qui fussent agréables à Dieu -, car ils périrent presque tous dans le désert. Or, toutes ces choses ont été des figures de ce gui nous regarde , afin que nous ne nous abandonnions pas aux mauvais désirs, comme ils s’y abandonnèrent. Ne devenez point non plus idolâtres comme quelques-uns d’eux, dont il est écrit : Le peuple s’assit pour manger et pour boire, et il se leva pour danser autour de l’idole. Ne commettons point de fornication, comme firent quelques-uns, ce qui fut cause qu’il y en eut vingt-trois mille qui périrent dans un seul jour. Ne tentons pas Jésus - Christ comme le tentèrent quelques-uns d’eux , qui furent tués par les serpents. Ne murmurez point comme murmurèrent quelques uns d'eux , qui furent frappés de mort par l'Ange exterminateur. Or toutes ces choses qui leur arrivaient étaient des figures ; et elles ont été écrites pour nous instruire, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Que celui donc
60 DIEU
gui croit être ferme, prenne garde de Tomber Evangile scion saint Luc , ]6 :
« Eu ce temps-là Jésus étant près de Jérusalem, et voyant cette ville, il pleura sur elle, et il dit : Ah ! si du moins en ce jour qui t’est donné tu connaissais ce qui peut procurer la paix ! mais maintenant tout cela est caché à les yeux. Car il viendra un temps malheureux pour toi, où tes ennemis V environneront de tranchées \ ils l'enfermeront et te serreront de toutes parts... — Car il est écrit : Ma maison est une maison de prières y et ils en ont fait une caverne de voleurs .»
Leçon immortelle pour le Petit nombre des Fidèles qui savent que l’Eglise a tout prévu, tout développé même, jusque dans leur Paroissien , qu’elle a aussi mis bien au-dessus de la Bible tout entière, dont il est le génie et la bienfaisance en action quotidienne.
Ouvrez en effet, dans ce livre par excellence, les Psaumes de la Férié, et lisez l’Office du Mercredi 15 Juillet, comme de tous les autres mercredis.
Car il faut le rappeler à ceux qui l’oublient et l’apprendre à ceux qui l’ignorent , le dire au moins, en attendant qu’on le prouve, à ceux qui le nient : Dieu, et par conséquent l’Eglise , a tout compté, a tout réglé, et surtout nos Journées et jusqu’à nos Heures.., de Chrétien.
Le Dimanche est plutôt le jour du à Dieu, le Lundi à la Trinité, le Mardi au Saint-Esprit, le Mercredi à Saint-Joseph, le Jeudi au Saint-Sacrement, le
Vendredi à Jésus souffrant, le Samedi à Marie.
Quoi qu’il en soit , les Psaumes du Mercredi en général ont un merveilleux et éclatant rapport avec le Mercredi particulier du Treize juillet 1842.
L’Eglise ne l’eût pas fait mieux dans uu àposteriori spécial, qu’elle ne l’a fait il y a des siècles à priori : car elle a pris, dans toute la Bible, l’œuvre principale d’un Roi, pour expliquer les devoirs et les malheurs, les vertus et les récompenses d’uu Roi) — et elle a pris, çà et là dans les 180 Psaumes de David, précisément ceux qui marquent spécialement ses infortunes et celles de sa malheureuse famille î . . . . la Chute d’un prince, V abîme, la mort , la mort avant le temps , la veuve et les orphelins , la prière pour les morts, etc.„ etc . Et tout cela en regard des senti¬
ments d’un Roi selon le cœur de Dieu, qui aspire à se trouver en sa présence et qui finit par le posséder.
A Tierce « Quand apparaîtrai-je enfin devant
Dieu? . M’entendrai-je toujours dire : Où est
votre Dieu ?.. L’abîme appelle l’abîme au bruit de vos
cataractes , Seigneur Mes os sont brisés : Con -
fringuntur ossa mea. — Seigneur, le Roi a demandé que vous lui conserviez la vie. — Par la miséricorde du Très-Haut, le Roi sera inébranlable : Non cornmovebitur. — Vous ferez périr leurs enfants : Et semen eorum à filiis hominum . — Bénissons le Seigneur qui m’a arraché à la mort : Qui redimit de interitu vitam tuam. — Le jour de l’homme est une herbe sèche, une fleur de champs ; Sicnt fœnum dies ejus , tan-
DIEU
quam flos agri. — Le Seigneur fait justice à la postérité de ceux qui lui sont fidèles. — Et justitia illius in filios filiorum. »
A Nones : — «J’ai dit : Vous êtes des Dieux..., mais vous mourrez comme des hommes, et vous tomberez comme un des princes (je ne dis rien de trop) ; Levez-vous , Seigneur, et jugez la terre : Vos autem sic ut homines moriemini, et sicut unus de Principibus Cadelis. Surge, DeuSj judica terrain.... — Jusques à quand les impies seront-ils glorifiés? Usquequo peccatores gloriabuntur ? . . . . Ils ont humilié le peuple
de Dieu ; .... Viduam et . pupillos occiderunt; et
ils ont dit : Dieu ne verra : Non videbit Deus. — Adoucissez, Seigneur, à vos enfants les jours mauvais : Ut mitiges à diebus malis , donec fodiatur pec catori fovea. — Sans Dieu j’étais perdu. Si je disais : Mon pied a été ébranlé, votre miséricorde, Seigneur, me soutenait : Paulominus habitasset in inferno anima mea. Si dicebam : Motus est pes meus , misericordia tua , Domine , adjuvabat . »
A Vêpres : — «Ceux qui se fientau Seigneur sont des montagnes inébranlables qui entourent Jérusalem, et Dieu est sa Fortification : Sicut mons , non commovebitur ,.... montes in circuitu ejus , et Dominas in circuitu. — A moins que Dieu lui-même n’ait bâti la maison, celui qui bâtit travaille en vain : Nisi Dominus œdi/icaverity etc. SI DIEU NE GARDE LA VILLE, EN VAIN ON VEILLE AUTOUR : Nisi Dominus custodierit civitatem , frustrà vigilat qui custodit eam.
— Heureux ie fidèle , il notera point confondu en pariant à l’ennemi aux portes de la ville : Cùm loquetur inimicis in portâ! — Mais après tout, il a crié au Seigneur de l’abîme : De profundis clamavi ad te , Domine, et le Seigneur l’a entendu, car il est plein de miséricorde : Quiaapud Dominum misericordia, etc. — Seigneur, mon cœur n’a point d’orgueil, et je n’ai point marché en char de triomphe : Neque ambulavi in magnis , neque in mirabilibus super me. »
A Complies enfin :« — Je mets ma confiance dans le Seigneur j... . j’ai passé sur la montagne comme un passereau... Il pleuvra des embûches sur les pécheurs j le feu, la tempête sont une partie de leur calice. — Il a dit dans son cœur : Il n’y a point de Dieu, Non est Deus... Sa bouche est un sépulcre béant : Se-
pulcram patens guttur eorum... Le malheur est dans
ses voies : Contritio et infelicilas inviis . Il trem¬
ble, là où il n’y a pas même lieu d'avoir peur : Illic trepidaverunt timoré ubi non erat timor. — Le fidèle , au contraire , bénit le Seigneur de linstruire jusque dans la nuit et dans ses reins ^ et d’être incessamment à sa droite : Et usque ad noctem incre puerunt me renes mei. Providebam Domino in co/ispectu meo semper : quoniam à dextris est mihi3 ne commovear. — Et ma chair s’est reposée en espérance : Et caro mea requiescet in spe. — Et vous m’avez fait connaître, Seigneur, les chemins de la vie : Notas mihi fecisti vias vitœ. »
Et puis ce mot incroyable : Sobrii estote . ///
DIEU
Et par une suite de singularités prodigieuses, l’Office du Mercredi comprend précisément les deux Psaumes les plus terribles des ISO : le Treizième et le quatre-ving [-Treizième : le premier, celui de V Athée : Dixit insipiens : non est Deus ,• — le second, celui du Dieu vengeur : Deus Ultionum , etc.
Mais il existe une autre sorte de prophétie du Treize juillet, encore plus frappante frappante par elle - même ; — frappante parce qu elle suit immédiatement, dans l’ordre providentiel des Livres Saints, celle des annonces des Feux, de la Vapeur, et des grandes circonstances de leur Explosion (*).
Le prophète Joël a dit, en toutes lettres, la catastrophe du Huit Mai 1842; le prophète Amos fait presque le tableau Daguerréotype de celles du Treize Février et du Treize Juillet.
Et d’abord il annonce l’incendie des Hambourg de son temps : Et mittam Ignem in murum Tyri, et de vorabit œdes ejus.... — Mittam ignem in Themam, et devorabit cédés*. — Et succendam ignem in muro Rabba , etc... El ignem mittam in Moab, et devorabit œdes Carioth... Et in Jérusalem, etc., super tribus sceleribus H!
Et il annonce les Enfants qui en seront les prophètes : Et suscitavide filiis vestris in Prophetas ; et les conversions des Ratisbonnes qui en seront le fruit : Et de juvenibus vestris Nazarœosü!
(*) Yoyez-les dans la Théologie des Chemins de Fer, p. 62 , etc#
Et au verset Treize : « Voici que je vais faire sur vous le bruit d’un Char : Ecce ego stridebo super vos, Sicut siridet Plaustrum; — et le plus habile Ecuyer ( Ascenior Equï) ne sauvera pas sa vie 5 — et le plus fort entre les forts s’en ira nu en ce jour, dit le Seigneur. »
Puis le petit Prophète Àmos fait dire (*) au Seigneur, en mêlant les morts du 8 Mai à la mort du 15 Juillet:
2. Je n’ai connu que vous de toutes les nations de la terre -, c’est pourquoi je vous punirai de toutes vos iniquités.
5. Deux hommes peuvent- ils marcher ensemble, à moins d’être dans quelque union coupable?.. ..
6. La trompette sonnera-t-elle dans la ville sans que le peuple soit dans l’épouvante? Y arrivera-t-il quelque mal qui ne vienne pas du Seigneur ?
7. Car le Seigneur Dieu ne fait RIEN sans avoir révélé avant son secret aux prophètes ses serviteurs.
8. Le lion rugit, qui ne craindra point? Le Seigneur Dieu a parlé, qui ne prophétisera point ?
9. Faites entendre ceci dans les maisons d’Azot et dans les palais d’Egypte , et dites : Assemblez-vous sur les montagnes de Samarie, et voyez les extravagances sans nombre qui s’y commettent, et de quelle manière on opprime au milieu d’elle les innocents par des calomnies.