En ce jour-là, dit le Seigneur Dieu, le soleil se
couchera eu plein midi , et je couvrirai la terre de ténèbres, lorsqu’elle devrait être pleiue de lumière.
10. JE CHANGERAI YOS FETES EN LAR¬ MES, et vos chants de joie en plaintes. Je vous réduirai tous à vous revêlir d’un sac, et à vous raser la tête. Je plongerai Israël dans les larmes, comme UNE MÈRE QUI FLEURE SON FILS UNIQUE, et la fin ne sera qu’amertume.
11. — Il viendra un temps, dit le Seigneur, que j’enverrai la famine sur la terre, non la famine du pain ni la soif de t’eau, mais de la parole du Seigneur.
Mais c’est le texte qu’il faut lire dans sa beauté de la Yulgate :
. Si erit malum in civitate quod Dominus non
fecerit? Quia non facit Dominus Deus verbum nisi revelaverit secretum suum ad servos suos prophetas. Léo rugiet, quis non timebit ? Dominus Deus locutus est, quis non prophetabit ? Auditum facite in ædibus Asôti , et in ædibus terræ Ægypti, et dicite : Congregamini super montes Samariæ, et videte insanias multas in medio ejus, et calumniam patientes in penetralibusejus. Et nescierunt facere rectum, dicit Dominus : thésaurisantes iniquitatem et rapinas in ædibus suis. Propterea bæc dicit Dominus Deus : Tribuîabitur et circuetur terra; et detrahetur ex te fortitudo tua, et diripietur œdes tuœ....
Audite verbum hoc, vaccæ pingues, quæ cstis in monte Samariæ : quæ calumniam facitis egenis, et confringitis pauperes'. quæ dicitis dominis vestris ;
DIEU
Afferte et bibemus. Juravit Dominus Deus in Sancto suo j quia ecce dies venient super vos , et levabunt Vos in contiSj et reliquias vestras in ostis ferventibus. Et per aperturas exhibitis altéra contra alteram, et projicieraini in Armon, dicit Dominus....
Misi in vos modem in via Ægypti, percussi in gladio juvenes vestros , usque ad captivitatem equorum vestrorum : et ascendere feci putredinem castrorum vestrorum in nares vestras : et non redistis ad me, dicit Dominus.
Subverti vos, sicut subvertit Deus Sodomam et Gomorrbam, et Facti estis quasi torris raptus ab in cendio : et non redistis ad me, dicit Dominus. Quapropter bæc faciam tibi, Israël, postquam autem bæc factam fecero tibi, preparare in occursum Dei lui, Israël. Quia ecce formans montes, et creans ventum, et annunlians homini eloquium suum .
Ne dirait-on pas que le Prophète, qu’on peut appeler des Deuils royaux , exprime et peigne à la Daguerréotype , dans le chapitre suivant, jusqu’à la démolition de la petite maison de l’épicier?
Quia ecce Dominus mandavit et percutiet domum malorum ruinis , et domum minorem scissionibus. Nunquid currere queunt in pétris equi , aut arari potest in bubalis , quoniam convertistis in amaritudinem judicium , et fructum justitiæ in absynthium ? Qui lætamini in nihil : qui dicilis : Nüivquid
WON INFORTITUDINE N0STUA ASSUMPS1MUS NOBIS C0R-
nua? Ecce enim suscitabo super vos domus Israël ^ dicit Dominus Deus exercituum , gentem : et conte-
rent vos ab introitu Emath usque ad torrentem deserti.
Le Prophète Amos met Dieu lui-même à la muraille , rinstrument triangulaire à la main : Et ecce Dominus stans super murum litum , et in manu ejus trulla cæmentarii.
Les Courtisans de Bethel , la Lutèce du temps , disent à Amos d’aller prohétiser ailleurs que devant le Roi : Et dixit Amasias ad Amos, qui vides, gradere, fuge in terram Juda : et comede ibi panem , et propbetabis ibi. Et in Bethel non adjicies ultra ut prophètes : quia sanctificatio regis est, et domus regni est.
Et Amos annonce alors jusqu’à X Eclipse du Soleil de Juillet à MIDI! — Et il proclame ces paroles sublimes , que 4000 ans plus tard l’Archevêque de Paris appliqua si éloquemment à la tombe du Duc de Berry :
Et erit in die illâ, Dicit Dominus Deus : Occidit sol in Meridie, et tenebrescere faciam terram in die luminis :
Et concertant F estivitates vestras in luctum et ont nia cantica vestra in planctum : et inducam super omne dorsum vestrum saccum, et super omne caput calvitium ; et ponam eam quasi luctum Unigeniti , et novissima ejus quasi diem amarum.
Leçon enfin pour les derniers Esprits forts du siècle,... lesquels ne nient la Providence, comme ils nièrent jadis le Roi, que parce qu'ils en ont peur (*).
(*) C’est un beau mol de madame Necker, recueilli par Barère.
En somme, et cela est concluant pour qui se connaît en conclusions, il y a quatre grandes plaies morales en France depuis treize > et môme depuis vingt-
II faut répéter ces belles paroles de la France : « Il y a folie aux parlis à se confier dans leur force, à s’écrier, encore tout étourdis du coup divin qui les a blessés : Nous sommes maîtres de nous (Débats); les peuples ne dépendent que d'eux* mêmes (Courrier); nous ne reconnaissons pas de droit divin. Comme si, depuis plus d’un siècle, en frappant tour à tour les tètes les plus chères, le doigt de Dieu n’écrivait pas en traits lugubres :
« C’EST PAR MOI QUE RÉGNENT LES ROIS; C’EST PAR MOI QUE LES LÉGISLATEURS DÉCRÈTENT DE JUSTES LOIS.
« Je t’ai affligée, je t’ai éprouvée, et quand tu as été au comble du malheur, j’ai eu pitié de toi, disait le Dieu de Jérusalem à Jérusalem; ne dis point dans ton cœur: Ma puissance est ci moi , et je me suis sauvée par la force de mon bras; mais souviens -toi du Seigneur ton Dieu qui t’a fortifiée, pour que tu sois fidèle au pacte qu’il a juré avec tes pères. Mais, si tu oublies le Seigneur ton Dieu, voici qu'aujourd’hui je t’en fais la prédiction : tu seras entièrement détruite. » (Exode, viii, 17)
Aussi voyez comme l’Opposition rentre dans son lit, et jusqu’à l’émotion, la stupéfaction la plus sincère du grand moteur de la révolution de juillet!
On écrit de Paris au Courrier de la Gironde :
« Paris, le 16 juillet 1842.
« Nous avons déjà dit que M. Laffitte avait été un des premiers personnages politiques qui s’étaient rendus auprès
cinq années ; — le T hèâlre (*), pire que la Presse, dont il est le résumé et l’immoralité en action -, — l’amour sa* crilége de l’or ( Auri sacra famés ) : d’où sont résultés la supériorité des métiers enrichissants, de la banque, du commerce, de l’industrialisme, sur les professions les plus sacrées , et le goût, le besoin universel de la sortie de la maison, de son pays, du lieu où la Providence a fait naître : « Tout le mal actuel vient de ce que Personne ne veut être à sa place ! » a répondu cette année le roi à M. Barthe, qui est si loin de sa place ; — Et la manie , disons-le , la folie des chemins de fer, etc., et celle des fortifications de pierre \
du roi, après la mort du prince royal. L’entrevue de Sa Majesté et de l’ancien président du cabinet du 17 octobre 1830, devenu l’un deschefsderopposition,a été touchante. M. Laffitte s’est jeté aux genoux du roi et lui a baisé les mains eu pleurant. Le roi l’a relevé aussitôt et l a fait entrer dans son cabinet, où il est resté pendant près d’une heure avec lui.
« M. Laffitte, en sortant du cabinet de Sa Majesté, était tellement ému qu’il pouvait à peine se soutenir. Louis-Philippe a prié un de ses aides-de-camp de le reconduire jusqu’à son hôtel. »
Comme il dut se rappeler et sentir vrai son ancien beau Pardon à Dieu cl aux hommes d’avoir fait une révolution, sans laquelle assurément la terrible chute du 13 entre autres n’eût pas eu lieu !
(*) Ce n’est pas la première fois que le sang Chrétien a coulé dans ces spectacles que l’Église appelle le petit paganisme , dans ces jours gras consacrés au vieillard portant la / aux • Unciis falciferi senis diebus, M a u n a i, .
DIEU
— l’Oubli, par conséquent, de la Religion en général, et du Dimanche , qui en est le plus grand signe.
Et il se trouve précisément que la Providence ou la fatalité, quelque Chose enfin, ou Rien , a envoyé à ces quatre fléaux moraux , quatre fléaux physiques, et tous les quatre sous la forme de Miracles :
I. L’ASSASSINAT DU DUC DE BERRY un Dimanche > et en RENTRANT A L’OPÉRA,... LORS¬ QUE SA FEMME EN SORTAIT;
IL La Mort subite du plus riche et du plus habile ministre des finances du règne où les finances sont tout le ministère ; et la mort subite à son bureau , la plume à la main, annotant une loi sur les Routes... qui allaient être si terribles si près de lui. ; — la mort égale, le lendemain, du plus riche banquier après les Rotschild (en allant prendre possession du ministère des finances délabrées d’Espagne); — et l’incendie et les cendres de la ville de Hambourg , la première Rourse judaïque après celle de Londres.
III. La Catastrophe du 8 Mai, s’érigeant en petit enfer sur une zone des fortifications de Paris, et tombant comme une bombe (on peut le dire) au milieu de la Chambre des Députés de toute la France, discutant la Loi des chemins de Fer , appelée à faire sortir tous les départements de chez eux , et prenant en général pour holocauste, de préférence, le premier Français qui venait de faire, le plus heureusement du monde, le tour du monde , les étrangers de tous les lieux, et les Parisiens oublieux de la loi fondamentale
du Dimanche qui commande de rester chez soi,... si la Charité exclusivement n’appelle ailleurs;
IV. Et le FEU (qui de sa nature éclaire ), le feu du 8 Mai,.., le PAYÉ du Treize juillet, qui brise la tête sacrée d’un roi , sur la plus belle route, du plus beau lieu, des seconds Champs-Elysées , au Lieu même où deux années avant, en 1840, le Dimanche (*), le roi,
(*) Et c’est le Commerce qui nous l’apprend en 18V0 :
« Plusieurs ateliers de bûcherons ont été organisés hier matin dans le bois de Boulogne et dans le parc royal de Neuilly, pour dégager le terrain où des terrassements doivent avoir lieu. Des soldats du génie dirigent ces travaux.
« Les fortifications dans le parc de Neuilly consistent : l°en une Redoute construite à la pointe du parc aboutissant à la Route de la Révolte , non loin de la Porte-Maillot; on coupe déjà le bois; 2° en un fort assez considérable à la pointe inférieure de l’île, du côté d’Asnières, pour commander le fleuve. Louis-Philippe aplanie lui-même , Dimanche dernier , les premiers jalons du tracé.
« A Auteuil, sur l’éminence qui domine le parc du château de la Tuilerie , occupé par M. Thiers, on va construire une redoute qui sera liée aux travaux de Neuilly par un rempart bastionné traversant le bois de Boulogne.
« Lundi, il y a eu à Clichy une réunion d’entrepreneurs de travaux pour l’établissement d’un camp baraqué destiné à loger 15,000 hommes.
« L’immense remblai établi depuis les Batignolles jusqu’à la côte d’Asnières, pour le passage du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, va être utilisé par le génie; c’est un retranchement tout fait.
DIEU
saus y penser, avait planté les premiers jalons du trace de son premier Fort détaché, sur la Route que
« A la Hute-au- Garde de Montmartre, on poursuit la roule de grande communication.
« Enfin, à Saint-Denis, à Pantin, à Noisy, à Fontenay, à Rosny, à Nogent, à Charenton, on fait des dispositions de campement. Tous ces préparatifs dureront environ quinze jours. En attendant, la banlieue regorge de troupes logées chez les habitants. »
Ce qui fit dire le lendemain à un autre journal :
« Il n’est pas une circonstance qui ne révèle au pays dans quel intérêt se prennent les mesures révolutionnaires qui signalent, depuis six mois, la marche du ministère du 1er mars.
« Un journal nous apprend que la construction des fortifications de Paris a commencé à l’extrémité du parc de Neuilly, par une redoute aboutissant à la route de la Révolte, et qu’à Auteuil, sur l’éminence qui domine le château de la Tuilerie, occupé par M. Thiers, on va construire une redoute liée aux travaux de Neuilly par un rempart bastionné.
« Cela ressemble beaucoup à une société d’assurance mutuelle.
« Neuilly et la Tuilerie, voilà, en effet, dans ce moment, l’expression la plus vraie de la politique intérieure et extérieure. M. Thiers peut se dire :
Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis.
Un dernier fait de fort détaché coïncide même avec l’accident du prince j il est aussi rapporté par le Commerce .*
« Sur l’un des bas côtés de la route de Neuillv est une
son innocent gouvernement lui-même avait nommée ou laissé nommer : de la Révolte,... et peinte â ses quatre coins (Allez et lisez, à la porte du Parc de Neuilly !) :
ornière très-profonde creusée par les charrettes qui transportent les matériaux pour les fortifications de Paris. On assure que c’est la secousse imprimée à la calèche par cette excavation qui a effrayé les chevaux et les a fait s'emporter. Plusieurs personnes, dit-on, ont fait celte remarque.
« La maison où monseigneur le duc d’Orléans a rendu le dernier soupir est restée fermée aujourd'hui. On assurait que la volonté du roi était de désintéresser Lecordier, qui y tenait un détail d’épiceries et de boissons, pour que la boutique ne se rouvrît pas. Cette maison, ainsi que celles qui l’avoisinent, se trouve dans la zone des fortifications. Le mur d’enceinte doit passer dans les jardins qui sont en
arrière des habitations.
« Les journaux ministériels de province donnent, sous la date du 14 juillet, des détails de la mort de monseigneur le duc d’Orléans. Us répètent tous qu’il est tombé sur les pavés du chemin de la Révolte; qu’il a été transporté chez un épicier, et que ses chevaux ont été effrayés par des amas de pierres préparées pour les fortifications.
« Vers quatre heures, dit le Mémorial Bordelais , après des alternatives d’espoir et d’horribles angoisses, un cri douloureux, parti de la bouche de Marie-Amélie, a annoncé au roi qu’il avait perdu son fils, à la France que l’héritier de la couronne venait de transmettre ses droits à un faible enfant de quatreans. Une civière a été improvisée ;les restes inanimés de l’héritier de la couronne, placés sur un brancard, ont été transportés à Neuilly par quatre sous-officiers. La famille royale et les ministres ont suivi à pied ce cortège. »
Et parce que l’esprit républicain est au fond des quatre plaies de la France et même du monde :
Les deux épouvantables catastrophes des Républiques américaines de Saint-Domingue et de Buenos- Ayres (9), correspondantes, l’une, mois pour mois, jour pour jour, à la catastrophe de Paris et à la ruine de Hambourg !
Comme il y avait quatre grandes Plaies à panser en France, et qu’il y a eu pansement, il y avait deux grandes Questions à poser, deux grands Problèmes de présent et d’avenir à résoudre :
Celui de la souveraineté politique, et celui de la souveraineté religieuse ;
Et voilà précisément que la Providence a pris le soin, et s’est, on peut le dire, complue de mettre en émoi les Peuples qui sont à la recherche de la solution des deux problèmes.
Il est un rapprochement plus énergique encore j on demande dans plusieurs journaux :
« N’est-ce pas le 13 juillet 1789 que Philippe-Égalité, l’ aïeul du prince qui vient de périr si tristement, a fait sonner le tocsin dans tout Paris et les environs pour faire couper tous les blés? N’est-ce pas ce même jour, 13 juillet, qu’il a donné rendez-vous à la Porte-Maillot à toute une vile populace soudoyée par lui pour donner le signal de la révolte contre l’infortuné Louis XVI? Et c’est au même endroit que
le duc d’Orléans, son petit-fils, a trouvé la mort, le môme mois et le même jour ! »
(9) Voy. cette Note à la fin.