‹ Dieu devant Paris dans la journée du 13 juilletChapitre 6 sur 27 · Â MONSEIGNEUR LE DUO D’ORLÉANS · texte numérisé non relu

 MONSEIGNEUR LE DUO D’ORLÉANS

.... Etiam Dyscolis.... (St. Pierre, Êplt. 2e).

Vous avez èlè appelé , Monseigneur , par une révolution , adversaire naturelle de la Croix , à devenir , par le fait , Bourbon ou non , le Roi d'une Société dont le Principe fui la Croix , et qui ne manquera jamais à son Principe ; d'un Pays dont les plus grands rois , Très-Chrétiens par exccl lence9 ne furent jamais que les premiers défenseurs de la Croix , qui, seule, les défend si bien à son tour.

Vous avez plus besoin que tout autre de celle raison exclusive de Salut privé (*) et politique. Et vous savez que

(*) « Une Croix doit s’élever, en commémoration du 13 juillet, sur la place même d’oùjva disparaître l’humble toit qui abrita le dernier soupir du fils aîné deLouis-Philippe.» (Presse.)«Nouscomprenons cette pensée toute chrétienne , dit l 'Union catholique. C’est ainsi que depuis des siècles, dans le plus modeste village, une croix de pierre signale les lieux témoins d’une mort violente, soit qu’il faille expier un crime, soit seulement que la piété ait un malheur à déplorer. Entre tous ces monuments sacrés, les plus sacrés sont les monuments expiatoires. Tel était le caractère de la chapelle qui s’élevait aux lieux où fut consommé l’attentat du 13 février. On n’a point oublié que peu d'instants avant de tomber sous le poignard de Louvel, le duc de Berry couvrait de ses caresses le jeune prince qu'attendait une fin, moins déplorable sans doute, mais bien fatale encore. Pourquoi faut-

Dieu ne vous a laissé que le choix de périr sans Elle, ou de vivre avec Elle (* *): en la relevant, reconnaissant à Sainte- Geneviève , le plus grand homme assurément de la Pairie; puis , au Calvaire, en Fort invincible; et enfin, en vrai Para tonnerre, en place du faux , au Val-de-Grâce : comme vous l'avez relevée si facilement à l’endroit où les Bourbons allaient invoquer saint Gcrmain-V Âuxerrois. . . . , qui la planta sur tant de lieux en France.

Bonaparte Va bien fait, mille fois moins hardi que vous!

Vous étiez le patron naturel d’un Livre où la Croix est enfin rendue plus sensible, cl que je vous devais , moi , qui ne demandai jamais que la liberté, mais qui demande incessamment la liberté . de la Vertu et du Devoir, dont vous

m’avez déjà su « un gré tout particulier » dans une grande circonstance récente.... cl à qui Dieu ( il ne me faudrait

il que les mains des mêmes serviteurs aient r enversé naguère le monument de Charles-Ferdinand , et s’apprêtent aujourd’hui à élever le monument de Ferdinand-Philippe ? »

(*) Notre beau pays de France, qui nous donne les plus petits enseignements, n’avait garde d’oublier le grand ; et vous avez vu, sans doute avec plus d'effroi que de consolation , dans le magnifique Mont-d’Or, les Pyrénées de l’Auvergne, le Pic de la Croix, en regard de la Gorge des Enfers : — comme Ramond admirait, aux véritables Pyrénées , le plus sublime rocher de Garvanie (*), le Raillé, la Pierre de Notre-Dame (surmontée de sa chapelle inaccesible à la piété commune) en regard du Grand Chaos!!!... (Notes de la Dédicace.)

(*) Par un hasard dont nous sommes presque heureux aujourd’hui , nous avons couché et dormi sur ce rocher, dans la chambre et le lit où avait couché et dormi, sans doute avec plus de douceur qu’aux Tuileries, l’jnforluné prince royal. Seulement, il en avait fait retrancher la plume et Jusqu’à la laine, selon la coutume des enfants d’Orléans de coucher fur la dure •> noble apprentissage de leur terrible royauté :

DIEU

rien moins ) n'a pas dit qu'il ne vous ferait jamais un jour lui-même ce que quelques Français ingrats pensaient vous faire : Roi , et même mieux que Roi.... !

LaCroix, vous le verrez, Monseigneur, sans étonnement ( Bourbon que vous êtes et que vous serez de plus en plus), la Croix, c'est à la fois le résumé du Christianisme et le Christianisme tout entier ; et, comme c} est Elle seule qui enseigne et qui commande tous les petits devoirs de la vie civile , c’est Elle aussi, et surtout , qui commande le plus Grand de la Vie Politique , et qui, de tel ou tel Prince, et de vous mieux qu’un autre, peut faire, en TEMPS ET LIEU, en UNE MINUTE, et à jamais (*), un Roi plus grand que tous les Rois, et un Roi légitime en attendant (Je

pense, et j’ai dit toujours, que je n’étais pas juge de l’autre,

moi).

(*) C’est en ce sens, apparemment, qu’il faut entendre la prophétie peu connue, mais authentique (favorable à la Branche d’Orléans), d’un vertueux et célébré Religieux de France (le P. N***) réfugié en Espagne, après la mort, sur le même échafaud, de deux princes qui avaient vécu si contrairement : Louis XVI de Bourbon, que Pie YI a appelé Martyr ; et Philippe d’Orléans, qui se nomma Egalité ! ! !

Et voilà pourquoi la Providence , comme le Père , frappe si longtemps, et si juste, à vos côtés , et surtout à côté de votre royal Cousin; et si persévéramment, et si juste aussi, au cœur même des plus fameux républicains, vos mortels.... et vos immortels ennemis.

Et pourquoi aussi, Monseigneur, nul en Europe n’a plus d’intérêt que vous au salut, à la santé, à la Vie de celui qui vous est né encore mieux qu’à nous tous, et qui est mieux qu’une chance: comme dit M. Barrot à Charles X,en 1830, car il est déjà en 1840 une Providence réservée pour tout le monde. (Noté de la Dédicace.)

DIEU, ET DIEU SEUL, S’EST RÉSERVÉ VOTRE JUGEMENT, RÉGICIDE OU CONSÉCRATEUR !

Je dirais volontiers , et je ne puis pas dire, comme François de Sales au Duc de Savoie , lorsqu'il lui dédia son

Etendard de la Croix : « C’est le premier ouvrage que j’étale, il est dû au Seigneur du lieu. »

Fl c'est à ce titre que je suis , Monseigneur , le plus humble 9 et peut-être le plus indépendant et le seul Vrai de tous vos Serviteurs , et je le dirai , moi seul , sujet :

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