ORDONNANCE
« Sur le rapport de notre anié et féal chevalier, chancelier de France, sieur d'Âmbray, commandeur de nos ordres, nous avons ordonné et ordonnons, déclaré et déclarons ce qui suit :
» Napoléon Bonaparte est déclaré traître et rebelle, pour s'être introduit à main armée dans le département duVar.
» Il est, en conséquence, enjoint à tous les gouver-* neurs, commandants de la force armée, gardes nationa^ /es, autorités civiles, et m^me aux simples citoyens, de loi courir sus, de VafrtvcT, 4c \fe vt^-^^aXt^ \tA»^>x^»«^^>v^
uo eonseil de gDierre qui, «près avoir reconnu rideolilé, prononcera contre lui l'application des peines portées par la loi,
» Donné au château des Tuileries, le 6 mars de Tan 1815, de notre règnç le vingjllème^
T» Signé : lovis. »
—Gomment! de notre règne le vingtième? dit.Bastien; il ne peut pas y avoir «ela, — Cela y est pourtant comme le re$ie. -- Qoe le reste y soit, je le^ veux bien, dit le hussard, et même cela me fait plaisir... mais que le journal vienne nous dire que Louis XVlll règne depuis vingt ans, cela n'est pas vrai. — Dame ! qui sait, dit Coqseienqeea souria&t, oq a vu tanl de choses singulières/t — Gomment ! ce serait sous Louis XVIII que j'ai servi t ce serait Louis XVlII qui aurait gagné la bataille d'Âu^erlîtt, la bataUle d'Iéoa et la bataille de Wagram ! ce serait pour Louis XVJIl que j'aurais eu les doigts emportés et que j'aurais reçu ce coup de sabre à la figure! c^esl Louis XVIII qui m'aurait donné ma croix!... Allons donc, allons donc^ allons donc!.n< AU bienl alors, ce serait le plaisir, comme on disait au réf^iment!.,.
Sans doute Bastien evit poussé plus loin la dis<Hiss|on; mais tout le village était en rumeur, et Bastien, en entendant |e bruit qui se faisait sur la place, n'eut pas le courage de concentrer ses démon^irations dans 1a chaumière du père Cadet.
il reprit le joiitn^l des nfà'ii>s de CèfisëtèÀce et lortii •h s*écriàM : ' ■ * • ' ' •
(( — De notre règne le vingtième... > Oh î la boone blalguef ' . , : - ,
Quant aux habitants dé la ehauîànîère, ils demearèROI toul.étour'dis de> la nouvelle, mais sans comprendre en- Gore quelle influence cette nouvelle pouvait avoir surlesr destinée.
Uinfkte^te fut énorme. L^ire giganiesque, doos l^vô^s déjà vu, eniraînait avec Fui ses saléHites presque învisiblèsî ' • '' ...
- Napbf^iyii é«À«(, en effet; débà^^ iisi*» m&rd'an golfe
■ Un courrier expédié, le Syde'Marsêlile^ a^vait apporté la iïooVëlle à Lyôi/dans ia^ntiitila 4au 5.- '' Le 5, la nouvelle- aVàit été tt-anémise à Paria < par le léfég^apiie; ie 6, ie^ Mmiteur raV^ait aonoaftée parféthii^ge orUonnanee 4]ue^quiUvQrbs ioe;t io 7, les Joarnaux l'avaient transmise à Ja^provirnsOiV • .
Ati moment oû tal provineeapprenïil^ iedébarqneaieot dé Napoléon dans kdéparièàieal da Var, Napoléon élail donc d^jù à Grenoble. ^
Le 13, on apprit qa'ii était! a L^ob; Ib 14 qu'il marchaH sur Paris.
C'était le 15, ou se le rappelle, qu'avait fieii la vevle de Ja terre dà père Gadei.
Mais l'avoué avî\v\.,àè*\ft V'îi^^^^^^ç^t^ '^>\\tV^ssK^^'»
réqoête xlemafidaDl que^ va les eifconslaseés^ la vente ^ût de iu>«veair remise;' el>o(Nnme les eireonMauees, eu effet, étaient graves, la remiae avait été accordée^ ;et la vientô Sxéeau 1!^ jttio siuvant.: ;, r . ?
I Voilà riiicidenl >aHiqttel le père Gadet dut de ne pas voir vendresa-terre le 15 mars.
Maître Grevinn'»vail pa le prévoir^ mais ibefi uvait
profité. . ; '. / . . ;. : i
Le âO : mars, à Iii^i heures do soir, Napoléon >fi t Son entrée aux T^iiJcriesli - •- * i :
La < même nuit, il s'empressa de tout réorganiser.
Gambacérès: fui aommé a la jusifiice, le due de Vieencè aux affaires étrangères, le marédial iDavoust à la guerne^ k dqe^de fiaëteaiix fio^iices. Deerèsâ 1&. marine, Fodché u la poliee, Carflot à ritttérieur*: : • i i
■ Le â6 mars^ tous les grands ^eorps de Femp^e furent appelés à exprimera IKapoléon îles vc^ux de.la Friances.* ■tLe â7, on eût dit «[ueies BoiirbonsB'avafent jamais
BXiaté. ■ ::•.•. ■ I- ;:;.;;; ;-. ..;;; .
— Mordieu! disait Bastieny jei|i'éU>one bien de salyolr »i .Louis XVIII date toujours^ sesa décrets : «De notre règne ieivingtièmel » ?
Qnanlau père Cadet, il n'avait vu qu'une chose daiis lout cela, c'est que les nobles et les prêtres n'étaient. plus \ craindre, et que, sa terre ayant repris toute sa valeur, il allait peut*êlre arriver à pouvoir emprunter dessus^ iion-seulemeijt les huit ccnls.Vivvea<\v\'\\te^*ik>N.v\<w»^^
Mani^oely mais «More les trois oanoalfe catilnisi (rais oecaaioMéa par lea deux ordoBoneeaée iak,F laa poMs d'affchaa al ^ lea remiMs.
Eo coDséqoeDee, il sefit replacer aorPiarrol, tim Il allail de mien en aiieiu^ il se eMleota «lie iiii Marielte pour guide, et, vers les premiers jewn il gagna Villera-GotlereU, prît la roe4e SeisiOBselè cendil à la porte si conoue de H« Nigoet.
11 venait lui demander si ua ena|iroBi a'était pas i^ faisable sons FEmpireque soas les Boarbons.
Mais maître Nigoet, en ne sait poorqaoi, était p fondement royaliste. Il reçnt fort maj son anciea dia^ lai dit que le gouvernement du 90 mars n'avait aaes stabilité; qn'il savait, de souree^sertaine, qoe les pi» sances alliées armaient avee acbarneaieiit, et qoe ce reM dont le père Cadet essayait de se prévaloir n'éttit fis autre efaose que le préiode d'une seconde iavasioo.
Le père Cadet revint à Uaramoot plus attoné ff jamais; maître Niguet était son oraele non-seulemeaie droit, mais encore eo podtiqne.
Ce qui effrayait le père Cadet, e'est que le eonsia Xt' niquet, qui, sans doute, comme le notaire^ avait^ rétraafB des agents qui l'instruisaient de ce que faisaient lésa» veraios alliés, ne paraissait nullement inqaiet, et alii partout se frottant les mains en disant :
— Abl cette fois, nous verrons ifuel ineident main Grevin soulèvera pour obtenir une remise!
Cn effet, vers le commencement de mai, le père Cadet •eçnt «ne lettre de maître Grevin, dans laquelle le digne ivoué rinvitait à profiter de la circonslan^, et à réunir .Lotîtes ses ressources, attendu qu'il ne voyait plus aucun moyen d'empêcher ou même de relarder la vente, fixée au i&jiiin.
Le temps s^ëcoulait avec une rapidité que les événements semblaient doubler. Tous les efforts que Napoléon avait faits pour obtenir la paix avaient échoué; inutilement avait-il écrit une circulaire à tous les rois, messieurs ses frères, comme il les appelait. De messieurs ses frères, ïes uns lui avaient répondu non, les autres ne lui avaient pas répondu du toutt
Il avait hautement atnoncé l'arrivée de l'impératrice et du roi de Rome; mais l'on était à la fin de mai, et l'impératrice et te roi de Rome n'arrivaient point.
C'est que sa lettre à messieurs ses frères avait trouvé ceux-ci dans une grave et importante occupation.
fl^ étaient en train de se partager l'Europe au congrès de Vienne.
Il y avait, dans la capitale de l'Autriche, grande traite de blancs, adjudicatioD publique d'âmes.
Alexandre, sous prétexte qu'il se nommait Lion, étendait ' le premier la griffe, et prenait le grand-duché de Varsovie.
L'empereur François, qui avait sur les autres souverains l'avantage moral d'avoir trahi son gendre, détrôné
m El ET DIABLE, T. 5. V^
B^ Qlle e.i dépossédé soo pelii*fi|fi, réci^maii riialie, (elk qu'elle éUil avftflt Jq traif^ de Campo* Forialo. Il teoiRi ramasser ce que son aigl^^^ dckuplie; tête avait laissé ioniser de ses serres^aiurèfi les iFaités succ^^ifs d^ Luaévilk, de PresbQurg et de Vienue.
La Prusse dévorait une partie de la Saxe, une ^tsi d(B la Pologne, de la WestphsJie #1 de la Fraoconie,e(, isomme ufi ii|ifneo^ serpent dont la queue toQcliaii à 31^ mel^ Qspéraii allon^r, en suivant la riv^ gaoçiie du RlÉ, sa i^te jusqu'à Thioaville.
Le slalbouder de Hollmde» élevé au grade du roi, 4ero^nd^it que l'on confirmât raidjouctioni ses Etats béndilaires de la Belgique, du pays de Mége ^ du duebéée
fcujieaihourg. »
EpQn, le roi de Sardaigp^ pressait la réunion doOènes à son Étal conlineatal, dont il était abs^t depiÀ qu^in^ç ans.
Chaque frftn^e puissance voulait, comiiie ees lions ^ marbre que les at^tuaires a&tiqiiies QQt^^oq^ptés pour garder la porte de nos jardins royaux, tenir sous si gri% eai^uise, dq bm\^> un périt royaiuiDç. ta Russie aura la Pologne, la Prusse aura la ^^p^e,. l'Autrijebe aura le Piémont, l'EspafiBe aura le Portj]|;a|^ rAnflel^rre^ qui a ifiiil ï.^s fr^ls des ciaq çoaHti|Oii$^ aura dem boules au lieu d'une, deux royaumes au lieu 4'un ; i« Hollande el le Hanovre^
$mr$ les frèr^ de l'eoipqçeur j^apeléon qiç s'étaient pag pressés de lui réponclrey ou, loi répoofiaat, ne lui avaient pas, répondu sufvaot ses désirs.
II s'agissait 4one de re<;ouWr>, vae dernière fois, à la diplomalîe du canon, celle, il Tant le dire, que le vain^ queur des Pyramides^^eMai'eago et d'Austerlitz, entendait encore le^^ieu)^*
Cette diplQxnqtie effrayait fort la pauvre MadeMne : ^lle craigBaU que, Cou^flience ne fût rappelé sous les drapeaux; mais la vue de Çonsci^Qoe» quoique i peuprès sauvée, était encore bien faible.
< GathejrJAe avait la m^apur' pour lïastieo. Bastien étaîl reveiMi devx fais de cette Jbelte cbose qu'on appelle la guerre : la première fois avec une main mutilée, la çeçoude foj^ nye^ deia, coups 4^çabr^ en croix sur le vi- §age» . ■ • -1. ;.. ;
Elleiiivait peur que^ la trqisi^ fois, il ne revlqt pas 4u tout,
Mais oj| u'eut pas même Lp t^mpside soager à eux.
^ana eux, Tiemperevr^isait parvenu à réunir cent quatre -vingt mille hommes.
Après avoir longte^çps r^flé^bJ: pour sa^voir si «yec i80,Q00 bospmes il 0ttef)<fra la nouvelle coalitioft; en FraocevOU/se iié(sidçrfa:à..fl[|^rcher 2^^-fleyant d'eii^, il
s'était décidé à transporter les bostililés en ^|gjqu#, à étmmT rennemi par . uu flo «es icovp^bardis dQi>( lui s^la^vait bîiMscret. Si pieu je iecji)s^e> \\ v^\^??^^>
DnéaDtiy dispersé BIflchérèlWeUîngf on, qoandrennaî ie crofra encore hors d*àal d'entrer en campagne.
Aussi, dès le commencement de juin, VilIersCotterels Tit-il passer 30 ou 40,000 hommes ifilanl sur Soissons, Laon elMëiièrès. -
BdStien ne quîHaif plirs fô grahde pface de ia ville; avec son uniforme de hussard, sa crblx sur la poitrine. ses deux coups de sabre sur le risàge, il attirait fatii»tiôn même des plus vfeux soHIats, et- bien des fois 9 main mutilée' s'étendait pour ^rfer une main qulsorliit des rangs. ? /
Le cœur detîastién bondissait de joie aux roBlemnts du tambour, aux fanfares dès cîairons, aux cris de fi» VEmpereurl -' •
Ohî Baslfen auraîNté bienheureux pendant t»f le première quinzaine du mois de juin, si le souvenir de€oi' science ne fût pas venii' atlristêr sa' pensée, et sif ne se fût pas dit que, le 4 5 de ce même mois qui lai offiràit ov si magnifique spectacle, toute cette panvi^e famille, t»t aimée par loi qu'il la regardait comme sa propre famille, serait ruinée.
Alors il secouait la tête, fronçaît le sourcfî et muroivrait'd'on ton composé moitié d'une menace an sort, moitié d'une prière à Dieu, son juron habituel : cHfîHe noms d'un nom 1#
Mais Bastion avait beau jurer, cela n'apportait auedir remède J la sUualVon.Aift%\vÀt^,^^'^A^'^^N^t^\\t<^^
éuienl passées, ei comme l^^sjUe^a'iiyait plu» f ieu à voir à y iliers-GoUerets^ .il était reyeo.u i HaramonU :
Tout le monde^ dans le,villa3,e^plaigBaH le |)èreCadeli mais, soit égoisme^ soit impuissance, personne ne s'apprêtait à l'aider,, et, abând4j)noë à ses propres ressources, nous savon$, depuis lon|[teinps, que le père Cadet étaU perdu.
Le brave homme allait sans cesse du seuil de la porte à son lit, ne se reposant que lorsque, épuisé de fatigue, il ne pouvait plus se tenir debout; mais cette surexctlalion même, il faut le dire, lui faisait grand bien; sa jambe paralysée n'était presque plus en retard sur l'autre, et quand il pensait au cousin Maniquet, il gesticulait, d'une façon presque aussi menaçante avec le bras gauche qu'avec le bras droit.
Seulement,, il ne lui prenait même plus l'idée d'allei' à sa terre; c'eut été un trop grand crève-coeur pour lui que de voir cette belle et féconde terjre couverte d'épis qu'il ne devait pas moissonner.
Les femmes, au lieu de se chercher, se fuyaient. Elles n'avaient point de consolations à se donner les unes aux autres. Parfois, sans s'y être donné rendez- vous^ elles se trouvaient toutes deux à l'église, oii toutes deux étaient venues pour prier dans un même but.
La sérénité de Conscience elle-même était altérée. Il avait beau rassurer Mariette en lui disant : c Soli. Vt^^^qvWe, ma b/en-aimée MarieVle,mu\i^tiwv'&%^:^^'^<«^\^
— îî)4 —
la jeane fille adttieflhtt eetté protnes^e avèe toutes b sympathies de son âfrie; mài^c'étahen pleurant qu'elle répondait : t 0ht n*est-ce pas, Cons(cieneey que lu dis Vrai et que rien ne nous séparera jaroqlsT %
A tout hasard, Coûscieuèë'^vait éié^ trouver le Toi$i» Maihien, qui venait dfr renVôyer ion ptémier garçon de charrue, auquel il donnait cinq cents francs et la nourri* tnre, et il lui avait demandé cette place pour lai.
Le voisin Mathieo s'éiail^nipressë de la lui aecorder, et il avait mètné ajotflé que si Marlietle votrlâit entrer à li ferme en même tempk que Cbnsclèncte y entrerait, elfe aurait la surinlendaAce des vaches et trait tous les joors vendre le lait à îa ville.
Le Voisin Mathieu savait, en éffbl, <}o'eii chargeiot Mariette de celte vente, le lait serait vendcr jusqu'à sa dernière goutte. Manette gagnerait t^dt cinquante fraacs par an et, comme Conscience, serait nourrie.
Cette double promesse était une g^rande sécurité pour l'avenir. Aussi, Conscience, en rentrant à la chaumière, aprèsfavoir obtenue, en fit-!l parlàu teste dé la famille comme d'une consolation. Logés et nourris à la ferme du voisin Mathieu, Conscience et Mariette, en gardant deux cent cinquante francs pour eux, versaient quùtre cents francs dans la caisse commune aux deux chauntèreSi c'est-à-dire une somme suffisante pour hourrîr ses haétants.
Mais, loin (vae cexve ti^^iN^^^^ ^<i^'î»'j>\Vv\^ ^>st^^^;a».^ elle parut redouVAet ^^ VtVs\»s»^^-
^Oht murmura-i-il, laboarer la terre des autres qtftnd on a 6a une terre à soi. . . c*est bien dur !
Mais comme c'était l'unique ressource qui, au bout du compte, restât à la pauvre fanrîHe quand la terre serait vendue/ il fallut bien que lé père Cadet la tînt pbur ' bonne, si défectueuse i)u'ellélai semblât. '
Quant à Conscience, il y voyait un avantage :'c^est qu'elle hâtait naturellement son mariage avec M^rie^te. ^n effet, il était presque impossible que Mariette, et Coj&^ science quittassent chacun leur famille pour alle^ habitei^ ensemble la ferme du voisin sans être mariés.
Il fui donc tonveàu que l'on iiccepterait les offres du^ voisin et queles bahsde Conscience et de Mariette se -^ paient publiés;
Celte décision prise, les deu^ jeunes gens, surtout en ce qui concernait la dernière partie, résolurent de proeé"" der ^ans retard. Le it juin. Conscience accompagna Mariette allant vendre son laft; tous deux devaient nllèr 66 faire inscrire à la mairie de VilIers^Cotterets, leur ehéf4îeu de canton.
Dieu leur accordait au moins cette consolation dans leur malheur : celle d'être malheureux ensemble.
Aussi la sympathie qui les accueillit fut-elle grande; c'était à qui les plaindrait, c'était à qui plaindrait le père Cadet) c'était i qui jetterait la pierre au cousin Maniquet.
Mais la sympathie n'sillait pas jusqu^à offrir auiL^^^ytes jeunes gens /es douie ou ^v\i\v\x^ ^Sî«^ Vt^^^"îk ^^^ Us avaient besoin pour se Uter di^^^vt^*
II arriva même que, sur les neuf heures du nilifl, Conscience et Marielle^ allendapt l'ouverlore de fa mairie, qui ne s'ouvrait qu'à dix heures; il arriva que, sur les neuf heures du niatin, une grande nouvelle vint fiiri diversion à cette sympathie et y substituer la curiosilé.
Le fadeur delà poste venait de distribuer les journaux, et à la partie officielle on lisait cetle phrase :
c H juin. Sa Majesté Tempereur partira demain de Paris à neuf heures du matin pour se rendre à l'armée; il suivra la route de Soissons, Laon et Mézières. »
S'il suivait la route de Soissons^ Laon et Mézières, il passerait naturellement par YiHers-Cotterets.
S'il partait le lendemain du 11, c'était le 13 qu'il partait; s'il se mettait en route à neuf heures du matin, c'était à midi qu'il passerait à Villers-Cotterets. ' Napoléon passant à midi à Ylliers-Cotterets, c'ëuit oi assez grand événement, on en conviendra^ pour faire oublier les malheurs du père Cadet et la sympathie qa*iB« spiraienl les amours de Mariette et de Conscience, s'ache* minant au mariage sous de si tristes auspic^es.
Aussi, tous les habitantsde la ville étaient-Us éparpillés dans les rues, tantôt se réunissant par groupes, tantôt s'égrAiant pour courir sur un point ou sur un autre.
Conscience et Mariette n'avaient pas été insensibles i cette nouvelle. Mariette avait demandé à Goiiçcience d€
elle désirait arden^nienl voir, tan( elle en avait entendu rier à Conscience et à Bastien, Conscience y consentit volontiers, et il fut convenu 'après, avoir fait la double déclaration à la mairie et à (lise^ on irait stationner à la porte de la poste aux 3vauX|0Ù la voiture impériale devait naturellement faire 6 balte jM>ur relayer.
A midi^ les deux jeunes gens étaient libres, et venaient 3ndre^ au, milieu de la foule, leur place à la porte du litre de ppste.
Le bruit de ce passage s'était répandu jusque dans les Jages environnants, et Ton accourait de tous les côtés ur voir Fhomme de la destinée.
Vers une heure, Bastien apparut tout essoufflé. Il avait pris la grande nouvelle, il y avait vingt minutes; il ail mis cinqn^inutes à revêtir son uniforme de hussard, boucler à sa ceinture son sabre et sa sabrelacbe, et un lari d'heure à faire la lieue, ^ Ah! nom d'un nom! s'écria-t-il! j'arrive à temps. Et regardant autour de lui :
— Ah! c'est toi, Conscience; ah! c'est vous, Mariette. »d! j'espérais bien vous trouver ici. — Tu nous cherais donc? demanda Conscience. — Un peu. — Et urquoi faire? — Tu sauras cela... j'ai mes idées. -^ sont-elles bonnes, tes idées, au moins? demanda Conience. — Je crois bien!... Ah! si elles ÇQus^\«ÇiV.x^^'^« ', mes idées! c'est cela qui setaW \^ ^^^\svç ^ vi\sw\^
on disait au régiment... mais clrat!... — Quoi? — ( entend le roulement... non, je me trompe, ce n'est ^ encore le petit caporal. «^ Mats, ^it un bourgeois, il peut être ici de si tôt. ^ Pourquoi doue cela? demH Basiien. *- Mais, dit le bourgeois, parée que le jeun annonce qu'If ne partira de Papis qu'à neuf heures. Eh bien! à quatre lieues et demie à l'heure, dii-k lieues, c'est juste quatre heures et demiie... Il est |n à neuf heures, voilà une heure qui vient de sonner, il doit pas être bien loin, n'est-ce pas, postillon?
Baslicn adressait la question à l'un des vingt ou tn postillons qui, tout enrubannés de faveurs tricolores, tendaient le passage de Napoléon.
-^ Oh! bien sûr, répondit le postillon, que, sllestps de Paris à neuf heures, il ne doit pas être loin de Vi cicniies maintenant. — Chul! dit Bastion.
Toutes les conversations cessèrent à l'instant nèi chacun resta l'œil fixe et l'oreille tendue, et Ton entci bien distinctement, cette fois, le roulement de phisiei voitures
LHOMUE DELA UESTUVÊS.
Au biuil àes No\V\ïtÇi^>^v^<^>\\^^ 4aiS«» l^ lointain, de : Vive TEmpercHv!
A rinstant même, «omme seeouée par* une eonimotion éfeetriqneità foule Iressailife, «t le cri die : VwéféfnT^eretir/ s'élança dé toutes les bouches,' de toutes tes poiirinesj et nous diroiis même de tous les cœiirs!
Napoléon, au point où l'on en était arrivé^ c'était la nationalité, Irpdtriey la liberté; car les Bourbons^ dans leur court passage sur le trône, avalent prouVô qu'ils étaient le contraire de tout cela.
. Au milieu des cris d'enthousiasme, on entendit le roulement dèd voitures qui s'approchaient comme un tonnerre.
, Tout à coup les cris redoublèrent, mêlés à ceux de gàref gare! gare!
La foule s'ouvrit. Trois voilures, traînées par des chevaux Mtt&cs d'éràfme, conduites par des postulons blancs ée poussière et faisant claquer leiurs fouets à assourdir, apiparoreni au commencement de la rue de Soissons, et vinrent s'arrêter devant la posté.
: La première était conduite par six chevaux frisson^ aants.
' Trois hommes l'occupaient.
: Deux étaient assis au fond, un sur le devant.
Les deux hommes qui étaient assis au fond étalent, eelui de droite, l'empereur ^apoléon, celui de gauche, le roi Jérôme.
Celot qui était assis sur le devant était le général 'Lelorl.
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uviUe saluanl- ^^ ^es vieux brt^
^ecoupde-j2^:t-el.et--De^«f; El la CTO'*' " „„iii mon empereur. - ^ Approche i- - «* j;; ';„ ^ Merd, mon ^^ tire quelque chose pour « ^^^.^... »*
•e tfai beso'» de nen je eamar.*».
Ls vouUe. faire quelj e *^^ ^ ^^,„,ae. -^^ me feriei plals.r. - E^« jence; tu vo« ^
pas d'ici... mro'^' *°;' te dit d'approcher. SMaiestéVempere«jUo.;^^,,.,,^,,|e„ditd.
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que i*^ >,
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Heoreoscn aveugle qi
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dans Vo<
dépêche
i\s on* '
•— Maïs; approche done, répéta Baslfen, tu vois bicii e ta fais- attendre Sa Majesté tempereur et roi. ^— Âp- 9chez, mon amî, dit Tempereur.
Conscience s'approcha. Mariette, enlacée à lui conomé
lierre à un ormeau, s'approcha avec lui, frissonnante ;on bras, haletante et pâlissante, -t- Eh bien! dit Tempereur, qu'y a-l-il, et que demdés-lu pour ton camarade?— Sire, voicf Conscience, e je vous présente... un farceur qui allait au feu rnme son chien Bernard, que vous voyez là derrière i, ta à l'eau... 11 y allait si biei^, qu'un jour son caîs> n... Âh! il faut vous dire, mon empereur, que lui aussi rvait dans les hussards, mais dans les hussards à quà- ) roues:., qu'un jour, son caisson... c'était à la bataille
Laon, vous devez vous la rappeler, mon empereur, us y étiez, et moi aussi, et lui aussi... si bien, comme le disais, que son caisson sauta et lui brûla les yeux!... 3Ureùsement que ce n'était rien et qu'il n'en a été eugle que six mois; ce qui fait qu'aujourd'hui il a le nheur de vous revoir... Mais ce n'est pas tout cela. — l'est-ce donc? Voyons, dit l'empereur avec celte usquerie mêlée de bonté qu'il savait si bien prendre ns l'occasion, et qui le rendait l'idole de ses soldats; pêche-toi, je suis pressé. — C'est que, les Cosaques... \ ont s? bien piétiné la terré de son grand-père, le père idet, que, l'année dernière, la gueuse de terre n'a pas oduil un épi, et que^ comme «on grand-père, le ^vt
Çadel n'a pas pu payer buîl eenU fr^(;s 9u couftiaVi* niqoel^ UQ vieil nsurier qui avaji byppth^ue sor m terre; eh bien! la pauvre terre, le$ gens k lunettes oalsi bien arrangé cela, qu'elle va être vendue dans- trois jovrs | et que la famille est ruinée de fond eo comble! de sorte J que Conscience et Mariette, que voilÀ, une jolie fille, ] n'est-ce pas, nnon empereur?... eh bien! ilâ sont obligés,] pour vivre et pour faire vivre leurs vievi^ parents, défi- 1 trer, comme mercenaires, chez le voisin Matbieo, ni j brave homme, j'en conviens; m^s n'importe, conuoediU fe père Cadel, c'est dur, quand on a toujours labouré si! terr^, d'être forcé de labourer la terre des autres! — Etj tu disquil faudraità ce garçon?,., — Oh! dame! illoi^ faudrait uiie somme... douze ou quinze eenls francs tff moins! — - Jérôme, dit l'empereur en souriant, oùeslli^ bourse? — $ire, répondit je roi de Westpbaliç, daosle^ coffre sur lequel nous sommes a^sis; ;mais je dois aveiij là, dans mon nécessaire de yo^a^e, quelque^ centaioes M loujs. -^ Donne^lesrmoj, J
Jérôme ouvrit son nécessaire, poussa qo r^s^ortJ versa dans les mains jointes de l'empereur u>ui ce qvf nécessaire çpn^n^it d'i)ri n J
r^ Approcha, e^ t^dez: votre tablier, ma betle eu dit Napoléon* J
Mariette obéit, muette, maj^ U poitrine oppireal das larmes pfcii, les y^u^;* I
Vempereur ouvrit ses deux maius let laissai Ja pluie d'or da\\^\eU\iV\«. * J
Puia» se retwmani vers Goascieiree, el flxani sunlui son regard, piéi^iraiii comwe eel^»i «te l'aigte ; — N« l^nvais-j^ pas dit de me demander quelque ebose, J^a (roi* sièiBe fois que nou8 nous renconlr^ions? lui deinandan i-îL — Oui, sire, répoodil Conscience loul ému :yolr0 Mtjestié m'avoil iii( de lui demander la croix. — £li bien! pourqiioi iie me la demandesT-tu pas?- C'est bien heureux que j'aie plus de mémoire que ^i.
Et, délacbant la croix de cbevaHer qy'il porlait t^u^ jours à son babit, «retenue par une simpl« épiog)e> afin d« pouvoir la donner à l'oceasion^ il la présenta à Conscience.
Conscience prit tout à la lois, avec un cri de bonheur, la croix et la main, et baisa la main, puis la croix.
— Allons! alîons! dît Tempereur, c'est bien... Tu l'appelles Conscience, n'est-ce pas? — Oui, sipe. — Letori, inscrivez ce nom-là sur votre agenda... Et toi, mon brave, dit^-il h Baslieo, je te remercie, Après mavpir servi comme tu Tas fait pendant h guerre, tu ne poavais pas mieux me servir dans ta paix... Partçns, Jérôme, et presse les portillons, voilà un quart d'beure perdu ! — Oh ! sire, dit le roi de Weslplmjie, UQ qM?ir^ d'heure perdu) quaAd VoiriQ JUajesl^ vient d^ faire trois iNiureu)^!^- Tu ijsraisoo,., Adieu, me^amisl vrm pour moi et pour la France I
El il laJBSia reloffii^r sa tête souckwae^ î>mt Si^ ^xV^:^»^'
— âOi —
Les cris de : VU)e t empereur! s'élancèrent de toutes les bouches. La voitare/ emportée par le galop de six cheveux impatrenls, roula bruyamment sur le pavé, dont elle fit jaillir une gerbe d'étincelles; et chevaux, postillons, voilure, s'évanouirent comme une vision pleine d< lumière et de bruit, qui n'a fait qu'apparaître un instant, mais qui doit laisser, dans Tesprit de ceux qui ronlvoe; un éternel souvenir!
Hélas! tout eelfl roulait vers Waterloo, c'est-à-dire versunabimet
Conscience était resté avec sa croix à la main, et Harriette avec son or dans son tablier.
Baslien trépignait de joie, s'arrachait les cheveux de bonheur.
— Oh! nom d'un nom! s'écriait le hussard; vive Fcdi' pereur! mille noms d'un nom! c\st le plaisir!...
Le reste de la population regardait cette scène.
Les uns pleuraient, les autres riaient.
Conscience sentît qu'on lui frappait sur l'épaule; il s^ coua la tête comme pour sortir d'un rêve, et se retODroa.
C'était ce même huissier Demay qui n'avait pas voalu poursuivre ie père Cadet, et qui lui avait donné gratis de si bons conseils.
— Allons! allons! dit-il, il ne s'agit point ici de perdit son temps. Puisque le bon Dieu a fait un miracle ei votre faveur, utilisons vite le miracle. Nous n'avons plus que trois jours avant celui de la N^nte; il s'agit de faiff
des offt^es réelles au cousin Maniquet. f)oBiiea<-moi douze oenU francs^ je me charge de tout, frais et capital; et courez vite porter la bonne nouvelle et le reste de la gomme au père Cadet. — OhT oui, s'écria Conscieoee; mais Bastien, Bastion d'abord!... Où es-tu, Bastien? où es-tu?...
Et il étendit les bras eomme un homme ivre et près de tomber.
— Me voilà! s'écria le hussard en se jetant sur la poitrine de son ami.
Tous deux se tinrent embrassés pendant cinq minutes sans pouvoir se séparer et sanglotant de joie.
Puis vint le tour de Mariette. *
-^ £t moi, monsieur Bastien, dit la jeune fille, est-ce que vous ne m'embrasserez pas aussi? — Moi!... moi, ne pas vous embrasser quand vous me l'ofifjrez! Mille noms d'un nom! plutôt deux fois qu'une, mademoiselle Mariette.
Et il appliqua, sur tes joues humides de larmes de la jeune fille, deux gros et bruyants baisers.
Cette première expansion du cœur accomplie par la reconnaissance, il était temps de songer à la proposition de M« Demay.
On entra chez le maître de poste; on compta soixante napoléons au brave huissier, qui, comme il l'avait dit, se chargea de toutes tes démarches, et l'on s'assura qu'il restait encore deux cent cinquiAl^ V^w^^t^^Vs^^vk^f^ téoBs, c'esl-à-dire cioq mUW if%u«&.
j»rtr KTOfÀBLE, T. s.
C'éfait une fortoDO.
— Âlionsî ailoost dit Bastien, emboîtons le pas et regagnons Haramont au petit galop. Il y a là-bas des gens qui pleurent de chagrin, tandis que nous pleurons de joie. — Ce cher Bastienî dit Conscience, il pense à loott — 0ht oui, dit Mariette, et il est si bon, si bon, que je loi demanderai quelque chose. -^ A moi? s'écria Bastien, à moi?... 0 mademoiselle Mariette! vous êtes bien sûre que c'est arrangé d'avance. Mille noms d'un nom! ce sera le plaisir, comme on disait au régiment. — C'est bien, je retiens votre parole, Bastien. El maintenant. Conscience, à Haramont! à Haramont!
Et les deux enfants se mirent à courir joyeusement vers le parc, tandis que Bastien les suivait en criant :
— Et moi donc! et moi donc!... Mille noms d'oo nom! vous m'oubliez !
Bastien était venu en un quart d'heure d'Haramont; le relard qu'apporta Mariette fît que Bastien et les deux jeunes gens mirent vingt minutes au retour.
En arrivant en vue de la chaumière, Mariette s'arrêta; l'émotion l'étouffait.
Elle fouilla dans ses poches et voulut donner l'or i Conscience.
Mais Conscience posa sa main sur la sienne.
— Tu es l'ange de la maison, dit-il; à toi de remplir ta mission. — Merci! dit Mariette.
lis regardèrenV ii\ot% «lUlAur d'eux; mais Bastien avait
dispara. Le rode garçon, qui, sous ane enveloppe grossière, cachait la délicatesse du cœur, avait compris qu'assister à la rentrée de Conscience et de Mariette dans la chaumière, c'était venir prélever sa part de remercîments.
Les deux jeunes gens se regardèrent eu souriant, et tous deux en même temps murmurèrent :
— Bon Bastien !
Puis ils reprirent leur course vers la chaumière.
Bernard, moins délicat que Bastien, les y avait déjà devancés, et, par la joyenseté de ses bonds et l'agilation de sa queue, semblait se proclamer comme un messager de bonnes nouvelles.
Cette allégresse de Bernard, dont Fintelligence était si connue, inspira un certain étonnement dans la maison. Madeleine ferma le livre de prières où elle lisait; le père Cadet, qui faisait semblant de dormir pour n'avoir pas besoin de parler, rouvrit les yeux, et regarda avec surprise le groupe joyeux qui succédait à Bernard sur le seuil de la porte.
Conscience alla se jeter au cou de Madeleine.
Mariette s'avança vers le vieillard.
— Tendez les deux mains, grand-père, dit-elle. — Pourquoi faire .^ dit en secouant la tête le vieillard, incrédule et morose. — Tendez-les toujours.
Le père Cadet obéit comme eût fait un enfant boudeur.
Mariette fouilla à sa poche^ et versa aoe poignée d'or daos les deux mains du vieillard, qui les rapprocha instinctivement et avec un cri.
Puis elle en versa une seconde t
Puis une truisième!
Et cela, au grand ébahissement de Madeleine, qui s'était levée, et qui regardait, et de dame Marie, qui, voyant revenir les deux enfants, avait traversé la roole, et, au son de cet or, était demeurée stupéfaite devant la porte.
— Mais qui t'a donné tout cet or, Mariette ?>'écria le vieillard; mon Dieu! mon Dieu ! est-ce que je rêve? — Non, grand-père, c'est la réalité; regardez-le, fai((^ sonner... c'est de bon or, de l'or véritable, r— Mais je te demande qui te l'a donné? — Demandez à Conscienee, grand-père, répondit Mariette, qui voulait laisser IQ jeune homme quelque chose à dire. — L'empereur, grand-père! l'empereur lui-même! — L'empereur? s'écrièrent à la fois le père Cadet, Madeleine et dame Marie. — Et aussi cette croix, dit Conscience, cette croix qu'il a détachée de sa poitrine, et que j'ai désormais le droit de mettre sur la mienne.— Oh! la! lal{dit le père Cadet, voilà encore la tête qui me tourne! — Grand-père!.,. — Oh! il n'y a pas de danger, celte foi3*ci, c'est de joie... Mais nous allons donc avoir^^de quoi|payer le cousin Mlniquet? —Le toumU^vÀ^'îX^^v.^v^^^Hàii^^-^^.— Mais la lerre'î — i*^ ^"^^"^ ^'^ %«^V»^^^^^^- — >*^
1 cet or?.,. *^ Cel or, ^est à vous, grand-père, ponr en
2 acheter d'autres, et )M)ur vous assurer une vieillesse tran^ quille.
Le vieillard serra Tor contre sa poitrine, et fit trois pas pour l'aller enfermer daj$ sa eacbette; mais il s'arf rêta.
I — Non, dit-il en secouant la tète, nw, mes enfants, cet or, c'est votre dot, comme la terre est votre héritage. Reprenez eet or, et ayez bien soin de la terre. On dit que c'est rhomme qui fait la terre, et moi, tout au contraire, je dis : c'est la terre qui fait Tbomme... Seulement, ajouta le père Cadet., vous me laisserez, toQs les jours, Iqi faire une visite, à cette terre hien-aimée, et quand je ne pourrai plus y aller moj-même, eh bien! mes enfants, vous m'y porterez. — Oh! oui, grand-père! s'écrièrent à la fois Conscience et Mariette.
Puis, tombant à genoux :
<— Et maintenant, dirent-ils, bénissez vos enfants, grand-père, car, de ce jour, ils soQt unis pour l'éternité, et, fiancés dans la douleur, i)s ^e marieroqt dans lib joie.
Le père Cadet leva ses deux mains, la gauche comqae la droite; puis il abaissa la droite sur la tètede Conscience, la gauche sur celle de Mariette.
— Bonjour, monsieur Bastien et la compagnie, dit le père Cadet en saluant d'un signe de tète le hussard qui entrait. Ah! vous voyez de pauvres gens bien heureuji! — Sans compter que c'est à Bastien que nous devons
- iio —
notre bonheur, grand-père. — Comment cela? demanda le vieillard.
Alors, tandis que Conscience racontait an père Gidel et aux deux femmes ce qui s'était passé, Mariette alla prendre le bras de Bastien.
Et quand Conscience eut terminé son récit, fixant ssr Bastien an regard plein de supplications :
— Monsieur Bastien, lui dit tout bas Mariette, yods vous rappelez que j'ai une prière à vous adresser. - Dites, mademoiselle Mariette, ob! dites! en essuyant ses yeux tout mouillés de larmes. — Monsieur Bastien, reprit Mariette en redoublant la douceur de sa voix et ia séduction de son regard, monsieur Bastien, est-ce que vous n'épouserez pas un jour la pauvre Catherine?
Bastien ne s'attendait évidemment pas à la demande. Il écarquilla les yeux, mordit sa moustache, réfléchit, et parut prendre sa résolution.
— Eh bien! soit, dit-il, j'y consens, puisque ça peut vous faire plaisir, mademoiselle Mariette... — Oh! fit la jeune fille joyeuse.— Mais à uAe condition... — Laquelle? C'est que c'est vou^, mademoiselle Mariette , qui loi attacherez sur le front sa couronne d'oranger. — Je ne demande pas mieux, Bastien, s'écria la jeune fille; seulement, je ne comprends pas... — Âb! vous ne comprenez pas?... Ehbient Rêvais vous faire comprendre... ou pio- (ot non, c'est mVW^ ^w^ n^>^"^ wm^\<s^\^x...^^^^^v<yMÊ vous expViquerîi eeXa \A^% vw^.^^v^ ^^>«v\ ^^ v«:^^ms
qui lui aurez attaché sa couronne, sMl y a dans tout le village un seul gaillard qui se permette un tout petit mot sur le passé, mille noms d'un nom! s'écria le hussard en frappant sur son sabre, ce sera le plaisir, comme on disait au régîmentt
Le raême^oir, le père Cadet alla tout seul, sans l'aide de personne, faire une visite à sa terre et en rapporta un épi qui contenait soixante et dix grains de blé.
Il en avait trouvé un autre plus beau encore; mais comme, en revenant, il avait rencontré le cousin Maniquet, il lui avait annoncé la nouvelle qu'à l'heure qu'il était l'argent devait être versé chez maître Niguet, et il lui avait donné ce second épi comme un échantillon de ce que serait la prochaine récolte.
Un mois après, jour pour jour, deux couples se présentaient à l'autel de l'église d'Haramont pour y recevoir la bénédiction nuptiale. C'était Conscience et Mariette, Bastien et Catherine.
Madeleine avait demandé et obtenu que la messe fût dite à la chapelle oiï se trouvait le beau tableau de Jésus appelant à lui les petits enfants, *
Le village tout entier assistait à la pieuse cérémonie, et reconduisit les quatre nouveaux mariés à la chaumière du père Cadet, où devait avoir lieu le repas de noces, auquel participèrent, par une herbe plus fraîche. Tardif et la vache noire; par un pitoWiv ^'«swwfc^Vvi2w:^:^^^ par tous les reUefs du dîner, ^ç^tww^.
£a reqtrajat de l'église, et en rep99sai|t le seoil k de sa ebaumière, Conseience, souriant, posasaDsiosiir l'épaule da père Cadet, e^ 9vec sa voix douce et son regard inspiré :
— Vous voyez bien, grand-père, lui dit-il, qB*^ ce petit coin du ciel où vous ne voyiez rien, ilfi^'it quelque chose. -^ Tu as raison, mon enfant, répoe^^ père Cadet, il y avait Dieu.