HISTOIRE DE LA TERRE
Origines, — Nous allons maintenant chercher à faire l’histoire du globe sur lequel Dieu nous a fait naître. Nous essayerons de le suivre dans toutes scs transformations, dans tous ses phénomènes de vie et de progrès, depuis l’heure où il s’échappa du sein de la Nébuleuse mère jusqu’à celle où il se trouve aujourd’hui parvenu. Tout en faisant la part de la variété infinie qui caractérise les oeuvres du Créateur, nous pourrons admettre — en vertu de l» loi d'analogie et en nous appuyant sur les raisonnements qui en découlent — nous pourrons admettre que c’est de la même manière que les choses se passent sur tous les globes qui peuplent les champs du ciel et qui, tous, absolument comme notre terre, naissent enfantés par une Nébuleuse, tournent autour d’un aimant central, pirouettent autour d’un axe, se condensent, s’épanouissent en feuillages et en fleurs, synthétisent leurs créations animales en humanités plus ou moins semblables à la nôtre, et enfin se transfigurent pour aller prendre part, parmi les mondes plus avancés, à une vie supérieure plus harmonieuse et plus puissante.
La terre n’a pas toujours présenté l’aspect de calme et de stabilité qu’elle offre actuellement à nos regards. Si l’on s’enfonce dans les profondeurs du sol par une
de ces excavations ténébreuses creusées par l’intrépide mineur, à travers les gisements de houille et les filons métalliques que l’intelligence humaine a découverts et fouillés dans tous les sens, que remarquet-on ? D’abord une élévation de température qui va constamment en augmentant de 1 degré à mesure que l’on descend de 30 mètres suivant la verticale. En second lieu, l’on observe des terrains de toutes sortes dirigés dans tous les sens : les uns ont leurs couches horizontales, les autres obliques, celles-ci redrossées, celles-là pliées et retournées de cent manières diverses. Tout indique à l’esprit qu’une cause puissante, de violentes actions mécaniques, ont, passé par là. De plus, en fouillant de leurs pioches et de leurs mains, les mineurs trouvèrent de tous côtés des fossiles, c’est-à-dire des débris de plantes et d’animaux, inconnus de nos jours, qui avaient été durcis par le temps et se sont conservés à travers les âges. (Tétaient autant de témoins de la vie d’autrefois.
La Géologie, par les études qui la caractérisent, par ses savantes discussions et les conclusions forcées auxquelles elle conduit naturellement, explique tous ces phénomènes et nous fait toucher du doigt les transformations diverses qu’a dû subir notre Terre pour arriver à son état actuel de vie. Ici il n’y a pas d’hypothèse ; c’est le résultat rigoureux de l’observation des faits, et en présence des faits le doute n’est pas permis. C’est la Nature elle-même qui parle et qui se montre à découvert. La géologie détermine,' au moyen de périodes dont l’âge n’est évidemment donné
que par des chiffres approximatifs, le temps qu a duré chacun des cataclysmes au moyen desquels notre globe a été pétri et transformé ; elle reconstitue la Flore et la Faune de chaque époque ainsi soumise à son analyse. C est elle qui va nous servir à expliquer la formation de notre globe.
Le fait de la chaleur augmentant toujours à mesure qu on avance vers le centre de la Terre, indique l’existence d’un feu central que trahissent encore les convulsions volcaniques du globe. Quant aux Fossiles, ils dénotent la vie dans les temps les plus reculés. Ce furent Cuvier et Buffon qui créèrent la Géologie. Certes, c'est 4à un beau titre de gloire, sans les découvertes de la géologie, comme sans celles de Vastronomie, la Genèse du monde serait encore dans les ténèbres de la légende.
Nous avons déjà dit comment s’est formé notre globe, et l’expérience de M. Plateau a fait voir combien était légitime l’hypothèse de sa naissance. Nos savants ont été forcés de conclure que notre terre n’est autre chose qu’un soleil refroidi, une étoile éteinte. C’est une partie de notre grande Nébuleuse solaire passée de l’état de gaz à l’état solide. Ils ont calculé qu’à son centre il devait y avoir 200,000 degrés de chaleur, température qui dépasse tout ce que l’imagination peut concevoir. On comprendra facilement que, à l’origine, toutes les matières qui entrent aujourd’hui dans la composition de notre globe fussent à l’état de gaz ou de vapeur, car aucun corps solide ou liquide ne pourmit résister à chaleur
semblable. En s’appuyant sur les lois de la physique et en admettant avec elle que la matière portée à letat gazeux occupe un volume 1800 fois plus grand qu’a letat solide, il faut conclure que lorsqu’elle était encore nébuleuse, notre terre occupait un volume énorme. Alors elle brillait dans l’espace comme brille et scintille une étoile.
Petit k petit cette masse gazeuse obéissant aux lois qui régissent la matière alla se refroidissant, lentement, mais d’une manière régulière et (îontinue ; elle cédait sa chaleur aux régions glacées des espaces interplanétaires en laissant derrière elle un sillon flamboyant. Bientôt ce globe gazeux devintet sa forme, de lenticulaire qu’elle était, devint sphérique. Mais en meme temps qu’elle circulait autour de son soleil, elle tournait autour de son axe, c’est ce qui fit que, obéissant aux lois immuables de la mécanique^ cette matière nouvelle, brassée dans tous les sens par la force centrituge et la force centripète agissant de concert, s’aplatit aux pôles en môme temps qu’elle se l'enflait à l’équateur et prit finalement la forme qu’elle possède aujourd’hui, celle d'un ellipsoïde.
Cependant la masse tout entière ne devint pas liquide ; une partie des substances gazeuses demeurèrent k l’état gazeux pour former autour de la terre une atmosphère qui l’enveloppa comme d’un voile immense et devait s’approprier petit k petit au rôle qui lui était réservé dans l’entretien de la vie. L’étendue de notre atmosphère k l’origine, devait être immense et probablement aller jusqu’au delà de notre lune, qui
n existait point encore ou du moins était en train de se former aussi. (1)
Cette atmosphère était d’une densité très-grande, probablement opaque, obscure ou plutôt éclairée de phosphorescences intermittentes et remplie d acides lourds et corrosifs. Elle contenait encore à l’état de vapeurs la masse énorme des eaux qui forment nos mers actuelles, nos lacs et nos rivières. La pression de cette atmosphère épaisse sur la surface du globe était énorme et sa température au moins de 2,000 degrés. Elle était composée d’oxygène(0),d’azotev(Az), d’acide carbonique^CO en très-grande quantité, et de masses énormes de vapeur d’eau. Mais ce n’était pas tout, dans les bas-fonds de cette atmosphère se trouvaient en énormes quantités des matières minérales, métalliques ou terreuses : des chlorures, des sulfures, de la silice, de l’alumine, de la chaux, etc., restées à l’état de gaz très-lourds et maintenues à cet état par l’effroyable température de la gigantesque fournaise placée au centre du globe. Toutes ces matières se rangeaient naturellement par ordre de densités, mais elles étaient constamment brassées par d’épouvantables tempêtes. Les couches les plus voisines de la surface du globe étaient formées par des vapeurs de Platine, de Fer, de Cuivre.... Au-dessus c’étaient les Chlorures métalliques ou alcalins, le
(1) Cependant une idée qui satisfait aussi Tesprit, c’est celle qui fait provenir les lunes de comètes vetiant se condense»* autour des Planètes.
Soufre, le Phosphore... Plus haut c’elaient loxygèné, l’azote, la vapeur d’eau et l’acide carbonique. Alors c'éM la chimie qui jouait son rôle, rôle créateur, • organisateur et régularisateur du règne minéraL Au centre c'élM la physique opémnl ses dilatations, ses condensations et ses contractions. A l’extérieur, au milieu de l’atmosphère mobile aussi bien qu’à sa base, la chimie travaillait à ses combinaisons, à ses transformations, à ses créations, pendant que l’électricité, (1) qui naissait de toutes ces réactions chimiques, produisait d’épouvantables détonations, de sinistres éclats de foudre, dont notre pauvre imagination ne peut se faire aucune idée. C’était notre mère à tous dans toutes les douleurs de son pénible enfantement. C’était Dieu pétrissant la matière de son fiat lux et préparant les moules et les formes.
Mais la température des espaces interplanétaires est excessivement basse, 100 degrés au-dessous de zéro suivant notre grand mathématicien Laplace ; peu à peu le globe terrien liquide leur céda une partie de sa chaleur et Aeyint pâteux. L’on doit bien penser que toutes ces tempêtes, tous ces mouvements désordonnés de l’atmosphère en travail d’enfantement toujours en flux et en reflux continuels, accéléraient considérablement ce refroidissement. Bientôt des îles de matière solidifiée se promenèrent à la surface liquide du globe ; elles se soudèrent petit à petit pour former
(1) Dans toute combinaison chimique, il y a toujours production d^électricité* __
enfin quelques bancs continus ; et l’on vit alors se former une croûte solide, d’une faible épaisseur il est vrai, d'une trôs-médiocre résistance, mais cependant c’était déjà la terre ! Aujourd’hui cette croûte terrestre est évaluée à 50 kilomètres d’épaisseur.
Qui pourra jamais s’imaginer les déchirements effroyables, les gigantesques débordements, les cataclysmes horribles qui mirent en pièces le sein de cette pauvre terre où nous dormions encore dans les virtualités de la matière en feu ! Qui pourrait peindre les sublimes horreurs de ces premières et mystérieuses convulsions de notre mère à tous ! Des torrents de matières liquides mêlées de gaz soulevaient, brisaient et perçaient cette première croûte à peine formée ; de larges crevasses l’éventraient et par les ouvertures béantes s’élançaient des flots de granité liquide qui venaient se solidifier à sa surface. Alois se formèrent les premières montagnes; alors s’élancèrent à travers les factures solidifiées, les premiers filons de cuivre, de plomb, de zinc... injections des matières éruptives chassées du centre du globe vers la surface, pour servir un jour d’éléments de travail et de bien-être à l’Humanité qui devait y naître et progresser.
Les premières eaux qui se condensèrent venant tomber sur des surfaces encore incandescentes furent immédiatement rendues à l’état de vapeurs qui, plus légères que l’atmosphère, s’élevèrent jusqu’à ses limites supérieures ; là elles se refroidirent en rayonnant vers les régions glaciales de l’espace, puisse condensèrent de nouveau et retombèrent encore à
-r lit -
l’état liquide. Et ainsi de suite. Pendant un laps de temps très-considérable à coup sûr, elles passèrent successivement de l’état d’eau à l’état de vapeur et de l’état de vapeur à l’état d’eau, enlevant ainsi des quantités énormes de chaleur à la surface du globe, car on sait la quantité considérable de calorique qu’absorbe un corps pour passer de l’état liquide à l’état gazeux. En même temps, une quantité énorme de fluide électrique se dégageait de la vaporisation de si puissantes masses d’eau. C’était un déluge continuel, de continuels éclats de foudre au milieu des gémissements de l’atmosphère en feu. Qui pourra dire quelles furent ces formidables actions physiques et mécaniques d’abord, puis chimiques et organisatrices de la matière en douleur de création ! De tous côtés l’on vit poindre les granités qui furent les premiers os de l’énorme charpente qui commençait à se former.
La Vie, — Mais l’eau fut triomphante et finit par occuper toute la surface du globe. La Terre ne fut bientôt plus qu’un immense océan sans rivages. Alors commença un nouvel enfantement, enfantement d’où vont naître d’autres êtres et d’autres formes sous l’action des forces qui, comme la Pensée, se transforment pour un travail plus élevé.
Alors vont paraître les protozoaires, animalcules microscopiques qui, rassemblés par peuples, par groupes et par familles, vont se mettre à travailler à la formation des îles et des différentes roches du squelette terrien. Puis viendront les zoophytes, ou
animaux-plantes, de cette famille des tomipares dont chaque cellule est ânimée et, séparée de la masse, devient aussitôt un être complet. Pareils à ces diatomées et vorticelles que Ton peut observer au microscope, ils se dilatent pour se contracter ensuite au moindre danger et vivent de gaz et de chaleur. C’est la Vie ! C’est la vie qui commence à poindre par-, tout; c’est l’intelligence sortant de ses . langes sous forme dHnstinct, Aujourd’hui l’on donne à ces êtres une âme organique et on les appelle les Psychodiés.
Ehrenberg qui a découvert que les plus fortes montagnes de notre globe sont formées des dépouilles des mfusoires, admettait que tous ces petits êtres possédaient une organisation aussi complète que celle des animaux supérieurs, qu’ils avaient des nerfs et des muscles, des organes mâles et des organes femelles, des intestins et des vaisseaux sanguins. Pourquoi pas ? Ne fallait-il pas qu’ils eussent tout cela pour transformer la matière que nous avons tous ici-bas pour mission de parfaire et luméfier ?
L’eau a été la source de toute vie et de toutes les organisations dont elle contient les principes en dissolution. C’est d’elle d’où sortent tous les êtres par génération spontanée et par complication progressive des organismes. A l’époque où notre planète n était qu’un océan, ce fut dans la masse liquide qui lui servait d'amnios qu’apparurent les psychodiés et protozoaires de toutes sortes, les premiers nés du monde. C’est par ces petits êtres infimes que se fit, en premier lieu, toute la minéralisation du globe, puis sa végéta-
tion, et finalement sa vie animale; chaque type nouveau synthétisait tous ceux qui l’avaient précédé. C’est ainsi que la Terre sortait petit à petit du règne chaotique. Eh s'élewMdsins les deux séries minérale et organique, on voyait les êtres de la première prendre une forme de plus en plus géométrique et ceux de la seconde une forme de plus en plus variable ; la composition chimique des minéraux devient de plus en plus simple; celle des êtres organisés, au contraire, devient moins stable et plus complexe.
Hœckel, dans ses savantes études, a été conduit aux sources mêmes de la Vie. Il dit que la vie, à son degré le plus simple, n’est liée à aucune forme fixe et qu’elle ne dépend absolument que d’un certain arrangement moléculaire; qu’elle n’est enfin que la constitution physico-chimique de la matière. Elle commence suivant lui dans la cellule, dans des animalcules infinitésimaux qu’il appelle Protistes, qui sont des . êtres “ dont on ne peut dire quHls soient animaux ou végétaux^. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il faut bien qu’il commence à quelque part ce phénomène de la vie et qu’il sorte à un moment quelconque du minéral puisque nous savons que tout se transforme dans la nature en allant toujours du simple au composé. Notre savant français qui fit faire à la physiologie tant de lumineux progrès, Claude Bernard, admet lui-même que le corps humain est composé tout entier de véritables infusoires qui y vivent, meurent et se renouvellent chacun à sa manière: «Cette comparaison, dit-il, exprime exactement ma pensée, car cette mul-
titude inouïe d’organismes élémentaires associés qui composent notre organisme total, existent, comme des infusoires, dans un milieu liquide qui doit être doué de chaleur et contenir de l’eau, de l’air et des matières nutritives. Les infusoires libres et disséminés à la surface de la Terre, trouvent ces conditions dans les eaux où ils vivent. Les infusoires organiques de notre corps, plus délicats, groupés en tissus et en organes, trouvent ces conditions, entourés de protecteurs spéciaux, dans notre fluide sanguin qui est leur véritable liquide nourricier : ils y prennent leurs aliments et y rejettent leurs excréments, absolument comme des animaux aquatiques. » (1)
Ce savant admet donc comme Hœckel la monère initiale de la vie, ce que ce dei-nier appelle le Frotoplasma et va même jusqu’à lui accorder la mémoire :
K Le germe, dit-il, semble garder la mémoire de l’organisme dont il procède. »
C’est en effet avec la cellule, avec les psychodiés — cela satisfait complètement l’intelligence — que commence l'évolution morphologique proprement dite, et les corps ne sont que de petites républiques d’atomes animés. Ce sont des Nébuleuses pour ainsi dire formées par la condensation de particules protoplasmiques, de cellules obéissant à des lois, aux lois de la vie, ainsi que le cristal obéit lui-même aux lois de la géométrie qui, elle, n’est autre chose que le com-
(1) La Science expérimentale par Cl. Bernard.
mencement de Tordre naissant au milieu des désordres du règne chaotique.
Cette cellule psychique^ qui pense, suivant Hœcke. et Claude Bernard, puisqu’elle a de la mémoire, nous la retrouverons plus tard quand nous étudierons les cellules de notre cerveau, que nous la verrons munie de son nucléole sur lequel viennent agir les impressions des forces extérieures au moyen du lilament axile des nerfs. Chaque cellule de notre corps est la postérité des premiers organismes apparus au sein des mers primordiales.
C’est à ces origines aqueuses de notre Terre qu’apparaît déjà Tàme mystérieuse des premiers nés de Tabîme. Nous-mêmes, dans le sein de nos mères, nous ne sommes qu’une petite cellule ovulaire nageant dans un petit océan de protoplasma nutritif.
On le voit, et c’est la clarté de l’évidence, dès ces origines mystérieuses de la vie, c’est la continuité la plus absolue ; rien ne se crée ni ne naît pour ainsi dire, mais tout se continue et se perpétue. C’est une chaîne sans solution, sans maillon qui fasse défaut. C’est la Pensée de Dieu, rx4me universelle de TUnivers se manifestant par des lois dont les admirables rouages constituent la Création.
Est Deus in nohis agitante calescimus illo,
Ainsi donc il faut nous représenter à Toriglne notre Terre comme une masse énorme fluidifiée par le
calorique, où tous les corps se trouvent régulièrement superposés d'après les lois de l’hydrostatique: les plus denses au centre, les plus légers h l’extérieur. Eien d’organisé ne peut vivre dans un pareil monde ; le feu en est le seul roi jusqu’à ce que les lois de l’équilibre de la chaleur soient venues rendre habitables ces régions incandescentes. Ce n’est plus qu’une affaire de temps, mais dans l’Univers le temps n’est pas plus compté que l’espace. Ce furent Fourier et Duhamel qui étudièrent les lois de la chaleur et du refroidissement. Suivant eux, les espaces interplanétaires qui nous entourent sont à une température de 60 degrés au-dessous de zéro. C’est là que sont venus se perdre tous ces premiers feux de la Terre. A une certaine époque fort éloignée, la température du globe tomba à 2000 degrés, c’est celle qui suffit, d’après le calcul, pour tenir en fusion tous les corps solides. Le calcul indique qu’il fallut cent millions d’années (100,000,000) pour épuiser et répandre dans l’espace cette chaleur de la croûte terrestre. Sa température moyenne est aujourd’hui de 13 degrés. C’est en descendant de 100 degrés à 13 qu’apparurent les êtres vivants, et ce furent les pôles qui présentèrent les premières régions habitables. Quand les pôles avaient une chaleur de 30 degiés, qui est à peu près celle à laquelle l’homme peut vivre, l’équateur avait 74 degrés, température tout à fait insupportable aux êtres actuels. Aujourd’hui notre globe se refroidit de 1 degré en un million d’années; c’est fort peu; d’ailleurs il faut penser que la chaleur qui se fait sentir à sa
surface est désormais indépendante des feux souterrains qui n’y entrent plus que pour 1 /30 de degré. Aujourd’hui la surface de notre globe est arrivée à un équilibre de chaleur qui ne tient plus qu’à deux causes : le Soleil et l’atmosphère. Le Soleil verse sans cesse ses rayons sur notre globe, mais il contribuerait fort peu à l’échauffer sans la présence de l’atm^osphère. Plus on s’élève dans l’atmosphère et plus le froid devient vif jusqu’à ce qu’arrivé dans les espaces inter planétaires, on se trouve dans les régions où la température est à 60 degrés au-dessous de zéro, et maintenue constante par le rayonnement de tous les astres. L’enveloppe gazeuse qui nous entoure retient parmi les rayons du Soleil tous ceux qui se transforment en chaleur obscure au contact du sol et les empêche de retourner dans l’espace d’où ils viennent. La chaleur des espaces interplanétaires est d’ailleurs également nécessaire au maintient de notre température terrienne. Si ces régions avaient un froid infini, notre atmosphère éprouverait un refroidissement dont il est impossible de fixer la limite. Mais cette chaleur de 60 degrés au-dessous de zéro, jointe à celle de 73 degrés au-dessus de zéro que fournit en moyenne notre Soleil, donne pour la surface de la Terre une moyenne de 13 à 14 degrés.
Arrivé à cet endroit de notre étude, nous croyons utile de dire quelques mots de ce que l’on entend par la matière, car notre but est d’instiuire et de donner aux esprits sérieux des éléments pour asseoir leur religion.
La Matière (1). — La matière doit être considérée de deux manières différentes : comme fluide universel remplissant l’espace, c’est une essence infiniment subtile et qui, bien qu’impondérable, est elle-même le principe de la matière pondérable ; sous son autre aspect, c’est cette essence condensée qui forme tous les corps, tous les êtres de la création.
Cet éther, ou fluide universel, avait été pressenti par Newton dont le génie allait jusqu’à la divination ; aujourd’hui son existence est un fait irrévocablement acquis à la science. Il est également admis, par les savants de tous les pays, que c’est à l’action de ce fluide éthéré que l’on doit attribuer les phénomènes physiques appelés lumineux, calorifiques, élecinques et magyiétiques. Or un corps chai’gé d’éther qui devient ainsi éclairé, chauffé, électrisé, magnétisé, ne pesant pas plus que s’il ne l’était pas, il faut absolument en conclure que l’éther n’est pas pondérable.
C’est «cependant cet éther impondérable qui produit la pesanteur, car la nature même eVune substance agissant comme cause peut être complètement différente de celle des effets qu'elle produit. Cette théorie tout à fait nouvelle de la pesanteur, est due à un illustre ingénieur des mines, M. de Bouche{)orn (2). Comme celle de Newton, cette découverte est complè-
(!) Lire à ce sujet les « ^Entretiens sur le Spiritisme » par F. Vallès, inspecteur général des Ponts et Chaussées, page 25 et suivantes.
(2) Du problème général de la philosophie naturelle, par M. de Boucheporn.
tement justifiée par toute la rigueur des exigences mathématiques ; elle satisfait à toutes les lois connues de la dynamique et de l’astronomie ; elle a même révélé pour les corps célestes des lois jusqu’alors inconnues.
Si sous son état habituel nous pouvons voir et toucher la matière, qu’elle soit concrétée à l’état solide, liquide ou gazeux, et en connaître môme presque toutes les propriétés, il n’en est pas tout à fait de même quand nous la considérons à l’état d'éther ou de fluide-universel. Cependant nous savons que c’est en vertu de sa fluidité parfaite que nous percevons la lumière et la chaleur solaire et c’est aussi à cet état qu’il faut rapporter l’électricité et le magnétisme terrestres. II nous réserve bien d’autres surprises. (( Quant à moi, dit M. François Vallès, si compétent dans toutes les questions scientifiques, je crois fermement que c’est là que nous trouverons un jour la clef des phénomènes fluidiques inséparables des actes spirituels. Je crois que l'éther, qui nous a fait connaître quelques-uns de ses secrets, mais qui est loin de nous les avoir tous révélés, est cette mine féconde par laquelle, à force de travail, nous semns un jour en possession de toutes les richesses spirituelles aujourd’hui seulement entrevues. » Quelle n’est pas la puissance de transformation de la Pensée créatrice qui de ce fluide si-souple a créé fUnivers ! Nous savons la ténuité inimaginable de l’atome, puisque dans un cube de matière orgaiiiciue gros comme une tête d’épingle, on en compte le nombre inconcevable de 8
sextillons (8 suivi de 21 zéros), eh bien ! l’atome de diamant si pur et si brillant et l’atome de charbon sont faits de cette même essence élhéréenne. Quelle est donc cette Puissance qui, en partant d’un corps sombre, noir,opaque,salissant et tombant en poussière au moindre contact, a pu produire ce qu’il y a de plus net, de plus dur, de plus translucide et de plus éclatant ? A quel degré peut s’élever la science de Dieu lorsqu’il s’agit de purifier la matière sans en changer la constitution moléculaire ! C’est à côté de pareils faits que l’on s’imagine facilement quelle est l’étendue des pouvoirs qui résident en Dieu quand il s’agit de créer des âmes dans les bas-fonds de la matière, pour les faire grandir et tes purifi ir. N’est-il pas assez puissant pour créer aussi bien Vâme atodu Psychodié ? Puisque l’éther pénètre tous les corps, que ces derniers en sont tous imprégnés, il faut bien que tous ces Protistes dont nous avons parlé en soient aussi pénétrés. C’est le lien qui les unit à la matière, car, c’est notre foi, ils ont des animules dont la sensibilité, la mémoire, les passions, se développent par l’expérience avec le temps, et nous savons que Dieu ne compte pas le temps. La matière et l’âme suivent simultanément des chemins parallèles.
Cet éther, qui fait actuellement l’objet de noire étude, pénètre dans l’intérieur de tous les corps. Ce n’est point là une vaine hypothèse, c’est un fait bien certain; il est démontré par l’existence des corps translucides, car, puisque leur interposition n’ern-
pêche pas la faculté de voir, c’est évidemment parce que l’éther, indispensable pour toute vision, existe en eux et continue de vibrer. Sans cela, en effet, tout mouvement vibratoire s’arrêterait à leur rencontre et nous cesserions de voir. L’éther existe également dans les corps opaques, seulement il y éprouve une gêne qui fait descendre le nombre de vibrations lumineuses au-dessous de la limite où toute vision devient impossible. Ce fait est d’ailleurs mis hors de doute parles phénomènes calorifiques qui, eux aussi, sont exclusivement dus à l’éther, et prouvent par les effets de contraction et de dilatation qu’ils présentent, qu’il n’en est pas un qui ne soit imprégné d’éther.
L’éther est donc partout au point de vue de l’espace. Il est aussi partout au point de vue de la composition même de toute matière, de sorte que Vatome éthéré est le seul principe matériel de tous les corps. En s’accolant à d’autres semblables k lui, cet atome forme des groupes moléculaires par deux, par trois, par quatre et plus. Les distances entre ces groupes, tantôt identiques et tantôt différents, varient de manière à correspondre, par des combinaisons variées à l’infini, à tous les corps de la nature. Ce sont là des faits acceptés par notre grand chimiste M. Dumas et par bien d’autres avec lui. Cette idée a pris son droit de cité parmi nos savants. Ainsi nous pouvons, sans aucune hésitation, admettre que l’éther est bien le fliiide universel qui par sa substance occupe tous les espaces et compose toutes les matières. « Combien ne devons-nous pas admirer, dit M'' F. Vallès, cette
action créatrice qui, en descendant à la limite du possible, avec une seule substance a rempli tous les espaces et composé toute chose matérielle grande ou petite; qui de l’unité a fait l’infinie diversité avec tous ses prestiges, avec toutes ses providences pour les êtres créés. Et si j’ajoute que l’unité se trouve dans le spirituel comme elle existe dans le matériel ; que, d’un autre côté, dans les actions qui régissent l’un çt l’autre de ces principes et qui règlent les rapports qu’ils ont entre eux, règne aussi une loi unique de transmission, celle des vibrations et des mouvements fluidiques, ne resterez-vous pas confondus devant cette immense puissance qui a su allier tant de profusion et de richesses dans les effets, avec tant de simplicité et d’économie dans les causes ? Mais un mot suffît à tout expliquer : cette puissance est celle de Dieu. »
Avant d’entrer dans la description de tous les phénomènes qui ont constitué la vie et la série des êtres sur la surface de notre globe, cette digression sur la
matière et sur Dieu était indispensable.
Développement des formes vivantes. Complètement adepte et partisan du Darwinisme, nous ne pouvons mieux faire que d’adopter les conclusions de ses disciples les plus autoi*isés.
1° Les êtres les plus simples, les plus élémentaires, et sans doute les premiers nés de la Terre, sont les Monères, Ce sont des organismes sans organes, homogènes en apparence et formés de substance albu-
minoïde ; ils ont dû sortir spontanément des combinaisons de la matière inorganique.
2® Viennent ensuite les Cellules organiques sorties de ces monères ; elles peuvent vivre isolées et s’appellent alors Protistes, ou bien elles vivent en sociétés et deviennent les éléments constitutifs des tissus des plantes et des animaux. Toute cellule organique est formée au moins de deux éléments essentiels: d’une matière cellulaire externe appelée protoplasma et d’un noyau interne. Elles se différencièrent dans le cours des siècles en cellules animales et cellules végétales. Les protistes se reproduisent ase^uellement, tandis que la reproduction sexuée devient la règle chez les animaux et les végétaux. Les champignons appartiennent au règne des protistes.
3® Bientôt l’on voit apparaître les cryptogames, plantes qui ne produisent pas de fleurs, puis les phanérogames qui en donnent. Ce sont les Fougères, les Mousses, les Algues aquatiques. Elles sont d’abord monocotylédones, puis deviennent dicotylédones. C’est alors qu’apparaissent les conifères.
Les fougères et les mousses naquirent les unes des autres pendant que les algues, tantôt en groupes parallèles, tantôt convergents et tantôt divergents se formaient spontanément dans les eaux primordiales. C’est de ces algues que vont bientôt sortir les Lichens et les Champignons. Les champignons ne sont pas proprement des végétaux; les utricules dont ils sont formés ne sont point de vraies cellules, on les classe parmi les Protistes neutres. Les lichens sont formés
par une association d’algues et de champignons, c’est une espèce de vie en commun très-curieuse. Le champignon s’établit soit à la surface, soit à l’intérieur de l’algue et devient pour ainsi dire son hôte et vit k ses dépens. Ils se développent l’un par l’autre et finalement le champignon enveloppe l’algue et va se fixer dans quelque crevasse de rocher.
4® Les animaux commencent par les Zoophytes qui deviennent des Vers puis des Typozoaires ou animaux types. C’est de Ik, que sortent les Echinodermes et les Mollusques qui proviennent chacun d’un groupe différent de vers. Tous les groupes accusent dans leur structure embryogénique des ressemblances trop profondes pour que l’on puisse hésiter un seul instant k leur donner une origine commune. Tous les vertébrés jusqu’k l’homme sont sûrement la postérité d’un groupe unique d’ancètres du même groupe de vers. Tous les Mammifères d’une part, et de l’autre tous les Reptiles et les Oiseaux, descendent de la classe des Amphibies et se rattachent aux Poissons, et tous ont eu pour commune origine un même groupe de Vers. Les Insectes, les Arachnides, les Myriapodes et les Crustacés descendent d’unaülre groupe de Vers. On dirait la même chose des Astéries ou Etoiles de mer qui, en se développant dans une certaine direction, ont donné naissance aux Grinoïdes, et dans une autre aux Echinides.
La forme primordiale du règne animal, d’après Haeckel, apparaît dans une larve d’éponge calcaire appelée la Gastrula^ qui est une sorte de sac ou d’es-
tomac primitif ouvert par un orifice buccal. Cest l’animal sous sa forme la plus simple ; il est formé de deux couches de cellules.
Ce que nous venons de dire, c’était pour montrer que la Science nous prouve aujourd’hui, d’une manière évidente et péremptoire, que les Espèces se sont succédé avec lenteur, depuis la cellule originelle jusqu’à l’homme, en procédant du simple au composé. C’est ce que le grand poète et philosophe de l’Allemagne, Goethe, avait déjà deviné sous le souffle d’une intuition médianimique sans doute : « les êtres, disait-il, d’abord confondus dans un degré de parenté où ils se différenciaient à peine les uns des autres, sont peu à peu devenus plantes ou animaux, en se perfectionnant dans deux directions opposées, pour aboutir, les unes à l’arbre durable et immobile, les autres, à l’homme qui représente le plus haut degré de mobilité et de liberté. » Comme nous l’avons vu, ce senties psychodiés qui ont construit notre globe et tout ce qui le recouvre. Les plantes comme les astres sont des mondes habités. Les feuilles sont des prairies pourvues de petits ruisseaux ou veines, dans lesquelles circule un liquide invisible à l’œil matériel, qui se répartit dans de petits brins ou poils si fins, si déliés, si bien détachés les uns des autres, qu’ils forment véritablement une forêt d’arbres poussés au milieu de la prairie. Les atomes montent le long de ces brins, pour aller boire la goutte d’eau (H 0) qui brille à leur extrémité. Cette sève qui circule dans la feuille est
elle-même composée d’atomes plus subtils encore. La fleur est formée d’atomes à teinte plus belle, à essence plus pure et plus délicate et son calice est une oasis remplie d’arbres touffus et merveilleux qui distillent d’odorants parfums. N’y a-t-il plus d’eau dans cette plante, voilà les atomes qui s’agitent, qui vont, qui viennent, montent au sommet de chaque brin ; mais ne trouvant plus rien ils périssent les uns après les autres et la plante naeurt. C’est qu’un insecte a rongé ses racines. Le froid vient-il frapper cette plante, tous les atomes s’endorment et la plante rentre, pour ainsi diie, dans le règne minéral dont elle est sortie ; elle est en catalepsie. Le Soleil du printemps apparaît-il en dardant ses rayons d’amour ! Voilà tout le petit peuple en émoi courant et s’ébattant à travers les champs et les forêts microscopiques. Comme nous, les plantes ont leurs langueurs et leurs souffrances que nous ne voyons pas.
Il en est ainsi de tous les êtres. Dans notre corps des atomes fourmillent par milliers et pénètrent par tous les pores dans notre chair, où ils trouvent un aliment. L’atmosphère est remplie d’atomes que les vents chassent dans toutes les directions. Lorsque la mort vient briser le fil de notre existence, ces atomes qui vivaient en nous périssent; ils rendent à la Terre l’essence qui composait leur être matériel et continuent leurs pérégrinations à l’état (Têtres spirituels pour aller renaître ailleurs. Toute mort, celle d’un atome aussi bien que celle de l’homme, est toujours une résurrection. Il reste toujoiirs de l’être qui vient de périr sa Forme qui change en progressant lorsqu’elle
reprend une vie nouvelle. C’est la vie éternelle et progressive dont le Créateur, dans sa bonté, a fait don k tous ceux auxquels il a donné l’existence. Et tous les Etres parlant à leur origine de l’ignorance, de l’insensibilité et de l’inconscience, arrivent providentiellement au Conscient et au Savoir.
Évolution terrienne et Transformisme. — La doctrine philosophique du Transformisme et de l’Evolution, de la descendance et de la sélection, est celle qui de nos jours a le plus de faveur parmi les gens instruits chez les peuples civilisés. Darwin, Wallace, Haeckel, Herbert Spencer, Tyndall, Huxley, Alex. Bain, Ose. Schmidt... sans les nommerions, en sont les adeptes les plus connus et les plus autorisés. Il est bien certain qu’il n’existe pas d'hypothèse rivale qui puisse lui être opposée et nous pouvons la regarder comme parfaitement légitime, car elle est basée sur les preuves les plus solides et les plus sérieuses. Mais nous établirons tout d’abord que cette idée de transformation lente des êtres n’exclut pas Dieu de la création ; Darwin dans son ouvrage « de l'Origine des Espèces n dit lui-même : « Il y a de la grandeur dans une telle manière d’envisager la vie et ses diverses puissances animant à l’origine quelques formes ou même une forme unique sous un souffle du Créateur. Et tandis que notre planète a continué de décrire ses cycles perpétuels d’après les lois fixes de la gravitation, d’un si petit commencement, des
formes sans nombre, de plus en plus belles, de plus en plus merveilleuses, se sont développées et se développeront par une évolution sans fin. » Nous le demandons, n’est-il pas permis de voir la un plan providentiel ?
C’est le naturaliste français Lamarck qui créa la théorie de la descendance qui devait être si magnifiquement développée par Darwin. Goethe, lui, l’avait devinée. Dès l’antiquité • d’ailleurs elle avait déjà été entrevue. Cette doctrine n’a pas seulement l’avantage de satisfaire la raison : elle donne du Créateur une idée plus digne et élimine le surnaturel. Aujourd’hui, le surnaturel est ce que nous ne connaissons pas encore, mais que nous connaîtrons plus tard, par la raison quHl n'y a rien de secret qui ne doive être co7inu, et que ce qui fut surnaturel à certaines époques, cesse de fêtre aux époques suivantes. Le travail et l’étude, en diminuant nos incompréhensions, diminuent chaque jour la part du merveilleux, en élargissant le cercle de nos connaissances. Certes, le Dieu de la Bible juive n’est plus le Dieu d’aujourd’hui et la théorie du transformisme, qui cherche à expliquer la genèse des êtres vivants par le jeu régulier de lois immuables, en est l’adversaire le plus irréconciliable. L’Univers tout entier, c’est ia création par révolution. Non-seulement cette théorie satisfait la raison — ce qui ne serait pas suffisant pour la rendre acceptable — mais elle est vraie parce qu’elle a pour fondements des faits irréfutables qui ressortent de la morphologie et de la physiologie comparées.
Cela donna à réfléchir de voir que la disposition des os est analogue dans la main de l’homme, dans l’aile de la chauve-souris, dans la nageoire de la tortue et dans la jambe du cheval; qu’il y avait le même nombre de vertèbres dans le cou de la girafe et dans celui de l’éléphant; devoir les quadrupèdes devenir quadrumanes, et les quadrumanes se transformer en bimanes; enfin de surprendre le poisson sortant de l’eau devenu amphibie.
Bientôt on découvrit que « les différences anatomiques entre l’organisation humaine et celle des singes supérieurs sont beaucoup plus faibles que les mêmes différences existant entre les singes supérieurs oi*ang, gorille, chimpanzé) et les singes inférieurs (cercopithèques et macaques) » c’est la loi Huxley, On trouva enfin que l’homme fait partie de l’ordre des singes catarrhiniens de l’ancien monde. L’on ne veut pas dire par là que l’homme descend directement des anthropoïdes actuels, aucun naturaliste sérieux n’a jamais professé cette doctrine qui a servi si souvent de thème à quelque prédicateur ignorant et facétieux, mais seulement qu’il a des aïeux communs avec ceuxci. «On ne peut douter, dit Darwin, que notre ancêtre ne descende d’un quadrupède velu, muni d’une queue, d’oreilles pointues, et qui habitait dans les arbres. » Haeckel admet l’existence entre le singe anthropoïde et l’homme d’hommes-singes encore privés de la parole ; il les appelle hommes pithécoïdes et croit qu’ils vivaient vers la fin de l’àge tertiaire. La nguistique démontre d'ailleurs qu’il faut admettre
plusieurs langues primitives, ce qui prouve que les diverses espèces et races humaines étaient déjà séparées quand l’homme parla.
Suivant Haeckel, 22 formes animales marquent les principales étapes de la monère à l’homme ; la moitié au moins a vécu au sein des mers.
L’évolution embryologique du fœtus humain est d’ailleurs elle-même la récapitulation de la longue série des espèces antérieures ; en neuf mois il traverse toute l’échelle des formes que ses ancêtres ont parcourues durant des millions d'années. L’œuf humain, l’ovule, est une simple cellule.
Au premier stade de son développement apparaît dans la cellule un nJoyau qui se scinde en deux ; ces deux noyaux se scindent en 4, en 8, en 16, en 32, en 64, etc... L’ovule se divise ainsi en un grand nombre de cellules sœurs.
Au second stade l’homme est déjà un petit animal ; c’est un amas globuleux qui ressemble à une mûre. Bientôt il se décompose en deux feuillets et l’on voit apparaître un intestin rudimentaire.
Vers le cinquième stade le fœtus humain se montre pourvu d’un véritable intestin qui est l’organe le plus ancien et le plus important de notre corps. Beaucoup de zoophytes inférieurs, tels que les éponges, restent toute leur vie à cet état de poche organique à double paroi.
Vers le sixième stade l’homme présente tout à fait l’aspect et l’organisation d’un ver.
Au septième stade le fæins humain est devenu un
vertébré sans crâne, ni cœur, ni mâchoires, ni membres.
Au huitième stade il ressemble à un poisson, à une lamproie; il n a encore ni mâchoires ni membres, mais la tête commence à se séparer du corps, et Ton distingue déjà cinq ampoules cérébrales et les vésicules oculaire, olfactive et auditive ; déjà le cœur et l’appareil circulatoire commencent à fonctionner.
Au neuvième stade l'homme est tout à fait un poisson ; ses deux paires de membres ne sont encore que des bourgeons aplatis en forme de nageoires pectorales et abdominales ; les fentes branchiales sont ouvertes ; les mâchoires inférieure et supérieure apparaissent à 1 état rudimentaire, puis paraît la vessie natatoire dont vont provenir les poumons, le foie et le pancréas.
Enfin au dixième stade on constate l’organisation des vertébrés supérieurs sans branchies et finalement celle des mammifères et de l'homme.
Tous ces laits de l’histoire embryologique de l'homme ne montrent-ils pas, d’une manière évidente, la parenté généalogique de tout le règne animal ? Tous les embryons des vertébrés aux premiers stades se ressemblent tellement qu’il est impossible de distinguer les embryons du chien, du pigeon, de la tortue, de celui de l’homme.
La théorie de l’évolution, dit le matérialiste noyé dans un verre d’eau, la théorie de l’évolution relie entre elles toutes les questions de l’histoire naturelle, comme les lois de Newton ont relié entre eux les mouvements des corps célestes. Cette théorie a bieq
tous les eai-aclèrês des lois newtoniennes. 11 n’est plus nécessaire de voir, dans chaque espèce éteinte ou vivante, l’incarnation d’une idée divine ou la réalisation de plans préconçus par on ne sait quel étrange artisan qui, quoiqu’il s’applaudît chaque fois de son œuvre et naïvement la trouvât bonne, la recommençait périodiquement. « Lorsque depuis longtemps, dit M. Jules Soury, maître de conférences à l’école pratique des Imites études et chargé d’élever aux sentiments généreux le cœur de la jeunesse française, lorsque le soleil aura dispersé dans les froids espaces sa chaleur et sa lumière, et ([ue les plantes et les animaux seront éteints sur cettè planète déserte, envahie par le froid et la nuit — alors, sous l’influence de ({uelque choc peut-être, ce cadavre d’un monde se désagrégera, et de ses éléments sortira une autre nébuleuse, grosse d’un nouvel univers. Tel est le rhytme éternel de l’évolution. A une période de concentration, pendant laquelle prédominent les forces attractives de la matière, succède une période de diffusion où l’emportent les forces répulsives. (Cette manière d’expliquer les choses est assez drôle, soit dit en passant). Toute évolution aboutit à une dissolution; toute dissolution tire de son chaos fécond une nouvelle évolution. Dans l’avenir et dans le passé, on ne saurait concevoir ni commencement ni fin de ces révolutions cosmiques dominées par les seules lois de la mécanique (ô ffiécanicien !). Devant une hypothèse aussi grandiose (c’est l’hypothèse qui est grandiose), quand le soleil, avec son coftégè planétaire, ne nous
apparaît plus que comme une étoile de la voie lactée, comme un point presque imperceptible qui déjà pâlil et doit rentrer dans la poussière d astres (Voit Va tm une combinaison éphémère — un jeu de la nature, — que devient la théorie vulgaire du progrès humain, le progrès de nos mœurs et de nos sociétés, le progrès de nos arts et de nos sciences ? N’y a-t-il pas une sorte d’ironie cruelle à mêler notre destinée au grand drame de l’univers ? » (1).
Oui il y a ironie, mais l’ironie c’est d’expliquer ainsi la science et ses grandes et nobles découvertes. Quand on a une telle impuissance de cœur et d’esprit on n’écrit pas; cai‘, bien que tout cela ne soit que simple hypothèse, que nous sommes bien libres d’accepter ou de rejeter, de pareilles doctrines troublent les esprits peu réfléchis et versent dans les âmes la désespérance et la lâcheté. Les fruits que poitent vos tristes et inintelligents systèmes, Messieurs les matérialistes, c’est M'""' Ackermann qui va vous le dire :
LE cm.
Lorsque le passager, sur un vaisseau qui soml)re,
Entend autour de lui les vagues retentir,
Qu’à perte de regard la mer immense et sombre Se soulève pour l’engloutir ;
Sans espoir de salut, et quand le pont s’entr’ouvre.
Parmi b s mats brisés- terrilié, meurtri,
H redresse son front hors du flot qui le couvre,
Et pousse au large un dernier cri.
Vl) Philosophie naturelle par Jules Soury.
Cri vain ! cri déchirant ! l’oiseau qui plane ou passe, Au-delà du nuage, a frissonné d’horreur.
Et les vents déchaînés hésitent dans l’espace A rétouffer sous leur clameur.
Comme ce voyageur, en des mers inconnues J’erre et vais disparaître au sein des flots hurlants ; Le gouffre est à mes pieds, sur ma tete les nues S’amoncellent, la foudre aux flancs.
Les ondes et les deux autour de leur victime Luttent d’acharnement, de bruit, d’obscurité;
En proie à ces conflits, mon vaisseau sur l’abîme Court sans boussole et démâté.
Mais ce sont d’autres flots, c’est un bien autre orage Qui livre des combats dans les airs ténébreux ;
La mer est plus profonde, et surtout le naufrage Plus complet et plus désastreux.
Jouet de l’ouragan qui l’emporte et le mène, Encombré de trésors et d’agrès submergés,
Ce navire perdu, mais c’est la nef humaine,
Et nous sommes les naufragés.
L’équipage affolé manœuvre en vain dans l’ombre ; L’Epouvante est à bord, le Désespoir, le Deuil ; Assise au gouvernail, la Fatalité sombre Le dirige vers un écueil.
Moi que sans mon aveu l’aveugle Destinée Embarqua sur l’étrange et frêle bâtiment,
Je ne veux pas non plus, muette et résignée.
Subir mon engloutissement.
Puisque, dans la stupeur des détresses suprêmes, Mes pâles compagnons restent silencieux,
A ma voix d'enlever ces monceaux d’^anathèmes Qui s’amassent centre les deux.
Afin qu’elle éclatât d’un jet plus énergique,
J’ai, dans ma résistance à l’assaut des flots noirs,
De tous les cœurs en moi, comme en un centre unique, Rassemblé tous les désespoirs.
Qu’ils vibrent donc si forts, mes accents intrépides,
Que ces mêmes cieux sourds en tressaillent surpris ;
Les airs n’ont pas besoin, ni les vagues stupides.
Pour frissonner d’avoir compris.
Ah ! c’est un cri sacré que tout cri d’agonie;
H proteste, il accuse au moment d’expirer.
Eh bien ! ce cri d’angoisse et d’horreur infinie Je l’ai jeté ; je puis sombrer î (i).
Peut-on lire quelque chose de plus profondément triste, qu’un pareil cri de désespoir sorti d’un cœui* de femme. Plus cette poésie est belle et profonde, plus elle fait détester ces théories nihilistes qui semblent vouloir inonder la société. Heureusement nous savons bien que c’est ainsi qu’il en est toutes les fois que les vieux dogmes tombent en ruine pour être remplacés par de nouveaux. Le doute est aujourd’hui le point de passage nécessaire et qui devait précéder l’enfantement d’une société plus belle.
Les Dieux sont morts ! Combien de fois déjà l’Humanité n’a-t-elle pas jeté ce cri ! Mais c’était pour ressusciter. Certes, beaucoup d’àmcs ardentes et généreuses souffrent de ces combats entre la désespérance et la foi, mais ces souffrances sont passagères et le papillon sortira bientôt de sa mue tout brillant d’azur et tout ivre d’amour.
(1) philosophiques par Ackermann.
Claude Bernard et le principe vitaL — Il faut bien distinguer dans la Nature les forces qui ne sont que mathématiques de celles qui sont véritablement organogéniques. La physique et la chimie n’ont jamais eu pour mission de créer des êtres spéciaux se perpétuant par tradition organique d’un être à l’aulre. Immuables par leur nature, les forces terrestres se pei*pétuent dans les âges avec des propriétés toujours fixes; elles agissent sans aucun plan conçu d’avance, mais uniquement d’après les circonstances et suivant les substances que les fortuites du hasard mettent en contact avec elles. Elles collaborent évidemment à l’organisation de toute vie, mais elles ne sont ni créatrices, ni regulari$atrices ; en un mot, elles ne contiennent pas le principe vital.
C’est d’ailleurs ce que nous rendent bien évident d’un côté : les expériences de physique et de chimie (|ue nous réalisons dans nos laboratoires ; de l’autre : les belles et savantes études expérimentales faites par l’un des plus grands physiologistes qui fut, Claude Bernard de l’institut. Des études consciencieuses et persévérantes ont conduit ce savant aux conclusions toutes contraires à celles que préconisent si aveuglément les matérialistes ; elles le conduisirent aux conclusions spiritualistes les plus élevées. Voici ce qu’il nous apprend au sujet du principe vital.
« Quand on observe l’évolution ou la création d’un
être vivant dans l’œuf, on voit clairement que son organisation est la conséquence d’une loi organogénique qui préexiste d’après une idée préconçue, et qui s’est transmise par tradition organique d’un êt!‘e à l’autre.
» Nous voyons dans l’évolution apparaître une simple ébauche de l’être, avant toute organisation. Les contours du corps et des organes sont d’abord simplement arrêtés, en commençant, bien entendu, par les échaffaudages organiques provisoires qui serviront d’appareils fonctionnels temporaires au fœtus. Aucun tissus n’est d’abord distinct, toute la masse n’est constituée que par des cellules embryonnaires; mais, dans ce canevas vital, est tracé le dessin idéal d’une organisation encore invisible pour nous, qui a assigné d’avance k chaque partie, à chaque élément sa place, sa structure et ses propriétés ; là où doivent être des vaisseaux sanguins, des nerfs, des muscles, des os, les cellules embryonnaires se changent en globules de sang, en tissus artériels, veineux, musculaires,!nerveux et osseux. L’organisation ne se réalise pas d’emblée; d’abord vague et simplement ébauchée, elle ne se perfectionne que par différentiations élémentaires, c’est-à-dire par un fini dans le détail de plus en plus élevé. Cette puissance créatrice et organisatrice n’existe pas seulement au début de la vie, dans l’œuf, l’embryon et le fœtus. Elle poursuit son œuvre après la naissance et chez l’adulte, en présidant aux manifestations des phénomènes vitaux ; caric’est elle qui entretient [»ar la nutrition et renouvelle d’une manière
incessante la matière et les propriétés des éléments organiques de la machine vivante.
» Le germe préside à l'organisation de l’être en formant, à l’aide des matières ambiantes, la substance vivante, et en lui donnant les caractères d’instabilité chimique qui deviennent la cause des mouvements vitaux incessants qui se passent en elle. Les cellules, germes secondaires, président de la même façon à l’organisation cellulaire nutritive. Il est bien évident que ce sont des actions purement chimiques; mais il est non moins clair que ces actions chimiques, en vertu desquelles l’organisme s’accroît et s’édifie, s’enchaînent et se succèdent en vue de ce résultat qui est l’organisation et l’accroissement de l’individu animal ou végétal.
» Il y a comme un dessin vital qui trace le plan do chaque être et de chaque organe; en sorte que si, considéré isolément, chaque phénomène de l’organisation est tributaire des forces générales de la nature, pris dans leur succession et dans leur ensemble, ils jiaraissent révéler un lien spécial ; ils semblent dirigés par quelque condition invisible dans la route qu’ils suivent, dans l’ordre qui les enchaîne. Ainsi les actions chimiques synthétiques de l’organisation ( l de la nutrition se manifestent comme si elles étaient dominées par une force impulsive gouvernant la matière, faisant une chimie appropnée à un but, et mettant en j)résence les réactifs aveugles des laboratoires, à la manière du chimiste lui-même.
)) C’est cette puissance d évolution immanente à
lovule, que nous nous bornons à énoncer ici, qui seule constituerait le qtiid proprmm de la vie, cai* il est clair que cette propriété évolutive de l’œuf qui pmduira un mammifère, un oiseau ou un poisson, n’est ni de la physique ni de la chimie.» (1)
Dans tous ces phénomènes de vie,nous devons voir l'œuvre d'une intelligence supérieure qui,dès le début, trace une première ébauche suivant un plan bien arrêté d’avance et poursuivant son dessein jusqu’à complète perfection. Tout ici vient se porter en faux contre les doctrines matérialistes, car il nous semble bien évident qu’aucune de ces manifestations vitales ne s’exerce proprio motii. Chaque germe a sa spécialisation bien arrêtée pour laquelle toutes choses sont intelligemment combinées. Ce n’est plus de la chimie aveugle mais bien une chimie progressive, dynamiquement dirigée, qui crée et coordonne, par des développements successifs vraiment merveilleux, tous les organes de l’Etre dont l'existence a été voulue.
Cette action providentielle qui a conduit le fœtus jusqu’aux portes de la vie,va se continuer encore après sa naissance. Quand il vient au monde son organisme n’est pas complet, il faut donc que le principe vital continue son œuvre de création. D’ailleurs la matière nutritive contenue dans l’amnios ou dans l’œuf n’étant pas inépuisable il fallait bien que l’ètre vînt chercher au dehors ce qui lui manquait au dedans. N’est-ce
(1) Brchvrkes sur le problème de la Physiologie^ par ( 1. BennrJ.
])as admirable de voir tous ces enchaînements rationnels dans les choses créées, C est, en tout et pour tout, la même intelligence inouïe, la même Providence qui prévoit et qui veille. Plus on étudie et plus on est touché et confondu devant celte science infinie qui préside à Torganisation de funivers, à la création des mondes, à la succession des êti’es; science aussi puissante et aussi admirable dans rinüniment petit que dans l’infini ment grand.
Lorsque Têtre vient prendre sa place active soît dans le milieu atmosphérique, soit dans feau, soit dans les profondeurs du sol, son organisme n’étant pas complet, le principe vital continue son œuvre, (il non-seulement il la poursuit jusqu'à son achèvement mais il persiste encore après, soit pour protéger, soit pour rétablir et conserver. C’est ce que nous fait bien voir encore Cl. Bernard:
« Chacun sait, dit-il, qu’un organisme vivant,quand il a été mutilé, tend à se refaire suivant les lois de sa morphologie spéciale; la blessure se cicatrise dans l’animal et dans la plante, la perte de substance se comble, et l’être se rétablit dans sa forme et son unité. Quand l’harmonie de fédilice organique est troublée, elle tend à se rétablir.»
Il faut donc voir là une forme invisible à nos yeux de chair conservant ses contours par une vertu qui lui est propre et qui est indépendante de la matière. C’est peut-être un moule formé avec l’éther lui-même, ce que les spirites ont appelé Périsprit et qui appartient à toute créature ayant vie. Nous savons déjà que
- Ui -
Téther traverse tous les corps et les imprègne tle son essence. La vie consiste aloi'sà assigner à la matière une place fixe dans une enceinte donnée.
Tout est métamorphose et progrès dans la création, et plus la science avance dans le champ de ses travaux et de ses découvertes, plus la loi devient évidente à l’esprit du penseur et du philosophe. Quelle suite admirable dans le développement régulier de cet atome microscopique qu’on appelle un embryon et qui renferme en soi virtuellement toutes les phases de ses destinées î Quelle évidence d’un plan préconçu, d’une idée parfaitenjent arrêtée ! L’idée, l’embryon, le fœtus, l’enfant, l’adulte, l’homme niür, le vieillard, tout est condensé dans un atome, absolument comme le chêne est tout entier contenu dans sa graine. On se demande en vérité si la matière n’est pas intelligente ; si ce n’est pas elle-même qui se transforme de cellule en cellule. Mais non l l’on devine bien vite un plan, un projet préconçu se déroulant sous le souffle d’une pensée intelligente et supérieure.
Est ce Dieu qui préside lui-même au miracle de cette création de l’être humain ? Nous ne le croyons pas; Les fausses manœuvres auxquelles nous fait assister la tératologie, nous montrent qu’il n’en est rien, car Dieu ne peut pas se tromper. D’un autre côté on acquiert bien vite la conviction que quelqu’un travaille h la confection si merveilleusement régulière, imparfaite souvent, de ce petit être qu’on appelle un fœtus, et qu’une véritable intelligence travaille a soa
- Vd -
développement. Pour nous, nous ne pouvons nous empêcher de croire que des Esprits particuliers sont préposés à la formation de chaque espèce d’êtres, tout au moins quant k la partie matérielle. Si les hommes sont si disparates, si variés dans leurs formes plastiques, c’est que les Esprits créateurs sont eux-mêmes différents dans leur degré d’intelligence et d’avancement. On peut tout au moins admettre qu’ils aident dans la constitution des formes.
Une autre hypothèse, très-acceptable aussi, est que le périsprit en s’incarnant, qu’il soit d'homme ou d’animal, construit lui-mème inconsciemment sa propre demeure, qu’il imprègne intimement de tous les attributs, qualités ou vices, qu’il possède au moment de sa réincarnation.
Une troisième hypothèse, c’est que le principe vital est par lui-même intelligent. Inintelligent k son point de départ dans le microzoaire et dans la mousse, il le devient en passant d’un être dans un autre, en se transformant en un mot, comme tout ce qui naît et vit dans la nature. On peut d’ailleurs supposer qu’il possède en soi, k l’état latent, tous les rouages de l’organisation de l’être qu’il est chargé de développer dans toutes ses phases successives. Voyez une montre. N’est-elle pas un ensemble de rouages tout disposés k se mettre en mouvement pour la réalisation d’une idée conçue d’avance ? L’inventeur l’ayant construite avec son intelligence et sa pensée, son rôle est terminé; dès lors tout être humain, si peu intelligent qu’il soit, pourra prendre une clef et mettre en mouvement cette
montre qui va marcher toute seule et marquer Fheure comme si elle était elle-même un être intelligent. La graine d’une plante est cette montre elle-même. C’est le grand horloger de l’Univers qui a formé son mécanisme en vue d’une fin préconçue, et ce mécanisme c’est le principe vital qu’elle porte en son sein ; la clef qui va la mettre en mouvement c’est l’inintelligent soleil dont les rayons, composés de milliers d’éléments divers, vont introduire dans tous ces rouages la chaleur et l’électricité qui vont la métamorphosi r en bourgeons, en fleurs et en fruits, aussi régulièrement que la montre qui marque toute seule les secondes, les minutes et les heures. Phidias prend un bloc de marbre pour en faire un Apollon du Belvédère ou bien une Vénus de Milo. Eh bien ! le minéral est le bloc informe que prend Dieu ; il y met le principe vital qui est sa Pensée et voilà le bloc qui devient mousse, fougère ou chêne, cerf ou cheval ou chien, homme enfin. La statue terminée il l’abandonne à son libre-arbitre afin qu’elle forme elle-même son àme en 1 adorant et en l’aimant. Lui, le Créateur, reste inva- ]*iablenient le Sein toujours gonflé d’Amour qui attire à soi toutes les créatures et les nourrit de vie intellectuelle et morale. Et c’est ainsi que l’on peut dire que :
Lame eut un noyau incandescent ,,
Une activité assindlatrice Repnnant un à un tous les attributs du Créateur.
Est-ce bien, demandons-nous encore, est-ce bien Dieu lui-même l’architecte de fUnivers, l’artiste présidant seul à toutes les transformations infinies de la
matière sur les tenues du ciel? Nous aimons mieux croire aux Esprits collabomteurs de Dieu. D’ailleurs c est un article de foi spirite pour ainsi dire ; car voici ce qu’on lit dans le “ Livre des Esprits » page 231 :
Action des Esprits sur les phénomènes de la nature
D. — Les grands phénomènes de la nature, ceux que Ton considère comme une perturbation des éléments, sont-ils dus à des causes fortuites, ou bien ont-ils tous un but providentiel ?
R. — « Tout a une raison d’être, et rien n’arrive sans la permission de Dieu. »
D. — Ces phénomènes ont-ils toujours l’homme pour objet ?
R. — « Quelquefois ils ont une raison d’être directe pour l’homme, mais souvent aussi ils n’ont pas d’autre objet que le rétablissement de l’équilibre et de l’harmonie des forces physiques de la nature. »
D. — Nous concevons parfaitement que la volonté de Dieu soit la cause première, en cela comme en toutes choses, mais comme nous savons que les Esprits ont une action sur la matière, et qu’ils sont les agents de la volonté de Dieu, nous demandons si certains d’entre eux n’exerceraient pas une influence sur les éléments pour les agiter, les calmer ou les diriger.
R. — « Mais c’est évident; cela ne peut être autrement ; Dieu ne se livre pas h une action directe sur la matière; il a ses agents dévoués h tous les degiés de l’échelle des mondes. »
D. — La mythologie des Anciens est entièrement fondée #ur les idées spirites, avec cette différence qu’ils regar-
daîent les Esprits comme des divinités; or ils nous représentent ces dieux ou ces Esprits avec des attributions spéciales ; ainsi les uns étaient chargés des vents, d'autres de la foudre, d’autres de présider à la végétation, etc.; cette croyance est-elle dénuée de fondement ?
R. — « Elle est si peu dénuée de fondement, qu’elle est encore bien au-dessous de la vérité. «
D. — Par la même raison il pourrait donc y avoir des Esprits habitant l’intérieur de la terre et piésidant aux phénomènes géologiques ?
R.. — « Ces Esprits n’habitent pas positivement la terre, mais ils président et dirigent selon leurs attributions. Un jour vous aurez rexplication de tous ces phénomènes et vous les comprendrez mieux. »
D. — Les Esprits qui président aux i)hénomènes de la nature forment-ils une catégorie spéciale dans le monde spirite * sont-ce des êtres à part ou des Esprits qui ont été incarnes comme nous ?
R. — « Qui le seront ou qui Font été. «
13. — Ces Esprits appartiennent-ils aux ordres supérieurs ou inférieurs de la hiérarchie spirite?
R. — « C est selon que leur rôle est plus ou moins matériel ou intelligent; les uns commandenl, les autres exécutent ; ceux qui exécutent les choses matérielles sont toujours d’un ordre inférieur, chez les Esprits, comme chez les hommes.
I). — Dans la production de certains phénomènes, des orages par exemple, est-ce un seul Esprit qui agit, ou se réunissent-ils en masse?
R. - « En masses innombi'abîes. «
D. — Les Esprits qui exercent une action sur les phénomènes de la nature agissent-ils avec connaissance de cause^ en vertu de leur libre arbitre, ou par une impulsion instinctive et irréfléchie ?
R. — « Les uns oui, les autres non. Je prends une comparaison ; figure-toi ces myriades d’animaux qui peu à peu font sortir de la mer des îles et des archipels; crois-tu qu'il n’y ait pas là un but providentiel,, et que cette transformation de la surface du globe ne soit pas nécessaire à l’harmonie générale? Ce ne sont pourtant que des animaux du dernier degré qui accomplissent ces choses tout en pourvoyant à leurs besoins et sans se douter qu’ils sont, les instruments de Dieu". Eh bien ! de même, les Esprits les plus arriérés sont utiles à l’ensemble; tandis qu’ils sayent à la vie^ et avant d'avoir la pleine conscience de leurs actes et leur libre arbitre, ils agissent sur certains phénomènes dont ils sont les agents à leur insu ; ils exécutent d’abord; plus tard, quand leur intelligence sera plus développée, ils commanderont et dirigeront les choses du monde matériel; plus lard encore ils pourront diriger les choses du monde moral. C’est ainsi que tout sert, tout s’enchaîne dans la nature depuis l’atome primitif jusqu’à l’archange, qui lui-même a commencé par l’atome ; admirable loid’harmonie dont voire Esprit borné ne peut encore' saisir fensemblc. »
Esprits qui remplissez l’air, la terre et les mers !
Anges de tous les noms, mystérieux fantômes
Dont le monde invisible est plus plein que d’atomes l
Lamartim:-
Force animiqm. —Il faut absolument admettre dans tout être qui naît, qui vit et qui meurt, une cause première. Cette cause première, germe divin si vous voulez, est évidemment une Force. Or on sait que toute force pour exister doit avoir son point d’application, son intensité et sa direction. C’est donc ainsi qu’il en sera pour cette cause première dont nous parlons et que nous appellerons Ame ou Force ani- ■mique indifféremment. C’est une “ Matière spéciale » qui ne peut avoir ni forme, ni corps, essentiellement distincte de tout ce qui nous est connu sur Terre, et seule capable de produire des effets intelligents. Son substratum c’est l’éther au moyen duquel elle constitue les différents périsprits des Etres, et c’est dans ceux-ci que s’introduit la matière qui détermine toutes les manifestations matérielles de la Nature.
Dans l’immensité de l’Univers existent à l’etat latent les principes de tout ce qui est, car rien ne peut sortir du néant. La matière s’y trouve à différents états dont nous ne connaissons guère que qiiativ; éthéré, gazeux, liquide et solide. Obéissant au\ Ims de la mécanique, de la physique et de la chimie, eu même temps qu’à celles du fluide vital, elle se transforme lentement, régulièrement, et des nébuleuses, petit à petit condensées, l'on voit sortir les différents mondes de l’espace. Chacun d’eux prend sa place indiquée, renfermant en soi tous les germes qui lui sont dévolus par le Créateur et qui restent à letat
inerte, comme la chrysalide et les graines des plantes, jusqu’au moment propice pour Téclosion de chaque espèces Dès que cesse d’agir la force qui les tient fartés, les principes organiques se rassemblent et forment, petit à petit, tous les êtres vivants. Chacun de ces mondes est plus ou moins avancé dans ses transformations, et, suivant le degré plus ou moins éle\'‘ d’existence, les êtres, animaux ou plantes qui les habitent, sont semblables ou différents. La partie de rUnivers que nous appelons improprement immatérielle, c’est-à-dire les forces animiques, est, ainsi que la matière^ partout répandue dans les champs de l’espace; elle se transforme, elle aussi, d’une manière lente et régulière, en montant tous les échelons du Progrès. La force animique s’empare de la matière et lui donne la forme.
L’Ame ayant pris une première fois un corps, ayant commencé à se manifester, continue, à partir de cet instant, à vivre, à se perfectionner par VExpérience, à s’instruire et se former par le Travail, à acquérir la sensibilité par la Souffrance et par l’Amour. Tous les deux parallèlement,la matière et l’esprit, vont de métamorphose en métamorphose, passant de l’eau sur la ♦erre, d’une plante inerte et grossière à une plante plus délicate et plus élevée dans l’échelle de la vie, puis de la plante dans l’animal, enfin de l’animal dans 1 homme. L’Ame tend à sortir de l’état inconscient pour arriver à prendre un jour possession d’ellemême.
Il faut donc séparer dans l’Univers deux principes:
le principe matériel, et le principe immatériel ou quintessencié. La matière est facile à reconnaître, elle est dans un éîat pei-manent de repos intérieur, d'inertie, et les molécules qui la composent ne se renouvellent pas d'elles-mêmes. C’est l’Ame qui la compose, la décompose et la recompose en prenant pour agent, pour intermédiaire, l’électricité répandue par le Soleil dans le sein de la Terre. Tout corps,qui vit, plante ou animal, est le siège d’un mouvement incessant, et c’est l’Âme travaillant à la formation, k l’entretien, au perfectionnement de sa demeure. Les âmes des bêtes inférieures ont pour mission d’élaborer, de pétrir, de constituer enfin tous les éléments qui doivent servir à entretenir une vie plus élevée. Les végétaux décomposent la matière minérale inerte dans laquelle ils plongent leurs racines pendant que leurs feuilles aspirent dans l’air d’autres éléments plus purs. Après avoir patiemment extrait tous ces éléments dans l’eau, dans la terre ou dans l’air, ils les recomposent sous un état plus <•. mvenable, plus parfait, pour en former les éléments plastiques ,,qui vont ensuite constituer les animaux vivants. On sait par exemple que l’azote (A/.i, dont notn? atmosphère est remplie, ne peut être directement absorbé par l’homme; il l’empoisonnerait. Mais les plantes absorbent et s’assimilent cet azote et le transforment en matières azotées qui sont indispensables à l’alimentation du corps humain. Les animaux, à leur tour, décomposent la matière qui constitue les végétaux et la refont à nouveau plus délicate et plus
loO —
pure encore. Et c est ainsi que la vie s’élève toujours, allant de l’être le moins parfait à celui qui l'est plus. C’est ainsi que la planète se purifie.
Ainsi, nous admettons qu’il n’y a pas de solution de continuité dans la création des êtres, et que tous commencent par rinfiniment petit pour progresser éternellement dans le temps et dans l’espace ; que tous les types divers, toutes les formes, se créent successivement et naturellement au fur et à mesure des progrès intellectuels et sensitifs de l’âme; et qu’enfin la conscience et le sens moral ne se forment que lorsque l’ànie est arrivée au point voulu. Même y aurait-il rien d’étonnant — la géologie rend cette hypothèse tout à fait naturelle et rationnelle — y aurait-il rien d’étonnant à voir un jour apparaître sur notre globe une nouvelle^ une forme supérieure
â r homme, plus belle et plus relevée? Cette forme supérieure, c’est celle des Esprits, composés d’une matière quintessenciée.
Ce qui nous fait obstacle dans la compréhension de ces phénomènes, c’est qu’ils se passent chez des êtres invisibles, car ces périsprits qui remplissent l’espace en quantité plus innombrable que les grains de sable sur le rivage des mers, ces Elémentals et ces Elémentairas (1) comme les appellent les Théosophes américains, nous ne pouvons pas les voir. Mais le nombre des choses invisibles k notre œil imparfait sur-
(1) Voir la Revue Spirite à!k, Kardec. Avril 1878 page 129.
^)assede beaucoup celui des choses qu’il peut percevoir. Jïoxygène de l’air, ce pz si précieux, si imporlani, pour lequel nous devrions avoir un saint respect, puisque c’est à lui que notre corps doit la vie, le voyons-nous? Voyons-nous, par une belle soirée •d’été, la vapeur d’eau répandue dans l’air autour de nous et qui, tout à l’heure, par un simple abaissement de tempéi'atui'e, va se transformer en nuage, en pluie, et passer de l’état invisible à l’état visible ? Voyons-nous l’éther qui, par ses vibrations plus ou moins multiples, donne lieu à tous les phénomènes de chaleur, de lumière et d’électricité? Voyons-nous ious ces fluides odoriférants qui s’échappent du sein des fleui's, pénètrent tous les pores de notre atmosphère et viennent fi'apper notre odorat? Voyons-nous dans le rayon blanc du soleil les millions de couleurs qu’il contient? Voyons-nous dans l’espace toutes ces comètes en nombre infini, qui courent dans tous les sens et semblent venir chercher, chacune à tour de ixMe, auprès du Soleil leur maître, le germe fécondant qui va peut-èti’e les transformer en Lunes ou en Planètes? Voyons-nous la pensée qui sort du cerveau •de notre voisin et qui cependant existe, est une force, est une cause qui pcut-êtie va produire un grand effet? Voyons-nous tous ces Esprits qui vivent et se mêlent à nous sur la surface du globe?
Que de choses existent réellement et sont cependant invisibles à l’œil faible et grossier de l’habitant de la 'l’erre ! Il est si peu de chose cet œil humain que de U matière inerte à l’état de cristal jouit de propriétés
plus puissantes que lui; l’œil microscopique, l’œil photographique, l’œil télescopique,lui sont supérieurs.
Le réel est étroit, le possible est immense.
Chaque être dans ce monde vit dans un milieu plus ou moins raréfié, suivant sa nature plus ou moins délicate. Ainsi les vers qui vivent dans les bas-fonds formant le lit des rivières et qui passent leur existence dans le sein de la terre, n’ont ni yeux, ni oreilles ; ils appartiennent au monde tout à fait inférieur et ne connaissent pas l’existence des êtres qui sont au-dessus d’eux : les poissons qui vivent dans un milieu moins dense. De même les poissons ignorent l’existence des êtres, tels qu’oiseaux et (piadrupèdes, vivant dans fair qui forme le milieu moins dense venant immédiatement après le leur. Enfin, rhomme lui-même ne peut concevoir que dans le milieu plus raréfié qui vient après le sien : l’éther, il y ait des créatures plus fines, plus élevées et plus parfaites dans l’échelle de la création, qui le voient et peuvent le suivre dans tous scs actes, comme lui-même peut suivre le poisson qui nage dans le sein des eaux.
Et qu’est-ce qui régit cet admirable ensemble de lois qui composent ainsi d’une manière régulière et continue l'échelle sans fin des êtres? L’Attraction jointe à la loi du Progrès; l’Amour uni aux phénomènes de la Vie.
Ge que nous appelons la faim n’est autre chose que l’attraction de la matière pour la matière, la grande Loi Newtonienne de la gravitation universelle qui
existe pour la matière grossière et primordiale aussi bien que pour la matière vivante et quintessenciée; pour la planète opaque comme la Terre aussi bien que pour la Comète subtile et légère. L atome féminin attire à lui latome mâle. L’àmeattire Tàme. Dieu, la grande Ame Androgyne attire toutes les âmes. L’attraction {unie à la répulsion) est la loi générale de la Création. Tout est Amour et les atomes s’unissent entre eux par sympathie.
Voyez ce beau lilas de Perse qui veut être le premier à saluer 1 arrivée du joyeux printemps ; il est chargé de cent grappes violettes, odoriférantes et gracieuses. Juste à sa place mettez un rosier; le phénomène change et ce sont maintenant des couleurs d un rouge aveuglant ou du rose le plus délicat et le plus tendre. Et cependant la terre dans laquelle il cherche et prend sa nom riture, les rayons blancs de Soleil qu’il boit et décompose, sont identiquement les mêmes. Juste au même endroit, plantez un jasmin d’Orient et c’est maintenant le blanc le plus pur, le parfum le plus suave. Ainsi chaque être vit à sa façon et comme il l’entend. Pour chaque petit arbre le corps ligneux n est pas le même, la feuille est différemment découpée, les couleurs n’ont pas les mêmes nuances et chaque fleur a sa forme et son parfum caractéristiques et particuliers.
Pour la plante, le centre d’attraction est dans la racine. N étant pas encore douée de la faculté de se mouvoir, c’est en effet là qu’il devait être placé, afin de se trouver en même temps dans l’humus qu’elle
doit décomposer, et tout près de lair auquel elle doit pi’endre aussi ses éléments ; chez l’animal, et dans l’homme en particulier, c’est évidemment dans l’estomac que la force animique a placé son centre d’attraction. Là est la force inconsciente qui attire la matière, la triture, la malaxe, la décompose, la métamorphose, la distribue dans toutes les parties du corps, après en avoir soutiré le fluide électrique qui sert de lien entre la matière et le périsprit.
Pour bien comprendre les phénomènes de vie qui vont bientôt se dérouler devant nous dans l’étude de la formation de notre globe, il faut s’imaginer qu’un ntre quelconque, quel qu’il soit, est toujours composé d’une force animique qui constitue la volonté plus ou moins consciente, d’un périsprit que nous croyons formé pa]‘ l’éther lui-même, et de matière plus ou moins travaillée.
Un soir, dans une de nos séances intimes, où réunis entre amis sympathiques, nous interrogions les Esprits au sujet de l’union de l’aine et du corps ; voici les réponses que nous obtînmes médianimiquement. C’est un Esprit habitant, nous dit-il, la planète Jupiter, (jui répondit à nos questions.
1). VouIez-\’t)iis nous dire si l’habitant de la Terre est bien en effet composé de trois parties : corps, périsprit, et âme ?
R. (( Le corps, fut-il répondu, vous le connaissez ‘.«trop pour qu’il soit nécessaire d’en parler. Lame,
o)ou i esprit, comme vous voudrez, est ce que j’ap- ))pel!erai VIndividualité. Individualité. Le corps
n’est qu’une enveloppe qui permet à l’être de chan- «ger de forme, de face, de nom, de langage, de i)souffra7ice. Donc l’ànie, vous n’en doutez pas, est »bien réellement présente en vous. Elle est attachée k «votre corps par une substance moins matérielle que ))Je corps, moins fluide que l’ànie. Cependant ne vous o)y trompez pas, Tàme a quelque chose de commun «avec la matière, c’est une quintessence de la matière, «quintessence plus ou moins parfaite. La troisième «partie, quel que soit le nom que vous lui donniez, est «en quelque sorte une matière intermédiaire, un lien «invisible comme tant d’autres qui unissent les âmes- «s(eurs et qui expliqueraient toutes les sympathies «fortes et spirituelles, si on les connaissait. «
T), .^lais les bêtes, ont-elles un périsprit capable, à leur mort, d’entrer dans un corps d’homme ?
H. « Tout est essentiellement perfectible. La matière «des animaux est donc appelée k se perfectionner, et «quel plusgi-and perfectionneiaent peut-elle trouver que ))(;elui de s’associer à plus parfait qu elle, c’est-k-dire, «k la matière humaine ? Le grand alambic divin esl «puissant et épurateur.
»ll y a positivement quelque chose de matériel dans «Tàmc. La matière épurée, éclairée, fortifiée, devient «force motrice, mais force plus ou moins agissante, «plus ou moins active. Et voilk ce qui constitue les «différents degrés. La question résolue ainsi, les
«animaüx ont une âme, soit entendu sans conipai*aison «avec l’ùme humaine, n
D. Est-il permis de croire que la matière qui a constitué les animaux et les plantes se perfef'tionne directement pour aller former dans d’autres planètes des animaux plus parfaits et des plantes plus belles ?
R. « Etablir cette loi, ou du moins cette probawbilité, c’est isoler les trois catégories. Or la matière «suit une échelle de perfectionnement qui n’isole pas »la plante de Tanimal ni l’animal de la matière «humaine. L’air absorbe les débris de la plante «comme ceux des animaux, et l’homme respire ce «même air. La plante n’ayant pas de vie individîielle^ «il est difficile d’admettre qu’elle passe dans d’autres «Planètes. Le nier n’est pas possible non plus, parce «qu’il y a dans la matière un travail de tiansformation «si minutieux, qu’ilestpresqu’impossible de le classer «par catégories. «
YI.
Les Fluides ,— Comment pourrions-nous parler de choses que nous ne connaissons pas si ce n’est en demandant des renseignements à ceux qui savent. Ici les Esprits seuls peuvent nous tendre le fil conducteur qui doit nous guider dans ces dédales de l’inconnu, et nous aider à concevoir et à comprendre un peu. iLes communications médianimiques, et nous ne parlons ici que de celles qui sont marquées au cqin du cachet de l’intelligence et du savoir, sont pour nous des sources précieuses où nous nous croyons le droit
de puiser. Chercher la Vérité n’est i)3s aussi facile (ju’on croit.
....Le penseur
Souffre de sa pensée et se brûle à sa flamme.
Cherchons donc et Dieu veuille que de nos labeurs il puisse sortir un peu d’amour pour les cœurs, un ])eu de paix pour les âmes. Voici ce qu’.Vllan Kardec dit au sujet des fluides dans sa « Genèse » :
Le fluide cosmique universel est la matière élémentaire primitive dont les modifications .et transformations constituent l’innombrable variété des corps de la nature. Mais aucune des transformations qui amènent ce fluide universel à l’état de matière tangible ne se produit par transition brusque. Chaque état successif donne lieu à des phénomènes Spéciaux, mais on doit les diviser en phénomènes matériels et en phénomènes spirituels ou psychiques ; ces derniei’s appartiennent au monde invisible et sont la clef d’une foule de faits inexplicables par les seules lois de la matière. Les fluides les plus voisins de la matérialité, les moins purs par conséquent, composent ce qu’on peut appeler l'atmosphère spirituelle temstre. C’est dans ce milieu que les Esprits incarnés et désincarnés de la Terre puisent les éléments nécessaires à l’économie de leur existence. Ces fluides, quelque subtils (ît impalpables qu’ils soient pour nous, n’en sont pas moins d’une nature grossière comparativement aux fluides éthérés des régions supérieures; mais, quels ,qu ils soient, c’est toujours de la matière plus ou
moi^ns qaintessenciée. Il n y a,en somme, de réellement spirituel que l’Ame ou principe intelligent.
La matière tangible n’est compacte que par i apport à nos sens,caiv elle ne fait pas plus obstacle aux Esprits et aux fluides spirituels qui la traversent,que les corps transparents n’en font à la lumièie. D’ailleurs cette matière tangible, en se désagrégeant^ peut retourner à l'état d’éther, comme le diamant, le plus dur des corps, peut se volatiliser en gaz impalpable. La solidification de la matièie 11 'est en réalité qu'un état transitoire du fluide universed., qui peut retourner à son état primitif quand les conditions de cohésion cessent d'exister.
Le périsprit est une condensation du fluide cosmique autour d’un foyer d’intelligence ou àme. Le corps charnel a également son principe dans ce fluide transformé et condensé en matière tangible, mais dans le périsprit la transformation moléculaire s’opère différemment, car le fluide conserve son impondérabilité et ses qualités éthérées. L’un et l’autre sont de la matière sous deux états différents.
La couche des fluides spirituels qui environnent la Terre, peut être comparée aux couches inférieures de l’atmosphère, plus lourdes, plus compactes, moins pures que les couches supérieures. Ces fluides ne sont pas homogènes, c’est un mélange de molécules de diveises qualités; ils sont, à proprement parler, l’atmosphère des êtres spirituels, dans laquelle ils puisent les matériaux sur lesquels ils opèrent; cette atmosphère est le véhicule de la pensée, comme l’air est 1« véhicule du son.
Les Esprits agissent sur les fluides spirituels k l’aide de la volonté et de la pensée; ils en changent leîy, propriétés comme un chimiste change celles des gaz en les combinant suivant certaines lois. Il suffît à l’Esprit de penser une chose pour que cette chose se produise en image ftuidique, La Pensée modifie d’ailleurs les propriétés des fluides sur lesquels elle agit et les mauvaises pensées corrompent les fluides spirituels comme les miasmes délétères corrompent l’air respirable ; c’est ainsi que certains fluides se promènent autour de nous en portant l’empreinte de
l’orgueil, de l’égoïsme, de la haine, etc. ou de la
bonté, de la douceur, de l’amour.Ces fluides de¬
viennent force de transmission et sont, soit excitants^ soit calmants, soit réparateurs ou soit irritants, ht matière, le corps des incarnés par exemple, s’assimile ces fluides comme une éponge qui s’imbibe de liquide. L’homme, par sa volonté, peut chasser les fluides mauvais comme, par sa faiblesse, il peut les laisser s’introduire en lui.
Roustaing. — Nous avons admis que nous avioDîÿ le droit de considérer comme documents sérieux ceux provenant de communications médianimiques sérieuses. (fuatre Evangiles)) de Roustaing,
bâtonnier des avocats à la cour de Bordeaux, est dans^ ce cas. Nous donnons ci-après un résumé succinct de sa Genèse; nous y acquerrons la conviction du rôle important que joutnt les Esprits dans la création . des mondes.
«L’esprit à son origine de formation, essence spirituelle, principe d’intelligence, sort du Tout universel. Nous nommons ainsi l’ensemble des fluides répandus dans l’espace et qui sont la source de tout ce qui existe, soit k l’état spirituel, soit à l’état fluidique, soit k l’état matériel. L’esprit k son origine estformé de la -(juintessence de ces fluides et est tellement subtil (ju’aucuno expression ne peut en donner une idée k l’intelligence bornée des habitants de la terre.
)) La volonté de Dieu mwm ces fluides pour leur donner Vêtre.
))La vie universelle est ainsi en germes éternels partout dans la nature pour les besoins de l’harmonie universelle, pour la formation de tous les mondes, de tous les règnes, de toutes les créatures, soit à l’état matériel, soit k l’état fluidique, car, à leur formation, les mondes primitifs sont composés de tous les principes constitutifs dans l'ordre spirituel, matériel et fluidique, des divers règnes que les siècles doivent élaborer. Le principe intelligent se développe en même temps que la matière, progresse avec elle en passant de l’inertie k la vie. Dieu attire k L^i tout ce qui atteint la perfection.
«Cette multitude de principes, qui sont latents, attendent k l’état catale[)tique, qu’en vertu des lois naturelles^ immuables^ éternelles^ qu’il a établies, le souverain Maître donne k chacun sa destination. Ils subissent alors k travers les éternités, et sous la surveillance et la direction des Esprits que Dieu piépose à leur développement et à leurs destinées, toutes lès
transformations qui doivent les conduire à travers les règnes minéral, végétal et animal, et à travers toutes les formes et toutes les espèces de chacun de ces règnes. Ils arrivent, en suivant une progression continue a cet état intermédiaire entre l’état animal et 1 état spirituel conscient, puis enfin à letat de créature ,ayant son Libre-Arbitre, une intelligence raisonnée, indépendante et responsable de ses actes. C’est ainsi qu’ils parviennent par voie de transformation et de progrès, au faîte de l’intelligence, de la science et de la grandeur.
i>Tout a une existence dans la nature, car tout meurt, et ce qui meurt avait nécessairement le principe de vie, avait son intelligence relative. A son origine l’essence spirituelle, alors à l’état de simple essence de vie, absolument inconsciente de son être, construit chaque minéral en attirant les éléments fluidiques par une action magnétique attractive, dirigée et surveillée par les Esprits préposés par Dieu k ce travail, car, ainsi que nous l’avons dit déjà, pour fous les règnes : minéral, végétal, animal et humain, rien, absolument rien, ne peut exister sans le concours des Esprits, collaborateurs de Dieu, dont la surveillance n’est point affectée à tel minéral, tel végétal ou tel animal, mais s’exerce d’une manière générale suivant les lois naturelles et immuables.
» Quand un bloc de marbre est arraché de sa carrière il meurt et l’essence spirituelle qui résidait dans ses parois s’en retire et est dirigée sur un autre
point par les Esprits, pendant que ses débris sont employés par l’homme pour les besoins de l’humanité en conservant la force de cohésion qui réunit les molécules entre elles. C’est ainsi qu’une fleur, séparée de l’arbre sur lequel elle est née, conserve encore pendant quelque temps la fraîcheur de ses tons et lafermeté de sa tige, et qu’après la mort le corps humain maintient, des jours et des mois, l’unité de sa forme.
«L’essence spirituelle qui réside dans le minéral n’est pas une individualité. Elle subit dans le règneminéral toutes les matérialisations successives, nécessaires pour la tîonduire au végétal dans lequel elle prend une forme nouvelle. L’essence spirituelle passe donc à un moment donné dans le végétal où elle commence à subir Vëpre^tve de la sensation, après avoir passé, ainsi que nous lavons dit, pai* toutes les formes et espèces intermédiaires, en suivant une progression continue sous l’influence de la double action magnétique qui produit alternativement la vie et la mort. A cet état de végétal il ny a encore ni conscience ni souffrance, il y a seulement sensation; espèce d'^ébranlement magnétique qui prépare VEsprit qiù se forme au développement de son être.
«Après la mort de chaque végétal l’essence spirituelle est transportée sui un autre point et passe par toutes les formes et espèces intermédiaires pour arriver à l’animal. A ce moment VEsprit commence à ressentir un acte extérieur, mais il n’en connaît ni la cause ni les effets, il y a seulement sensation de la souffrance, L’Esprit, — car c’est déjà un Esprit —
continue ainsi jusqu'à ce qu il arrive à la conscience de son être.
«Arrivé dans le règne animal, l’Esprit en formation acquiert le principe intelligent; mais ce n’est encore que cette intelligence relative qu’on appelle Instinct, intelligence bornée à la fonction qui lui est dépai tie, à Tutilité qu’il doit avoir, au but qu’il doit remplir dans l’harmonie universelle au point de vue de conservation, de reproduction et de destruction.
))A ce moment de sa transformation, l’Esprit n’a pas son intelligence indépendante et raisonnée, ni la conscience de ses facultés et de ses actes, ni son librearbitre; mais il va suivre une marche progressive et continue, qui va le conduire à la limite des formes et des espèces intermédiaires qui participent de l’animal et de l’homme. En définitive, si l’essence spirituelle soutient la matière, la matière de son côté aide à son développement.
«Enfin, après avoir subi toutes les transformations de la matière, VEsprit arrive à ce nouvel état oh l’instinct finit pour laisser la place k la Pensée. C’est cet état de VEsprit qu’on appelle Vétat dHgnorance et c’est le moment où commence I’Eumanité. L s Esprits se préparent alors à la vie spirituelle consciente, indépendante et libre. Alors commencent la vie morale et la responsabilité. La statue a reçu sa dernière forme. Esprit est enveloppé des fluides qui forment son périsprit, corps fluidique qui devient l’instrument de son progrès vers la perfection intellectuelle et morale, et instrument aussi de ses chutes
dont il peut toujours se relever au moyen des réincarnations expiatoires.
«Tout est magnétique dans TUnivers, et tout, aussi bien dans l’ordre spirituel que dans l’ordre matériel et dans l’ordre fluidique, est attraction dépendant de cet agent. Les fluides magnétiques relient entre eux tous les mondes, unissent tous les Esprits, incarnés ou désincarnés. C’est le lien avec lequel Dieu nous enveloppe comme un seul être et nous attire à Lui. C’est au moment où l’Esprit commence à entrer dans sa vie de libre-penseur qu’il opère cette constitution fluidique appelée ^périspritn. qui est son tempérament, lequel est toujours la conséquence des tendances de l’Esprit. Les fluides sont attractifs ou répulsifs les uns envers les autres, ce qui établit et règle les rapports entre les Es()rits, suivant leurs bonnes ou mauvaises tendances.
«Dès que TEspiit e^t mis en possession de son libre-arbitre et à même de pouvoir choisir sa voie, il est soumis k des Esprits désincarnés préposés k son développement et vis-k-vis desquels il se montre plus ou moins docile. Ce sont ses afiges gardiens. Mais il y en a bien peu qui consentent k se laisser guider et presque tous succombent aux entraînements de l’orgueil et de l’envie.
)>Les Esprits indociles et rebelles aux conseils de leurs Esprits pî'otecteurs attirent par la nature do leurs mauvais penchants des Esprits mauvais,sympathiques k ces tendances, et ils tombent dans le mal, non pas j)ar entraînements, mais par la faiblesse de leur
propre volonté, car dans Tàme la volonté est tout. Ils n’ont de rapports avec les mauvais Esprits que parce qu’ils se complaisent dans le mal. Ceux qui n’aiment que le bien, qui sont dociles à leurs guides, n’attirent à eux que de bons Esprits ayant les mêmes tendances.
«Les fluides du périsprit varient d’une manière incessante,au fur et à mesure des besoins intellectuels et moraux. Plus l’Esprit est inférieur, plus les fluides de son périsprit sont opaques et lourds, et ce périsprit se modifie forcément suivant les phases de l’existence et des épreuves; et cela, par la Volonté. Le périsprit se modifie aussi suivant les régions que doit habiter l'Esprit, et même suivant les missions qu’il reçoit do Dieu.»
Toutes les communications médianimiques données par des Esprits sérieux, et dans tous les pays, sont tellement concordantes entre elles qu’elles deviennent des preuves scientifiques et des éléments de foi. La vie dans l’Univers, sur tous les globes en nombre infini qui le constituent, n’est autre chose que l’éternel combat entre l’esprit et la matière, et, dans chaque Terre en formation, ce sont toujours les mêmes phénomènes de transsubstantiation naturelle et de progrès.
On le voit, l’atmosphère autour de nous est remplie de fluides méphitiques, de pensées malsaines, de passions bestiales, que l’homme peut s’assimiler en
— UîG
Içs absorbant dans son périsprit, ou repousser par Telfet d’une énergique volonté. Dans cette basse-cour, étudiez bien ce paon faisant la roue : n est-ce pas l’o/gueil incarné? Il se tourne en tout sens vers la gent volatile et frappe indigné de son bec ceux qui, se montrant insensibles à ses charmes, se refusent de payer leur tribut d’admiration. Eh bien ! quand ce paon sera mort, son périsprit qui appartient au monde spirituel, restera dans l’air et sera un Esjwit d’orgueil qui petit à petit, d’ailleurs, se dépouiller de tous ses mauvais fluides, car il se réincarnera souvent et la moi*t, qui est la conséquence naturelle et forcée de la vie (i), a pour mission d’activer la régénération morale de tous les êtres spirituels. A mesure que l’homme découvrira tous les secrets de la Nature, la souffrance et le mal s’effaceront graduellement de la surface de notre globe. Mais terminons le résumé de la belle et lumineuse communication médianimique de M. Roustaing :
« Les Esprits qui sonl obstinés dans le mal sont humanises; ils restent incarnés sur les terres primitives pour être domptés sur ces terres vierges encore de Fapparition de rhomme, mais prêtes pour cette apparition, terres où chaque incarnation nouvelle amènera une amélioration dans l’état moral en même
(1) Dieu ayant créé ia Vie, il fallait nécessairement qu’il créât aussi la Mort, sans quoi les êtres en croissant toujours eussent encombré la surface du globe. D’ailleurs l’ètre crée ignorant et allant de l’inconscient au conscient* la Mort devenait l’essence même de la création.
temps qu’une amélioration dans les fluides qui conslituent le périsprit. C’est ainsi que les Esprits qui restent mauvais sont incarnés sur des Planètes plus ou moins inférieures et subissent des incarnations plus ou moins matérielles, plus ou moins pénibles, suivant l’état de leur âme.
» De même que Dieu crée d’une manière continue des essences spirituelles, de même il crée des mondes pour servir aux incarnations, mondes plus ou moins inférieurs qui sont plus ou moins matériels, mais qui deviennent de plus en plus fluidiques et sont un jour des mondes célestes ou divins que peuvent seuls aborder les purs Esprits. Dans chacun de ces mondes tout est en rapport avec l’intelligence de ceux qui les habitent.
)) Pour atteindi’e à la perfection, les Esprits n’ont qu’à écouter leurs guides spiiûtuels ; gouvernés par eux, ils doivent faire leurs études dans le grand livre de l’Univers et parcourir toutes les sphères, depuis Jes plus inférieures jusqu’aux plus pures. Leurs études se font soit à l’état d’incarnation, soit à l’état eiTant entre chaque incarnation. Ils s’élèvent toujours vers les régions supérieures, apprenant d’un côté et instruisant de l’autre.
n Vous le voyez, ôBien-aimés, dans cette grande unité de la Création, tout concourt à la vie et à l’harmonie universelle, selon des lois naturelles, immuables et étwnelles, depuis le ciron microscopique jusqu’à l’homme. Quand l’homme comprendra les liens qui 4’unissent à tout ce qui est dans la création, son cœur
s’adoucira et il comprendra la nécessité d’user sans abuser. Mais l’homme ne peut pas encore tout comprendre et tout expliquer.
» O nos Bien-aimés, dont nous voulons le bonheur, dont nous voulons détruire l’ennemi acharné, l’orgueil, ce démon qui vous possède et vous subjugue, ne rejetez pas sans examiner cette révélation de votreorigine. Elle ne vous abaisse pas, elle vous grandit ; c’est l’égalité devant Dieu de tout ce qui existe- Pleins de respect et d’amour pour votre Créateur, d’amour et de charité pour vos frères, d’amour pour toutes les créatures du î^eigneur, travaillez avec ardeur, avec courage et résignation ; armés de la science et du progrès, travaillez et vous trouverez et vous comprendrez, car vous serez aidés et soutenus par les bous Esprits que Dieu charge de guider ceux qui cherchent. Rappelez-vous que son Messie vous a dit : Il Ti'y a rien de caché qui ne doive être découvert et rien Æignoré qui ne doive être su.))
Cet ouvrage en quatre volumes a été dicté à M. Roustaing par les Evangélistes et les Apôtres qui venaient, lui dirent-ils, continuer la grande révélation messianique, dépouiller L'esprit de la lettre et montrer que ce que les uns appellent : mystères et miracles,les autres : légendes et fables, faute de pouvoir comprendre, n’est que le cours naturel des lois de la Création. Admirables lois! Lois vivantes et animées, accomplies,réalisées par des êtres inconscients d’abord, mais dont l’intelligence et la conscience ont devantelles l’éternité du temps pour se développer et s’épa-
nouir. Combien notre cœur ne doit-il pas grandir devant une si splendide révélation et combien ne devons-nous pas devenir bienveillants, bons et indulgents, non-seulement pour nos semblables, mais pour tous les êtres qui nous entourent. Ce serait une bien triste chose que la science si elle devait tuer en nous l’imagination qui nous fait voir à travers les espaces et assoupir notre cœur qui nous fait aimer. Plaignons celui qui n a plus de sens que pour la matière, mais ne nous laissons pas couper les ailes par des lâchetés et des défaillances. Rappelons-nous que c’est l’orgueil qui conduit 1 homme à renier Dieu et, punition cruelle ! à se nier lui-même. Quant à nous qui croyons à toutes les révélations, à toutes les bontés de notre Créateur, rappelons-nous que :
Le désir fait croître les ailes de Came.
Louis de Tourreil. — Une des lois de la Nature* qui attriste profondément le penseur, c’est celle de la souffrance. Pourquoi Dieu permet-il que ses créatures souffrent? Est*ce donc là de l’ordre et de la bonté?
D’abord, pour ce qui est de nous, nous pouvons vaincre la souffrance par l’effet même de notre volonté. Le sauvage se fait scalper, sans cesser un seul instant son chant de guerre. Les martyrs chrétiens savaient si bien séparer leur àme de leur corps (car c’est l’àme qui souffre), que les bourreaux pouvaient livrer celuici à tous les plus atroces supplices sans pouvoir chasser le sourire qu’ils avaient sur les lèvres. Pour ce qui est des animaux qui se dévorent entre eux, nou^
demanderons la réponse k une autre révélation faite par un Esprit k Louis de Tourreil, officier de marine, et réunie dans un livre ayant pour titre : a La religion fiisionienne)). Voici sur Fœuvrc de la Création quelques pages où nous pouvons puiser d’utiles et précieux renseignements :
« Il fallait que la liberté naisse petit k petit dans 1 etre appelé k l’exercer, qu elle fût une création de lui-même ; c est dans ce but que Dieu a fait commencer Fhomme par letat le plus infime. Si Dieu avait donné k l’homme en le formant la lumière, la sagesse, I amour et la liberté, l’homme eût été Dieu lui-même* Cest une erreur profonde de croire que Dieu peut faire un être intelligent et sage sans que l’être ait appris la vérité par Vexpérience. EiTCur de croire que l’on peut aimer sans sentir soi-même l’amour. Erreur de dire que Pon peut être libre en agissant soi-même par Vimpulsion d’autrui. Pour que l’homme pense, il faut qu’il crée sa pensée. Pour qu’il raisonne, il faut qu’il crée sa raison ; pour qu’il aime, il faut qu’il -jcrée son amour ; pour qu’il soit libre, il faut qu’il crée sa liberté. Il faut que l’homme se constitue dans la conscience en partant de l’inconscience ; qu’il se constitue dans la lumière en partant des ténêbi’es ; qu’il se constitue dans la vérité en passant par l’erreur*, qu’il se constitue dans l’amour, en partant de l’indifférence ; qu’il se constitue dans la puissance et la liberté en partant de l’impuissance et de la passivité. Comment tout cela ? C’est que l’homme commence par l’impuissance et la passivité dans le minéral. Il
:s’organise sous la direction de la Providence dans le végétal. Il acquiert insensiblement la faculté du mouvement spontané et de la sensation en devenant animal. l*uis au moyen de la faculté de sentir, accom- ])agnée du sentiment de conservation, du besoin de manger et de se reproduire, il se crée gi‘aduellement dans la lumière,la sagesse, Famour, la puissance et la liberté. Mais, pour atteindre à ce résultat, il était nécessaire que l’homme parcourût toute la série animale qui est comme le creuset où il s’élabore et -dont il résume en lui la synthèse. Chaque espèce a dû lui préparer le tribut de son instinct. L’instinct des -animaux a donc dû être progressif, car il ne pouvait pas en être autrement au milieu d’une vie semée d’accidents; sans le progrès de l’animal, l’instinct se lût trouvé fréquemment en défaut et les êtres n’auraieni pas pu vivre. Mais ce progrès ne vient pas de Dieu ; il vient de l’ètre lui-même, il est son œuvre, sa création, une portion de lui-même qu’il ajoute lui-même à i'e que Dieu lui donne, et qui forme une personnalité animale ou humaine en regard de la> personnalité divine. Or les moyens à l’aide desquels l etre parvient ù se créer lui-même, sont les besoins naturels : la faculté de sentir et le besoin de conservation. Parla faculté de sentir, l’être se constate dans la vie ; il est accessible au plaisir et à la douleur. Par le sentiment de conservation, il s attache à l’existence, attracte le plaisir qui le conserve et le développe et repousse la douleur qui le détruit. Par le besoin de boire, de. manger et de se reproduire, il est constamment excité
à sortir de l’apathie dans laquelle sans cela il eût été plongé. Bientôt il commence à distinguer le bien et le mal, préfère l’un à l’autre, veut se conserver et s’ingénie pour y réussir, surtout quand sa vie est en danger. Les causes qui portent les êtres à se préserver de la destruction et de la douleur, sont des agents puissants pour les empêcher de s’endormir dans leur instinct primitif et les forcer à se créer eux-mêmes dans la spontanéité.
n Parmi ces causes, la nécessité où sont les espèces de se servir de proie les unes aux autres, compte parmi les plus efficaces. Sans elle, les animaux n’ayant rien à redouter d'une mort naturelle, dont ils n'ont nulle idée, n’auraient point cherché à s‘en garantir; ils se fussent immobilisés dans leur première manièi’e d’être, surtout si chacun avait trouvé facilement sa subsistance, et jamais ils n’eussent accompli aucun progrès. Toute leur vie se fût passée à manger, boire, dormir, digérer, se reproduire, vieillir et mourir sans s’en douter. Au contraire, avec la loi générale en vertu de laquelle tous les êtres vivent les uns des autres, la plus gmnde émulation règne dans toute la série animale; toutes les espèces sont forcées de s’ingénier, d’inventer des ruses; les uns pour se servir de leur proie, les autres pour éviter d’être dévorés. Par ce moyen, l’instinct se développe et se transforme en intelligence, et les individus transmettent à leur progéniture, en se reproduisant, leperfectionnement de leur instinct. Et quand l’animal est arrivé graduellement au sommet de sa série, qu’il-
«stdevenu homme, celui-ci hérite alors de toute l’élabolation des êtres dont il est la synthèse.
“ Ainsi les choses que les esprits étrangers aux secrets des fins providentielles considèrent généralement comme un mal, les besoins naturels, sont justement les causes dM Wew, puisqu’elles ont pour but final la création d’un être intelligent et libre par luimême, ce qui est le nec plus ultra de la perfection.
» D’ailleurs, du moment que Dieu créait la vie, il fallait absolument aussi qu’il créât la mort, sans quoi les êtres, naissant toujours et ne mourant jamais, la surface du globe, le sein des mers et les plairies de l’air se fussent bientôt trouvés encombrés et laj place eût bientôt manqué à toute création nouvelle. Si les espèces carnivores n’avaient point existé pour purger la terre, les eaux et l’air, des cadavres des animaux qui meurent continuellement partout, il n’est pas douteux que leur putréfaction aurait eu les résultats les plus funestes ; bientôt l’atmosphère fût devenue complètement inhabitable. Il fallait donc absolument l’existence des espèces zoophages, vrais cimetières ambulants où les corps des animaux qui meurent sont recueillis et vont subir leur transformation.
I) C’est ainsi que Dieu facilite à la substance de la planète la faculté de produire la variété des espèces et des individus en nombie indéterminé, pousse les espèces au perfectionnement d’elles-mêmes, en stimulant leur instinct ; force l’animal à créer lui-même sa propre individualité; l'amène à élaborer en lui la personnalité humaine; réalise Vmfini dans le fin
avec un ordre admirable, et donne à la création uni' verselle tout son merveilleux développement.
» Ce qui prouve encore que la manducation des animaux les uns par les autres est un bien et non un mal, c’est que les êtres absorbants et les êtres absorbes fonctionnant les uns par rapport aux autres comme dos laboratoires de plus en plus parfaits, où ririférâeur se transmute et monte dans une région plus élevée. Ainsi le végétal absorbe et élève le minéral ; l animal absorbe et élève le végétal ; l’homme absorb(^ et élève en lui tous les êtres de son monde. C’est la grande alchimie qui a pour objet de transformer toutes choses en Dieu.
» Quand parfois il arrive qu’un être inférieur absorbe un être supérieur, c’est un cas exceptionnel et anormal qui n’aurait jamais lieu si l’homme n’était point en guerre contre lui-même. Le jour où les hommes seront unis dans un meme amour, tous les animaux de la terre respecteront et obéiront k la parole de chacun d’eux comme à leurs maîtres.
» Reste la question de la douleur subie par les êtres réduits à devenir la proie des carnivores ; or, les êtres ne sont pas doués du même degré de sensibilité ; la sensation va en dégradant chez eux au fur et à mesure qu’ils sont moins élevés dans l’échelle des êtres. De plus, aussitôt que l’être faible ne voit plus la possibilité d’échapper k l’être fort, une sorte de paralysie s’empare de lui, qui le rend insensible et l’affranchit de la douleur. Souvent encore, l'être absorbé se trouve magnétisé. En définitive, d’un mal
extrêmement minime, résulte un bien infiniment grand, w
Il est remarquable de voir combien toutes ces communications médianimiques, venues de sources différentes, donnent la môme explication de l’œuvie* divine et se complètent les unes les autres.
Les origines de la vie. — Nous avons assez dit que nous ne pouvions rien concevoir sans une Cause Première dont l’Univers n’est autre chose que la manifestation des Pensées, mais cela ne nous empêche pas d‘être complètement d’accord avec l’école évolutionniste sur l’origine,' la nature et l’unité de la vie, le développement et la succession des formes vivantes dans le temps, le progrès des organismes et révolution cosmique. Nous admettons seulement comme Causes, dans tous les phénomènes de la Nature, Dieu, et les Esprits, ses collaborateurs dans ses œuvres de Création. La théorie atomique et cellulaire si magistralement développée par Haeckel satisfait et repose complètement notre esprit. C’est par la cellule s’ajoutant k la cellule en se doublant indéfiniment que Dieu parvint k former finalement cette admirable machine appelée Homme. Il est évident qu’il est impossible de trouver les principes d’une véritable unité (qu’on l’appelle monade, ou monère, ou plasson) dans la matière seule, autrement dit dans ce qui n’est que passif. A la place des atomes matériels, il faut admettre des indi-
vidus spirituels, Vatome formel enfin doué de vie et de mouvement. Un atome uniquement matériel en effet est toujours divisible à finfini et ne produira jamais une unité fixe. L’atome matériel est évidemment contraire à la raison. Leibnitz appelle les atomes des points métaphysiques, « ils ont, dit-il, quelque chose de vital et une espèce de perception. » Il y a de la vie et de faction partout ; point de corps sans mouvement, point d atome sans substance douée de perception et d’appétit. Dans les semences des plantes et des animaux existe déjà, non-seulement ce corps organique, mais fàme de ce corps, sinon tout entière à l’origine dans tous les cas, du moins toujours liée par une attache qui ne se rompt qu’à la mort, laquelle n’a pour but que de changer le point d’attache.
Tl y a bientôt un demi-siècle que f on donna le nom de sarcode à la substance demi-fluide, contractile et amorphe, dont est formé le corps des infusoires ^t de ces petits êtres que Haeckel regarde comme les premiers du règne organique et qu’il appelle protistes. Plus tard on appela protoplasma la substance semblable qui compose les cellules des plantes, et enfin il fut démontré que sarcode et protoplasma étaient deux substances complètement identiques. Des quantités énormes de cette substance amorphe couvrent le fond de certaines mers et fut appelée par Huxley Bathi- Jnus, lors de l’examen des dragages du Porcupine. Plus tard dans les dragages du Polaris, Bessels a rapporté des profondeurs de l’océan des masses de
limon vivant évidemment identiques avec le sarcode animé. Trois naturalistes du plus grand mérite, Thomson, Carpenler et Bessels, ont vu le bathybius vivant. C’est l’état le plus rudimentaire de la matière vivante qu’il soit possible de concevoir. Ce sont de petits êtres, des atomes animés de vie, dont toutes les parties du corps sont sensibles aux diverses intensités lumineuses et remplissent indifféremment les fonctions de bouche, d’estomac et d’anus. Au bout d’un certain temps de vie ils deviennent des amibes; c’est le type de la cellule, c’est la matière vivante primordiale qui est devenue organisée^ c’est la grande famille des protistes qui vient au jour. Leur corps présente une couche corticale amorphe plus claire et de consistance plus ferme que la substance intérieure, et en-dessous se montre une couche plus molle et granulée. On reconnaît enfin les deux éléments essentiels de la cellule : la vésicule ou nucléole et le noyau,
La science a été plus loin et a trouvé une substance organisée plus rudimentaire encore que celles du sarcode et du protoplasma, c’est le plassoii qui, en vertu de la vie, se divise en substance protoplasmique, en substance nucléaire et en substance nucléolaire. Le protoplasraa est donc ce qui reste du plasson après que les éléments chimiques du nucléole et du noyau s’en sont séparés. Le plasson n’existe que chez les njtodes et cesse d’exister aussitôt que le cytode devient: cellule. Certes, c’est le plus beau triomphe de la science d’avoir découvert que les cytodes se montrent au cours de l’évolution embryonnaire de
tous les organismes, sans en excepter riiomme. ün^ cytode, c’est-à-dire un grumeau amorphe deplasson, manifeste déjà toutes les propriétés essentielles de la vie : il se nourrit, il se reproduit, il sent, il se contracte et se meut.
Mais ce qui est admirable encore plus, c’est que la science est allée plus loin encore. Pourquoi donc en effet, dans cette analyse, s’arrêter au plasson ? Pourquoi ne pas descendre jusqu’aux molécules mêmes de cette substance ? C’est ce qu’elle a fait. Elle a appelé plastidules les molécules qui donnent au plasson ses propriétés et qui sont finalement réductibles en Carbone (G), É^jdi'ogène (U), Oxijgène (O) et Azote f'Az), c’est-à-dire en corps simples, en matière inorganique. On le voit : l’abîme entre l’organique et l’inorganique est presque comblé. Haeckel va jusqu’à donner une àme ou force psychique aux plastidules. De cette sorte les atomes sont des forces ; ils éprouvent du plaisir et du déplaisir, des amours et des haines lorsqu’ils se joignent ou se repoussent ; ils agissent à distance, sentent et veulent, bref ils ont umAme. C’est la théorie de la psychologie cellulaire de Haeckel. Nous sommes bien complètement de son avis, car dans l’Univers tout est Ame QtM atière.
Si l’on ajoute à cette théorie de la psychologie cellulaire celle de Darwin donnant à la morphologie organique pour facteurs principaux Vhérédité et l'adaptation, on peut facilement se faire une idée très satisfaisante de la création par transformisme de tous les êtres à la surface du globe. L’hérédité se comprend
avec la théorie d’Haeckel, car ce n est autre chose que la mémoire des plastidnL\s, « Dans les formes organiques simples, dit le savant naturaliste d’Iéna, les plastidules n ont rien appris ni rien oublié ; dans les formes très-avancées, elles ont beaucoup appris et beaucoup oublié. »
Ce qui est transmis dans la génération, suivant Haeckel, cest la forme spéciale du mouvement rythmique des plastidules, et c est uniquement le mouvement ondulatoire continué de proche en proche à travers les temps, dans une même î^ace ou dans une meme famille, qui, chez les descendants, reproduit les caract^'^i'es propres des ancêtres. C’est comme on le voit, le principe mécanique de la communication du mouvement moléculaire et de la conservation de la force. Toutes les sciences tendent aujourd’hui h réduire tous les problèmes à des questions de physique moléculaire, à un vaste système de lois fondé sur l’unité de la mécanique universelle. C’est pour ainsi dire la réalisation du rêve de Laplace : « Une intelligence, dit Laplace, qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la Nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre C(‘s données à l’analyse, embrasserait dans la même formufe les mouvements des plus grands corps de 1 Univers et ceux du plus léger atome; rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. L’esprit humain offre, dans la perfection qu’il a su donner à l’astronomie une faible esquisse de cette intelligence. ))
Pour nous, celte intelligence ■merveilleuse existe : c’est celle de Dieu, et nous croyons qu’il n’y aura de honte pour personne de l’admettre avec nous, quand notre plus grand physiologiste, Claude Bernard, l'admet lui-même et, après une vie tout entière consacrée à faire des expériences sur la matière organisée, s’est vu forcé de dire: «Ce qui est essentiellement du domaine de la vie et qui n’appartient ni à la chimiq, ni à la physique, ni à rien autre chose, c est lidée directrice de l’évolution vitale. Dans tout germe vivant, il y a nm idee créatrice qui se développe et se manifeste par l’organisation. Pendant toute sa durée, lêtre vivant reste sous rinfluence de cette môme force vital^ créatrice, et la mort arrive lorsqu’elle ne peut se réaliser. Ici, comme partout, tout dérive de qui seule crée et dirige .. c’est toujours cette mmeidée vitale (jui conserve l’être,en reconstituant les pai ties vivantes désorganisées par l’exercice ou détruits par les accidents et les maladies». (1) La conception religieuse de rUnivers a présidé à toutes les glorieuses d^oouveites des grands hommes qui furent les fondateurs de la philosophie naturelle; Newton ne prononçait pas le nom de Dieu sans découvrir son front et Képler, aussi religieux que lui, disait: “La géométrie est éternelle, elle existe avant le monde dans 1 intelligence du Créateur».
Le fo 7 id des mers. — De même que nous avons vu
(1) Claude Bernard. Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, page 161.
un petit nombre de forces très-simples maintenir un ordre immuable et parfait dans les champs du ciel, de même on voit au sein des mers un petit nombre de forces régulatrices répandre partout la circu’ation et la vie. Là encore,nous admirerons la magnifique harmonie des œuvres de celui qu’on peut appeler la grande Pensée Première, car les sciences considérées, non plus chacune isolément, mais dans leur ensemble, tendent certainement à nous révéler la présence de Dieu dans tous les phénomènes que l’on reconnaît toujours parfaitement coordonnés avec la plus grande sagesse et l’art le plus admirable. Notre globe est un être qui vit comme nouS'même pour ainsi dire: il a ses os qui sont ses roches, son sang qu’il dislribia^ partout par ses mers èt ses fleuves, ses chairs qui sont les terres végétales qui nourrissent des plantes et des animaux, ses nerfs qui sont son atmosphère dispersant les fluides dans tous les sens. Qui pourrait assurer quelle n’a point une àme? « Si nous considérons la Terre, dit M. Léon Brothier, comme une masse inerte, c’est que, à notre époque, ses développements n’ayant lieu que par voie d’évolution lente et insensible, ils échappent à notre vue. Il n’en sei*a pas de même lorsque,guidés par les renseignements de la science, nous verrons cette masse énorme passer successivement par des phases analogues aux phases diverses du développement organique, lorsque nous la verrons se consolider, se modeler et s’embellir suivant les lois d’une physiologie spéciale et en vertu d’une activité qui lui e^t propre». L’influence de la mer dans la vie de la Terre est immense. '
Les animaux les [)lus actifs et les plus importants qui habitèrent les eaux à la naissance de notre globe, furent les zoophytes qui, fixés au fond des mers, élevèrent avec une prodigieuse patience leurs gracieuses constructions sous la double influence de la chaleur et de la lumière. Les secrétions calcaires de ces petits anima jx forment les cellules dans lesquelles ils s abritent et dont Fensemble, réunis qu’ils sont pour ainsi dire en peuples et en familles, constitue les polypiers qui^'ont accumulé leurs débris au fond des mers, lesquels, soulevés plus tard par des mouvements intérieurs du globe, ont formé une grande partie de nos chaînes de montagnes. Les récifs de corail qui s’élèvent actuellement encore dans les mers tropicales, sont l’œuvre de ces polypes. Au commencement de la vie sur la Terre, ces petits architectes existaient sur tous les points de la surface, du globe, alors que partout régnait une température très-éle\ é 2 . Petit k petit l’Océan sans limites fut remplacé par des mers peu profondes, souvent sans communication entre elles, qui donnèrent aux premiers êtres un berceau plus favorable; des eaux moins chaudes et plus épurées offrirent à la plante et k lanimal un nouveau milieu qui fit naître en tout ce qui avait vie de nouvelles forces de développement, car la création de notre demeure se fit par transformations successives, par la double action de la Providence qui prépare k l’être qu’elle a créé, des milieux de plus en plus favorables, et de l’être lui-même qui, par la puissance de son aspiration, se développe et se modifie. Le règne végétal favorisé par
la grande quantité de carbone que contenaient alors les eaux et l’atmosphère, s’étendit sui* tout le globe avec une exhubérante fécondité. Au commencement, animaux et plantes se répandirent d’une manière générale sur tous les points du globe, mais lorsque ce soulèvement des continents eut partagé la mer en plusieurs bassins, les nouvelles espèces tendirent à se localiser et il se produisit differents centres de création où parurent des êtres d’autant plus parfaits que l’atmosphère devint plus épurée et que le Soleil en put percer plus facilement les nuages. Dès que le Soleil vint remplacer les lueurs phosphorescentes et magné- .tiqucs des premiers temps, la vie se manifesta par de nouvelles créations, par de nouvelles forces vitales proportionnelles aux aspirations des êtres existant déjà. C’est ainsi que Ton voit de nos jours les plantes enfermées dans des souterrains se diriger vei*s le point éclairé et donner à leur tige une longueur extraordinaire et démesurée. Les Zoospores des algues, au moment où ils sortent des cellules de la plante-mère, SH dirigent vers la région lumineuse avec des mouvements d’une vivacité extraordinaire.
Les algues fuient les premières plantes qui se formèrent; celles qui vivent dans la mer s’appellent fucus ou varecs; celles qui habitent les eaux douces se nomment conferves. Elles sont flottantes ou bien se cramponnent aux rochers par des attaches organiques. Dans les mers agitées, elles sont coriaces et ligneuses, tandis qu’elles sont de consistance molle dans les me-rs tranquilles. Elles sont de toutes grandeurs,
tantôt microscopiques et tantôt atteignant des Ion* gueurs de 40 50 pieds et des diamètres énormes.
Un mucilage abondant transsude à travers le tissu des algues qui donne à la mer son apparence luisante et ses propriétés nourricières. L’océan avec toutes ces sécrétions des algues et les débris des méduses mortes n’est pour ainsi dire qu’une sorte de liqueur gélatineuse répugnant à l’homme, mais servant à la nutrition de tous les êtres qu’il contient dans son sein. Les algues sont remarquables pai la variété et la beauté de leurs formes, autant que par la vivacité de Ict-rs couleurs. Leurs graines sont de petits animaux, 1 zoospores, qui paraissent sortir de leurs cellule- par un acte de leur propre volonté, et leurs n:oi!vements spontanés ne cessent que lorsque, fixés sur un corps étranger, ils commencent à germer pour icproduire une algue nouvelle. Une chose excessivemei’t curieuse, c’est que l’on retrouve le même phénomèn .> dans les petites algues qui croissent quelquefois sur ia neige et la colorent en rose. En définitive les aigu ‘s, comme les polypiers, sont de véritables républiques d’êtres doués d’une vivacité extraordinaire et bâtissant leur demeure utricule par utricule.
Animaux des premières mers. — On le voit, la vie^ sort du fond des mers et l’on peut très bien dire avec iVfoïse, ou mieux, avec les Genèses de tous les peuples: '4Les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit
de Dieu se poilait sur les eaux.» Dans les livres sacrés de rindc on trouve la mênie idée : «Ayant résolu, dans sa pensée, de faire émaner de sa substance les diverses créatures. Celui que l’esprit seul peut percevoir, produisit d’abord les eaux dans lesquelles il déposa im germe.))
Le fond des mers ayant donc été couvert de matière vivante, émergea lentement et sot lit en vastes plateaux couverts de limon. Des fougèi*es arborescentes, des prêles semblables à celles qui croissent encore dans nos marécages, apparurent d’abord et âtteignii*ent des hauteurs qui ne le cédaient pas k celles des plus grands arbi'es de nos jours. C’était une immense végétation alimentée par rénorme quantité d’acide carbonique (GO^) dont l’atmosphère était chargée. Tous ces arbres étaient peu différents les uns des autres par leur aspect et par la teinte de leur feuillage; ils n’avaient ni fruits, ni fleurs, et formèrent ces immenses forêts primitives qui, par l’accumulalion de leurs débris à travers les siècles, accumulèrent ces vastes bassins houillers destinés à fournir un jour à l homme une source inépuisable de force et de puissance. Alors, petit à petit, apparurent les ébauches d’une nouvelle création d’animaux plus forts, plus puissants, plus libres. Jx's animaux offraient des proportions énormes. Les premiers animaux microscopiques échappaient à la destruction en même temps par leur nombre prodigieux et par leur petitesse et leur grande vitalité; mais les premiers poissons, les premiers amphibies, durent être couverts d’une épaisse armure et pourvus-
d’une force vitale en rapport avec les nombreux périls qui les menaçaient. Dépourvus de grâce et de beauté, ils sont munis d’organismes vigoureux et d’une struclure massive, én harmonie avec le rude aspect de la nature, et sont doués d’une voracité qui était devenue nécessaire pour opposer une barrière â l’infinie multiplication des créations inférieures.
Partout la vie organique s’accroît et se perfectionne dans l’animalité, pendant que les végétaux terrestres purifient l’atmosphère et que les plantes marines débarrassent en même temps les eaux de la trop grande quantité d’acide carbonique qu’elles contiennent. Ainsi, comme on voit, tout variait: et la composition de l’atmosphère et la nature des eaux; il y a donc eu dans la nature animale, une succession de variations correspondantes.
Après les infusoires et les polypes, dont nous avons déjà parlé, vinrent les astéries ou étoiles de mer, les oursins, les encrinites ou lys de mer, \q- 6 pentacrinites et les ^ apiocrinites. Tous ces beaux zoophytes qui recouvraient le fond des mers ressemblaient à des fleurs, et formaient des forêts sous-marines de plusieurs mètres de hauteur et, chose vraiment curieuse, les diverses parties solides de leur corps ont déjà quelque analogie avec celles qui constituent le squelette des animaux supérieurs; ils avaient une colonne vertébrale destinée à servir de point d'appui à leur système musculaire. Déjà l’on aperçoit dans cette première ébauché créatrice la loi de la division du travail : « La vie en s’élevant, dit M. Élie Margollé, réalise à chaque
nouvelle ascension un nouveau progrès vers l’harmonie, ■en donnant à chacune des fonctions de l’ètre un instrument spécial et en établissant dans cette série d’organes, un centre d’action dont l’importance augmente toujours à mesure que s’accroît l’intelligence. Il semble que l’Esprit, enveloppé d’abord dans la matière informe, s'en dégagé lentement par un effort eonstant, créateur, qui, en chaque espèce, forme un type supérieur et qui, dans la généralité des êtres, aboutit à un type assez parfait pour qii un souffle divin vienne ranimer et le douer d’une souveraine puissance en le parant d'une incomparable beauté.»
A cette époque de création primordiale, le Nautile et VAmmonite sont principalement ]•emarquables. Leurs coquilles sont formées par une succession de cloisons qui constituent, à l’intérieur de l’animal, une série de petites chambres remplies d’aii*, dont le nombre augmente au fur et à mesure que l’animal augmente en poids. Certes voilh une idée fort ingénieuse pour permettre à l’animal de se soutenir dans l’eau, et il faut bien avouer, à moins cependant d’admettre que ce petit animal est aussi fort qu’un élève sorti de l’école polytechnique et qu’il connaît à fond le principe d’Archimède, il faut bien admettrequ’une intelligence extrinsèque , très-intelligente, veille à la savante construction de cette admirable coquille. Ces mollusques rampent au fond de l’eau au moyen d’un disque musculaire, pour y chercher leur nourriture puis, gonflant leur petite personne pour déplacer un volume d’eau plus grand, ils viennent
voguer gracieusement k la surface des mers. Quand le nautile est arrivé à la surface de Teau, il fait sortir de sa coquille deux bras nerveux qu’il élève comme des mâts, sur lesquels il tend, en guise dévoilés, deux petites membranes très-fines. Le vent est-il contraire? le nautile fait sortir de chaque côté de sa barque d’autres membres souples, allongés, dont l’extrémité est toujours plongée dans l'eau et qui lui servent de rames. Si quelque péril le menace il plie immédiatement tous les agrès et disparaît sous les eaux. On trouve encore de ces charmants animaux dans nos mers des régions tropicales.
La Seiche ou Calmar, encore très-commune dans nos mers, faisait partie de ces animaux des mers primordiales. Rien de plus étrange que l’aspect de ces molusques: Leur corps cylindrique est terminé par une tète surmontée de huit bras garnis de suçoirs, la bouche a la forme d’un bec de perroquet et leurs yeux, gros et saillants, ressemblent à ceux des vertébrés.
Les Bélemnites étaient aussi des cépholopodes très communs. Parmi les articulés, c’étaient de gros vers à sang rouge qui se creusaient, dans ie sable, des deméiires tubulaires que l’on rencontre encoi’e souvent à l’état fossile; parmi les crustacés, c’étaieiit des trilobites. Parmi les vertébrés, vivaient a•(*!•;: des reptiles remarquables par leurs formes extraordinaires èt leur taille gigantesque. La nature après avoir travaillé à construire la croûte solide du globe avec les carapaces solides des protozoaires microscopiques, s’occupait alors à peupler le globe et à répandre la vie
à sa surface. M- Agassiz a reconnu plus de deux cents genres de poissons fossiles parmi lesquels les ganotdiens avaient encore, comme les crustacés, le corps enfermé dans une carapace calcaire ou bien étaient recouverts d'une forte cuirasse decailles osseuses. Leurs mâchoires, énormes et terribles, leur permettaient de broyer les carapaces des crustacés les plus durs. Les crocodiles et les tortues sont au nombre des i-eptiles les plus anciens. Les mers étaient encoro fréquentées par d’immenses sauriens tels que Vicfithyosaure, le plésiosaure et d’autres. Ils avaient la structure la plus bizarre. Les uns, dit Cuvier, avaient un museau de dauphin, des dents de crocodile, une tête et un sternum de lézard, des pattes de cétacés et des vertèbres de poissons. Les autres une, tête de lézard et un long cou semblable au corps d’un serpent, Ils avaient jusqu’à 25 et 30 pieds de long; leurs yeux étaient d’une grosseur extraordinaire et leur permettaient de découvrir leur proie aux plus grandes distances, de les poui suivre pendant la nuit et jusque dans les plus obscures profondeurs de la mer. Les habitudes voraces de ces formidables reptiles les exposaient à la perte de leurs dents, n^ais elles étaient continuellement remplacées, copime chez nos crocodiles, par des dents nouvelles. L’estomac occupait la plus grande partie du corps et était une véritable, machine à triturer et transformer la matière. Enfin, les premiers rochers sortis du sein des eaux étaient couverts de ptérodactyles, espèce de sauriens volants dont le corps extraordinaire était formé par l’assem-
blage bizarre des formes les plus hétéroclites. Leurs yeux énormes ont porté Cuvier à croire que c étaient des espèces de vampires faisant leur chasse pendant la nuit et se nourrissant de poissons. A cette môme époque les grands sauriens terrestres, dont la taille allait jusqu’à 50 pieds, parcouraient les noires et marécageuses forets du globe. C’étaient entre autres, le Mégalosmire et le formidable Iguanodon qui avait jusqu a 70 pieds de long.
C’était une étrange population que celle de notre globe à cette période d’enfance où l’air était sillonné par des nuées de créatures toutes plus bizarres les unes que les autres pendant que l’Océan était parcouru par des bancs d’ichthyosaures, de plésiosaures, de crocodiles, de tortues gigantesques et de poissons de toutes sortes. C’était l’époque de transition que les géologues ont appelée Vâge des reptiles ; c'était l’époque de la guerre et de la destruction. L’intelligence créatrice multipliait la vie à l’infini, arrêtait lorsqu’il le fallait l’accroissement trop rapide des familles, détruisait complètement celles-ci quand elles devenaient inutiles pour préparer l’arrivée des êtres nouveaux qui devaient l’aider encore dans son œuvre de création progressive. Bientôt avec les baleines qui portent leurs petits dans leur ventre et les allaitent va apparaître le sentiment de la maternité qui élève immédiatement les êtres dans l’échelle de la vie animale.
En môme tem|>s que la vie naissait au sein des mers, sur les îles et les grands plateaux se formait la
terre végétale. Sur les roches paraissent de petites' taches allant toujours en grandissant; ce sont des lichens qui ne vivent que d’air et d’eau, qui se décomposent et qui, se mélangeant aux fines parties de pierres désagrégées-par fair et la pluie, forment la première couche de terre végétale où bientôt vont pouvoir se développer les mousses. L épaisseur des couches de terreau augmente petit à petit et l’on voit apparaître une organisation plus élevée : les jolies^ rosettes des saxifrages et des géraniums. Lés racines s’insèrent dans les fissures des roches, toute la croûte osseuse de la Terre est désagrégée et les grosses fougères montrent leurs ti’oncs énormes. Les pluies, les torrents, les rivières transportent partout cette terre végétale à la surface du globe dont les soulèvements et les éboulements en changent continuellement l’aspect. Là ce sont des tei*res fortes composées d’argile, ici des terres légères et sablonneuses, là des terres' calcaires, là dos terres marécageuses. Et chaque terrain voit naître la faune et la flore qui lui convient. La création suit régulièrement et sûrement son cours et chaque siècle nouveau voit éclore une végétation [)lus élégante et plus fleurie, des formes plus sveltes et plus soignées.