‹ Dieu et science; essais de psychologie des sciences. Avec deux planches hors textes et le port. de l'auteurChapitre 35 sur 125 · COMMENT IL CONVIENT D’ÉCRIRE LES LIVRES DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE · texte numérisé non relu

COMMENT IL CONVIENT D’ÉCRIRE LES LIVRES DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE

Les deux premières parties de cet ouvrage sont consacrées à l’examen des plus hauts problèmes de la philosophie et de la science, dont la solution a été cherchée pour la plupart à l’aide des méthodes les plus rigoureuses de la physiologie expérimentale.

Avec les problèmes de l'évolution et du transformisme, nous entrons dans un domaine des sciences naturelles moins accessible à l’étude expérimentale, où l’observation constitue le principal, sinon l’unique moyen d’investigation. La valeur des résultats obtenus par l'emploi de cette méthode ne peut être que relative. En dehors des mérites subjectifs du savant, elle dépend surtout de la richesse des matériaux et des facilités plus ou moins grandes à les observer. Ce n’est qu’au point de vue descriptif que les sciences limitées à l’observation peuvent prétendre à la certitude de leurs données.

Par contre, elles présentent l’avantage d’être plus accessibles à l’entendement du grand nombre, et, quand les sujets qu’elles traitent sont d’un intérêt aussi générai que Lévolu-

ÉVOLUTION ET TRANSFORMISME

tion et la descendance des êtres vivants, elles se prêtent aisément à la vulgarisation. Mais cet avantage même devient souvent la cause d'entraînements dangereux.

Comment doivent être écrits les ouvrages populaires traitant des sciences naturelles ?

Les progrès extraordinaires réalisés au siècle dernier par presque toutes les sciences naturelles, l'influence énorme qu'ils ont exercée et qu’ils exercent encore sur toutes les manifestations de la vie politique et sociale, devaient forcément éveiller la pensée de rendre accessible au public profane les résultats les plus saillants des recherches cosmologiques. Le désir de vulgariser les sciences naturelles a bientôt trouvé son expression dans deux classes de productions scientifico-populaires, qui poursuivent chacune un but très différent : l’une s'éfforce de revêtir d’une forme facilement intelligible les connaissances dont l'application pratique peut être utile à la société ; l’autre se propose de répondre à un besoin plus élevé de l’esprit humain, l'aspiration idéale vers le savoir et la vérité.

La question posée plus haut intéresse cette seconde catégorie d’ouvrages, qui seule entre dans le cadre de nos études. A première vue, la réponse paraît aisée : un ouvrage populaire doit présenter, sous une forme facilement saisissable et attrayante pour le public cultivé, les résultats des sciences naturelles offrant un intérêt général, c'est-à-dire touchant aux problèmes qui s’imposent le plus à l’attention du penseur. En exposant les résultats de la science, il est nécessaire, autant que possible, d'initier aussi le lecteur aux méthodes, aux procédés des chercheurs, aux dificultés que ceux-ci ont rencontrées, et aux obstacles qu’ils ont dû vaincre. Et cela, autant pour rendre hommage aux savants que pour faire connaître au lecteur le degré de certitude ou de probabilité auquel peuvent prétendre les résultats obtenus et les théories proposées.

' C’est ainsi que la vulgarisation des sciences a toujours été

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