‹ Dieu et science: essais de psychologie des sciencesChapitre 4 sur 59 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

mais nullement fortuit, et qui repose en réalité sur une connexité causale d'une haute valeur psychologique. Par cette séparation, la i^hilosophie s'était éloignée encore davantage de Dieu et de la religion, tandis que la science, reconnaissant la vanité d'une métaphysique sans base, et éclairée par l'immensité des horizons que ses quotidiennes découvertes lui ouvraient sur l'infini de l'univers et sur la grandeur des lois immuables qui le régissent, se raj^pruchait de plus en plus de la religion révélée.

Un exemple célèbre expliquera aisément la ]t>ychologie de ce phénomène. L'athée Voltaire, après un long séjour en Angleterre, où lui fut révélée, dans toute son ampleur, la théorie de Newton, ainsi que sa haute portée pour les conceptions du monde physique, devint un adversaire implacable de l'athéisme : bien plus, déiste, il se montrait partisan convaincu de la morale religieuse, qu'il reconnaissait comme la seule efficace : « Un catéchisme de paroisse dit à (les enfants ([u'il y a un Dieu, mais Xewton le prouve à des sages V.. » <( Une fausse science fait des athées ; une vraie science prosterne l'homme ilevant la divinité- », proclamait \'()1 taire en paraphrasant la célèbre thèse de Bacon.

Il n'y a donc rien dr surjirenant à ce que les grands

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