VI PREFACE
savants de l'époque soient restés fidèles aux nobles traditions de leurs illustres prédécesseurs des xvT et XVU'" siècles. I.es liens entre la science et la relijrion s'étaient même fortifiés, et cela en dehors de la philosophie et en opposition avec elle. Aussi, quand la prédiction de J.eibniz se réalisa et que la révolution éclata au nom de la philosophie athée, la science et la religion se trouvèrent-elles être l'objet des mêmes persécutions haineuses. Le plus illustre parmi ces savants, le créateur de la chimie moderne, J.avoisier, fut victime de cette haine ; .^longe et bien d'autres n'échappèrent (ju'avec peine à la guillotine ; « la République n'a pas besoin de savants », proclamait le niédicastre raté Marat. Un décret de la Convention su})primait l'Académie et en dispersait les membres. « Ces hommes dont le nom remplissait l'Europe, dit Cuvier, furent heureux d être restés inconnus aux farouches dominateurs de leur patrie. Il coururent chercher, dans les asiles les plus obscurs, quelque abri contre ce glaive épouvantable, continuellement suspendu sur tout ce qui avait eu de l'éclat, et qui n'aurait peut-être épargné aucun d'eux, si les ministres de ses fureurs n'eussent été aussi ignorants qu'ils étaient cruels '. »
La communauté dans la persécution n'a fait que resserrer, au xix" siècle, les liens entre les sciences et la religion. Jandis que les philosophes, égarés dans les broussailles métaphysiques de Kant, persistaient