PRÉFACE VII
dans le culte d'une raison-déesse ou sombraient dans les ténèbres de Hegel et d'autres, les savants créateurs élargissaient leurs conceptions de l'univers, qu'ils basaient sur la connaissance spirituelle, contrôlée par Texpérimentation et par le calcul mathémathique. Aussi la véritable philosophie scientifique du xix^ siècle ne se rencontre telle que dans les Discours et Kloges, prononcés dans les Académies des sciences, et dans les ouvrages où plusieurs grands penseurs parmi les savants, comme sir John Ilerschel. Ampère, K. E. von Baer et autres, exposaient d'une manière systématique leurs conceptions philosophiques.
C'est seulement dans la seconde moitié du xix^ siècle que Téclosion des théories évolutionnistes, de Darwin à Ilaeckel, mit en péril pendant un instant l'harmonie qui régnait entre les sciences naturelles et la religion. Le contre-coup des immenses progrès des sciences exactes commençait à se manifester, tout comme à la fin du xvir siècle. On vit ainsi un certain nombre de philosophes et même de savants de seconde catégorie ^ aux tendances métaphysiques, retourner au grossier matérialisme ; quelques-uns allèrent même jusqu'à communier ensemble dans l'adoration des ])rotozoaires et des singvs, devenus, suivant eux, les aïeux de l'honimr. l'andis que les athées et les sceptif^ues d'autrefois se contentaient de nier l'exislence d'un Dieu planant au-dessus de l'homme, qu'ils préfé-