CHAPITRE PREMIER
DE l'opinion, de LA FOI ET DE LA CONNAISSANCE.
Pour commencer à parler des modes dont l'homme se compose i, nous dirons :
4® Ce qu'ils sont;
SL'* Quels sont leurs effets ;
30 Quelle en est la cause.
Quant au premier point, commençons par ceux qui nous sont tout d'abord connus, à savoir de certains concepts, ou de la conscience de la connaissance de nous-mêmes ' et des choses qui sont en dehors de nous.
Ces concepts s'acquièrent soit : 1° par la foi % la-
1. Les modes dont Thomme se compose sont les notions qui se divisent en opinion, foi, connaissance claire et distincte, naissant de chaque chose, en raison de sa nature. (MS)
2 € Reproduction littérale du texte hollandais, qui est le môme dans les deux manuscrits A et B. La suite des idées est la suivante : Nous commençons par les modes de la pensée en opposition aux modes de l'étendue, parce que les premiers nous sont connus immédiatement par la conscience, qui accompagne chaque mode de la pensée ; et, parmi les modes de la pensée, les premiers sont ceux qui sont la représentation d'un objet, à la différence des passions. Mais quel pouvait être le texte latin pour pouvoir, d'une part avoir ce sens et de l'autre se prêter à la traduction hollandaise? C'est ce que nous ne savons pas. * {Note du traducteur allemand ^ p. 61.)
3. Ces notions sont dans ce chapitre attribuées à la /bt, mais partout ailleurs à Vopinion, comme cela doit être en
S4 DiËtl, L'ËôMfitÈ eï iik 81À!rtTt!bE
quelle foi naît ou bien du oui-dire ou bien de ïexpérience ; 2» par la vraie foi ; 3° par une connaissance claire et distinctei
Le premier mode de connaissance est communément sujet à Terreur. Le second et le troisième, quoique distincts entre eux, ne peuvent nous tromper.
Cependant, pour faire comprendre clairement tout cela) doiinons un exemple, tiré de la règle de trois.
1® Quelqu'un sait par ouï-dire, et seulement par ouïdire, que, dans la règle de trois, le second nombre est multiplié par le troisième et divisé par \% premier; on trouve par là un quatrième nombfô) qui est au troisième comme le second est au premier^ £t, quoique celui qui lui a appris cette règle ait pu le tromper^ cependant il a conduit son travail Gonfor»'» mément à cette méthode $ n'ayant pad d'ailleurs de cette règle de trois une autre connaissance qu'un aveugle des couleurs; et tout oe qu'il en dit n'est autre chose que psittacisme ^ ou parole de perroquet.
2<» Un auti*e, d'an esprit plua vif, ne ^e eôîitentë pas
du ouï-dire, mais il fait là preuve dans quelques ùaà particuliers, et, voyant que cela est vrai, il y donne son assentiment; cependant c'est avec raison que nobs avons dit que ce mode dé cottnalssance est encore sujet à Terreur, car comment peut-on être côrtàitl qu'une expérience particulière fournisse une règle absolue pour tous les cas ?
3° Un troisième ne se cotttente hi du ôuï-dire, qui peut être faux, ni de Tèxpériehcè particulière, ({ui hù
réalité. Le traducteur allemand soppose que le texte hoUati-» dais est ici une traduction inexacte du texte latin primitif que nous n'arons pas. (Pi J.)
1. C'est Texpression de Leibnii : le texte hoUandais porte geklapt aU een papegaay, (P. J.)
fMsot doniwr une rè|^ nnÈverselle, mais il fdierehe U Traie raisoB de la dioae, laquelle, une fois trouvée^ ne peot tromper ; et oette raison loi apprend que, eu ▼ertu de U proportionnalité des n<Mnbres, la chose doit être ainsi et non autrem^it.
4* Enfin, le quatrième, qui possède la connaissance absolumoit claire^ n*a besoin ni du ouï-dire^ ni de l'expérienoe, ni de la logique, parce qu'il aperçoit immédiatement par Tintuition la proportionnalité dea nombrea K