VRAIE SCIENCE
Kouô traiterons maintenant des éOTets des difTôrentes espèces de connaissances dont nous avons parlé dans notre précédent chapitre, et, pour intro-
1. Ce chapitre est acoompagné dans le manuiôrli A des quatre observations suivantes, dont le manuscrit D a supprimé .les deux premières et ajouté les deux dernières au texte môme, à la fin du chapitre. Ce sont vraisemblablement le s notes d'un lecteur, et non de Spinoza lui-môme, observation qui doit s'appliquer aussi au plus grand nombre de ees notes marginales (P. J.) :
« i" Le premier a une opinion ou une croyance seulement par ouï-dire; 2<> le second a une opinion ou une croyance par l'expérience, et ce sont les deux formes de ropinion ; 3<> le troisième est assuré par le moyen de la vraie foi, qui ne peut jamais tromper, et c'est la foi proprement dite; 4" le quatrième n'a ni l'opinion ni la foi , mais il voit la chose elle-même et en elle-même sans aucun intermédiaire. »
duction, nous rappellerons encore une fois ce que c'est que l'opinion, la foi vraie et la vraie science.
Nous appelons opinion le premier mode de connaissance, parce qu'il est sujet à Terreur et qu'il ne se rencontre jamais dans un objet dont nous sommes certains, mais seulement dans ceux que nous connaissons par conjecture et par la parole d'autrui.
Nous appelons le second la foi vraie, parce que les choses aperçues seulement par la raison ne sont pas vues en elles-mêmes, et qu'il ne se produit dans notre esprit qu'une persuasion que les choses sont ainsi et ne sont pas autrement.
Enfin nous appelons claire connaissance celle que nous obtenons, non par une conviction fondée sur le raisonnement, mais par le sentiment et la jouissance de la chose elle-même.
Après ces préliminaires, venons aux effets de ces notions.
Nous dirons donc que de la première naissent toutes les passions contraires à la droite raison ; de la seconde, toutes les passions bonnes; de la troisième, le vrai et pur amour, avec toutes ses ramifications.
De telle sorte que la première cause de toutes les passions est dans la connaissance, car nous jugeons impossible que personne, sans avoir connu ou conçu quelque objet par Tun des modes précédents, puisse être touché d'amour, ou de désir, ou de quelque autre mode de volition.
DE l'origine des PASSIONS DANS L*OPINION 57