‹ Dieu, patrie, libertéChapitre 48 sur 61 · CHAPITRE TIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE TIIl

h'ÉCÙhn IfBOIHB

1« -^ PBOGMtS fiB L'iHST&UGTIOir

Nous ifa¥0B8 cessé, depuisr plus de traite ans, de demander la toudaiiom de noin^eUes écoles, ^ Tamélioralioiidii système d'enseigoemest. Faire la gaerre â Fignorance, aux tains pr^ngés; donner aux bomnies, et aux fennnes, la plône possession de leur jugement, le plein exercice de leurs facultés; les préparer an combats de ki tie ; les pr^^arer surtout au coura^, à la femeté:, au dévouement, au saerifice ; leur donner us idéal; leur faire eomprendre, aimer, adorer la justice : c'est b plus belle lâche que puissent s'imposer les législateurs et les gouvernements, la plu» frwtaef»e pour l'humanité et pour la patrie. Certes, il est beau d'agrandir son pays de nouvelles provinces ; ou.

L'£GOL£ NEUTRE*

parlons en termes qui conviennent mieux à nos malheurs, il est affreux de se voir arracher une partie de la terre paternelle. Mais, quels que soient ses revers, un pays est entier, il est digne de son passé, il est capable de soutenir son an-

cianne gloire, de défendre ses intérêts, quand il n'a rien perdu des qualités de l'ime nationale; quand il a toute sa pénétration, tout son élan, toute sa générosité; quand il est sûr que chacun remplira son devoir en loute occasion, et jusqu'à la mort, députe le chef de l'État jusqu'au plus humble des citoyens^, depuis le général d'armée jusqu'au dernier soldat. C'est se tromper sur les écoles, sur letir but, sur leur grandeur, que d'y voir surtout la propagation de k science; il faut y chercher, il faut y mettre la propagation du courage et de la vertu. Nous avons eu beau, depuis un siècle, transformer les forces de la nature et les mettre au service de Thomme; l'homme est encore, et il sera jusqu'à la consommation des siècles, la plus grande force qui existe sous le ciel. Non, ce n'esf pas parce qu'il sait qu'il meurt 1 C'est parce qu'il veut mourir peur le devoir. Le génie l^'est si grand que parce qu'il est lui-même, pour ta plus grande part, le produit d'une volonté hé-

t96 DIEU» PATRIE, LIBERTÉ.

roique. Apprendre à ne pas défaillir, quand parle rbumanité ou la patrie, c'est apprendre son métier d'homme et de citoyen. Fondons des écoles pour éclairer Tintelligence, mais surtout pour fortifier les volontés. Un peuple innombrable, avec une immense étendue de terres, et de terres fertiles, s'il manque d'initiative et de courage, est voué à la décadence, à la défaite, au mépris; tandis qu'une poignée d'hommes au cœur de chêne, jetés sur une terre ingrate, trouveront ou se feront la route vers le succès et l'avenir. Us lutteront contre l'homme ennemi, contre la nalure ennemie; ils endureront les privations; ils braveront les périls ; ils ne connaîtront ni les découragements, ni la fatigue; ils transformeront la terre, ils parcourront la mer sans maîtres et sans rivaux; ils se feront de leurs rivaux des auxiliaires ou des serviteurs. Ils seront Rome ou Venise, ou l'Angleterre, ou la Hollande, partant d'un coin de terre pour conquérir un monde. Ce n'est pas une bataille perdue, une armée anéantie, une province arrachée qui commence la chute d'un peuple ; un peuple ne ineurt que par le relâchement des mœurs, par l'abandon des habitudes viriles, par l'effacement des caractères, par l'inva^on de Tégoisme, par le

scepticisme* Il meurt par la corruption; il ne meurt pas de ses blessures.

Ayant 4833, nous n'avions pas d'écoles; avant 1880, nous n'avions pas assez d'écoles. Nous donnions à l'instruction primaire, sous la Restauration, 50 000 francs. Le budget de l'instruction primaire fut porté par^M. de Guernon-Ranville à 100 000 francs pour 1829 et à 300000 francs pour 1830. II fut de 700000 francs en 1831, d'un million en 1832 et de 1 500000 francs en1833. Il est, pour 1883, de 90 784 811 francs.

Le progrès est immense, il est éclatant. On peut dire que nous avons fait sortir de terre les écoles. Reste à savoir ce que nous faisons de ces écoles, ce que nous y mettons, et quelles générations elles nous donneront.

Si nous regardons les programmes, nous ne pouvons être effrayés que de leur ampleur. Nos pères, qui avaient à peine quelques écoles primaires, qu'ils appelaient les petites écoles, ou les écoles de charité, y montraient aux enfants à lire et à écrire; à lire tant bien que mal, à écrire, pas toujours I On y joignait aussi, à titre de luxe, le calcul. Ce n'était guère que l'addition et la soustraction; la moitié des maîtres n'auraient pas su

i9B DIEU» PATRIE, LIBERTÉ.

faâra une diinsion. Cela suffisait m peuple; il aTai fallait pas davantage poor le peuple. Omnd le marié savait signer, il eomptadl patmi les lettrés. Les statisticieBS ttîsaieBl ; c Sw cent mariés, il y a ijnanmtse lettrés. > (TéCaît magnfiqae. JBn faat dTécritare, k impart db ces lettrés ne sa? aient traeer que len^nom. Pour les femnes, cf était Sfmtre chosCr Ouinze ou vingt, font an pfas, sur eent, s^naient leur nom sur le registre de fëM civil. A présent, nçmi vofons dans les stalistiqnes : 95 leUréf, 5 illettrés ; et nous trouvons ce résultat imaffisant. On dédaigne ^ancienne eootnme d'appcendre à signer son* nom: Tons! ceux qvi signent savent «écrire. L'msUruetioff oblîgateir& adltèvera en pea d'années de faire diaparsÉtre tes derniers paru»» les derniers barbares. L'humanité se troOTersr em famille; il n'y amra plus de désbéritéadans sMsein.

Page 1