À tous Les damnés
Dans ce gouffre épouvantable, Pauvres Âmes, dites-nous
Du tourment qui vous accable, Quel est le plus grand de tous ?
Réponse
Le tourment le plus horrible, N'est pas le tourment du feu ; Il en est un plus terribie, C’est de ne voir yamais Dieu.
Réflexion des vivants,
Jamais! est-il bien possible ?
Jamais! que ce terme est long!
Cette éternité terrible
Nous abat et nous confond.
No 18. — D.Ss.
AIR: Dites-nous âmes demnées, No 17,
Malheureuse âme damnée, Qu t'a jetée en ces feux ?
ui t’a mise, infortunée, ans ces cachots ténébreux ?
REFRAIN
Ah! Cest ma propre malice
Qui m'a plongée en ce feu,
Où j'éprouve la justice.
£t la vengeance de Dieu.
Ma perte est universelle!
Dieu perdu, tout est perdu ; Dieu perdu, perte cruelle !
Ce mot n’est point entendu.
Ah! que je suis misérable !
Jamais je ne verrai Dieu !
© malheur épouvantable, Qu'on ne comprend qu’en ce lieu.
Je gémis sans pénitence, Je brûle sans consumer, Je souffre sans espérance, Je me repens sans aimer.
Ah! c'est trop tard qne je pleure D'être mort dans le péché :
Malheureuse et maudite heure, Où mon cœur en fut taché !
Homme mortel, fais-toi sage, Et le fais à mes dépens ;
Si tu n’entends mon langage, Tu souftriras mes tourments.
Dans tout ce qui m’environne, Je trouve un nouveau tourment Je souffre sans qu’on me donne, Le moindre soulagement.
Une peine qui m'accable, C’est la longue éternité !
O tourment épouvantable !
© terrible vérité !
Pour jamais dans la souffrance Des plus affreux châtiments !
Pour jamais sans espérance D’expirer dans mes tourments.