‹ Dieu seul [microforme]Chapitre 36 sur 85 · Reniement de saint Pierre · texte numérisé non relu

Reniement de saint Pierre

À la voix d’une servante Pierre renonce à Jésus ;

La voix du Coq l'épouvante, Il se retire confus.

Comme lui, je fus perfide, Mais suis-je aussi pénitent 2 Je ne suis pas moins timide, Mais, serai-je aussi constant ?

Mais Judas, venant d'apprendre Que Jésus est condamng,

e désespoir va se pendre, Et périt en forcené.

uelque noir que soit ton crime 1 peut t'être pardonné ; Ne cours donc Pas à l’abime, Pauvre pécheur obtiné,

16,— Le Prétoire,

Il est conduit au prétoire Suivi d’un Peuple cruel, Voyons-y le Roi de gloire Traité comme un criminel,

Dieu, que votre vengeance Epargne au moins votre Fils, I n'a point commis d'offense C'est | ges d’être punis.

Mon Jésus, on vous accuse D'être un vil Perturbateur ; Vous ne cherchez point d’excuse Contre une telle noirceur, Et nous, viles créatures, Coupables de tant d'excés, Nous répondons aux injures

Des ennemis de la paix, Le plaisir le plus honteux.

Seigneur, on vous fait un crime À es voulez-vous que je fasse D’avoir dit : !* Oui, je suis Roi” |. Te Jésus, votre Roi? Mais quel Roi plus légitime “Qu'il périsse, point de grâce ! Peut à tous faire la loi ? : meure ! ainsi veut la loi." Bon Jésus, régnez sans cesse, uel mal, Philosophe impie, Régnez, régnez sur nous tous ! ‘a fait la religion 2 Que tout 1 Vnivers s'abaisse “N'importe, qu'on l’humilie ! Devant le Roi mort Pour nous! |«ainsi veut notre raison."

Pour comble d'ignominie, Le Sauveur est adressé À la cour d'un prince impie Qui le traite d'insensé.

Quoi ! La Sagesse éternelle ‘a plus ni sens ni raison !

Injure affreuse et cruelle !

Amère dérision !

On le ramène à Pilate Pour décider de son sort ; Une troupe scélérate S'obstine à vouloir sa mort Ourquoi, cédant à l'envie, Seigneur, voulez-vous mourir ?

C'est pour me donner la vie Et m'empêcher de mourir, L'on compare et l'on balance Barabas avec Jésus ; uelle indigne préférence !

Barabas a le dessus, C'est ainsi que se comporte Le pécheur voluptueux :

Dans son Cœur, sur Dieu l'em-

[porte

Je ne vois rien, dit Pilate, Pilate, entrainé Par crainte, Pour pouvoir le condamner : Condamne Jésus À mort ;

Délivrez-m'en, qu'on se hâte, Jésus ne faite point de Plainte; A d'autres de Je mener, Il se résigne À son sort,

Le monde avec vous s'ennuie, Ah ! voilà donc ton Ouvrage, Seigneur, il veut vous laisser : Malheureux

respect humain, Votre aimable compagnie A ton Dieu faisant Outrage ; Semble nous embarrasser, Tu deviens son assassin,

Vils esclaves de l'envie,

Vous serez enfin contents :

Jésus va perdre sa vie,

Dans les plus cruels tourments, Cet Agneau divin succombe Sous vos efforts trop puissants !

Mais, tremblez ! son sang retom- [be

Sur vous et sur vos enfants.

26— La Flagellation

Des scélérats pleins de rage.

Poussants d'affreux hurlements, Lui tirent avec outrage

Tous ses Pauvres vêtements ; Viens-t-en, pécheur impudique, Considère ta douleur

Que ta passion synique

“ause À ton divin Sauveur,

O barbarie étonnante !

Une troupe de soldats Sur cette chair innocente Sévit À grands tours de bras.

0 bourreaux impitoyables, Arrêtez votre courroux ; C'est nous qui sommes coupa- [bles Sur nous déchargez vos coups,

Ilest couvert de blessures,

Sen sang coule àgros ruisseaux, A force de meurtrissures

Sa chair tombe par lambeaux.

O Dieu juste, à notre Père,

Par ce Corps meurtri de coups, Apaisez votre colère,

Et nous pardonnez à tous.

Dans cet état pitoyable, Où l'ont réduit ses bourreaux, Il n'est plus reconnaissable, Il est accablé de maux.

Augmenterai-je ses peines, En suivant ma passion ?

Non, dans le sang de ses veines Je cherche ma guérison,

À sa royauté divine On insulte de nouveau ; On le couronne d'épines, Il a pour sceptre un roseaux, Ciel ! quel état pitoyable !

u’il souffre pour nos péchés !

u'il est pour nous charible !

N'en serons-nous pas touchés ?

Sur sa couronne cruelle On frappe avec le roseau :

À grands flots le sang ruisselle Sur un visage si beau.

Notre orgueil insurportable.

Toujours cherchant les gran.

[deurs Est le bourreau véritable Qui lui cause ces douleurs.

EL On feint de lui rendre hommage Après l'avoir travesti ; Chacun lui crache au visage, Tous le frappent à l’envi.

Orgueilleux, viens te confondre, Vois ton Dieu défiguré.

Que pourras tu lui répondre, oi qui veux être honoré ?

Sur son épaule sanglante

Je le vois portant sa croix ;

Mais sa force insuffisante

Vient succomber sous ce poids,

Hélas ! ce sont nos offenses

gui font son pesant fardeau ; ’augmentons pas ses souffran-

[ces En l’offensant de nouveau.

Tout le monde l’abandonne,

Mourra-t-il donc sous ce poids?

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