Jésus devant Caïphe
On le traîne par la ville
Devant tous les tribunaux ;
Il marche d’un pas docile
Sans se plaindre de ses maux, Seigneur pour sauver nos Âmes, Vous n'épargnez point vos pas !
Pour les arracher aux flammes, Ferons-nous les délicats ?
[1 paraît devant Caïphe Et se laisse interroger ; A cet indigne Pontife Il permet de le juger. Un jour, à juge suprême, Dans votre juste courroux, Vous nous jugerez vous-même, Mais avant pardonnez-nous.
Un valet plein d'insolence Donne à Jésus un soufflet,
Et Jésus, avec clémence, Répond à ce vil valet,
Est-ce ainsi quand on m'outrage, md je réponds sans aigreur ?
Dieu ! donnez-moi le courage D'imiter mon Rédempteur,
Jésus écoute en silence Les dires des faux témoins, L'rs-ne pôt avec aisance
épondre sur tous les points, Lorsque l'on nons calomnie Même avec acharnement, Souffrons cette ignominie Sans aucun ressentiment,
“Est-il besoin d'artifice 2 “s'est dit le Fils de Dieu :
‘Qu'on prépare son supplie, ‘C'est àssez de cet aveu.” Malheureux ! quelle impudence !
Vous osez juger à mort Celui qui, dans sa puissance, Viendra fixer votre sort !
Pour lui faire plus d'outrage, On vient lui bander les yeux, On lui frappe le visag::, On l'insulte à qui mieux mieux.
Prophète dit-on devine Qui sont ceux qui t'ont frappé ?
Oui, son œil vous examine,
| Nul de vous ne l'a trompé.