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IL DECOUVRE UN ASPECT DE LA BONTE DIVINE ET DEVIENT OPTIMISTE

La révélation d'amour produisit sur Dieudonat un bouleversement total. Sa stupeur était indicible; les livres de science ou de philosophie, et les théologiens aussi, lui avaient dénoncé, il est vrai, l'existence de ces sensations inférieures qu'ils classent sous la dénomination de « voluptés » ; il avait supposé que ce vocable désignait un ensemble de plaisirs médiocres, tels qu'en procurent un mets ou une senteur agréables. Mais d'une émotion si intense, personne ne l'avait averti, ni par écrits, ni par paroles! Pour la première fois de sa vie, après tant de doutes et de négations, il venait donc enfin de rencontrer une vérité décisive, la lumière absolue, éphémère sans doute, mais dont rien ne saurait abolir l'éblouissante certitude! La pleine clarté, il l'avait vue! Pendant un moment, il avait possédé l'incontestable! Il pourrait

maintenant se souvenir de quelque chose, et cette chose méritait largement tous les honneurs de hi mémoire.

Or, cette illumination sui)ite ayant accompagné la perte de sa virginité, il concluait, par syllogisme, que l'une est inhérente à l'autre, comme l'effet à la cause, et que, par conséquent, cette minute doit êtreuni(|ue pour chacun, comme celles de la naissance et de la mort.

— Des trois, assurément, celle-ci est la meilleure. Pour n'en pastrouhler les derniers restes, il demeurait immohile en une extase qui se prolongeait de langueurs, et, dans ce demi-rêve, il se disait que Dieu est bon ; il n'en avait jamais douté en principe, bien qu'en fait il n'en eût jamais trouvé l)eaucoup de preuves, avant celle-ci; au reste, elle sullisait! Mais, franclvement, pourquoi ces mêmes livres s'obstincntils à recommander la Chasteté,' à prôner la Virginité, alors que les Pères de l'Église, en se rassemblant pour démontrer l'existence de Dieu, n'ont pas dans toutes leurs homélies un seul argument, un seul cri, dont l'éloquence soit compara])le à celle qui, spontanément, émane de ces deux vertus, quand on les viole?

— J'inclinerais à croire qu'il y a erreur dans l'interprétation des Textes : on nous dit que la Virginité est agréable à Dieu, et je n'en discute pas, puisqu'elle prouve Dieu le jour où on la perd ; encore faut-il la perdre, sous peine d'être un impie, et cela est de toute évidence.

Il forma au fond de son cœur le ferme propos de se remémorer chaque soir et chaque matin, au cours de sa prière, le bon moment que la divine miséri-

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