Dinah scènes des premiers joursd de lère chrétienne
L’antique Memphis, jadis gouvernée par le sage Joseph, séjour favori des rois d’Égypte, et siège de leurs temples les plus fameux, avait vu s’évanouir son ancienne splendeur. Les Ptolémées, répudiant la capitale des Pharaons, lui préférèrent la ville bâtie par Alexandre ; race dégénérée, qu’avaient souillée le parricide et bien d’autres crimes, elle avait fini dans Cléopâtre, et, depuis plusieurs années, les aigles romaines avaient asservi l’Égypte.
Non loin de Memphis, un petit village, nommé Tanis, était habité presque entièrement par
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quelques familles de pasteurs. Elles descendaient des lduméens, et. par Ismaël, remontaient jusqu’à Abraham. Au milieu des souillures d’une religion absurde et dégradée, ils avaient conservé des traditions plus pures, quoique mélangées de superstitions égyptiennes. Une cohorte romaine résidait au petit hameau de Tanis, pour surveiller les tribus nomades qui, errant dans le désert, vivaient surtout de rapines et s’aventuraient souvent jusqu’aux lieux habités pour enlever les troupeaux.
A l'entrée du village dont elle était séparée par une centaine de pas, s’élevait une modeste cabane, depuis longtemps abandonnée et dans laquelle les habitants de Tanis virent avec étonnement s’établir une jeune femme, un homme beaucoup plus âgé qu’elle, et un tout petit enfant. Cette cabane, seul asile qu’eût trouvé la famille étrangère, l’abritait à peine, et les rayons d’un soleil brûlant, dont l’ardeur dans cette saison augmentait chaque jour, devait bientôt en rendre le séjour insupportable. Celle pauvre famille était arrivée à Tanis la \eille du jour où commence notre récit ; un âne portait la jeune femme et son enfant. Dans