COMTÉ DE VERTUS
Lettres d’érection du comté de Vertus.
« Jean, parla grâce de Dieu, roy de France, à tous ceuz qui ces présentes lettres verront salut. Savoir taisons que par le traité de mariage contracté entre notre très-chère fille Isabelle de France et noble et, puissant seigneur Jean Galéas de Visconti, fils aisnel de notre très-cher cousin, le seigneur Galéas de Visconti, seigneur de Milan, notre cher fils aisnel le duc e or mandie, dauphin du Viennois, régent du royaume en notre absence, donna en dot à notre chère fille et à son mari le chateau et la ville de Somme-Yèvre dans la sénéchaussée de Beauvais avec toute juridiction et justice, haute, moyenne et basse, civille et criminelle et tous les autres profits revenus et émoluments et droits quelconques qui appartiennent et qui dépendent dudit château et de la ville de Somme-Yèvre jusqu a la concurrence de 3,000 livres de rente. »
Le roi dit ensuite que son fils érigea ladite terre de Somme-Yèvre en comté. Mais que depuis son retour sa fille et son gendre sont venus lui représenter qu ils n’étaient pas encore entrés en possession de ce domaine et qu’ils le priaient de le conserver et leur en assigner un autre. « Voulant traiter favorablement notre dite fille, le seigneur son mari, et souhaitant de les voir plus souvent quand ils viendront en France, ce que nous ne pourrions faire s ils demeuraient à Somme-Yèvre, et révoquant ce qui avait été fait par noire cher fils, nous avons réuni à notre domaine la terre de Somme- Yèvre et dépendances et les terres qui doivent être délivrées jusqu’à concurrence de 3,000 livres tournois de rente annuelle et de notre certaine science et autorité royale nous avons substitué à la ville et château de Somme-Yèvre, le château de Moymer, les villes de Vertus, de Rosnay, la ville et forteresse de la Ferté-sur-Aube avec leurs appartenances et dépendances, et de ces places nous avons fait une seule seigneurie que nous avons érigée comme par ces présentes nous érigeons de notre pleine puissance en comté, voulons, ordonnons et nous plaît que lesdites villes et châteauz et forteresses avec leurs appartenances et dépendances composent ensemble ledit comté qui sera nommé le comté de Vertus; et qu’audit comté appartiennent tous et un chacun des droits et privilèges attribués auz plus grands comtés de droit, par privilèges, coutumes ou statuts particuliers, même avec les droits et les privilèges, attachés auz comtés qui viennent et qui échoient par les dispositions royales auz fils et auz filles de France par succession, partage ou apanage, ou par quelqu’autres dispositions royalles que ce puisse être, pour jouir dans ledit comté, dans ledit château de Moymer, villes de Vertus, Rosnay, ville et forteresse de la Ferté-silr- Aube, de toute justice, haute, moyenne et basse, civille et criminelle, de tous et un chacun, des fiefs, arrière-fiefs, vassaux, ventages, hommes, hommages, patronages, terres, vignes, prez, patronages, fourrages, jardins, tours, moulins, maisons fortes, prisons, étangs, eaux, bois, droit de chasse, garennes, maisons, cens, censives, dîmes, droits sur les marchandises péages et autres droits, fruits, émoluments, honneurs, et prérogatives appartenant auxdites villes, châteaux et forteresses, jusqu’à concurrence de 3,000 livres de rente. Lequel comté nous avons donné et accordé, donnons et accordons en dot à notre chère fille et à son mari et aux enfants qui naîtront de leur mariage et aux descendants de leurs enfants pour en jouir à toujours comme d’un héritage propre que nous leur donnons, ne reservant aucun droit sur les terres et droits que l’hommage à nous et à nos successeurs rois de France, avec la supériorité et le ressort à notre arlement de Pans ; et à cet effet nous avons exempté ledit comté de la juridiction de tout bailli, prévôt, élu et autres officiers que ceux de notre dit Parlement. »
Le roi stipule ensuite que si ledit comté ne rapportait pas 3,000 livres de rente , on y suppléerait aux moyens de propriétés semblables « sur les
terres et les lieuz les plus proches desdits châteaux, forteresses et villes. » Que si la princesse Isabelle mourait sans enfanls avant son mari, ce dernier aurait l’usufruit du comté avec la juridiction entière.
Suit la formule exécutoire adressée aux baillis de Chaumont, Vilry, capitaines et châtelains de Moymer, Vertus, Rosnay, la Ferté -sur-Aube. Donné à Paris, le 11 avril 1361 .
Renies el propriétés du seigneur à Vertus, d après le procès-verbal de la prisée faite par ordre du roi, sire de l érection du comté en 1361.
Prévôté, amendes. . . . *90 ^vres*
Le tabellionnage .
Les fours . *90
Les deux bans . *90
La jurée annuelle — sont exempts 3 bourgeois qui sont francs sergents du chapitre et des abbayes de Notre-Dame et de Goyan. 1 00 livres .
La clergie . . . . . .
La sergenterie à verge .
Les grosses amendes. . . . 29
Le bois de Coremont, de 160 arpents et se coupe tous les dix ans, et
amendes . . . 90 livres
Les pains de l’usage du giste des chiens du roy sur les abbayes de Saint- Sauveur, de Notre-Dame et de la Charmoye. chacun 62s 6d et ont pour
ce un usage au bois de Vassy . 9' 79 6d
La garenne de Vertus . 40 » »
Les amendes d’icelle . * *90
L’écrouage des prisonniers à Moymer et à Vertus . * 1 00 »
Le château, chapelle, etc . 60 * *
Le foulage ayant valu jusqu’à 20 livres par an et à présent le moulin
étant réuni, rien.
Sommaire de ladite prise :
Chastellenie de Vertus . 1 ,229 13
— de Rosnay.... . 811 7 3
— de la Ferté-s-Aube . 1,108 » 14
Baiîlage de Sonsuel (?) . 200 * *
Total . « 3,268* l2s 3d
, de rente déduit les charges, mais non 100 liv. pour gages des bailli, pro- « cureur et receveur. » (sic).
Droits perçus sur les denn'es vendues au Iran .le lé\ èijue de Châtons
(.es documenls paraîtront bien arides ; mais nous les croyons utiles cependant et les considérons comme très-curieux pour l’histoire de ^industrie et du commerce au moyen âge. Tous ces détails sont extraits du cartulaire de l’évêché conservé à l’hôtel de ville de Châlons. Ces droits étaient tous donnés à ferme par l’évêque; ils constituaient la ferme du domaine mobilier et se vendaient la veille de la Saint-Jean, dans le palais épiscopal, à deux heures de l’après-midi, en présence de l’évêque, de son bailli, du lieutenant du bailli et des autres officiers; l’argentier présidait l’opération, devait ce jour-là un repas aux officiers et aux fermiers, plus un plat de poisson et un demi muid de vin à l’évêque ; pour son bénéfice, il percevait I “J deniers par livre sur le revenu des fermiers. Le vidame prélevait 2 deniers sur 9 dans ces revenus. Le domaine mobilier était divisé en fermes ou thonlieux :
1 . Le thonneu des bêles vivantes, loué avant les guerres des Anglais 2 li¬
vres (I), en 1164, 5 sols.
Pour chaque cheval amené et vendu au ban épiscopal, 4 deniers.
— une jument, 2 deniers.
— un bœuf, I denier.
— une vache, un porc, une brebis, un mouton, une chèvre, 1 obole
chaque.
— la douzaine de moutons, 2 deniers.
— un cent de moutons, 16 deniers..
— — de porcs, 1 5 deniers. , .