‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 16 sur 128 · N. de Montlaurent, figure comme vidame en · texte numérisé non relu

N. de Montlaurent, figure comme vidame en

20. Crespine de Jardins, vidamesse, mariée Jean à Feret, ccuyer,

morte avant 1581.

21. René Feret, écuyer, rend hommage pour les trois quarts du vidamé

en 1581.

Madeleine Feret, sa sœur, rend en même temps hommage pour un quart.

22. Philippe de Tiiomassin, gouverneur de Chàlons, gentilhomme de la

chambre du roi, capitaine de 50 hommes d’armes, seigneur de Braux-Sainle-Cohière, etc., 1585, mort en 1608.

23. René Pothier, comte de Gesvreset de Tresmes, gouverneur de Chà¬

lons, etc., 1615.

Pierre Guillaume, contrôleur général des gabelles en Champagne, déclaré simple seigneur du vidamé de Châlons, par arrêt du parlement du 30 mai 1 635.

La liste donnée par Buirelte de Verrières mentionne un Gantier de fiiseme qui ne fui jamais vidame de Châlons et Miles, un des plus intrépides chevaliers de son temps, mais qui n’était que frère du vidame Hugues II.

(1) Sentence du bailli de Vermandois, 16 décembre 1435. ( Archives de la Marne.)

(2) Prise et possession du vidame par Pierre Cheval, au nom du duc d’Orléans, 6 juillet 1395 (.4/c//, de la Marne.)

(3) Quittant à l’évèque pour 507 francs perçus sur la vente faite par Isabelle de Prosne, à Nicolas Rollin, en 1444. {Ibid. )

prêtres qui prirent alors le nom de chanoines, et se soumirent à des réglements sévères. La première dignité capitulaire était celle du prévôt, qui fut supprimée vers l’an 1065 par une charte de Roger II, confirmée par le roi et parce que, selon les expressions de ce document « prepositura vicio prepositorum, quantis » malis ecclesiam interius et exterius afflixerat, et ad quantam » paupertatis miseriam concanonico et eorumdem villanos rc- » duxerat, ipsos qui tum temporis aderant , minime latuit.» Le doyen dès lors prit la suprême direction du chapitre.

La composition de ce corps varia à diverses époques ; dès le XIIe siècle , il comptait huit dignitaires et quarante chanoines (1113); plus tard ce nombre s’éleva à soixante chanoines et autant de chapelains. Les dignitaires étaient : le doyen , les quatre archidiacres , le trésorier , le grand chantre et le souschantre ; en 1377, le trésorier Hue de la Roche fonda les deux vicairies perpétuelles; en 1699, on y voit trente-neuf chanoines, deux vicaires perpétuels et soixante chapelains, enfin, en 1789, il était réduit à vingt-huit chanoines, deux quartprébendés , deux vicaires perpétuels et trois prêtres habitués.

Lors de la suppression de la dignité de prévôt vers 1063, on divisa les quatre prébendes en huit demies qui furent attribuées à autant d’enfants de chœur dont deux eurent voix au chapitre.

Le chapitre nommait le doyen le grand-chantre et le souschantre sur la présentation du grand chantre : tous les chanoines avaient un certain nombre de prébendes a 1 exception des archidiacres et du trésorier qui, nommés par l’évêque, se trouvaient ses officiers et non pas ceux du chapitre.

Le chapitre de Saint-Etienne était soumis à une discipline sévère , ses membres n’avaient sous 1 épiscopat de Guillaume de Champeaux que quinze jours de vacances par an, et quand ils s’absentaient sans permission, ils devaient être frappés de verges : dum redierint debeant verberari (1). En 1246, Eudes de Chateauroux, légat du pape, donna au chapitre, sur la demande de Geoffroi II, une nouvelle réforme où l’on voit entre autres articles ; défense de causer dans les stalles ou de passer entre l’autel et le chœur comme dans une rue, sous peine

(1) Bulle du pape Alexandre 111, datée de Sens, 24 avril 1162.

d’amende, — privation de la rétribution aux chanoines qui n’arriveraient à la messe qu’après l’épître; — - quand ils disaient des injures à quelques-uns de leurs frères, ils en étaient également privés jusqu’à ce qu’ils eussent fait des excuses ; — défense de nommer des chanoines ou des clercs à des cures sans examen, comme on le faisait en prétendant qu’ils étaient censés examinés parce qu’ils étaient du chœur. — A ces époques reculées , le régime intérieur du cloître n’était pas très doux, car on voit l’évêque Guillaume II du Perche donner du pain aux chanoines qui assistaient à la grande messe pendant l’Avent et le Carême , en nommant un ollicier préposé à la surveillance de cette distribution (1224); l’année suivante, il établit une rente de cinquante livres à prendre sur les moulins de Chartres dont il était seigneur, pour leur fournir du vin pendant le même laps de temps. En 1380, quand nos chanoines quittèrent la vie commune, les prébendes durent être partagées et chaque chanoine en eut une ou plusieurs , avec une part de pain de distribution quotidienne quand ils assistaient aux offices, et la nomination de quelques cures : en 1424 , une prébende fut affectée à la nourriture et à l’entretien de six nouveaux enfants de chœur.

Jusqu’en 1380 les chanoines avaient porté un costume des plus sévères avec l’aumusse noire ; ils y introduisirent de notables changements lors de leur sécularisation. Leurs aumusses étaient faites en peaux d’écureuil; prétendant, en 1389, que les guerres de la Catalogne d’où se tiraient ces fourrures en rendaient l’acquisition coûteuse et difficile, ils en prirent de grises et se mirent à les porter sur les bras au lieu de les jeter sur l’épaule comme auparavant (1). En même temps ils substituèrent le bonnet à quatre cornes à l’espèce de mitre dont ils se servaient, et adoptèrent la robe noire à la place de la blanche: le doyen et le grand-chantre la conservèrent seuls en rouge, et les autres dignitaires en violet : ils quittèrent aussi le surplis pour le rochet, et portèrent par-dessus une chape noire, doublée en rouge ou en violet, selon le rang du chanoine, traînant jusqu’à terre, avec le capuchon en pointe pour l’hiver.

Chaque évêque , ai-je déjà dit, devait au chapitre, lors de

(1) Bulle du pape, du 14 juin 1389.

son installation , une chape de drap d’or de la valeur de cent écus , comme don de joyeux avènement. Les chanoines, à leur nomination , devaient une somme de 100 sols (1); en 1391 ils durent offrir, en outre, une chape de la valeur de quinze livres dans les six premiers mois de leur réception (2). De plus 1 usage était, de toute antiquité, que le dernier chanoine en tour fit une représentation de saint Jean l’évangéliste et de saint Etienne, et donnât ensuite un repas à tous ses confrères (3). Cette coutume subsista jusqu’au commencement du siecle dernier, mais à cette époque le chapitre voulut la réformer comme abus. On rendit à cet effet une délibération unanime qui en décida la suppression, « parce que ces festins ont insensible- » ment dégénéré en festes prophanes et en dépenses excessi- » ves et ruineuses auxquelles serait à propos de mettre fin; » et cette sorte de tribut fut remplacée par un don fixe de six cents livres, savoir : quatre cents pour la fabrique de la cathédrale et deux cents pour la réparation des églises des villages du diocèse, « laquelle somme, dit le procès-verbal, sera mise par ledit chanoine en tour sur le bureau de la salle capitulaire, le jour de saint Thomas apôtre. » (26 juillet 1749). Le parlement se hâta d’homologuer cette sage détermination.

Parmi les diverses obligations des chanoines , nous devons mentionner celles-ci :

Celui qui recevait les bénéfices d’une chapelle en l’église de Châlons, était tenu de se faire prêtre dans l’année (4 août1266).

Les jeunes chanoines ne pouvaient aller faire leuis études dans des lieux éloignés, à moins de prêter serment de revenir à la première réquisition du doyen.

Les vicaires perpétuels étaient astreints à une résidence i éelle, les chapelains également, et étaient réputés démissionnaires par le seul fait d’une absence de six mois.

(1) Bulle du pape, 6 des ides de janvier 1237.

« . . .... Statuendum quod quilibet canonicus teneatur vobis una vice » centum solidos turonenses pro fabrica, nec non et exoneratione debitorum » ipsius ecclesie exhibere. *

('■2) Acte capitulaire de janvier 139 i.

(3) On trouve dans les archives de la Préfecture, fonds du chapitre, un recueil d’extraits de 1317 à 1629 de délibérations capitulaires portant nomination des archidiacres et des chanoines en tour de représenter saint Jean et saint Etienne et de donner le festin accoutumé.

Le doyen, comme je l’ai déjà dit, était élu par le chapitré et nullement soumis à l’évêque : en 1 471 , Geoffroi III de Saint- Géran voulut nommer Louis de Comborien , les chanoines refusèrent de le reconnaître et choisirent Pierre Cotelly. Le même fait se renouvela en 1 57 5 : l’évêque voulut imposer au chapitre Edmond de Laage , conseiller d’état, mais ne put réussir.

Le doyen exerçait une entière suprématie sur le chapitre , administrait les derniers sacrements à l’évêque, présidait à ses funérailles; il prêtait le serinent suivant: (1) « Ego N...., » decanus ecclesiæ Cathalaunensis, juro quod servabo jura de- » canatûs et supportabo onera decanatûs et ecclesiæ. lia me » adjuvet Deus et hæc sancta Dei evangelia (2). »

Le grand-chantre était le second dignitaire du chapitre : un cahier en parchemin in-quarto, de onze feuillets, en écriture du XIVe siècle, et intitulé: « Suntjura, redditus et proventus can- » toris ecclesiæ Cathalaunensis, » présente de curieux renseignements sur la position du chantre. En voici un exact extrait:

« Le chantre est élu par le chapitre, lui prèle serment et est installé sans avoir besoin d’aucune confirmation ;

» Il nomme le sous-chantre ;

(\) Ce serment se trouve clans un petit cahier manuscrit en papier, du XVe siècle, ainsi que dans le cartulaire de l’évêché [Arch. de la Préfecture.)

(2) Voici la liste des doyens du chapitre avec plusieurs noms que ne contient pas la Gallia chrisiiana ; je les indique avec des astérisques :

* ISEMBARD, 1040.

Elbert paraît dans une charte de

Varin ou Varnier, 1092, encore en 1109.

Odon de Ploiastro , archidiacre Il U, 1130.

Anselme.

Anscher, 1133.

Rainier, 1 HO.

Alard, 1146.

Radalfe ou Raoul, 1147, i ICI .

4 Rolland, 1 163.

Bovon, 1165.

Rolland, 1170.

Roger, 1174.

Jacob 1er, 1177, 1 188.

Hugues de Ravel, 1 1 90.

Etienne Ier, de Saint-Memmie.

4 Etienne IIe, 1237.

Guillaume de Paris, 1261, 1272.

P . de Saint- Amand, 1277.

Simon de Hans, 1288-1299.

Après lui les auteurs de la Gallia chrisiiana reconnaissent une lacune de deux cents ans, pendant laquelle ils n’ont pu continuer la liste ; le chanoine Beschefer n’a pu citer que :

4 Etienne Porson.

4 Jean de Hermonville.

4 Etienne de Peneriis.

4 Gaillard Frozens, 1335.

» ïl nomme le maître des écoles de chant de la ville: nul ne peut y venir professer le chant sans sa permission ,

» Il nomme à la cure de Pocancy;

» Il a la police du chœur et peut en expulser ceux qui troublent les cérémonies; .

» Il installe dans le chœur tous les bénéficiers : « Omnes illi » qui sunt de choro, antequàm aliquis intrat chorum, opportet » quod ponantur in choro per dictum cantorem ; et adducit » dictus cantor in choro omnes prcedictos per ostium juxta » altare sanctæ Crucis et facit eos inclinare primé altare, pos- » tea à dextris, postea à sinistris, et preterea reponit eos in » loco subdiaconorum, in parte versùs ostium per quod intra- » verunt; et si locum habent in patruis et clericis nondum be- » neficiatis, et si sint aliqui tales clerici qui sint in sacris, du- » euntur in loca subdiaconorum ut dictum est : si diaconi, in » altum justa diaconos vicarios, inter eos et presbyteros ca- » pellanos ; si autem predicti clerici sint presbyteri , po- » nuntur juxta vicarios diaconos et presbyteros capella-

» nos. » .

» Il n’est nullement tenu de résider pourvu qu il ait un suppléant ; ......

« Item, Cantor potest intra ecclesiam m vestibus suis laneis

Puis j’ai retrouvé dans les chartes :

4 Pierre de Soppia, 1444.

4 Pierre Clare, 1452.

* Pierre Cotelly, 1471.

Jacob de la Vielville, 1484, 1 495.

Jacob d’Alebret, abbé de Saint- Basle, 1505.

Jean Godart, 1513.

Guillaume Crétin, aumônier du roi,

Charles Cuissotte , seigneur de Bierges, n«. 1543.

Nicolas de Bussy.

Charles de Godet, seigneur de Renneville, 1550.

N. . . • • de Toult, mort en l57o.

Jean Clément, élu en janvier 1575.

Pierre de Bar, 1 587,

Jean ii Clément, 1593.

Claude Françoys, 1606.

Claude Adam, élu en 1619, mort en 1638.

Jean Domangin, quitte en 1644.

Nicolas Cuissotte de Gizaucourt, mort en 1658.

Claude Perrin, archidiacre, 1665.

Pierre de Bar, 1687.

Antoine Laigneau , grand archidiacre, abbé de Haute-Fontaine, quitte en 1704.

Pierre Cuissotte de Gizaucourt, mort en 1705.

Charles Deu (des Deu de Vieux- Dampierre), élu le 3 mars 1705. mort en 1728.

Panage Lemaître de Paradis, abbé de Toussaints, élu en 1728, mort en 1768, mais avait quitté auparavant.

François-Memmie Hoccart, 1755.

Pierre-Maurice Saguez de Breuvery, 1768 à 1789.

» et quotidianis seu secularibus, et in ocreis et calcaribus; » defendendo avem suam super sua manu.

« 11 n’a besoin que d’être de l’ordre des acolytes;

» Il ales dixmes de Velye ;

» Il nomme à la chapelle de Notre-Dame de Nouvel-Œuvre, sise près le Puits-d’ Amour ;

» Il nomme à la chapelle du Saint-Lait, sise entre Saint- Etienne et la Trinité, à Chalons ;

» Il a deux parts dans le trécens et le quart des dixmes de Pocancy;

» Il a les dixmes et la basse justice du lieu dit Territorium cantor.

» Il a six deniers de cens et dix-huit de dixmes sur la maison de Jean de Blacy.

» Ad ipsa dictus cantor tenetur per se vel per alium. »

» Il doità l’église de Pocancy, un cierge, une corde à cloche, de l’encens quand on en manque.

» A l’église de V elye « Cooperturam aulæ ecclesiæ. »

» Dix sols au chapitre le jour des Brandons.

» Il doit entonner à Magnificat, à la bénédiction et le Te Deum, à moins que l’évêque ne veuille entonner lui-même;

» Il doit, à Noël, une messe et tenir le chœur; conduire la procession dans le chœur de l’église et entonner X Ave senior Stéphane ; une messe et tenir le choêur à la fête de saint Etienne, entonner X Ave rex noster pendant l’adoration de la Croix le jour des Rameaux; une messe, tenir le chœur et conduire la procession si l’évêque est présent, à la Pentecôte; assister aux synodes diocésains comme patron de la cure de Pocancy; une messe, tenir le chœur et conduire la procession, si 1 évêque est présent, à la fête de saint Vincent ; conduire la procession dans le même cas, h la Purification de la Vierge; une messe, tenir le chœur et assister à vêpres aux fêtes de saint Alpin et de l’Invention de saint Etienne ; tenir le chœur, à l’Assomption ; une messe, tenir le chœur, être à vêpres et à la procession a la fete de la dédicace de l’Eglise ; une messe et tenir le chœur à la Toussaints. Suit la liste de trente-six cens perçus sur divers par le chantre (1). »

(I) Archives de la Préfecture.

Une sentence du bailliage de Vermandois (31 mai 1398), déclare de nouveau que le grand-chantre installe seul tous les bénéficiers de la cathédrale et des cinq paroisses, Nolre- Dame-en-Vaux, Saint-Eloi, Saint-Loup, Saint-Antoine et Sainte-

Marguerite. , , , A

Le diocèse de Châlons renfermait quatre archiacones, deChalons, de Vertus, d’Astenay (depuis Sainte-Ménehould) et de Joinville^) : ces dignitaires avaient peu d’influence et se trouvaient complètement placés sous l’autorité de l’évêque qui les nomniait: seulement ils avaient le casuel des cures vacantes dans leurs circonscriptions, jouissaient du droit de gîte dans les paroisses pour les visites qu’ils devaient faire chaque annee ; chacun avait une cour de justice, présidée en son absence par un official, et où se passaient les actes de vente ou de donation, les transactions, etc. Le grand-archidiacre remplaçait l’évêque absent. Dans notre diocèse, le doyen du chapitre cédait le pas aux archidiacres, soit dans le chœur, soit dans les cérémonies publiques (2). Logés dans le cloître, ils n’y avaient aucune juridiction: l’archidiacre de Joinville déclaré, par charte du 5 octobre 1397, n’avoir que par grâce l’exercice de la justice de son archidiaconé dans sa maison: des déclarations semblables existent pour les archidiacres de Vertus et d Astenai, années 1398, 1403, 1413, 1453 et 1474. Le grand archidiacre (Châlons) avait le droit de se nommer un vicaire.

Le trésorier avait la direction du trésor, des dépenses relatives à la cathédrale et était chargé de la garde de l’église, de jour comme de nuit; en mai 1217, il reçut une somme de cent sols de Provins pour instituer deux custodes de plus que les deux qui existaient déjà: il fournissait l’huile, le luminaire, la cire, les nattes et le charbon pour l’hiver ; gardait les reliques , mais ne pouvait en refuser l’exhibition sur l’ordre de 1 eveque. Les revenus de la trésorerie, outre le casuel des recettes diverses, comprenaient le droit de morte-mains et de for-mariage sur les hommes du chapitre en la terre du seigneur ce

(1) L’archidiaconé de Châlons renfermait 5 doyennes, 116 cures, 30 succursales, 7 abbayes ; celui de Joinville, 2 doyennes, 100 cures 25 sucsursales et 5 abbayes ; celui d’Asternay, 2 doyennes, 59 cures, 1 1 succursales, 3 abbayes ; celui de Vertus, 1 doyenné, 41 cures, 14 succursales et

4 abbayes. nn ,

(2) Ut 'xllia chnsliana, tome IX, page yü...

Conflans, les dixmes de Sairit-Memmie et de Jalons, de la chapelle Saint-Anne, à Heiltzd’Evêque (16 juin 1450). D’après les comptes qui existent aux archives et qui furent fournis le 1 3 juin 1485, dans cette année les revenus s’étaient composés de:

Dixmes, casuel , recettes diverses .

Chavages des hommes et femmes de corps

2 1 ob.

Mailles de la chrétienté .

Et les dépenses :

Avant Pâques |

j Pour le trésor .

I Pour la cire .

Après Pâques j

i Pour le trésor .

1 Pour la cire .

Dépenses particulières .

Le sous-chantre était, comme nous l’avons vu, choisi et institué par le grand-chantre ; il devait être chanoine prébendé de Saint-Etienne et le chapitre ne pouvait le refuser. Il prêtait au chapitre le serment de fidélité, de résider, d!assister aux offices et processions, de tenir les tables du chœur où était inscrit le clergé de semaine, etc., et au grand-chantre, de l’aimer , de le respecter et de l’honorer. Il avait les dixmes de Saint- Amand et deMaizières.

La charge de l’official n’était pas une dignité capitulaire quoiqu’elle fut exercée par un chanoine; il y eut jusqu’à cinq oflicialités dans le diocèse , pour l’évêque et les quatre archidiacres.

Le chapitre était un des quatre seigneurs temporels de la ville de Châlons: il avait moyenne, haute et basse justice dans ses cloîtres et à son ban, qui comptait, dans son étendue, les collégiales de la Trinité et de Notre-Dame, l’Hôtel-Dieu, la paroisse Saint-Loup, dite terrede Rougnon, ou ban des clercs (1). De plus il avait haute, moyenne et basse justice à Ambonnay (2),

(1) Acte de notoriété publique du 7 août 1500.

(2) Achat de la terre à Thibault Revelart, chevalier, pour 80 livres de

Provins (1179).

avec la vicomté (1), à Ablancourt (2), à Aulnay-l’Aître (3), a Billy-le-Grand (i), à Billy-le-Petit (5), à Yaudemanges b , a Blaise-sous-Arzillières (7), à Champagne (8),àChampigneulle (9), à Coupéville (10), à Dampierre-Sur-Moivre (11), à Ecury-sur- Coole (12), à Francheville (13), à Jaalons (14), à Pogny (15), a

(1) Achat de la vicomté à Ayrard de Nanteuil, pour 1 ,600 livres de petits tournois (septembre 1287).

(2) Vente de partie de la seigneurie par Thibault dü Petit, pour 9 livres 8 sols forts (mai 1270) ; achat par le chapitre du moulin pour 12 livres

10 sols.

(3) Vente de la moitié du four, par Jean, gendre de Henry, fouroier d’Aulnay (décembre 1301); vente de la seigneurie pour oO florins d or, par Collesson de Bressonnier, écuyer, (avril 1349).

m Henry de Luzenee (près Meaux), chevalier, donne au chapitre 1/5 de ce qu’il avait à Billy, et lui vend le reste pour 120 livres tournois • chaque4 feu devant au seigneur quatre quarterons d avoine (mars 1-5 ).

(5) Lettres royales déclarant que de toute ancienneté le chapitre était seigneur de Billy'-ie-Pelit, et blâme le sire de Grancey, seigneur de Louvois, d’avoir emprisonné le maire de Billy (19 novembre 13ol).

(6) Même pièce. — Les officiers de cette justice étaient ainsi payés au XVIe siècle • un juge à 4b livres, un lieutenant à 40 sols, un procureur fiscal à 20 livres, un greffier à 20 livres, procureurs de justice a 10 livres, huissiers à 10 livres.

(7) Achat à la demoiselle Bouret de partie de la justice et de la maison de Biaise, en décembre 1305.

'/o\ Arhat de nartie de la seigneurie à l’abbé d’Iiuiron, sauf les serfs, pour 1 T^ivres, en^l 1 90 ; achat l’une rente à Jean de “ seigneur de Dampierre, pour 644 livres 13 sols 40 deniers, le 24 août 1330 . en

tout 9/1 6 du fief.

(9) Achat de la seigneurie en 1601, prouvant mairie et justice.

(10) Titres royaux du 7 juillet 1404, reconnaissant la seigneurie du chapitre : la mairie dépendante de celle de Saint-Amand.

(11) Actes de seigneurie de 1504.

(12) Titres royaux du 6 août 1406, reconnaissant la seigneurie du chapitre. . ,

(\ 31 Permission à noble Germain Gillet, seigneur de Sainte-Liviere, de construire un colombier dans sa maison de Francheville, moyennant une rente de 10 sols au chapitre (25 septembre 1621).

(14) Reconnaissance du roi, du 26 juin 1370.

(15) Concession de moulin faite en 1159 par le chapitre, seigneur de cette terre.

Saint-Amand (1), à Sapignicourt (2)’ à Tliibie (3), à Trépail (4), . à Vésigneul (5), et la moitié de Yillote (6).

Le chapitre faisait administrer ses terres et rendre la justice par des officiers de divers degrés: au-dessus de tous, le bailli qui résidait à Châlons, des maires et des éclievins, desjuges ou lieutenants de juges, des procureurs et des greffiers dans chacune des seigneuries que je viens d’énumérer, et des sergents à Châlons; la cour se composait du bailli, d’un lieutenant, d’un procureur fiscal, d’un substitut, d’un greffier, d’un procureur de justice et d’huissiers. De plus, il y avait pour la terre du Rougnon, ou ban des clercs, un maire spécial avec sept éclievins et des sergents.

Le bailli remplissait, pour le chapitre, des mêmes fonctions que pour l’évêché : il avait la haute direction des affaires.

Les maires existaient dans les vingt-et-une seigneuries du chapitre: ces offices se vendaient ou étaient donnés à ferme.

Dans chaque mairie étaient un certain nombre d’échevins,

(1) Confirmation par l’évêque d’Albano, légat du pape, de la donation du comte Hugues de Champagne, en 1104.

« In nomine sancte et individue Trinitatis, ego Henricus comes Trecarum, comitis Theobaldi filius. Notum fieri volumus tam presentibus quam futuris; quod cum Guido de Possessa, ecclesie beati Slephani Cathalaunensis pro dampnis eidem ecclesie illatis quidquid habet apud Sanctum Amandum tam in hominibus quam in banno et terris, tradidisset, et nobis precibus requisivit, ut quia de feodo nostro erat, nos quoque hanc ejus donationem concederemus. Itaque utilitati ecclesie et honeste ejus petitioni assentientes, tam pro remedio anime mee quam pro anima patris nostri, id quod postulabat concessimus ; quod ut ratum et inconcussum permaneat, sigilli nostri impressione et eorum qui affuerunt legitima attestatione confirmamus, Signa Hugonis Trunc, Mathei de Fuschin, Berlranni.j ( Archives de la Marne.)

Le comte Henri régna. de 1152 à 1180.

En 1183, l’archevêque de Reims déclare que les comtes de Champagne n’ont pas droit de gîte à Saint-Amand, et que la comtesse Marie l’a exigé à tort. 0

(2) Charte de 1213 parlant de la seigneurie du chapitre.

(3) L’évêque Bozon (1153-1161), reconnaît n’avoir nul droit sur la seigneurie du chapitre : « Pro quâdam custurrica quam habere volebam in » quarteriis ipsorum canonicorum qui ad Tibeium pertinent, scilicet falcem, » furcam, reaitiam, nos omnino guerpivimus. »

(4) Acte de 1372 reconnaissant le chapitre comme seigneur.

(5) Acte de 1524.

(6) Acte du 5 juillet 1472.

quine dépassait jamais cinq, quand la seigneurie était toute entière à l’église Saint-Etienne, et deux, quand elle ne lui appartenait qu’en partie, comme à Villotte par exemple. Partout il y avait une justice régulièrement organisée et composée du juge, du lieutenant, du procureur, quelquefois d’un substitut et du greffier : le chapitre avait même des prisons a Pogny (1326), et à Saint-Amand. Un acte public déclare qu’à Trépail on avait acheté une grange pour servir à 'l’avenir d’auditoire à la justice.

Après ces fonctionnaires venaient les sergents qui, à Chalons, avaient une organisation particulière et jouissaient de grandes immunités.

Des lettres-patentes de Philippe-Auguste parlent des quatre francs-sergents du chapitre et ordonnent aux bourgeois de Châlons de leur payer une amende pour avoir voulu les frapper d’une taxe (1); ils étaient en effet, libres de toutes tailles et de toutes impositions. En 1210, on en comptait sept; un huitième leur fut adjoint, en 1224, pour surveiller la distribution de pain et de vin faite aux chanoines par l’évèque Guillaume du Perche. Enfin des lettres-patentes de Philippe de Valois confirmèrent des exemptions partielles pour sept sergents et une franchise complète pour les cinq derniers (décembre 1331) à savoir, le fournier, l’huissier, le barbier et les deux portiers. Les bourgeois néanmoins ne voulurent pas reconnaître cette liberté qui les froissait et se livrèrent peu après à des actes de violence envers eux: le roi dut intervenir et ordonner de nouveau aux Châlonnais de laisser ces sergents en paix en leur rendant tout ce qui leur avait été enlevé (27 avril 13/0).

Le premier huissier avait pour charge d’assister à tous les offices et processions du chapitre, de se placer au premier siège bas dans le chœur devant l’archidiacre de Vertus, d’exécuter les commissions de justice, d’assister aux mises de scellés, de garder les prisonniers, etc. Les douze sergents avaient le droit de porter leurs verges à la tête des processions (21 juillet 1496).

(1) « De quatuor verô servientibus capituli de quibus idem capitulum

» quitlantiam requirit . propter prisias nostras nichil levetis, neque

> etiam de propriis eorumdem scutiferis qui sunt de propriis ipsorum fa- » miliis. »

Enfin le chapitre avait ses mesures particulières pour les denrées que l’on vendait , et nommait un mesureur-anneleur spécial pour le bois à brûler débité dans le ban de Saint- Etienne.

Il y avait un capitaine des chasses pour les lorèts de Trépail , Ambonnay, etc., avec des gardes forestiers attachés à cette charge.

Les habitants du ban du chapitre devaient au doyen acte de foi et dommage le premier dimanche de Carême.

Les plaids judiciaires du chapitre se tenaient d’habitude dans le chœur de l’église Notre-Dame-en-Vaux , ainsi qu on en voit l’explication dans l’accord de 1288.

Le chapitre était astreint, comme seigneur temporel, à payer un quart pour les travaux des fortifications de la ville. Du reste il était exempt de tout pouvoir séculier, des tailles et autres impositions : cette immunité lui attira de fréquents démêlés avec les bourgeois de Châlons qui, en plusieurs circonstances, et notamment en 1330, avaient voulu priver les chanoines de leurs franchises. Ces derniers essayèrent, même en 1347, de refuser le paiement d’une taxe de guerre imposée par le capitaine royal ; mais cette fois ils s étaient attaqués trop haut et durent céder. Ils se prétendaient exempts de l’obligation du guet et signèrent un acte, le 20 novembre 1437, par lequel ils consentaient, sous toutes réserves, à le faire pendant un an seulement.

J’ai déjà indiqué la juridiction ecclésiastique du chapitre : je n’ai donc besoin d’ajouter que peu de mots pour en compléter le détail. Il avait la haute direction des chanoines, prêtres et clercs attachés à l’église Saint-Etienne et de ceux de la Trinité, de Notre-Dame-en-Yaux, de Saint-Loup, de Saint-Eloi, de Saint- Antoine, de Sainte-Marguerite.

Anciennement il avait possédé les trois abbatioles de Saint- Etienne et de Sainte-Tanche, près d’Acis-sur-Aube (869), de Saint-Sulpice de Châlons, au faubourg de Marne (863). Cette dernière avait été la cause de longs conflits entre les chanoines et les seigneurs laïcs; puis en 1099 une vive dispute éclata entre les religieux de Saint-Etienne et les moines de Toussaints au sujet du même monastère qui appartenait en réalité de tout temps aux premiers, et que les autres prétendaient s’arroger, en arguant d’une possession de plus de trente

ans : l’évêque dut intervenir, et tout en laissant Saint-Sulpice aux moines, il soumit leur abbé à une sorte de sujétion envers le chapitre, le forçant à faire le service des messes et d’assister aux vêpres, des grandes fêtes de la cathédrale.

Le chapitre exerçait un droit assez bizarre sur le prieuré d’Oyselet, dépendance de l’abbaye cl’Orbais ; il y prélevait dixsept septiers de seigle et une épaule de sanglier de redevance annuelle (1) : enfin le chapitre avait l’administration de l’Hôtel- Dieu ou hôpital Saint-Etienne à Châlons.

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