‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 17 sur 128 · II. — Collégiales de Châlons · texte numérisé non relu

II. — Collégiales de Châlons

La collégiale de la Trinité , fondée en 1 020 par Boves , prévôt de la cathédrale, sur une petite place près du cloître, était sous la juridiction immédiate du chapitre; une bulle du pape Pascal II, le reconnaît solennellement en 1107 : les dix prébendes de ce chapitre étaient à la collation de celui de Saint- Etienne (2).

La collégiale Saint-Nicolas dépendait aussi du chapitre; les chanoines de Saint-Etienne ayant fait démolir l’église qui était trop voisine de la cathédrale, ceux de Saint-Nicolas se plaignirent au pape , qui ordonna aux premiers de rebâtir cette église au lieu même où elle avait existe , et des commissaires furent envoyés à Châlons pour surveiller l’exécution des travaux (mai 1206); les chanoines de Saint-Etienne obtinrent un arrangement; ils cédèrent à ceux de Saint-Nicolas les stalles qu’ils avaient le droit d’occuper à la Trinité, et les deux collégiales furent réunies.

La position de la collégiale de Notre-Dame-en-Vaux était la même; le chapitre de la cathédrale nommait à ses dix canoni-

(1) Acte du 14' décembre 1484 ( Arch . de la Préf.). Cette redevance, convertie en argent au xvue siècle, provenait de la cession faite en 11 47, par Raoul, doyen du chapitre, de tous ses droits sur le village d'Oyselet à l’abbaye.

(2) Le grand cartulaire contient la mention d’une donation faite par le roi, en 866, au, monastère de la Trinité, dépendant du chapitre de Châlons (n* xm) . C’est sans doute à la place de ce monastère que Boves institua une collégiale.

cats , et aux deux autres prébendes attachées aux cures qui en dépendaient : une charte de Charles-le-Chauve, de mai 850, reconnaît cette suprématie , que vint ensuite confirmer le pape Lucien III , en mai 1181 ; les chanoines de Vaux cherchèrent bien à secouer le joug, mais inutilement: d abord en 1114, mais il n’obtinrent alors que le droit de conserver pour eux les aumônes et offrandes, et durent encore se charger des réparations de l’édifice, le chapitre n’étant tenu d intervenir qu en cas de ruine complète (1): en 1 187, ils obtinrent de 1 archevêque de Reims la jouissance de leurs revenus , mais furent soumis à un trécens de quatre livres et à un cens de onze sous deux deniers envers le chapitre; les chanoines de Saint-Etienne lurent astreints à venir désormais à Notre-Dame aux quatre fêtes de la Sainte-Vierge, et ceux de Notre-Dame à assister aux processions capitulaires, aux fêtes de Saint-Etienne, de Saint-\ incent, de Sainf-Alpin et à la Dédicace. Le chapitre de la cathédrale avait pleine juridiction sur les paroissiens de Notre-Dame, et le clergé de cette église devait : « Obedientiam insuper, subjec- » tionem et reverentiam decano et capitulo. » Le doyen avait droit de forcer les chanoines de Notre-Dame à résider peisonnellement dans leur église sous peine de saisie de leur église. Jusqu’à la fin il exerça ses droits de visite et de suprématie. Le chapitre Saint-Etienne nommait aux cures de Saint-Antoine , de Saint-Loup, de Sainte-Marguerite et de Saint-Eloy ; mais la juridiction spirituelle de l’évêque existait dans ces paroisses , il nommait encore aux cures rurales de Pogny, de Saint-Germainla-Ville, Saint-Mard-sur-le-Mont, Saint-Pierre-aux-Oies, de Sapignicourt, Soudron, Thibie, Châtelraould, Chepy, Cauroy, Courté-

mont, Coupéville,Dampierre-au-Temple, formant avecNotre-Dame

lesquatorzes cures reconnues par la bulle de Pascal II, en 1107: Blesmes , Scrupt et Ponthion donnés par l’évêque Barthélemi vers 115D ; il était patron de la cure de Vitry-le-François (1618).

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