‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 41 sur 128 · XI. — Prieuré des Ermites de Wassy · texte numérisé non relu

XI. — Prieuré des Ermites de Wassy

Ce prieuré était situé dans la forêt de Wassy, à quatre kilomètres seulement de la ville. L’ermite Drogon y vivait retiré quand la comtesse Blanche de Champagne lui confia la mission d’y établir un monastère, sous la filiation de l’abbaye du Val-des- Ecoliers, avec cent arpents défrichés pour dot (1) ; Drogon en fut le premier prieur.

La maison fut enrichie par un grand nombre de donations ; les guerres civiles arrêtèrent malheureusement cette prospérité. Lors de l’invasion anglaise d’abord, les religieux durent se réfugier à Wassy où, tandis que leurs bâtiments étaient incendiés par les bandes ennemies, Milon de Broglio , seigneur de Matignicourt, leur fit élever une grande chapelle à droite de l’église, qui fut appelée depuis chapelle du Saint-Rosaire (2) ; les prétendus réformés ensuite ruinèrent une seconde fois le prieuré, et pillèrent de telle sorte ses biens en s’emparant des titres de propriétés, qu’en 1700, la maison n’était plus qu’un titre valant à peine 300 livres. Les protestants renversèrent aussi la chapelle du Rosaire que Jacques Prévost, lieutenant en l’élection, fit relever de ses deniers, en 1628 ; on y remarquait un tableau de Sainte-Anne, peint aux frais de quelques protestants qui avaient été condamnés à l’offrir en réparation de leurs insolences (3).

Prieuré Notre-Dame de Wassy (4).

En 672, le roi Childéric II donna à saint Berchaire un terrain au territoire de Wassy, pour bâtir un église qui devint,

(1) Voicila charte de fondation: — Ego Blancha, comitissaTrecensis palatina, notum facio universis tam presentibus quam futuris quod in honorem Dei et pro remedio anime mee, antecessorum meorum, necnon pro salute domini filii mei comitis Theobaldi , donavi fratri Willelmo, priori vallis Scholarum locum illum in quo frater Drogo eremitus morabatur ad serviendum Dei. Quoi ut hoc ratum permaneat, sigilli mei munimine jussi roborari. Actum anno domini M°. CC°. XVI0. mense junio. (Bibi, impcr ., mms. lopoq. de Champ.)

(2) Ibid.

(3) Ibid.

(4) Voir le Précis de l’histoire de Wassy, par M. Pinard, in-8°, 1849.

sous le vocable de Notre-Dame, un des douze prieurés de l’abbaye du Der; la cure y fut annexée lors de sa création. En 1027, Etienne de Joinville, qui s’était déjà emparé de six des prieurés de Monstier, occupa celui de Wassy; bien qu’excommunié par le pape Léon IX, menacé par le roi Robert, il ne céda pas; mais après sa mort, son fils, Geoffroy 1er, sur les instances de Roger, évêque de Châlons, restitua ce bénéfice et en devint un des principaux bienfaiteurs ; Odon, comte de Troyes, donna à ce prieur la moitié d’un moulin sis à Wassy, à condition que le prieuré prierait pour lui et sa mère Adélaïde (1088); Remy, fils de Guillaume de Nully, abandonna à cette maison ses dîmes de Wassy, de Voiliecomte et de Ville-la-Comtesse (1214); en 1227, Fremond de Wassy et Reyne de Cousancelles augmentèrent encore ses revenus.

Un instant le prieuré appartint, nous ne savons pour quelle cause, aux R. P. Jésuites de Reims (1625), mais il retourna presque aussitôt aux Bénédictins; seulement ce ne fut plus qu’un simple titre et l’on ne venait y officier qu’à certains jours.

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