‹ Diocèse ancien de Chalons-sur-Marne histoire et monumentsChapitre 65 sur 128 · XV. SEIGNEURIE DE DAMPIERRE-SAINT-DIZIER · texte numérisé non relu

XV. SEIGNEURIE DE DAMPIERRE-SAINT-DIZIER

On confond presque toujours les seigneurs de Dampierre- Saint-Dizier avec les comtes de Dampierre-le-Château ; je crois : avoir démontré au moins la vraisemblance qui me décide a rattacher ces derniers aux sires de Bar ; pour les proprietaires de Saint-Dizier, il n’y a aucun doute à conserver; nuis rapports de suzeraineté, nulles alliances entr’eux et des armes parfaite- j ment différentes: ceux-qi portaient de gueule à deux léopards |

d’or. . . . •

Hilderent de Dampierre possédait Saint-Dizier au XL sieci , , au siècle suivant, les chartes nous donnent à enregistrer les

noms de Guy, qui fit quelques donations à l’abbaye deHuiron en 11 54 (2); d’Odon, père de Guillaume; de Milon; d Andre

(1 ) Archiv. de la Marne. — La branche des châtelains de Vitry bris l’écusson d’un lambel en chef.

(2) Ce Guy portail le titre de vicomte de Troyes.

HISTOIRE FÉODALE

et de Comitisse, sous le comte Henry II de Champagne; ce fut évidemment ce Guillaume ou Guy II, qui aumôna à l’abbaye de Trois-Fonlaines, du consentement de Milon, son frère, une rente d’un muid de blé, pour en jouir pendant son voyage à Jérusalem et la conserver à perpétuité s’il y mourait (1) ; il en revint sain et sauf et épousa, en 1 197, Mahaut, fille unique d’Archambaud VIII, sire de Bourbon; à la mort de ce dernier, arrivée en 1218, le fils aîné de Guy et de Mahaut, Archambaud, prit le nom et les armes de son aïeul maternel et fonda la seconde maison de Bourbon, dont la dernière héritière, Béatrix, épousa en 1272 Robert de Clermont, sixième fils de Saint-Louis. Le frère d’Archambaud IX, Guillaume II, n’eut pas une destinée moins brillante: il épousa, en 1220, Marguerite, seconde fille de Baudouin IX, comte de Flandres et de Hainaut , empereur de Constantinople, et veuve déjà de Bouchard d’Avesnes qui lui avait laissé tous ses biens ; leur fils, Guy ou Guillaume (2), accompagna Saint Louis en Palestine, et fut blessé à la Massoure; il retourna encore avec le roi à Tunis et vécut jusqu’en 1305; son père n’était mort qu’en 1280, après de graves démêlés avec le roi de France; comme il avait marié sa fille à Edouard, roi d’Angleterre, sans le consentement de Philippe-le-Bel, ce prince lui déclara la guerre le battit et, l’ayant fait prisonnier, le garda dans le château de Compiègne tout le reste de ses jours. Je ne suivrai pas en détail les descendants de Guy de Dampierre-Flandres ; on sait les guerres terribles qui éclatèrent sous les comtes Louis Ier et Louis II, les batailles de Courtray, de Rosebecque auxquelles elles donnèrent lieu ; Marguerite, arrière-petite-fille de Robert, fils de Guy, porta ce riche domaine, en 1384, au duc Philippe Ier de Bourgogne.

(I) P. Anselme, tom. III, p. 356, et II, 730.

(v2) Il avait un frère du premier lit nommé Jean, qui approuva en avril 1252 la fondation de l’abbaye de Saint-Dizier par son père ; son sceau représente un cavalier tenant un écu sur lequel est un lion, on lit autour : 7 SIGILLVM JOANNIS. DNI. DE. DOMPETRA. MILITIS; — contre-sceau même écu, f SECRETVM. JOHANNIS. MILITIS — Le sceau de la comtesse Marguerite, appendu à la charte de fondation de l’abbaye (juin 1226), représente une châtelaine à cheval, tenant le faucon : -j- S MARGARITÆ

. . FLANDRENSIS. - Contre : S. FILIE. COMITIS. FLANDBIE,

écu chargé d’un lion. (Arch. dép. de la Marne).

En 1215, la comtesse Marguerite quilia la terre de Saint-Oizier à son fils. (Arch. de l’abb. de Cheminon.)

Un autre fils de Guy de Dampierre, Jean de Dampierre.eut la seigneurie de Saint-Dizier (1 ) , mais cette branche fut loin de prospérer comme les deux que nous venons de suivre ; Jean avait eu de son mariage avec Isabelle un seul fils, Guillaume (1301). Le dernier représentant de ce rameau fut Edouard de Dampierre qui mourut sans enfants, bailli royal de Chaumont-en- Bassigny, en 1401 ; il laissa son héritage à son parent Jean de Vergy, qui céda aussitôt un tiers de la seigneurie de Saint- Dizier et vendit bientôt le reste à Antoine de Lorraine-Vaudémont, baron de Joinville ; le roi ne tarda pas à s’emparer du domaine entier : Louis XI le donna pendant sept ans à Guillaume de Vergy, petit-fils de Jean, puis le reprit; dès lors Saint- Dizier demeura en plein domaine royal et ne fut plus qu’engagé à divers seigneurs.

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