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LE BOLET NOIR

La vierge d'Haliarte aux yeux chargés de songe, Cythno, lorsque nichait le printanier bouvreuil, M'apprenait à choisir, dans la brande et le breuil, La clavaire : un corail, la morille : une éponge.

Quand l'automne s'étend, subtil comme un mensonge. Et que se lèvent tard l'hermine et l'écureuil, Je vais, seul et pensif, parmi le chèvreieuil. Cueillir l'hydne rugueux avec la douce oronge.

Aime la coulemelle au parasol cendré;

Aime la chanterelle au calice doré :

Tu les découvriras sous l'ombrage du coudre,

Mais aucun agaric ne vaut le bolet noir

Qui pousse aux bords boisés des chemins blancs de poud

Le cèpe qu'en rêvant Cythno cherchait le soir

Qu'un orage soudain la frappa de sa foudre.

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