LES HÊTRES
Suis-moi ; mais que ta lèvre et ton pas soient discrets. 11 faut pieusement s'approcher de ces hêtres Kchappés à la mort de nos vieilles forets.
Sous l'ombrage amical de ces arbres, des prêtres Ont dit les dieux et des chanteurs ont dit l'amour : Sous ces arbres sacrés ont rêvé nos ancêtres.
En ce lieu qu'à présent ne liante qu'un pastour,
Des enfants aux pieds blonds, des vieillards au front blême
Ont béni par milliers la lumière du jour.
Combien ont vu venir ici l'heure suprême ? Nombrerais-tu, mon iils, combien de nos aïeux Sommeillent pour jamais à cette place même ?
Moi, j'ai le sentiment que quelque chose d'eux, Un peu de ce qui fut leurs ingénus visages, Une goutte de sang, un regard de leurs yeux
Circule dans ces troncs et court dans ces branchages.