LES GRENADIERS
Pour vous d'abord, et puis parce que vos massifs Participent au charme extrême
D'un bois antique et cher aux Hellènes pensifs, Grenadiers frileux, je vous aime.
Au printemps où s'ouvraient comme des cœurs blessés Vos très hautes fleurs purpurines.
Les vierges de l'Attique avec leurs fiancés S'égratignaient à vos épin<
Maintenant, c'est l'automne, et c'est par-ci par-là Vos feuilles mêmes qui rougissent,
Arbres au pied desquels autrefois ruissela Le sang cruel des sacrifices.
Et lorsque vos fruits mûrs tremblent aux feux du soir Dans les bruits des vents pathétiques,
Le poète ingénu croit entendre et croit voir Des éclats de rires tragiques.