‹ Diphtérie et Phlegmon de l'AmygdaleChapitre 5 sur 20 · L.... Marie, 32 ans. Entrée le 23 décembre · texte numérisé non relu

L.... Marie, 32 ans. Entrée le 23 décembre

Envoyée pour ulcération de l’amygdale.

Elle est mariée, mère de trois enfants, dont le dernier a trois mois. Bonne santé habituelle.

Bien réglée. Dernières règles normales le 18 novembre 1924.

Début de l’affection le 10 décembre 1924, par du mal de gorge, de la gêne de la déglutition, une voix nasonnée et un léger trismus.

Au bout de quelques jours, la malade à craché du pus.

A l’entrée, l’état général est très médiocre ; la malade est pâle, intoxiquée. Température à 37°8. Pouls à 60. Gros disque d’albumine dans les urines.

Voix de canard. Pas de trismus. Haleine fétide.

Examen de la gorge : ulcération de l’amygdale gauche, s'étendant jusqu’à la luette et, en arrière, jusqu’au pilier postérieur. Rien à droite.

Pas de ganglion, Examen viscéral négatif,

Le 25 décembre : l’examen de l’exsudat pharyngé montre la présence de Lôffler et de fuso-spirilles.

Sérum antidiphtérique et antigangréneux ; strychnine, huile camphrée, adrénaline.

Le 26 décembre : le pouls est toujours très lent. Température normale, La malade a vomi cette nuit. .

Pas de réaction méningée. Pas de signe pupillaire.

Etat de la gorge stationnaire.

Une nouvelle culture est envoyée au laboratoire pour vérifier le diagnostic de diphtérie que l’absence de ganglion et d’envahissement de la gorge par des fausses membranes laisse douteux. Cette culture est positive.

Le 30 décembre : l’état de la malade reste le même. Pas de température, mais les phénomènes bulbaires sont marqués : vomissements fréquents (sans que rien d’abdominal ne puisse les expliquer) ; pouls très ralenti à 44.

Au cœur, rythme très ralenti avec des extra-systoles.

Localement l’ulcération, qui s’est détergée, se présente sous la forme d’une cavité du volume d’une coquille de noix ; parois légèrement sanieuses, n’ayant aucune tendance à se combler. Toujours pas de ganglion.

Le 3 janvier : état très grave ; malade pâle, prostrée. Haleine fétide. Les vomissements continuent. Le pouls est entre 40 et 50.

Etat local stationnaire.

Gros disque d’albumine dans les urines.

Le 5 janvier : ce matin, on trouve la malade avec une paralysie faciale droite (sans atteinte du facial supérieur). On constate alors une hémiplégie droite totale.

Pas d’aphasie : la malade répond peu, maïs on arrive à lui faire dire son nom et répondre à des questions simples.

Ponction lombaire : liquide eau de roche. Tension au Claude : 30. Cytologie : lymphocytes très rares, moins de { par mmc.; pas de globules rouges.

L'examen de l’exsudat pharyngé montre des staphylocoques, de nombreuses spores levuriformes et des filaments mycéliens ; pas de Lôffler.

Le traitement sérothérapique a été continué jusqu’au bout.

Décès à 16 heures, sans autres phénomènes nouveaux.

Autopsie le T janvier : poumons normaux. Foie un peu gros et gras. Rate et reins normaux. Cœur normal : rien sur l’endocarde, ni aux valvules. Cerveau : hyperhémie méningée ; pas de lésion des hémisphères, ni du bulbe. Pas d’hémorragie cérébrale.

Examen histologique : au niveau des reins, lésions épithéliales importantes. Au cœur, myocardite intersticielle et parenchymateuse. Au cerveau, au niveau de la région sylvienne, rien à l’écorce, mais assez nombreuses lacunes, avec incolorabilité des tissus, à 1/2 cm, de profondeur.

OBsEeRvVATION II (Docteur BEUTTER)

-N... Bénédicte, 17 ans. Entré le 17 janvier 1925.

Envoyé pour angine grave.

Le malade à eu des angines fréquentes, mais jamais d’abcès de l’amygdale. |

A l'entrée, ædème de toute la région sous-maxillaire droite, qui est douloureuse au palper. Le palper ne montre qu'une infiltration massive du tissu cellulaire. Trismus qui ne permet qu’une faible ouverture de la bouche.

Examen de la gorge : on peut cependant voir que lPamygdale droite emplit tout l’isthme pharyngien ; elle est recouverte de fausses membranes grisâtres. Rien de particulier au niveau de l’amygdale gauche.

Examen viscéral négatif.

Etat général très affecté; malade pâle, adynamique. Température : 39°4. Gros disque d’albumine dans les urines.

Le 18 janvier, culture de l’exsudat pharyngé négative. Dans la nuit, ouverture spontanée d’un abecès amygdalien, qui donne issue à une grande quantité de pus et qui est suivie d’une chute rapide de la température,

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Le 20 janvier, le trismus persiste ; l’œdème des parties molles du cou a légèrement diminué. A la gorge, ulcération de l’amygdale droite, recouverte d’un enduit grisâtre. La culture de l’exsudat pharyngé donne des bacilles de Lôüffler. On reprend les injections de sérum antidiphtérique, qui avaient été interrompues depuis la dernière culture négative.

Le 24 janvier, la gorge a toujours un très vilain aspect. On trouve au niveau de l’amygdale droite des fausses membranes grisâtres très abondantes. Dans les urines, persistance d’un très gros disque d’albumine. Rien au cœur.

Le 28 janvier, l’état de la gorge s'améliore, mais aujourd’hui la malade à eu un vomissement. Très gros disque d’albumine. Aucun signe de paralysie oculaire ou périphérique.

Anatoxi : réaction positive. *

Le 2 février, état général amélioré ; plus d’albumine dans les urines.

Le 15 février, excellent état général. Température normale. Mais les cultures sont toujours positives.

Le 16 février, la malade se plaint d’un « voile devant les yeux ». Pas de trouble de Paccommodation ; aucun signe de paralysie. Rien du côté du voile du palais.

Le + mars, la malade est examinée par le docteur Moreau, qui trouve :

Pupilles égales, réagissant à la lumière.

Paralysie de l’accommodation.

Jonservation du réflexe à la convergence.

Diploplie accusée par la malade, qu’on ne peut retrouver au verre rouge.

Fond d’œil : les deux papilles sont rouges.

La vision des deux yeux est normale.

Rien au champ visuel.

Hémiparésie du voile du palais.

Le 8 mars, la malade quitte le service,

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OBSERVATION III (Docteur Beurrer)

O... Jean, 31 ans. Entré le 22 févier 1927.

Le malade avoue la spécificité, contractée il y a cinq ans et traitée régulièrement pendant quatre ans. |

Il entre pour une angine qui a débuté il y a quatre jours par de la fièvre et de la dysphagie. :

A l'entrée, la température est à 38°. Le malade accuse une vive douleur pendant les efforte de déglutition. Cor ryza. Herpès labial. Trismus.

Pas d’albumine dans les urines. :

Examen de la gorge : tuméfaction et aspect phlégmoneux de la région amygdalienne droite. Pas de fausses membranes. Ganglions sous-angulo-maxillaires droits.

Culture de l’exsudat pharyngé : au bout de 18 heures, bacilles de Lôffler courts, à l’état pur.

Sérothérapie antidiphtérique.

Le 2 mars 1927, le malade sort guéri. Pas de bacilles de Lôffler dans les cultures. L’abcès amygdalien s’est ouvert spontanément il y à huit jours,

OBservATION IV (Docteur BEUTTER)

F... Emilie, 36 ans. Entrée pour angine le 20 mars 1927.

L’affection a débuté le 16 mars.

A l'entrée, la malade présente un état général très médiocre. Température à 38°3. Gros disque d’albumine dans les urines.

Dysphagie et trismus. Corryza.

Examen de la gorge : angine à fausses membranes ; amygdale gauche très tuméfiée. Cou proconsulaire.

Culture et frottis : nombreux bacilles de Lôffler.

Le 21 mars, ouverture de l’abcès amygdalien.

Le 25 mars, la température décroît depuis trois jours. Persistance des fausses membranes, dont la culture donne du Lôüffler long abondant,

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La culture du pus amygdalien donne également du Lôffler au bout de 24 heures.

Le 29 mars, la malade va mieux, mais est toujours pâle et asthénique, Elle présente une légère gêne de la parole, du nasonnement. Pas de rejet des liquides par le nez. Le voile du palais est mobile. On fait des injections de strychnine, d'extrait persurrénal, du sérum antidiphtérique.

Le 3 avril, malade toujours pâle et asthénique. Tendance aux syncopes ; palpitations, pouls faible et dépressible à 80. Tension : 10/6. Pas de fièvre.

Le matin, la malade a été prise d’une défaillance immédiatement après une piqûre d'extrait persurrénal.

Au cœur, bruits mal frappés ; pas de souffle ; pas d’irrégularité du rythme.

Les urines contiennent toujours un gros disque d’albumine.

Paralysie du voile du palais et de l’accommodation.

Le 10 ayril, la malade, ayant essayé de faire quelques pas, à eu une syncope avec pâleur de la face, cyanose des lèvres et des extrémités, refroidissement. Bruits du cœur mal frappés, sans troubles du rythme. La malade n’avait pas eu d'extrait persurrénal depuis six jours ; on fait aussitôt une injection de 1 cm, cübe de la solution Carrion. Huile camphrée, strychnine. On obtient une amélioration rapide de cet état alarmant.

H n’y à plus d’albumine dans les urines.

Le 11 avril, la malade va mieux. L'état général est satisfaisant ; faciès coloré. Pas de sensation de faiblesse accusée la veille. Appétit normal. Les bruits du cœur sont mieux frappés.

‘Mn continue le traitement.

Le 7 mai, la malade quitte le service, ayant encore de la paralysie du voile et de l’accommodation et étant toujours porteuse de germes. Pas d’albuminurie. Les accidents cardiaques ne se sont pas renouvelés,

OBseRvaTION V (Docteur BEUTTER)

R..... Pierre, 15 ans. Entre pour angine suspecte le 12 mai 1927.

Le début de l’affection remonte à six jours. À ce moment, apparition d’une angine phlegmoneuse droite. Ce phlegmon s’est ouvert spontanément ce matin et a donné issue à une assez grosse quantité de pus. Le malade a été vu pour la première fois par un médecin, ce matin. Le médecin, ayant constaté des fausses membranes sur les amygdales, à fait une injection de 40 em. cubes de sérum autidiphtérique et a envoyé le malade à l'hôpital.

A l'entrée, le malade pâle et présentant un très mauvais état général. Température à 38°6. Pouls mou, dépressible. Gros disque d’albumine dans les urines.

Dysphagie accentuée et trismus.

Examen de la gorge : large membrane grisâtre, recouvrant l’amygdale droite et remontant assez haut le long du pilier antérieur. Ulcération de l’amygdale droite.

Adénopathie cervicale. Rien aux poumons.

Culture de l’exsudat pharyngé : Lôffier longs et moyens sans autre microbe.

Le 17 mai, le malade à eu 300 cm. cubes de sérum anti-

diphtérique et 60 de sérum antistreptococcique. La température est redescendue ce matin à 38°. Localement, les fausses membranes ont presque entièrement disparu, mais le voile est peu mobile et il existe un peu de reflux des liquides par le nez. Aussi le malade refuse-t-il absolument de s’alimenter et on est obligé de pratiquer le gavage par voie nasale.

Le 18 mai, le malade refuse toujours toute nourriture et est agité. Il présente aujourd’hui un certain refroidissement des extrémités avec légère cyanose. Le pouls est petit, rapide. Le malade à eu, ce matin, un vomissement, mais immédiatement après le gavage.

Le 19 mai, état général de plus en plus inquiétant : pouls

petit et accéléré, cyanose, refroidissement progressif, dyspnose, agitation. On fait sérum glucosé, strychnine, extrait surrénal, goutte à goutte rectal.

Le 20 mai, l’état s'aggrave rapidement : les signes de refroidissement et de défaillance cardiaque sont à leur maximum.

Le 21 mai, décès.

OgservarTioN VI (Docteur BEUTTER)

D... Marie, 27 ans. Entre le 25 août 1927.

Rien à signaler dans les antécédents ; bonne santé habituelle. Il y a deux ans, ses urines, examinées à l’occasion de douleurs lombaires et de troubles digestifs, présentèrent un assez gros disque d’albumine pendant un mois ; cette albumine n’a plus reparu, même à l’occasion d’une grossesse ultérieure. La malade n’est pas sujette aux angines.

L’affection actuelle a débuté le 12 août par un mal à la gorge, principalement du côté droit. Pas de corryza. Un examen, fait ce jour-là, montra des fausses membranes sur les deux amygdales.

Les jours suivants, tuméfaction de la gorge, principalement de l’amygdale droite, trismus accentué ; grosse dys phagie.

Le 20 août, ouverture spontanée de l’abcès amygdalien avec issue de pus et de sang ; soulagement immédiat de la douleur et disparition du trismus.

Le 22 août, reprise des douleurs et de la disphagie, mais sans trismus. Persistance des fausses membranes. Fièvre.

Le 23 août, le médecin consulté diagnostique une angine diphtérique et envoie la malade à l’hôpital.

Le 25 août, la malade arrive dans le service : état général profondément atteint, pâleur, asthénie. La température est à 37°7. Dysphagie douloureuse encore très prononcée.

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