‹ Direction chrétienneChapitre 34 sur 36 · PS, LXXII · texte numérisé non relu

PS, LXXII

I. Peut-on vous connaître, ô mon Dieu! et ne pas vous aimer , vous qui surpassez en beauté, en vertu, en grandeur, en pouvoir, en bonté, en libéralité, en magnificence , en toutes sortes de perfections, et, ce qui me touche de plus près, en amour pour moi, tout ce que les esprits créés peuvent comprendre? Le respect et l'inégalité entre vous et moi devraient, ce semble, m'arrêter; mais

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VOUS me permettez, c'est trop peu dire, vous m'ordonnez de vous aimer. Après cela. Seigneur, je ne me connais plus et je ne me possède plus. O amour sacré , qui avez blessé mon amour, et qui, de vos propres traits, vous êtes vous-même blessé pour moi, venez me guérir, ou plutôt venez rendre la blessure que vous m'avez faite encore plus profonde et plus vive. Séparez-moi de toutes les créatures; elles m'incommodent, elles m'importunent; vous seul me suffirez, et je neveux plus que vous.

II. Quoi! il sera dit que les amants insensés de la terre porteront jusqu'à un excès de délicatesse et d'ardeur leurs folles passion^ , et l'on ne vous aimerait que faiblement et avec mesure! Non, non, mon Dieu, il ne faut pas que l'amour profane l'emporte sur l'amour divin. Faites voir ce que vous pouvez sur un cœur qui est tout ù vous. L'accès vous en est

ouvert , les ressorts vous en sont connus. Vous savez ce que votre grâce est capable d'y exciter. Vous n'attendez que mon consentement et l'acquiescement de ma liberté. Je vous donne mille et mille fois l'un et l'autre. Prenez tout, agissez en Dieu, embrasez-moi, consumez-moi. Faible et impuissante créature que je suis, je n'ai rien à vous donner que mon amour. Augmentez-le, Seigneur, et rendez-le plus digne de vous. O si j'étais capable de faire pour vous de grandes choses I O si j'avais beaucoup à sacrifier I Mais tout ce que je puis n'est rien. Soupirer, languir, aimer et mourir pour aimer encore davantage, c'est désormais tout ce que je veux.

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