JÉRÉM. XXXI
I, Dieu n'a pas attendu que nous fussions quelque chose pour nous aimer; avant tous les siècles et avant même que nous eussions l'être que nous possédons, il pensait à nous et il n'y pensait que pour nous faire du bien. Ce qu'il avait médité dans l'éternité, il l'a exécuté dans les temps. Sa main bienfaisante a répandu sur nous toutes sortes de biens; nos infidélités mêmes , ni nos ingratitudes,
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presque aussi nombreuses que ses faveurs, n'ont pu encore tarir la source de ses dons, ni arrêter le cours de ses grâces. O amour sans commencement, qui m'avez aimé durant des siècles infinis, et lors même que je ne pouvais le ressentir ni le reconnaître! O amour sans mesure, qui m'avez fait ce que je suis, qui m'avez donné ce que j'ai, et qui m'en promettez encore infiniment davantage ! O amour sans interruption et sans inconstance, que toutes les eaux amères de mes iniquités n'ont pu éteindre! Ai-je un cœur, ô mon Dieu, si je ne suis pas pénétré de reconnaissance et de tendresse pour vous?
II. Mais que vois-je? un Dieu qui se donne lui-même, après même avoir tout donné; un Dieu qui vient me chercher jusqu'où mon péché m'a fait descendre ; un Dieu qui prend la forme d'un esclave pour me délivrer de l'esclavage de mes ennemis; un Dieu qui se
fait pauvre pour m'enrichir ; un Dieu qui m'appelle et qui court après moi quand je fuis ; un Dieu qui expire dans les tourments pour m'arracher des bras de la mort et pour me rendre une vie heureuse, et je ne veux souvent ni de lui, ni de la vie qu'il me présente! Pour qui prendrait-on un homme qui aimerait un autre homme comme Dieu nous aime ? et de quels anathèmes ne se rend pas digne, après cela, celui qui n'aimera pas le Seigneur Jésus ?
XXX« JOLR
De l'amour que nous devons avoir pour Dieu.
Qu'al-je a d/^sirer dans le ciel et que puis-je aimer sur la terre, si ce n'est vous, ft mon Dieu?
(PS. Lxxii, 35.)
I. Souvent, quand nous disons à Dieu que nous l'aimons de tout notre cœur, c'est un langage, c'est un discours sans réalité; on nous a appris ù parler ainsi dans notre enfance, et nous continuons quand nous sommes grands, sans savoir ce que nous disons. Aimer Dieu, c'est n'avoir point d'autre volonté que la sienne, c'est observer fidèlement
sa sainte loi, c'est avoir horreur du péciié. Aimer Dieu, c'est aimer ce que Jésus-Christ a aimé, la pauvreté, les humiliations, les souffrances; c'est haïr ce que Jésus-Christ a haï, le monde, la vanité, nos passions. Peuton croire qu'on aime un objet auquel on ne voudrait pas ressembler? Aimer Dieu, c'est s'entretenir volontiers avec lui, c'est désirer d'aller à lui, c'est soupirer et languir après lui. O le faux amour que celui qui ne se soucie pas de voir ce qu'il aime !
II. Le Sauveur est venu apporter le feu divin sur la terre, et son désir est que ce feu brûle et consume tout. Cependant les hommes vivent dans une froideur mortelle. Ils aiment un peu de métal, une maison, un nom, un titre en l'air, une chimère qu'ils appellent réputation. Ils aiment une conversation, un amusement qui leur échappe. Il n'y a que Dieu pour qui il ne leur reste point
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d'amour ; tout s'épuise pour les créatures les plus méprisables. Ne voudrons-nous jamais goûter le bonheur de l'amour divin? Jusqu'à quand préférerons-nous d'aimer les créatures les plus empoisonnées? O Dieul régnez sur nous malgré nos infidélités. Que le feu de votre amour éteigne tout autre feu ! Que pouvons-nous voir d'aimable hors de vous, que nous ne trouvions parfaitement en vous qui êtes la source de tout bien? Accordeznous la grâce de vous aimer, et nous n'aimerons plus que vous, et nous vous aimerons éternellement.
XXX P JOUR Sentiments de l'amour de Dieu.
0 Dieu de mon cœur ! 6 Dieu, mon partage pour jamais !