‹ Direction de conscience, psychothérapie des troubles nerveuxChapitre 1 sur 24 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

de mettre Vidée au point, de coordonner par leur œuvre les notions de deux points de vue différents et de prouver de la façon la plus éclatante

l'harmonie qui en résulte et le bien de cette union.

On ne saurait trop louer ces Auteurs d'avoir ouvert, aux chercheurs de la vérité, un superbe champ d'expérience et d'avoir élargi d'une façon infinie le domaine de la psychothérapie. Cet ouvrage ne s'adresse pas uniquement aux directeurs de conscience et aux médecins : le pédagogue, le père de famille, tous ceux qui s'occupent d'éducation ou qui ont charge d'âmes y puiseront les notions les plus utiles à leur m^inistère.

Dans la prophylaxie des maladies nerveuses il occupe une place de choix, et l'entourage des névrosés y trouvera une lumineuse direction ; le psychologue, l'érudît, le philosophe, grâce à une documentation aussi approfondie que riche et solide, ne pourront qu'apprécier les trésors révélés aussi bien d'ordre religieux que psychologique et philosophique.

Je ne puis m' empêcher de rappeler les si profondes citations de saint Thomas d'Aquin sur la réflexion et la volonté, et de signaler le texte magnifique de Bossuet sur ce que l'on appelle aujourd'hui (( l'inconscient ».

PRÉFACE Ml

Félicitons aussi les Auteurs sur leur conuaismnce approfondie de l'esprit et de l'œuvre de mint François de Sales et particulièrement de, leur analyse si fine et si nuancée sur le psy- :hisnic.

Par cette recherche aussi fouillée que riche en 'cxtes, cet ouvrage a su éviter deux écueils :

Premièrement, celui de n'être qu'un parallélisme vague et de surface que toute personne ayant quelques notions de théologie et de psychologie aurait pu faire.

Le second écueil est d'avoir pu mettre de côté toute ingéniosité donnant une similitude plus apparente que réelle et cela grâce à leur esprit d'analyse critique ne laissant rien échapper.

Ce livre arrive en son temps : après les bouleversements moraux et l'itiquiétude vague des esprits, il apporte une note de confiance, de paix et d'unité qui manquait en ce moment.

Je ne puis donc ipi' applaudir à une œuvre si magistralement écrite et si vraie qui comble ujie lacune plus complètement que je n'aurais pu l'espérer. Je suis persuadé du succès qu'il aura. et encore plus du bien qu'il fera.

D' VlTTOZ.

PSYCHOTHERAPIE des TROUBLES NERVEUX

CHAPITPiE PREMIER

Rôle et importance de la psychothérapie dans le traitement des troubles nerveux.

L'idée qui se prësente immédiatement à l'esprit quand on parle de thérapeutique, — c'est-à-dire de moyens de guérir la maladie — est celle de quelque chose de bien matériel, visible et tan^ble, par exemple une bouteille remplie d'un liquide médicamenteux, ou des pilules, ou bien quelque emplâtre, c'est encore une intervention chirurgicale, le bistouri qui tranche dans le vif.

Cependant le thérapeute le [ilus fermement borné aux données objectives, le plus ennemi de toute spéculalion hors de la réalité constatée par les sens, est-il bien silr, ce thérapeute, que sa prescription la plus matérielle n'est pas entourée d'une sorte d'atm(>s[)here subtile aprissant sur la réceptivité psY< hif|uc du malade.

De (pioi sera composée cette atmospht^ro? D'autorité de la part du médecin, de confiance de la part du nialad'*, et, c'est déjà beaucoup, c'est gros d'éner-

gie lalontô souvent insoupçonnée ou tout au moins négligée. La simple phrase : a cela vous fera du bien », ce n'est autre chose que de la psychothélapie, bien fruste et primitive, certes, mais cela en est cependant, et beaucoup en font, comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir.

Nous voici donc en face de ce grand mot que d'aucuns estiment un peu terrifiant au premier abord : la J'sychoihérapie. Donnons-en une définition très large et compréhensive qu> ne préjuge rien des moyens ; c'est l'art de traiter la m^aladie en agissant sur le psychisme du sujet. Il n'y a rien d'étrange, de mystérieux, il n'est point nécessair« de frapper l'imagination par un appareil imposant, par une mise en scène dont on pourrait se ^ défier à bon droit. Non il s'agit de choses aussi simples et bonnes qu'une phrase de bonté persuasive, qu'un effort de redressemnt sur une mentalité déviée, qu'un exercice de gymnastique intellectuelle. Certes tout cela est simple, très simple, mais rien n'est plus délicat à assurer dans la pratique, à mettre au point pour chaque individu. Là, peut-être plus que partout ailleurs, il faut savoir bannir la systématisation thérapeutique basée sur le ncmi de la maladie. C'est si commode à la petite routine journalière d'avoir des fiches préparées d'avance : Telle maladie, tel traitement ! Or s'il est des troubles de lu santé où il faille se méfier des classifications nosologiques, c'est bijn dans les névroses qui sont proprement le domaine de la Psychothérapie,

Plus on avaz/ce dans la pratique, plus on arrive à négliger les classifications livresques, certes admi-

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rablement établies par les maîtres, nécessaires au point de vue de l'enseignement élémentaire, mais dont s'accommode fort mal une vision un peu aiguë des cas particuliers. Voir partout des malades et non point des maladies, c'est la règle absolue, essenliello ; — s<'nt-on, par exemple, tout le mal qu'a pu fairo cette étiquette liyslérie appliquée à tort et h travers, si mal connue du public et accompagnée do notions saugrenues et péjoratives pour les malheureux névropathes dont on veut à toute force faire rentrer les troubles dans cette case. Ce n'est ]Xis ici le lieu de rapf>eler et commenter les discussions, toujoui-s pendantes sur cette maladie, mais !e simple énoncé qu'il y a au moins autant de définitions que de neurolog-ues en dit assez sur ce sujet.

Donc, nous admettrons qu'il faut laisser là les idées toutes faites et se préoccuper seulement d'aborder la lutte avec des armes sûres et que l'on connaisse parfaitement.

L'arsenal de la tiiérapeuticpie psychique s'est évidemment bien i>erfectionné pendant la période moderne, mais la méthode elle-môme est aussi vieille que la médecine.

Celle-ci, au début, était un apanage de^ fonctions wcerdotales et se pratiquait surtout dans les temples. Il fallait agir par le choc iinaçinatif, frapper res|)rit du patient par des pratiques étranges, l'attrait du merveilleux.

En Egypte, les malades venaient coucher dans le temple d'îsU, e«t l'oracle était censé, pendant leur sommeil, leur révéler le procédé de cure à em|)loyer. T/es prêtres initiés, d'une science très avancée, in-

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terprêtaient oracles et songes et savaient d'une main experte doser la prescription.

Nous retrouvons les mêmes pratiques en Grèce, dans le itemple d'Esculape ; le patient était savamment préparé, mis au point de réceptivité voulu, fît les cures souvent remarquables ainsi qu'en témoignent les tablettes votives que l'on a retrouvées dans les fouilles.

Des guérisons merveilleuses furent continuées par les moines du moyen âge, mais l'Eglise catholique, toujours fort prudente en ces matières, n'a retenu que les faits vraiment miraculeux. Les instructions de Benoît XIV (i) à ce sujet sont un modèle de psychologie avertie et de pondération.

Certains empereurs romains, puis les rois d'Angleterre et de France au xi® siècle s'arrogèrent aussi le pouvoir de guérisseurs et plusieurs documents iconographiques nous les montrent touchant les écrouelles et les goitres de leurs féaux sujets.

Peu à peu la médecine s'était détachée du sacerdoce, s 'armant de toute une médication bizarre et compliquée, où tenaient un grand rôle les amulettes, le.^ talismans, les ingrédients fantastiques fort propres à impressionner des imaginations primitives. Celles du xx® siècle y sont du reste toujours accessibles : rebcuteurs et sorciers de nos jours ne sont ]X)int très différents de leurs ancêtres du moyen âge et leur vogue n'est pas près de s'éteindre.

Parallèlement à tout cet empirisme souvent grossier, dangereux même pour bien des mentalités fai-

(1) Cité par Camus et Pagniez : Isolement et Psychothérapie, p. 36.

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bles, se développait une autre veine d'action psycliique infiniment plus rationnelle et logique qui devait aboutir à nos conceptions modernes de la psychothérapie, je veux parler de la direction, sujet très vaste et intére^Nsant qui sera développé dans une autre partie de ce travail. La Bible mentionne déjà la nécessité du médecin de l'àme. Et ce fut le lot de bien des philosophes, de bien des savants, d'être des directeurs fameux de conscience et de s'appliquer à guérir les maladies et les déviations de l'esprit. L'emprise des stoïciens sut le monde romain fut puissante ; à leur école, on apprenait à dominer la douleur, à y trouver même une âpre joie ; et le maître de philosophie pratique était l'hôte habituel et très écouté des grandes familles. Les lettres de Sénèque sont un modèle du genre et sont apparentées de très près aux lettres de direction d'un Fénelon, j^ar exemple. Le catholicisme devait mettre pleinement en valeur le rôle du directeur dans la vie spi- Tituelle et scruter aussi toutes les difficultés de cette tache délicate entre toutes et qui demande tant de qualités solidement établies de la part de ceux qui veulent s'en rendre dignes. Ce n'est pas une médiocre entreprise (jue de diriger un esprit, et une parole imprudente peut avoir de douloureuses const'qiiences.

Le seuil de l'époque nuxlerne fut surtout marqué par la découverte du magnétisme et de l'hypnotisme. L'idée du magnétisme, ce fluide hypothétique confondu avec le principe vital réjvindu dans l'univers et mettant en communiration les êtres, remonte à Paracels»' ; l'.jjvpli* tlion I.» ]A\\< ingénieuse de cette

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théorie lut faite par le célèbre aventurier Mesmer, à h fin du xviii^ siècle. Ce fut un engouement fou, la cour et la ville se pressaient autour du fameux baquet magnétique, le résultat le plus clair fut une épidémie de crises d'hystérie des belles dames qui fréquentaient assidûment chez Mesmer. Cepen dant une découverte scientifique importante devait dériver de ce fatras cabalistique ; un élève de Mesmer, Puységur, provoquait par hasard le sommeil hypnotique en se livrant à des passes magnétiques sur un de ses patients ; et, ainsi, venait au jour, une méthode qui devait prendre un si vaste développement après le premier travail de Braid, puis ceux de Azam, Durand de Gros, Giraud, Teulon, Demarquarf ; — de Liebault, l'initiateur de l'école de Nancy, dont les continuateurs furent Lié-geois, Beaunis, Bernheim. A ce dernier est due surtout la grande vogue du terme de suggestion qui devient le primu^m movens de toute action sur le psychisme, — le sommeil hypnotique lui-même n'étant qu'un phénomène de suggestion dont le seul but est d'exalter la suggestibilité du sujet et de le rendre plus réceptible. L'Ecole de Paris, dominée par le célèbre Charcot, employait l'hypnose surtout comme moyen d'investigation des troubles hystériques et plutôt accessoirement comme méthode de traitement.

Infinies ont été les discussions autour de ce terme de suggestion, comment le préciser et le limiter? Il en ressort que suggestion implique une certaine effraction, une pénétration un peu foi^cée dans la mentalité du sujet, ou lui impose une idée ou une directive parfois sans qu'il l'accepte tout-à-fait li-

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brenieiït, de façon réfléchie, alors que la persuasion raisonnée cherche à éclairer d'abord, puis à faire accepter l'idée.

C'est une vraie directive philosophique et morale : Dubois (de Berne), et après lui Dégerine en oui été les brillants i->rot^gonistes.

Aux Etats-Unis, sest développée une sec4e curieuse, les Christian Scientists, dont Mrs Eddy fut la grande prêtresse. Pour eux, arrière toute thérapeutique quelconque, le mal n'existe que dans notre idée. Dieu étant le principe do tout bien, le seul remède à tous les troubles que nous nous figurons ressentir est la foi a}>solue et la prière ; avec cela, pas môme d'appareil pour une fracture. Le succès a été immense, engendrant un vrai fanatisrme parmi les adeptes, avec toutes les conséquences néfastes quo l'on peut facilement prévoir à côté d'un bien indéniable. Les théosophes, sous l'impulsion de Mrs Annie Bésant, s'inspirent un peu des mômes méthodfîs, mais se réclanient du panthéisme hindou.

En réaction contre les exagérations des disciples de Mrs Eddy, le groupe de la A'etu Thoiight (la pensée nouvelle), toujours aux Etats-Unis, s'est efforcé de développer ce que Pierre .lanet appelle la thérapeutique par l'excitation. Dans une série de publir.ntions très répandues, la New Tfiouglit cherche a galvaniser les volontés atones, i\ les imprégner d'idées d'optimisme, de domination sur soi-même et sur les autres : l'affinnation du courage e^ do la force doit faire naître courage et force.

Dans un ordre d'idées très différent, le professeur Frond (]o Woudo, a lancé une nirthcxie qui a eu un

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retentissement énorme dans les pays germaniques ; autour d'elle se sont créés toute une littérature et un vrai système philosophique. Freud voit le mobile de toutes les actions dans l'instinct sexuel eft plus généralement dans Vaffek, l'ai trait ; du refoulement de celui-ci dans l'Inconscient naissent les troubles des psychonévroses. Le traitement consiste en des séances où le malade se laisse aller à une sorte de rêve éveillé, laisse parler son inconscient, et à un moment donné, le médecin peut saisir le refoulement primitif, cause de la maladie. Tout ceci est fort long, fort aléatoire, et qui plus est bien souvent dangereux créant des obsessions sexuelles pires que le mal que l'on voulait déraciner. Aussi cette méthode n'a-t-elle guère dépassé les frontières de la Germanie.

Bien modernes sont les méthodes d'éducation et de rééducation, qui cherchent à rectifier la fonction troublée, à ramener l'harmonie de la force qui se dépense en secousses inutiles, en agitations nuisibles et épuisantes. Nombreux sont les procédés employés, les uns agissant par l'intermédiaire des mouvements musculaires sur le fonctionnement nerveux, les autres s 'adressant plus directement au psychisme. Cette idée s'est d'abord systématisée dans les travaux de Chervin, de Charcot et de son école, de P.-E, Lévy ; et les auteurs de la New Thoiight recommandent, pour acquérir la maîtrise de soi-'même, de nombreux procédés qui sont de l'éducation fonotionnellc.

Le D*" Vittoz (i), de Lausanne, a intitulé son livre :

0 D' Vittoz. Traitement des Psychonévroscs par la rééducation au contrôle cérébral. 3' édit., Baillière, éditeur.

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Traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral. Sa thérapeutique si profondément psychologique ne répudie rien de ce qui est utile dans les autres procédés de cure, mais se base, et c'est là une grande supériorité, sur un procédé précis d'examen du cerveau que nous traiterons à fond ultérieurement. La base théorique est la reprise du contrôle du Conscient sur l'Inconscient, notion infiniment féconde en résultats pratiques, « t 1.1 mise en œuvre ne se fait pas seulement par des conversations philosophiques — les fanveux entretiens psychothérapiques — mais par une série d'exercices de gymnastique mentale, qui sont quelque chose de net, de précis, et qui plus est peuvent être exactement surveillés dans leur exécution par le médecin, grâce à la technique particulière d'examen des réactions psychiques.

Le simple exposé que nous venons de faire, quelque bref et écourté qu'il soit, montre déjà quelle place tient la médecine de l'esprit, inconsciente ou consciente, dans la recherche de la guérison, qui ;• toujours été l'une des préoccupations dominantes de Ihumanité. En dehors de ce oonsensu^s universel, sur (piolle Ixise scientifique peut se fonder cette pratique? De toute évidence sur l'action indéniable et mille fois constatée du psychisme sur le corps, action réciproque du re^te. Nous n'entamerons |>as ici une discussion philosophitiue sur l'esprit et le corps, mais que l'on soit matérialiste ou spiritualiste, on ne

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p)eut nier lo fait (( idée- » et le fait « corps », et leurjî interférences. Gela nous suffit.

De grands ouvrages ont paru sur cette question ; celui de Cabanis ; celui de Hack-Tuck ; cet auteur est, entre parenthèses, l'inventeur du terme psychothérapie. L'action de l'ctsprit sur ce corps peut être involoniaire : nous avons tous éprouvé l'ébranloment d'une émotion morale sur notre organisme, les contractures ou les relâchements musculaires, l'exa^ gération ou l'arrêt des sécrétions, etc< Nous n'y insisterons pas. Mais celte action de l'esprit peut être aussi volontaire, raisonnée, et c'est là qu'entre en jeu la vraie thérapeutique ; l'Ecole des stoïciens avait appris déjà la domination sur k corps ; le christianisme l'a infiniment développée. D'autre part, dans l'Inde mystérieuse, les initiés obtiennent, par l'entraînement spécial de la Yofa, des résultats qui étonnent l'imagination. Inversement la gymnastique harmonieuse et rythmée, l 'exercice méthodique, sont un moyen puissant de réaction sur les fonctions nerveuses. Celles-ci à leur tour sofit un énergique adjuvant du développement musculaire ; il est bien connu du maître de culture physique que tel exercice fait Qyec attention, augmentera beaucoup plus nettement lé volume de la masse musculaire en action que le même exercice exécuté de façon distraite. Les efforts de conoentratioin sur les membres de la méthodo Vittoz o<nt un effet très intéressant sur la circulation et. la tonicité mus-culaire maintes fois vérifié, les viscères eux-mêmes répondent à cette action. On conçoit tout le champ qu»e cela ouvre, encore bien peu exploré.

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De tout ce que nous venons de dire, l'on peut déduire l'élendue du domaine de la psychothérapie. H ne s'agit pas là d'un mince accessoire de traitement, dont on peut se passer aisément ou dont la mise en œuvre puisse se faire à la légèo'e et sans li compétence voulue. Coinmo nous l'avons fait remarquer, elle s'insinue bien souvent, à linsu même du thérapeute, dans presque tous ses gestes guérisseurs, Kaisomiée et consciente ce devient une arme puissante apte à atteindre les maux les plus divers. Nous ne lui demanderons pas en eflel de se cantonner dans des troubles que nous jx^urrons envisager comme siégeant purement dans l'idée, mais dans bien des affections que nos habitudes intellectuelles nou-s font cataloguer dans le physique sans plus ample examen et dont l'origine avant tout morale réclame un traitement moral. Qui plus e^t autour du iiucleus qui constitue une altération matérielle, tend çonstamnien»t à se condenser comme une nébuleuse de symptômes en bonne partie psychO' moteurs ; quand la psychothéra])i€ a déblayé tout cela, le soulagement est déjà grand, et la lésion physique en peut être bien mieux supportée si elle n'est pas curable, ou se défend moins contre l'agent curatif une fois débarrassée de son accessoire encombrant.

En résumé, la j>sychothérapie n'est pas une théorie y)lu8 ou moins sujette à caution, c'e»t un fait d'expérience universelle et de tous les temps. Il n'est point nécessaire pour l'accepter et la pratiquer d'être dépendant (io tel ou tel système philosophique, elle s'accommode de tous, et je lo répète, c'est un fait, l'on est foné de l'admettre.

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