VII' JOUR
De la résistance aux tentations.
Comme le vaisseau sans'gouvernail est poussé cà et là par les flots, ainsi Fhomme faible et chancelant qui abandonne ses résolutions, est agité par des tentations diverses.
Le feu éprouve le fer, et la tentation l'homme juste.
Nous ne savons souvent ce que nous pouvons, mais la tentation nous montre ce que nous sommes.
Tl faut veiller cependant, surtout au commencement de la tentation : car on triomphe beaucoup plus facilement de l'ennemi, si on ne le laisse point pénétrer dans l'âme, et si on le repousse à l'instant même où il se présente pour entrer.
C'est ce qui a fait dire à un ancien : Arrêtez le mal dès son origine ; le remède vient trop tard quand le mal s'est accru par de longs délais. D'abord une simple pensée s'offre à l'espoir, puis une vive imagination; ensuite le plaisir, et le mouvement désordonné, et le consentement. C'est ainsi que peu à peu l'ennemi envahit l'âme entière, lorsqu'on ne lui résiste pas dès le commencement.
Car, plus on met de retard et de langueur à le re-
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pousser, plus on s'aft'aiblit chaque jour, et plus l'ennemi devient fort contre vous.
Plusieurs sont amigés do tentations plus violentes au commencement de leur conversion, d'autres à la fin ; il y en a qui souffrent presque toute leur vie, quelquesuns sont tentés assez légèrement, selon l'ordre de la sagesse et de la justice de Dieu, qui connaît l'état des hommes, pèse leurs mérites, et dispose tout pour le
salut de ses élus.
C'est pourquoi, quand nous sommes tentés, nous ne devons pas perdre Tespérance, mais prier Dieu avec plus de ferveur, afin qu'il daigne nous secourir dans toutes nos tribulations, car, selon la parole de l'Apôtre, il nous fera tirer avantage de la tentation même.
RÉFLEXION
Je vous ai dit dans le chapitre précédent que vous serez tenté-, il faut donc vous y attendre. Voici, maintenant, quelques avis pour vous aider à triompher des
tentations. ^
Premièrement priez. Vous ne pouvez vaincre qu avec le secours de la grâce de Dieu, et la grâce s'accorde avec la prière. Répétez donc souvent cette parole suggérée par Jésus-Christ lui-même : Seigneur, ne nw laissez pas succomber àla tentation ; o^x ces mots : Samte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi maintenant.
A la prière ajoutez la vigilance sur votre imagmation et votre cœur. C'est encore la recommandation du Sauveur. Ne laissez donc pas rentrée libre de votre âme à toutes sortes de pensées.
N'ayez pas la présomption de vous exposer vousmême à latentation. Vous lisez de mauvais livres, vous fréquentez des amis corrompus, vous arrêtez vos yeux
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sur toute espèce d'objets : comment voulez-vous ne pas tomber? Celui qui aime le péril y périra, dit l'Esprit- Saint.
Combattez avec courage, avec constance, avec énergie. La victoire vient de Dieu, mais elle est méritée par les efforts de l'homme.
Ne vous découragez pas si vous avez subi une défaite, mais relevez-vous de suite par un acte de contrition et par la confession.
Enfin n'oubliez pas cet avis de la dernière importance : Arrêtez le mal dès son origine, le remède vient souvent trop tard quand le mal s'est accru par de longs délais.
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De l'obéissance et du renoncement à son propre sens.
C'est quelque chose de bien grand que de vivre dans l'obéissance, d'être soumis à un supérieur, et de ne pas dépendre de soi-même.
Il est beaucoup plus sûr d'obéir que de commander.
Plusieurs obéissent plutôt par nécessité que par amour : ceux-là souffrent et se laissent aisément aller au murmure; et jamais ils n'auront la liberté d'esprit si, à cause de Dieu, ils ne se soumettent de tout leur cœur.
Allez où vous voudrez, vous ne trouverez de repos que dans un humble abandon à la conduite d'un supérieur.
L'idée qu'on se fait des lieux et le désir de changer en ont trompé plusieurs.
Il est vrai que chacun aime à se conduire par ses
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propres lumières, et a plus d'inclination pour ceux qui pensent comme lui.
Mais si Dieu est au milieu de nous, nous devons aussi quelquefois renoncer à notre sentiment, pour le bien de la paix.
Quel est l'homme si éclairé, qu'il sache tout parfaitement ?
Ne vous fiez dbnc pas trop à votre jugement, mais déférez volontiers à celui des autres.
Si votre sentiment est bon^ et que néanmoins en vue de Dieu, vous le quittiez pour en suivre un autre, vous y trouverez plus d'avantage.
J'ai souvent ouï dire qu'il est plus sûr d'écouter et de recevoir un conseil que de le donner.
Il peut arriver que le sentiment de chacun soit bon; mais ne vouloir pas céder aux autres quand la raison ou la circonstance l'exige, c'est la marque d'un esprit superbe et opiniâtre. /
RÉFLEXION
La vie pubHque de notre Seigneur Jésus-Christ n'a eu qu'une durée de trois ans. Sa vie cachée s^est prolongée pendant l'espace de trente ans. Qu'a-t-il fait pendant ces trente années ? l'Evangéliste raconte en deux mots cette vie admirable : Il leur était soumis (à Marie et à Joseph). Voyez-vous, mon fils, le prix, la grandeur, le mérite de l'obéissance ! Jésus n'a fait, pour ainsi dire, autre chose que de se soumettre; et vous, mon fils, vous trouvez l'obéissance pénible, humiliante ; vous aspirez à Tindépendance, et vous souf- ( zrf avec peine l'autorité de vos parents ou de vos maî- Ues. Si vous aviez assez de foi pour voir Dieu dans la
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personne de ceux qui vous commandent, Tobéissance vous serait douce, noble et pleine de mérites.