ACTE DE BON PROPOS
Aidez-moi, Seigneur, dans mes pieuses résolutions et dans votre service. Donnez-moi de bien commencer maintenant, car ce que j'ai fait jusqu'ici n'est rien.
La fermeté de ma résolution sera la mesure du progrès que je ferai dans la vertu, et je sens qu'une grande diligence me sera nécessaire pour m'y avancer.
Car si celui qui forme les résolutions les plus fortes
se relâche souvent, que sera-ce de celui qui n'en pren«l que rarement ou n'en prend que de faibles ?
Seigneur, je me propose de vivre d'une fête à l'autre comme si je devais alors sortir de ce monde et entrer clans réternelle fête. Pour cela je me préparerai avec soin dans ces saints temps, par une vie plus fervente, p:ir une plus sévère observance de mon règlement, comme devant recevoir bientôt de Dieu le prix de mon travail.
Et si ce moment est différé, je croirai que je ne suis pas encore assez bien préparé, indigne de recevoir cette gloire immense qui* nous sera révélée en son temps^ et je redoublerai d'efforts pour mieux me disposer, me rappelant ce mot de l'Évangile : Heureux le serviteur que le Seigneur, quand il viendra^ trouvera veillant: je vous le dis en vérité, qu'il rétablira sur tous ses biens.
UN REGARD DANS l' AVENIR.
Laissez les enfants s'approcher de moi, et gardez-vous bien de les repousser^ car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.
Ces suaves paroles venaient de tomber des lèvres de Jésus, lorsqu'un jeune homme se prosternant à ses pieds lui dit : Bon Maître, que dois-je faire^je vous prie, pour obtenir la vie éternelle ?
Vous savez les Commandements, répondit le Sauveur : Vous ne tuerez point-, vous ne commettrez point d''adultère', vous ne déroberez point; vous ne direz point de faux témoignage; honorez votre père et votre mère; aimez votre prochain.
Maître, fai observé ces choses dès ma jeunesse.
En l'écoutant parler ainsi, Jésus leva les yeux sur
cet adohscent, et se sentant touché pour lui d'une vive len('resse, lui dit : AlleZy vendez tout ce que vous avez y donnez-le aux pauvres ^ et me suivez.
Mais ce timide jeune homme, effrayé de ce qu'il venait d'entendre, s en alla tout triste^ parce quil avait de grands biens.
Alors promenant ses regards sur tous ceux qui l'entouraient, Jésus s'écria : Ohl qu'ail est dilJicile à un riche d'entrer dans le royaume des deux!
Cette page que nous venons de détacher de la vie de Jésus tient aussi à la notre, nous qui sommes les héritiers de son sacerdoce.
Car, comme ses divines mains, nos mains ne s'élèvent-elles pas pour bénir?
Et nos lèvres ne murmurent-elles pas, comme ses lèvres, le laissez-venir, aux petits enfants et aux jeunes gens?
Que de fois notre cœur s'est trouvé attendri, en écoutant la timide innocence nous renouveler celte question :
Maître, qui nous enseignez la voie de Dieu, que faut-il que nous fassions pour obtenir la vie éternelle? Semblables au jeune homme de l'Évangile, ceux qui nous parlaient ainsi pouvaient dire : Nous avons observé la loi dés noire première jeunesse. La simplicité, la vérité, l'aimable pureté, ne sontelles pas les vertus ordinaires de l'enfance?
C'était donc avec un sentiment d'indicible amour que nous laissions reposer nos yeux sur l'intéressant troupeau confié à notre sollicitude.
Oui, c'est bien à cet âge, disions-nous, que le royaume de Dieu appartient !
Anges chéris de la terre, dont les vrais anges voient la face du Père céleste qui règne dans les deux y il ne vous manque, pour jouir du même bonheur, que de pouvoir percer le voile qui le dérobe à vos regards, car c'est pour vous que cette parole a été écrite : Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !
Hélas! hélas! pourquoi faut-il que ce sentiment de si douce tendresse fasse sitôt place dans notre cœur à un sentiment de profonde compassion et d'amère douleur?
C'est qu'elle est bien triste, la science qui nous arrive avec l'expérience du monde !
Celui qui a un peu vécu a laissé une à une aux épines du chemin plusieurs des faciles illusions du bien qui Pavaient séduit; lors donc que notre regard, cessant de considérer le présent, essaie de plonger dans l'avenir, il ne se lève plus que mouillé de pleurs, que gonflé d'inquiétudes et d'alarmes. Alors un cri s'échappe de notre cœur : Quil est difficile au riche d'entrer dans le royaume de Dieu!
Au riche^ ajouterons-nous, non des biens de la fortune seulement, mais des biens de la nature, comme la santé, la force, la beauté, l'imagination, la sensibilité, la jeunesse... Oh! que de chers jeunes gens, abondamment pourvus de ces avantages, n'ont pas eu le courage d'accomplir celte parole : Venez et me suivez !
Ils avaient bien commencé, et ils se sont lassés de marcher dans celte voie, parce qu'ils avaient de grands biens.
Ce n est pas qu'ils fussent appelés à s'en dépouiller, il ne leur était demandé que d'en bien user, et cependant ils s'en sont allés tout tristes, vérifiant cet oracle : Qu'il est di(fioile au riche d'entrer dans le royaume des deux !
Celte difficulté, nous ne pouvons, nous ne devons pas la faire dispaiaîlre, mais nous croyons pouvoir l'aplanir. A tous ceux dont les bras tombent, et auxquels le cœur fait défaut, nous venons dire : Oui, cela est difficile, impossible même; mats ce qui est impossible à V homme est possible à Dieu.
Confiance et courage, ces deux mots seront tout le fruit de notre litre.
LA mmîm d'un jeme homme