‹ Direction pour la conscience d'un jeune homme pendant son educationChapitre 68 sur 128 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Los faux amis.

C'est une triste et lamentable histoire que celle de la tentation et de la chute de nos premiers parents.

Flattés dans leur vanité par le génie de l'orgueil, piqués dans leur curiosité par le désir immodéré de savoir, excités dans leurs sens par la convoitise d'un objet défendu, aveuglés dans leur esprit sur les conséquences fatales de leur désobéissance, et enfin séduits dans leur cœur par la mensongère promesse d'une indépendance coupable, Adam et Eve, jusquelà innocents et purs, tombent sans presque s'en apercevoir dans l'abîme du péché, et de rabîme du péché dans l'abîme du malheur.

— Que ceux qui voudraient mellie en doute le récit de l'écrivain sacré prennent la peine de descendre un instant dans leur cœur, et ils verront la narration de Moïse confirmée, non-seulement par le spectacle que présente en général l'humanité déchue, mais par celui que retrace leur propre vie intime.

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L'épreuve à laquelle fut soumis le père du genre humain se renouvelle donc pour chacun de ses enfants, presque de la même manière et avec les mêmes circonstances.

Voyez ce jeune homme qui n'est pas sorti encore de rÉden d'une famille honorable et chrétienne.

L'innocence règne sur son front, la vérité repose sur ses lèvres, la simplicité donne des charmes à toutes ses actions. Son caractère est doux, son cœur aimant, son âme dévouée; oublieux de soi-même, il est plein d'aménité pour les autres. Portant au dedans de soi un trésor de foi et de piété, il est au dehors respectueux et soumis.

Le voir, c'est l'aimer; et en l'aimant, on se sent pénétré d'une sorte de respect semblable à celui qu'éprouvaitLéonide, lorsqu'il vénérait dans son fils Origène le sanctuaire de TEsprit-Saint.

Ah 1 c'est que, dans cet état de droiture et de justice, il jouit, comme aux jours primitifs, de l'amitié et pour ainsi dire de l'entretien de Dieu.

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TKS FAUX AMIS. 107

les fleurs, se trouva comme par hasard sur son pas-

sage.

Ce serpent, je n'ai pas besoin de le dire, c'était un faux ami.

Et ce faux ami, comme l'antique reptile, était mû et dirigé par le génie du mal.

Trompé par de séduisants dehors, le jeune adolescent ne conçut ni défiance ni frayeur.

Une conversation s'engage ; indifférente d'abord , elle devient insensiblement animée et attrayante.

Un mot aventuré comme sans dessein a ouvert la porte à tout un monde d'idées, qui jusque-là n'avait pas même été soupçonné.

Alors ce n*est plus le maître qui parle, c'est le disciple qui veut savoir.

Car la science du bien ne suffit plus déjà, il lui faut la science du mal.

Au commencement, celte horrible science, il faut le dire, le révolta; bientôt elle ne fit plus que l'étonner, en attendant qu'elle le captive et le subjugue.

Pauvre jeune homme, ses yeux se sont ouverts et il est devenu inquiet, sombre, agité, irrité, dévoré, torturé de maux inconnus.

L'orgueil est le premier vice qui lève la tête en son cœur : n'est-il pas écrit que forgueil est le père du mal?

i08 CHAPITRE Vif.

Puis l'amour effréné de la liberté, la soif de l'indépendance, le mépris de Tautorité, la haine du devoir, le dégoût du travail, l'éloignement pour tout ce qui est sérieux, la ruine de la piété et peut-être de la foi, la fièvre des jouissances.

Cher enfant, comme vous voilà différentde vousmême! Ceux qui autrefois vous ont connu et aimé vous cherchent maintenant en vous et ne vous trouvent plus.

Est-ce donc là, se disent-ils, cet aimable adolescent dont une enveloppe mortelle semblait nous voiler un pur esprit, un ange des cieux qui se serait attardé dans le désert de ce monde?

Oh ! voyez donc comme son front est flétri. Au lieu de l'auréole de l'innocence, qui naguère irradiait son visage, nous avons lu avec épouvante ces deux signes de Satan : orgueil et volupté.

Et cette œuvre de destruction, qui l'a accomplie? Un faux ami.

Mais puisque j'ai parlé de la victime, il faut bien que je m'adresse maintenant à l'infernal suppôt qui l'a perdue.

Oui, il faut qu'empruntant la voix vengeresse de Dieu, je fasse retentir au fond de sa conscience ho-

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