‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 16 sur 55 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

Avez- vous cherché les moyens de soulager les peuples , et de ne prendre sur eux que ce que les vrais besoins de l'Etat vous ont contraint de prendre pour leur propre avantage ? Le bien des peuples ne doit être employé qu'à la vraie utilité des peuples mêmes. Vous avez votre domaine qu'il faut retirer et liquider : il est destiné à la subsistance de votre maison. Vous devez modérer cette dépense domestique, surtout quand vos revenus de domaine sont engagés, et que les peuples sont épuisés. Les subventions des peuples doivent être employées pour les vraies charges de l'Etat. Vous devez vous étudier à retrancher dans les temps de pauvreté publique, toutes les charges qui

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ne sont pas d'une absolué nécessité. Avezvous consulté les personnes les plus habiles et les mieux intentionnées, qui peuvent vous instruire de l'état des provinces, de la culture des terres, de la fertilité des années dernières , de l'état du commerce, etc., pour savoir ce que PEtat peut payer sans souffrir ? Avezvous réglé là-dessus les impôts de chaque année? Avez-vous écouté favorablement les remontrances des gens de bien? Loin de les réprimer, les avez-vous cherchées et prévenues, comme un bon prince le doit faire ? Vous savez qu'autrefois le Roi ne prenoit jamais rien sur les peuples par sa seule autorité : c'étoit le parlement, c'est-à-dire , l'assemblée delà nation qui lui accordoit les fonds nécessaires poulies besoins extraordinaires de l'Etat :hors de ce cas, il vivoit de son domaine. Qu'estce qui a changé cet ordre , sinon l'auto-

rité absolue que les Rois ont prise ? De nos jours on voyoit encore les parlements, qui sont des compagnies infiniment

aux anciens parlements ou Etats de la nation , faire des remontrances pour n'enregistrer pas les édits buiv saux. Du moins devez - vous n'en faire aucun , sans avoir bien consulté des personnes incapables de vous flatter, et qui aient un véritable zèle pour le bien public. N'avez-vous point mis sur les peuples de nouvelles charges pour soutenir vos dépenses superflues, le luxe de vos tables , de vos équipages et de vos meu^ bles , l'embellissement de vos jardins et de vos maisons , les grâces excessives que vous avez prodiguées à vos favoris?-

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