‹ Directions pour la conscience d'un roi, ou, Examen de conscience sur les devoirs de la royautéChapitre 5 sur 55 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

De Vlnstniction nécessaire à un Prince.

Co n no issez - vous âSsez toutes tes vérités du cfcrislîknfemé? Votfc serez jugé sur l'Evangile comttte le moindre de vos sujets. Etudiez -vous vos devoirs* dans cette loi divine ? Soufïririez-votis qu'un magistrat jugeât tous les' jours les peuples en votre nom , sâhs savoir vos lois et vos ordonnances , qui doivent être la règle de ses jugements ? Espérez - vous que Dieu souffrira que vous ignoriez sa loi , suivant laquelle il veut que vous viviez et que vous gouverniez son peuple? Lisez-vous l'Evangile sans curiosité , avec une docilité humble, dans un esprit

de pratique, et vous tournant contre vous-même pour vous condamner dans toutes les choses que cette loi reprendra en vous ?

s II

Ne vous étes-vous point imaginé que l'Evangile ne doit point être la règle des Eois , comme celle de leurs sujets ; que la politique les dispense d'être humbles , justes , sincères , modérés , compatissants, prêts à pardonner les injures ? Quelque lâche et corrompu flatteur ne vous a-til point dit , et n'avez - vous point été bien aise de croire , que les Rois ont besoin de se gouverner , pour leurs Etats, par certaines maximes de hauteur, de dureté, de dissimulation, en s'élevant audessus des règles communes de la justice et de rbumanité ?

N'avez - vous point cherché les conseillers en tout genre , les plus disposés à vous flatter dans vos maximes d'ambition , de vanité, de faste, de mollesse et d'artifice ? N'avez-vous point eu peine à croire les hommes fermes et désintéressés , qui ne désirant rien de vous , et ne se laissant point éblouir par votre grandeur , vous auroient dit avec respect toutes vos vérités , et vous auroient contredit , pour vous empêcher de foire des fautes ?

S iv.

N'avez-vous pas été bien-aise , dans les replis les plus cachés de votre cœur, de ne pas voir le bien que vous n'aviez pas envie de faire , parce qu'il vous en

auroit trop coûté pour le pratiquer : et «n'avez - vous point cherché des raisons pour excuser le mal auquel votre inclination vous portoit ?

N'avez-vous point négligé la prière , pour demander à Dieu la connoissance de ses volontés sur vous ? Avez* vous cherché dans la prière la grâce pour profiter de vos lectures? Si vous avez négligé de prier , vous vous êtes rendu coupable de toutes les ignorances où vous avez vécu, et que l'esprit de prière vous auroit ôtées. C'est peu de lire les vérités éternelles , si on ne prie pour obtenir le don de les bien entendre. N'ayant pas bien prié, vous avez mérité lès téiïèbres où Dieu vous a laissé sur la correction de vos défauts , et sur l'accomplissement de vos.

DE CONSCIENCE. y

devoirs. Ainsi la négligence , la tiédeur et la distraction Volontaire dans la prière, qui passent pour l'ordinaire pour les plus légères de toutes les fautes , sont néanmoins la vraie source de l'ignorance et de l'aveuglement funeste où vivent la plupart des princes.

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