I. — 11 importe d'avoir toujours recours pour
les classes à la double préparation intellectuelle et de mémoire.
La préparation intellectuelle se fait à distance, la plume à la main, et comporte quatre points de vue. La leçon prochaine une fois lue attentivement, on se pose ces questions : quel est le jj /a/? de ma leçon, quel est le sens de chaque mot, la valeur de chaque preuve, les objections qu'y ferait un adversaire ? C'est en quoi consiste la préparation intellectuelle, la plus utile et la plus personnelle des deux. Après celle-là, le travail de mémoire n'est plus guère qu'un jeu.
La préparation immédiate de mémoire porte également sur quatre points : les dé finitions, les divisions, Ténoncé ou l'entête de la proposition, enfin les citations ou autorités. — On doit savoir mot à mot les définitions des conciles et les textes de la Sainte Écriture; quant aux citations des Pères, on les possède quoad mentem et Ton retient de mémoire quoad verba seulement le membre de phrase qui doit entrer dans l'argument en forme à faire sur la série des Pères allégués. Pour le reste du manuel : historique, exposé de la question, preuves de raison, il faut se garder de ramper servilement sur le mot à mot; mieux vaut sen affranchir et reproduire librement les idées de l'auteur.
En classe, on se rendra compte mentalement de sa leçon durant la récitation publique, comme si l'on était soi-même sur la sellette.
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On transcrira soigneusement les dictces. — Puis, sur le thème de la classe le professeur apporte une explication, ou un dévdoppeDient, ou une application pratique. On laisse passer ce qui personnellement ne nous appprend rien de nouveau; le reste, on le consigne par écrit sur les marges du manuel, si la note est assez courte; sinon, on le résume sur une feuille volante d'un mot qui servira de point de repère. Si le professeur n'a pas levé une difficulté qui a surgi dans notre esprit, on peut l'interroger, durant l'explication, au cas où l'on juge la question de nature à intéresser tout le cours; sinon, on se réserve de poser sa difficulté à la chaire du professeur, au quart d'heure consacré aux objections, après la classe.
II. — Une fois rentré en chambre, on n'omettra jamais de repasser en entier le texte de la leçon avec les explications du professeur.
Si l'on fait un compendiuni, on transcrira, livre fermé, les définitions, les divisions, les propositions, le mot qui porte en chaque preuve ; on indiquera le mot de valeur des citations et l'on mettra en forme les arguments de raison.
On aura de plus un cahier de rédaction sur lequel on consignera ce que le professeur a ajouté pour compléter le texte et qui pourrait servir à des dissertations.
Après s'être ainsi acquitté de la repasse des cours, une fois par jour après la classe du
matin, ou deux fois le jour et après chaque classe, on aura soin de se poser les questions suivantes : Qu"ai-je lu, entendu ou réfléchi par moi-même, qui me paraisse neuf et utile, comme idée, fait ou expression et tournure de phrase? Si ces notes sont brèves, on les jette en mosaïque sur wn journal spirituel au quantième du mois. Si ces réserves sont vraiment fécondes ou étendues, on les consigne sur son répertoire ou dictionnaire de prédication. — On achète dans ce but un registre imprimé ad hoc, ou bien l'on se fait à soimême un répertoire mobile. Yoici comment : on choisit un cartable et on adopte un format de papier commode; on met en tête de chaque feuillet mobile un titre général; on dispose sur deux colonnes avec double marge, d'une part les citations d'Écriture, des Pères, des orateurs, les autorités, en un mot, et , d'autre part, ses découvertes personnelles sur chaque sujet; on range le tout par ordre alphabétique en feuilles mobiles, à la suite desquelles on pourra intercaler de nouvelles feuilles à mesure qu'on s'enrichira de nouveaux matériaux. Il sera aisé, à l'heure du besoin, de se faire suivre de ces feuillets détachés.
III. — Le séminariste consciencieux doit s'observer pour donner aux cours secondaires une préparation sullisante. — Ses loisirs, il les consacrera à des lectures sur les matières de classe dans une élite d'auteurs, choisis de concert avec
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son Mentor spirituel, selon sa spécialité de talent ; il fera de ces lectures des analyses littéraires dans lesquelles, avec Tordre logique des idées, il s'appliquera à faire entrer les expressions de choix, les images, les sentiments et le mouvement du texte original.
Pour cultiver l'imagination et entretenir ses habitudes littéraires, il sera sage de prélever des réserves de temps, une demi-heure au moins chaque jour, pour des études privées. C'est là un devoir de conservation intellectuelle et littt'raire qui s'impose, croyons-nous, toute la vie, comme le dormir et les aliments pour l'entretien physique du corps. Toutefois, n'usons des auteurs que comme éveil, soutien ou contrôle de notre propre activité, rien ne remplaçant le travail de génie et de réflexion spontanée.
ÂYENT