‹ Directions spirituelles a l'usage des clercsChapitre 36 sur 55 · POLITESSE · texte numérisé non relu

POLITESSE

I. — Si la politesse n'est pas une vertu proprement dite, elle est du moins le poli et le vernis des autres vertus. La politesse chrétienne est une efflorescence de la charité, de l'humilité, de la modestie, du renoncement, de la mortification. Elle suppose Toubli de soi, l'indulgence pour autrui, la conscience de ce que nous devons aux autres et de ce que les autres nous doivent à nousmême.

L'homme est un être social au même litre que religieux. Il doit la vie à la société du mariage , son éducation au commerce des idées; ses besoins, ses aspirations, sa perfection réclament l'état social. Le prêtre est par état l'homme d'autrui ; sa vocation lui commande impérieusement des relations de société. La politesse est une amorce pour gagner les âmes, le moyen d'honorer son caractère et d'écarter quantité de difïîcultés administratives. Le savoir-vivre est père du savoir-

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laire. On a longtemps vantt' liirbauité française; i>n loue encore la politesse et le grand savoir-vivre du vieux clergé. Saint Augustin déclare qu'il ' oramença à estimer Ihomme de société en saint Ambroise avant de croire à la parole du Docteur. 1/ écriture préconise dans ses héros le goût du beau; saint Paul veut le prêtre irréprochable et '»rné. Un concile en avertit le clerc : solliciludo /trima ad hoc teudere débet ut hominem exleviorem componat. C'est d'un chrétien qu'on fait un prêtre et dun homme qu'on fait un chrétien, d'un homme qui . à la moralité privée et à la pratique des devoirs envers Dieu, sache unir la culture et les vertus de la morale sociale.

Une extraction souvent vulgaire, une éducation trop familière, le passage par la caserne, un milieu social d'anciens camarades parmi lesquels s'écoulera notre vie : ce sont là autant de causes contre lesquelles il nous faut réagir de bonne heure, si nous voulons être fidèles au décorum ecclésiastique et aux bienséances de notre état.

II. — La vraie politesse chemine entre deux extrêmes : l'affectation et la grossièreté. Elle doit inspirer la mise et l'attitude, le langage et le style, les formes et les procédés.

Surveillons notre langage : la langue verte des estaminets et des romans à la mode, largot de la caserne et des étudiants, le tutoiement, le patois de village feraient peine sur des lèvres consa-

crées parla communion et réservées à l'Évangile.

Dans le commerce épistolaire, observons les formules usuelles que la politesse a consacrées, nous interdisant toute expression, toute licence de langage dont la publicité fortuite ou malveillante pourrait nous susciter quelque ennui.

Dans les visites et les repas^, veillons à la discrétion et à la sobriété.

Professons une déférence exacte pour nos supérieurs, sans flatterie ni critique; des égards pour les personnes du sexe, — cette réserve et cette discrétion écartent jusqu'à l'ombre du danger et jusqu'au soupçon du mal, — le culte des vieillards. Aimons leur commerce : leur regard ouvert sur le passé envisage de loin et de haut les hommes et les choses et peut suppléer utilement à notre inexpérience.

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