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RÈGLEMENT DES VACANCES

Les vacances sont l'apprentissage de la vie responsable, libre et critique du ministère ; elles constituent la contre-épreuve du séminaire où l'on vit loin de la famille, de la société, du siècle. Des vacances heureusement passées présentent la meilleure garantie de persévérance pour l'avenir.

Il importe de dérober nos journées à l'imprévu j et de régler le plaisir, de prévoir voyages, correspondances, visites, repas. — A propos de repas, î nous conseillons de s'abstenir de boire des alcools] purs, de fumer, de chanter à table, de jouer desj jeux de pur hasard, avec argent pour enjeu, ou er compagnie de personnes du sexe.

I. — Les quatre chapitres d'un bon règlement] de vacances portent en tête : famille, clergé, société, siècle :

1" Famille : nous sommes en vacances pour]

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remplir dans sa splendeur le quatrième commandement. Ce sont nos parents qui ont eu le plus à sacrifier en nous donnant à Dieu; prouvons-leur qu'ils y ont gagné au centuple par notre déférence, notre amabilité et nos bons offices.

2° Clergé : l'école, le séminaire du ministère et de la vie pastorale, c'est le presbytère. Si Dieu m'a donné deux yeux et deux oreilles, il ne m'a donne qu'une seule bouche, pour m'apprendre à peu .parler et à beaucoup écouter et observer. Prolitons de tout, évitons ce qui nous choque chez les autres; conformons-nous à ce qui nous édifie. Informons-nous des industries du zèle pastoral. Soyons avec réserve officieux et prévenant.

3" Société : il nous faut essayer l'apostolat des bonnes manières, le studeo omuihus placere de saint Paul. Formons-nous, selon les règles si sages de M. Branchereau dans son Traité de la Politesse et des Convenances ecclésiastiques, au bon ton et aux manières correctes qui feront de nous le vir amnbilis ad socielatem.

4° Le Siècle enfin : c'est le malade que nous aurons bientôt à traiter; il se dérobe et se dissimule avec le prêtre, c'est un client qui ne sent plus son mal en présence du médecin. Avec des jeunes clercs il en use plus librement. Observons l'esprit du siècle qui n'est quégoïsme, amour du bien-être, oubli de l'àme et de l'autre vie. Le monde nous observe et nous épie; observons-le avec prudence et discrétion, mais avec indépen-

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dance et dédain. La science du monde en guérit, elle fait partie, elle aussi, de la science des saints. « Étudiez-moi les hommes, ces livres vivants ; vous y apprendrez plus que dans toutes les sommes des théologiens. » Le Play a mis ce passage d'une lettre de saint François Xavier en épigraphe à ses études sociales.

IL — Nous venons de signaler l'esprit dont s'inspire un bon règlement de vacances. Quant à la lettre de ce règlement, en voici une esquisse rapide :

Chaque mois, réserver le premier vendredi à la retraite du mois. Envoyer, ce jour-là, à son directeur du séminaire le compte rendu du mois écoulé.

Confession de quinzaine ou de huitaine; communion, au moins comme au séminaire.

Chaque Jow/' préparer, la veille au soir, l'oraison du lendemain. Entrer alors dans le grand silence, en excluant toute pensée étrangère à son sujet d'oraison, jusqu'au lendemain à la conclusion.

Chaque matin se lever à heure fixe. Exercices spirituels dans la matinée : oraison, 1/2 heure. Messe avec Texamen de prévoyance si précieux en vacances. Les Petites Heures , puis V Ecriture Sainte : régulièrement, une 1/2 heure.

Dans la matinée, deux heures d'étude consacrées au devoir des vacances à répartir dans Tordre suivant : le sermon, sujet et plan, matériaux

A l"l"sage des clebcs. m

et premier jet; pause avant la retouche et la rédaction définitive. Durant ce répit, s'ac([uitteravec soin des dissertations proposées. Terminer par les travaux de mémoire.

Dans Taprès-midi, cinq exercices spirituels au premier moment libre : vêpres et complies, chapelet, 1/4 d'heure de lecture spirituelle, visite au Saint Sacrement de 10 minutes à 1/4 d'heure. On y fait Vejnmen particulier, dans cet ordre si l'on 'veut : !■■* quinzaine, la règle; ^2"^ quinzaine, l'étude; 3^ quinzaine, la piété; 4" quinzaine et suivantes, les devoirs de société.

III. — Principes directeurs : Plutôt omettre que mal faire. On ne pèche pas à omettre certaines pratiques; on pécherait par irrévérence à les mal faire.

Faire un peu de tout, quand on ne peut tout faire, afin de sauver le principe et d'entretenir l'habitude.

En voyage, lire à loisir au moins un chapitre du Nouveau Testament en guise d'Écriture Sainte, un chapitre de Vlmitadon en guise de lecture spirituelle.

Ne jamais omettre l'oraison et l'examen.

Nous sommes au printemps de la vie où tout est de conséquence pour notre avenir. C'est l'âge oîj la crue intellectuelle et morale, comme la stature physique, se noue et s'arrête. Les vacances emportent un quart de l'année, une année sur

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quatre de notre séminaire. Les dissiper en oisiveté, repas et courses serait honteux et funeste.

Il importe de s'y proposer un but fixe à! élude et de caractère concerté avec le Directeur : tel point de réforme morale à entreprendre.

Quant au but détude, il sagit de combler une lacune de nos études classiques et de notre formation intellectuelle. Ce sera telle science à fortifier ; une langue vivante à apprendre, ses grammaires à repasser, la littérature à cultiver : principes et modèles; tel siècle, tel point de vue de l'histoire, à explorer; telle question philosophique ou sociale à mûrir; surtout tel traité de théologie, tel livre d'Écriture Sainte à approfondir, pour lequel nous nous sentons un goût décidé.

Il faut que ce trimestre d'études libres et spontanées nous renvoie au séminaire enrichis dune connaissance acquise par notre travail : que le séminaire nous retrouve amendé au point de vue du caractère et plus prêtre.

A i.'lsage des clercs. llii

La série des mystères de Notre-Seigneur a pris fin avec la fête du Sacré-Cœur. Mais il se survit • dans son Église qui le continue; de là ces fêtes de la "Vierge, des fondateurs d'ordres et des grands saints qui chargent à cette époque de Tannée le calendrier liturgique et aboutissent par la Toussaint aux fins dernières et au Jugement.

La vie sociale doit exercer désormais notre vertu : elle répond assez bien à la période des vavances où trois grands devoirs doivent inspirer notre conduite : la politesse, la circonspection, l'apostolat ou le zèle.

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