‹ Directions spirituelles a l'usage des clercsChapitre 8 sur 55 · LES DEVOTIONS · texte numérisé non relu

LES DEVOTIONS

Certaines dévotions offrent de précieuses ressources à la vie spirituelle. C'est l'agrafe qui, en un jour de tempête, retient le manteau sur les épaules du voyageur; elles seront la sauvegarde de notre ferveur dans le siècle. Chacun a son attrait et ses préférences. En voici toutefois qui semblent le patrimoine commun de tout élu du sanctuaire.

Nous taisons ici à dessein le culte du Sacré- Cœur et du Saint-Sacrement qui, à nos yeux, fait corps avec la vocation ecclésiastique. Nous y reviendrons ailleurs.

I. — Dévotion à Marie. — Marie est toute la poésie du christianisme; elle sert d'amorce au clergé pour attirer les pécheurs; c'est la femme bénie entre toutes, la seule quil nous soit permis à nous, prêtres, d'aimer sans limites. Sa dévotion est notre meilleure garantie de persévérance. Plus je l'aime, plus je me sens chaste.

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Saint Jean, chapelain de Notre-Dame, est notre modèle : accepit eain discipiilus in sua. Si le séminaire est un cénacle qui aboutit à une pentecôte, Marie, reine des Apôtres et du clergé, continue au séminaire le rôle qu'elle remplissait au cénacle... Sa médaille, ses scapulaires, ses confréries, ses fêtes, la place royale que l'Église lui fait dans sa liturgie : voilà de quoi satisfaire les instincts de notre piété envers Marie. « Elle est ma mère, c'est tout dire : en fait-on jamais assez pour une mère? » disait Berchmans.

II. — Dévotion à Saint Joseph. — Joseph, gardien de la chair du Christ et de la virginité de sa Mère, est par vocation le modèle du prêtre, gardien de la pureté des âmes et de la divine Eucharistie. L'amour de la retraite et du silence, Ihumilité, l'esprit d'oraison, le dévouement à Marie et à Jésus : voilà les vertus qu'il nous prêche par ses exemples et qu'il attire en nous par son culte.

III. — La dévotion aux Saintes Lettres nous donne un avant-goût du paradis. L'Esprit-Saint les a inspirées; Jésus-Christ en est l'objet; le Père Céleste, le terme; l'Église, l'interprète. Omnia vident in Verljo,SiU ciel les élus voient tout dans le Verbe : l'étude de l'Écriture sainte prélude à la claire vue du ciel. Ouvrons nos journées par le texte sacré. Faisons-en l'oracle de nos doutes, la patrie de notre intelligence, le perpétuel ren-

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dez-vous de nos pensées aussi bien que le foyer de nos affections, ha'c medilnve , in lus esto.

IV. — La dévotion au Saint du jour est une pratique éminemment sacerdotale. « Inspirée de Dieu et instruite par les saints apùtres, l'Église, remarque Bossuet, a tellement disposé l'année, qu'on y trouve, avec la vie, avec les mystères, avec la prédication de la doctrine de J.-C, le vrai fruit de toutes ces choses dans les admirables vertus de ses serviteurs et dans l'exemple de ses saints. » L'alTection à la liturgie nous jette en plein courant catholique; elle assure un rajeunissement perpétuel à notre ferveur. Ayons soin, dès l'annonce du martyrologe, de prendre, pour ainsi parler, la couleur du jour et de garder tout le temps une sorte de présence réelle et actuelle du saint principal qu'on y fête.

V. — La dévotion à l'Ange gardien, notre Dieudonné, la seconde providence de notre vocation, puise également son inspiration dans la foi.

Aimons à répéter, surtout en octobre , cette invocation : A»r/e/e sancte Dei, sit iibi cura mei;h le saluer avec révérence en entrant et en sortant, à prier en société et sur le modèle de notre ange gardien. Qu'il soit convenu que toutes les marques de déférence que nous rendons à nos confrères et à nos maîtres s'adressent d'abord à leurs bons Anges; prenons le précaution de conclure au préa-

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lable nos affaires avec les Anges de ceux avec qui nous avons à traiter.

VI. — Les âmes du Purgatoire sont des auxiliaires dévouées dont l'intercession nous est acquise, d'après Clément XIII. En vertu de la communion des saints, elles assistent à notre vie, nous aident par prière et par conseil. Voici des pratiques en leur faveur : Reqmescant in pace, oraison jaculatoire à répéter au glas des cloches, à la nouvelle d'un décès, à tout souvenir de nos défunts ; — Mémento des morts à la messe ; — De jyrofundis -à la prière du soir; — Fidelium anirme, conclusion qui revient six fois à l'office, trois fois à la fin des repa

Dirigeons, chaque matin, notre intention pour le gain des indulgences partielles de la journée : « Mon Dieu, je désire gagner par les mérites de N.-S. J.-C, de la très sainte Vierge et de tous les saints, les indulgences qui sont attachées aux différents exercices de piété que je vais faire dans la journée. » Récitons à chaque communion : « 0 hone et diilcissime Jesu, » en y ajoutant une prière aux intentions du Pape : — « oralio fjuantumvis modica, disait Suarez. Nous pensons avec lui qu'un Pater et Ave, trois au plus, peuvent suffire pour chaque indulgence plénière; la ferveur et non la prolixité des prières en fait le prix. En tout cas, il ne suffit pas de cinq Pater et Ave, récités à cette fin in gloho; il faut une direction

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d'intention, au moins virtuelle, mais expresse, et spéciale loties quolv's pour chaque indulgence plénière.

Consultez après la Communion un index des indulgences ; adoptez une communion du f'' jour ou du !*'■ vendredi du mois pour gagner les indulgences plénières, si multiples, attachées à certaines pratiques journalières.

Portez le scapulaire de V Immaculée Conception, laites-vous-en commuer, au besoin, les obligations; puis récitez au moins une fois chaque jour les six Pater, Ave, Gloria qui constituent la plus facile et la plus riche des pratiques indulgenciées par l'Église.

Le vœu héroïque n'est pas un vœu strict et obligatoire sous peine de péché; c'est le don et abandon de toutes les satisfactions, actives de notre part, ou reçues par voie de suffrages durant notre vie et après notre mort. Nous en confions à Marie le trésor pour qu'elle l'applique à son gré aux fidèles trépassés. Cet acte héroïque de charité a été béni et encouragé par les Papes et enrichi des plus précieuses indulgences.

Ainsi du chemin de ta croix, quil est bon de pratiquer le vendredi de chaque semaine.

Les trois principaux moyens de la perfection cléricale, les trois grands devoirs d'état du séminariste, sont la ri'ijle , V étude et la p/té/'e.

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