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ADMINISTRATION DES SACREMENTS ET AUTRES FONCTIONS SACERDOTALES

Dispositions générales à y apporter.

Dans l'administration des sacrements et en général dans l'exercice de toutes les saintes fonctions du sacerdoce, on doit se comporter avec le plus grand respect et avec un profond sentiment de foi. On évitera la dissipation, la précipitation, une action immodérée : on veillera à ce que, dans l'extérieur, il ne paraisse rien qui puisse être pris pour négligence, insouciance, indifférence : tout en nous doit montrer l'importance de l'acte que nous accomplissons et le soin, la modestie et les convenances avec lesquelles nous nous en acquittons. La vivacité, la mauvaise humeur, les imperfections de notre caracrère, ainsi que toutes les autres faiblesses de notre pauvre humanité doivent disparaître. On doit se comporter avec le même respect et la même religion, toutes les fois qu'on traite des choses saintes ou lorsqu'on se trouve à l'église. On inspirera les mêmes sentiments aux fidèles (i).

(i) On tâchera d'inspirer aux lidèles par ses paroles et par sa conduite tous les sentiments de foi, de respect, de

]da sainte Messe.

Notre dévotion et nos sentiments de religion, de foi et d'amour doivent surtout redoubler, quand nous offrons le saint sacrifice de la Messe ; il faut paraître à l'autel comme un ange du Ciel, s'y tenir et s'y comporter, comme si Ton voyait des yeux du corps ce qui s'y passe et Celui qui s'y trouve.

On doit se tenir dans les limites fixées par les Saints, pour la célébration du saint sacrifice de la Messe, éviter d'être long, pourtant sans jamais se presser ; tâchant d'acquérir peu à peu cette modeste et paisible aisance qui inspire de la dévotion à tous les assistants, et qui fait que, sans causer de l'ennui aux faibles, par nos longueurs, nous ne sommes précipités ni dans nos paroles, ni dans nos mouvements.

A moins d'un cas pressant, on ne montera jamais à l'autel sans avoir fait une préparation convenable, et l'on prendra au moins un quart d'heure, après avoir célébré, pour faire son action de grâces. On tâchera de ne pas se laisser déranger pendant ces moments précieux, sans cependant brusquer ceux qui voudraient nous parler alors ; on les renverra doucement à un autre temps.

religion et de modestie dont on doit être pénétré, dans les églises et envers toutes les choses saintes. (Règle provisoire).

Le sacrement de Pénitence.

L'administration du sacrement de la Pénitence étant d'une haute importance, on mettra une grande fidélité à s'en acquitter, recevant tout le monde dans le saint tribunal avec une ('-gale charité, et ne faisant jamais acception de personne.

Les missionnaires se rendront au saint tribunal aussitôt qu'on les y demandera, s'ils le peuvent, et ne feront pas attendre les pénitents sans une raison véritable. Lorsqu'ils seront obligés de les remettre à un autre moment, ils s'y prendront toujours avec douceur et charité. Cependant ils tâcheront de régler si bien leurs heures ordinaires de confession, qu'ils pourvoient aux besoins et à la commodité de leurs pénitents, tout en conservant un temps suffisant pour leurs propres occupations, sans être trop dérangés.

Ils auront le plus grand soin de ne pas manifester de l'ennui, de la peine ou du mécontentement, à l'occasion de leurs pénitents, soit en leur présence, soit en leur absence, quelque pénible d'ailleurs que puisse être pour eux le soin de leurs âmes. Ils recevront, au contraire, avec une grande douceur ceux qui leur causent le plus d'importunité ou de chagrin (i).

(i) Ils se rempliront d'un grand esprit de foi quand ils entreront dans le saint tribunal, et, avant d'y entrer, ils auront toujours soin de se mettre à genoux afin d'invoquer Dieu avec ferveur et de lui demander sa grâce pour euxmêmes, pour qu'ils puissent bien connaître l'état du pénitent, et enfin pour le pénitent lui-même.

Pendant tout le temps qu'ils seront au saint tribunal, ils

Ils chercheront toujours à encourager les pénitents, plutôt qu'à les reprendre avec une sévérité sèche ; ils feront sentir aux pécheurs toute la grandeur du mal qu'ils ont commis, mais non de manière à leur causer une mauvaise honte, à les resserrer, à intimider leur esprit ; il faut, au contraire, que la parole du confesseur les touche, les aide et les encourage à ouvrir leurs cœurs avec confiance.

Ils éviteront aussi, pendant ce temps, et plus particulièrement pendant l'accusation, les impatiences et autres manifestations de mécontentement, ainsi que toute démonstration capable de fermer les

cœurs (i).

Après la déclaration des péchés, on donnera aux

se tiendront dans le recueillement et dans la plus profonde humilité, à la vue du grand ministère qu'ils exercent. Ils tâcheront de se pénétrer d'une grande défiance d'euxmêmes et de leurs propres lumières, et ne chercheront à discerner les choses et à ne donner des conseils et des paroles de consolation, que dans une grande union à leur adorable Maître et par les lumières de son divin Esprit ; le tout sans contention.

Pour la confession, ils aideront les gens ignorants, les interrogeront, suivant leurs besoins, et leur apprendront a se bien confesser, le .tout avec la plus grande douceur.

Dans leur morale ils ne seront ni trop sévères ni trop

relâchés. Autant que possible, ils professeront tous les

mêmes principes et auront une conduite uniforme au saint

tribunal, aussi bien que dans tout le reste de leur ministère.

(Règle proviloire.)

(i) Ils tâcheront le plus qu'ils pourront de porter les pécheurs à la contrition par l'amour, et s'ils emploient la crainte pour ceux qui ne paraissent pas susceptibles de sentiments d'amour, ce sera toujours en les touchant, en les portant à la confiance et jamais à la rigueur. (Règle provisoire).

pénitents quelques instructions courtes, précises, onctueuses, adaptées à leurs besoins, pour leur servir de règle de conduite.

On ne parlera pas dans le confessionnal des choses étrangères à la confession et à la direction des âmes.

On ne retiendra pas trop longtemps les pénitents, surtout les personnes du sexe, à moins que leurs besoins ne l'exigent absolument. On sera encore plus attentif à cette règle, lorsqu'on apercevra un certain attachement trop humain, soit dans le pénitent, soit dans son propre cœur.

Si les longueurs du pénitent proviennent d'un certain embarras à s'exprimer avec plus de brièveté, on se gardera de le trop presser et de le troubler ; on tâchera alors de l'instruire, avec douceur, sur la manière de s'accuser avec clarté et concision.

Il faut bien se mettre en garde contre un certain mouvement d'amour-propre, qui fait que l'on éprouve du mécontentement quand on se voit abandonné par des pénitents : on doit leur laisser toute liberté de s'adresser à qui ils veulent, et ne jamais leur témoigner la moindre peine, ni la moindre résistance, quand ils usent de cette liberté, à moins qu'on ne voie évidemment, qu'en changeant de confesseur, ils nuiraient gravement au bien de leurs âmes ; et, dans ce cas, il faut examiner devant Dieu jusqu'à quel point on doit s'opposer à leurs désirs, et l'on agira avec prudence et réserve.

On exercera sur soi-même la vigilance la plus grande et la plus assidue, afin de se prémunir contre

la violation du sceau de la confession, en quoi que ce soit et en quelque manière que ce puisse être ; on évitera de parler, même d'une manière vague et générale, de ce qui peut avoir quelque rapport avec les confessions que l'on a entendues, lors même que les personnes présentes ne pourraient avoir aucune connaissance de nos pénitents (i).

On ne doit jamais plaisanter sur ce qui touche le saint tribunal, ni en parler avec légèreté, quand bien même les personnes présentes seraient toutes ecclésiastiques. On doit être encore plus réservé à parler, par amusement et plaisanterie, des personnes que l'on entend en confession, soit en leur présence, soit en leur absence.

(i) Lorsqu'on est obligé de consulter sur une difficulté, on s'y prendra de manière à être bien sûr de ne pas s'exposer au danger même éloigné de révéler des choses qu'on doit tenir cachées.

(Règle provisoire.)

IIe Section : Vie de Communauté CHAPITRE I

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