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CHAPITRE IV

l'obéissance

En quoi consiste la parfaite obéissance.

La parfaite obéissance consiste dans le renoncement à son propre jugement et à sa propre volonté, pour se soumettre avec amour à la sainte volonté de Dieu, manifestée par les règles de la Congrégation et par les Supérieurs.

Les missionnaires doivent obéir non seulement aux principaux Supérieurs, mais encore à tous ceux qui leur sont préposés, dans les charges et les fonctions de la Communauté, ainsi qu'à tous ceux qui ont quelque emploi dans la maison, en ce qui concerne cet emploi, même lorsque le fonctionnaire leur est inférieur dans tout ce qui est en dehors de sa charge.

On obéira au supérieur, dès la première manifestation de sa volonté, de quelque manière qu'elle soit manifestée, et cela, sans réplique ni réflexion.

On obéira, lors même qu'on prévoirait que de cette obéissance il résultera des inconvénients et des difficultés. Dans ce cas toutefois, ondoitproposer ces difficultés avec humilité et modestie, et en même temps avec simplicité et franchise, sans chercher à faire prévaloir son sentiment, et on sera disposé à se soumettre parfaitement à ce qui sera décidé.

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On obéira aux principaux Supérieurs, lors même qu'ils ordonneraient des choses qui seraient contre la Règle ou contre son esprit ; seulement, toutes les fois que cela arrivera, on devra leur faire des représentations, et s'ils persévèrent, on agira selon leurs ordres. Mais, si la contravention à la Règle avait quelque gravité, on devrait instruire le Supérieur général de la Congrégation de l'ordre donné, des représentations faites et de la réponse à ces représentations.

On obéira selon l'esprit et les intentions bien connues dans lesquelles le supérieur aura prescrit la chose commandée, et l'on exécutera ses volontés dans toute leur étendue, même lorsqu'il n'aurait pas dit expressément toutes ses intentions, pourvu que ces intentions non exprimées n'offrent pas d'inconvénients graves.

Soumission d'esprit et de jugement.

La vraie obéissance est non seulement une obéissance de volonté et d'action, mais encore une docilité et une soumission parfaites de l'esprit, évitant avec soin non seulement l'opposition et la dispute, mais encore tout esprit de critique, ainsi que les murmures et les mécontentements. On regardera surtout comme une tentation diabolique l'opposition systématique au Supérieur, quel que soit le motif qui l'inspire.

On se gardera bien aussi de juger son supérieur dans sa conduite, soit dans les choses qui concernent sa charge, soit dans celles qui regardent sa vie privée. On se gardera encore davantage de communiquer aux autres les jugements et les murmures que le démon aura suggérés ;. jamais on ne doit parler de ses supérieurs qu'en bien et de façon à porter les autres au respect et à l'obéissance à leur égard.

Obéissance par rapport aux emplois et fonctions.

Tous doivent être disposés à se rendre là où leur supérieur voudra les envoyer et à accepter les charges qui leur seront données. Cependant on peut représenter au supérieur les raisons qu'on aurait de ne pas se voir chargé d'une fonction, ses craintes, ses goûts et ses dégoûts ; mais ces observations doivent être faites avec docilité et de manière à ne causer aucun embarras au supérieur, pour sa décision, ni à mettre le moindre retard à l'exécution de l'ordre

donné.

Personne ne doit jamais, en dehors de son obédience, entreprendre aucun ministère, sans un ordre de son supérieur; toutes les demandes qui seront faites doivent lui être adressées.

Personne ne fera jamais aucune démarche, ni ne prendra aucun moyen indirect, pour être employé à un ministère ou à une mission quelconque, ni pour rester dans une position, dans l'exercice d'une fonc-

tion, ou pour en être rappelé. On se défiera surtout de toute pensée de quitter un emploi, pour en avoir un plus relevé, sous le prétexte de faire un plus grand bien.

On se contentera en général de faire connaître au supérieur ses goûts, ses répugnances et ses aptitudes, évitant de gêner sa conduite et s'abandonnant avec simplicité à la divine volonté.

Qualités de l'obéissance.

Les membres de la Congrégation obéiront à leurs supérieurs, non comme à des hommes, mais comme à Jésus-Christ qu'ils représentent ; aussi leur obéissance sera sainte, prompte, exacte, humble, douce, simple, pleine d'amour et de contentement.

La pratique de la parfaite obéissance aux supérieurs se manifestera non seulement dans l'exécution des ordres qu'on en recevra, mais encore dans toute la conduite à leur égard.

On se montrera plein de respect envers eux, dans ses paroles, ses actions et toute sa conduite ; cependant ce respect ne doit pas empêcher d'agir à leur égard avec simplicité, franchise et ouverture de cœur ; ce qui doit être l'effet dune affection sainte et cordiale qu'on aura pour eux, comme pour la personne même de Jésus-Christ.

On recevra avec esprit de foi, avec douceur et humilité, les observations et les corrections qui seront faites par les supérieurs, comme on les rece-

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vrait de Jésus-Christ lui-même, et au lieu de se laisser aller au chagrin et au mécontentement contre celui qui les a faites, on aura toujours pour lui la même aftection et la même ouverture de cœur.

Défauts contraires à l'obéissance.

On n'écoutera pas les inspirations de l'amourpropre, qui cherche toujours à s'excuser et à se justifier, même quand on est répréhcnsible. Si on ne l'est pas, on doit, sans scrupule, le dire avec simplicité et modestie, lorsque cela paraît utile à la gloire de Dieu ; mais s'il n'y avait aucune raison de se disculper, on ferait une chose agréable à Dieu, en gardant le silence. Dans tous les cas, on évitera les instances, lorsque l'excuse ne convainc pas en notre

faveur.

On résistera aux impressions de l'orgueil, lorsque, à cause de la présence des personnes du dehors, il cherchera à inspirer une certaine honte de la pratique de la parfaite obéissance. On tachera d'obéir avec autant de fidélité et de perfection au dehors, qu'on le doit faire dans l'intérieur de la Communauté.

Les anciens, ceux qui ont passé par les principales charges, ceux qui ont exécuté de grands travaux pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et, en général, tous ceux qui ont acquis plus d'autorité dans la Congrégation, loin d'être exempts de l'obéissance, doivent la pratiquer au degré le plus parfait,

pour en donner l'exemple aux autres.

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