A M-- SUR SES EPISTRES
Quand je contemple les merveilles De vos agréables Escrits, Où l'amour charme les oi'eilles Des plus polis de nos Esprits; Je dis que si ces belles Ames, Dont ils font revivre les fiâmes, Eussent peint si bien leurs douleurs, Glitie exempte de l'outrage Quelle receut d'un Dieu volage N'eut pas veu le nombre des lleurs.
Didon malgré la destinée
Qui s'opposoit à ses désirs,
Vieillissant avec son Enée,
Eut veu renaislre ses plaisirs.
Ce Cyclope donl l'infortune
Fit tant de fois rire Neptune
De sa Nymphe eust touché le cœur;
Et cette misérable Scille
Qui trahit son père et sa Ville,
Eut triomphé de son vainqueur.
Ainsi sans flater je puis dire
Qu'il n'est point d'Esprit dans les Gieux
Qui pût si vivement décrire
Les soins que donnent deux beaux yeux.
Et qu à ces Ames amoureuses
Les peines les plus rigoureuses
N'ont plus que des charmes bien doux;
Puis qu'au delà de l'Onde noire
Leurs maux leur ont donné la gloire
D'avoir été plaintes de vous-.
i. Rec. de Sercy, Y' p., 1660, sig. H. 2. Rec. de Sercy, IV" p., 1658, sig. II.