‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 3)Chapitre 3 sur 53 · VIII LA FAMILLE DE BLOT · texte numérisé non relu

VIII LA FAMILLE DE BLOT

vigny de Blot, seigneur du Vivier et de Saint-Agoulin, chambellan du duc de Bourbon, marié en 1511 à Françoise Du Gué de Persenat, et Pierre de Chouvigny, seigneur de Nassigny et de Mirebeau, baron de Blot-l' Église, un des cent gentilshommes du roi, marié d'abord le 1" février 1531 à Françoise de Murol, veuve de Gilbert de Chaslus, puis en 1544 à Isabeau de Bourbon-Busset, veuve de La Queuille, furent les auteurs de trois branches.

Du second mariage de Pierre de Chouvigny, auteur de la troisième branche, dite des Blot-l'Église (1), naquit un fils Claude de Chouvigny, baron de Blot-l'Église, marié le 10 mai 1576 à Claude de Veny d'Arbouze, veuve de Claude de Saint-Quentin, qui fut élu député de la noblesse de Basse-Auvergne aux États-Généraux de 1614 (2). Ce Claude eut à soutenir en 1606 un curieux procès contre son cousin Gilbert de Chouvigny, baron de Blot-le-Château, chef de la branche aînée. Celui-ci lui contestait le droit de signer du nom de Blot tout court sans y ajouter celui de l'Église et de porter les armes pleines de la famille.

Claude de Chouvigny, défendeur, répliquait que Jean de Chouvigny, grand-père du plaignant, auquel appartenait le droit de primogéniture, avait répudié la succession de son père Gilbert, et qu'au contraire Pierre de Chouvigny, père du défendeur, s'était acquis ledit droit « et tous les avantages dus au premier pour avoir relevé l'honneur de sa maison en se déclarant héritier pur et simple d'icelle, et en payant

(1) Le château de Blot-l'Église existe encore (alors que celui de Blot-le-Château est en ruines), mais tellement transformé et défiguré qu'il est très difficile de préciser la date de sa construction : il doit être ancien si l'on peut en juger en voyant ses grandes fenêtres autrefois divisées par des meneaux, et en apprenant la démolition d'une petite porte étroite terminée en ogive. Les bâtiments du château et ses dépendances, forment un carré spacieux occupé par la cour d'honneur. Les tours des angles ont été rasées vers 1835 : une nouvelle tour a été récemment construite à l'angle sud-est, faisant pendant à une petite tourelle à encorbellement. Sur cette façade dont les fenêtres ont été élégamment ornées de croix doubles en pierre, on a ouvert une porte et on a placé sur son linteau, sous une ogive moderne, un grand écusson ancien fort intéressant aux armes bien connues des Chouvigny. L'écu est supporté par deux lions d'une très bonne facture, surmonté d'une couronne de comte, et entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel. Ce dernier détail et le style de l'écusson nous permettent de l'attribuer à Claude de Chouvigny, fils de Pierre, qui était en effet chevalier de l'Ordre du roi ou de Saint- Michel, et âgé de 76 ans en 1626. Malheureusement, à la suite de ces divers déplacements, ce joli morceau de sculpture a été mutilé suivant son axe vertical, puis on a enlevé les parties brisées en les égalisant, et on a rapproché les deux morceaux. Il en résulte un écusson trop long pour sa largeur, et la suppression dans la partie centrale de divers motifs du blason, de la couronne et du collier (Du Broc de Segange).

(2) Nous donnons aux Pièces justificatives, le texte de son contrat de mariage et aussi son testament de 1621 suivi d'un codicille daté de 1626. Ces pièces sont conservées au Château d'Avrilly des Chabanne La Palice.

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