‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 105 sur 169 · I,E CHASTEAU DE BISSESTRE · texte numérisé non relu

I,E CHASTEAU DE BISSESTRE

CYII. Revenons dans ce lieu champestre (4), Qui nous rit en esloignement :

Vostre valet, sans compliment!

Auguste Cliasteau de Bissestre (5) ; Les Lutins et les Loups-garous Reviennent-ils tousjours chez vous (6),

(1) Ministre prolestaùt : ses prêches ctaieul si connus, quon l'appelait le minisire à cinq broches, parce que les rôtisseurs de Charentou eu mettaient autant le jour qu'il devait prêcher, au lieu qu'ils n'en mettoienl que deux ou trois quaud quelqu'autre Ministre prèchoit. Il avoit été Ministre à Midelbourj; en Zelande. Ceux qui voudront savoir les principaux événements de la vie de M' Morus n'ont qu'à consulter le Dictionnaire critique de Bayle qui en parle assez au long |P.-I,.).

• (•2) Var. de 1672 : Que le dire est bien avéré.

(.J| Ce vers est celui qui se lit dans l'édition de 1672 ; 166S : Mais quoy qu'on touche ces débits. — Tabl. Ricii.-Maz, 1698 : Mais quoy qu'on tence ces délits. — Il est fait allusion aux mauvaises rumeurs que firent courir les ennemis de Morus. Un distique latin l'accuse d'avoir engrossé la femme de chambre de madame de Saumaise (de Bl.|.

{ \) Ce vers est celui de 1672; 1668 : Révérons ce lieu champestre.

(5) En i632, on bâtit une maison magnifique avec une très belle façade, une très belle chapelle, pour recevoir les soldats estropiés de l'emplacement de l'ancien château dit de Bicêtre bâti par Jean, duc de Berry (de Bl.).

(6) Var. de 171'j : Reviennent-ils encor chez vous.

Faire la nuict leurs diableries ?

Elles Sorciers de suif graissez, N'y traînent-ils plus les voiries, Des pendus et des trespassez (i)?

CVlll. Ils n'ont garde, les pauvres diables, D'y revenir fourrer leurs nez (2), Depuis que vous emprisonnez Les caimands, et les misérables (3) ; Depuis qu'on vous nomme hospital, 11 n'en est point d'assez brutal, Qui l'ait osé choisir pour giste (4) : 0 merveilleuse nouveauté !

Ce qu'on n'a peu par l'eau-beniste, On l'a fait par la pauvreté,

CIX. Tous vos gros gueux en sont bien aises : Jamais ils n'ont eu si bon temps ; Ils vivent là gays et contents.

Comme des Mecenas d'Ephèses (5). .

Pour moy, dans ce pays blessé, Je croy que tout est renversé :

Qui vit jamais telles manières Dans les autres Estats Royaux?

Les Roys sont-ils dans des chaumières, Et les gueux dedans des chasteaux (6)?

(i) Il faut voir dans la Topographie française de Chatillon, l'aspect sinistre et imposant que présentaient les ruines de l'ancien château de Bicêtre en i633 : ces ruines servaient d'asile à une multitude de malfaiteurs, de j^ens sans aveu, qui avaient intérêt à faire croire que c'était un repaire de spectres et de démous (P. L.).

{1) Var. de 1672 : D'y venir remettre leurs nez.

(3) Id. : Les garnemens et misérables. — Caimands, c'est-à-dire mendiants.

(4) Var. de 167a : Qui l'ait esté choisir pour giste. — 1713 : (Jui vous ait choisi pour son giste.

(5) Ce vers est celui de 1672 ; 1668: Comme des moines de thèses. — I7i3: Comme des matrones d'Ephèse. — P. Lacroi.\a improvisé un vers : Comme des moines de Foutaises. — Les Ephésicns, en général, éloicntfort voluptueux et effiérainés, jusqu'à établir une loi qui disoit IS'eino iioslriim frugi cslo, aliàs cum altis ejiciatur. Le premier qui passa par la rigueur de cette loi, fut le célèbre pJUilosophe Hermodorus qu'ils exilèrent parce qu'il vivoit pins sobrement qu'aux (de BL).

(6) Var. de 1672 : Les nobles sont dans les chaumières \ Icy les gueux

ex. Mais quel caprice nous tiansportt* A la campagne sans besoin ?

Nous allons chercher Dieu bien loin, El nous l'avons à nostie porte :

Ce promenoir (i) qui sert de jeu, Attend qu'on le caresse un peu ; On dit qu'il n'en est pas indigne, Kt que d'arbres estant levestu {-a).

Il seroit droit comuje une ligne, S'il estoit un peu moins tortu.

CXI. Sur mon âme! la chose est vraye. Où diable avois-je mon esprit?

Est-il quelqu'un qui ne le prit Pour un petit bois de lutaye .' Si j'avois un peu de loisir, .le voudrois avoir le plaisir D'y faire un moment d'exercice ; Ce sera, s'il plaist au bon Dieu, Pour demain, après le service :

Il faut tout faire en temps et lieu.

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