‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 121 sur 169 · XXIII. Voilà de quoy la ville est pleine · texte numérisé non relu

XXIII. Voilà de quoy la ville est pleine

Ce que l'on rencontre en tous lieux;

Voilà ce qui choque mes yeux.

Et qui fait l'objet de ma haine :

Tout cela jusques à la nuit

Fait par les rues un tel bruit.

Que c'est un pur Enfer où l'on souffre martyre :

Pour moy je conviens avec eux

Qu'ils ont quelque raison de dire

Qu'il n'est que Madrid et les Cieux (3).

(i) Les Courtisanes ou Femmes de joie (de Bl.K

(a) Archers et sergents (de Bl.l. . ^. ., , • . j„ i;^„

3 Proverbe espagnol, pour dire qu'après es Ceux .1 ny .. pomt de l..u plus agréable que Madrid; mais lauteur qui 1^. -^-«^^^ j'"^^' ^°°'"^ "" Enfer, entend le proverbe dune manière toute différente (de Bl I.

XXIV. Mais vous, o Ville de village (i), Examinons vos raretés, Toutes Vos singularités

Sont tlignes tl'anuiser un page :

L'on n'y voit pas un seul traiteur,

Pas mesme un chétif rôtisseur,

Et la plus grande encor de toutes les surprises :

C'est qu'au détriment du jarret

L'on y visite cent Eglises,

Et pas un pauvre cabaret (2) !

XXV. Palais (3) où deux cens Scaramouches Vont (iure au Roy le pied de veau, Quiconque peut vous trouver beau

Se sert de bezicles bien louches :

Ah! quel parfum d'aulx et d'oignons

Exhalent tous ces beaux mignons

Qui font l'amour en l'air à ces laides soubrettes (4),

Et parlant des doigts et des mains

Semblent toucher des epinettes,

Ou d'invisibles clavessins.

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