XXXV. Icy se gobe la fumée
Des l\)lili(jucs raffinés;
Que ces lacjuins sont bazanés,
Kt qu'ils ont la mine aflamée!
C'est icy que le savetier (2)
Oubliant quel est son métier
\ ient faire en se quarrant l'homme de conséquence
Et parlant d'allaires d'Etat,
Veut lél'ormer par sa prudence
Le Ministre et le Potentat,
\XX\ 1. Mais voilà cinq heures sonnées,
11 est temps d'aller au Corral (i) ;
Sommes-nous donc au carnaval
l^our voir ces masques assemblées (4) ?
Que ce Théâtre est saugrenu!
Que ce boufion est ingénu (5j,
Qu'il pousse sottement une sale hyperbole
Ce n'est qu'un impudent coquin
Qui mériteroit qu'une gaule
Euy repassât son marroquin.
{ I ) Charles V que les espagnols appellent El Cavaliero Andante, c'esl-à-dire I<: Chevalier errant. La pension qu'il s'éloit réservée en abdiquant ses États, lui fut si mal payée deux ans avant sa mon, qu'il manquoit sauvent du nécessaire (de Bl).
(i) Il n'y 9 personne à Madrid (pas même les savetiers et les porteurs d'eau) qui ne se piqiie d'entendre la Politique à fond (de Bl.).
(3) On appelle ainsi à Madrid les deux endroits où l'on joue la comédie. Les théâtres ne sont pas plus beaux que ceux des Bateleurs de Paris.
(4l II y a dans un coin du Corral un petit échat'aud en amphithéâtre, qu'on nomme Kl Ilnrno, c'est-à-dire le Four, où les Femmes de joie se placent ensemble, et il y en a toujours plus de deux cens à la fois (de Bl.).
(5) C'est un des acteurs qu'ils appellent El Gracioso, et qui i r£ndroit de la pièce le plus tragique, vient dire cent sottises pour faire rire les specta^ leurs (de Bl.)
MADRID HIDICULB 181
XXXVIl. Sortons de ce Iripot infâme,
Tournons vers la Plara Major (i),
Nous y serons h temps encoi-
Pour V voir passer mainte lame :
Que ces Rodri^ues sont fongueux!
Nos Gascons sont bien plus fins qu'eux,
Ils font en temps et lieu peter la gasconade :
Mais, diantre, ils ne sont pas si veaux
De s'aller, par pure boutade,
Faire esventrer par des taureaux.