XXXVIII. Tu-Dieu ce n'est point raillerie
Dom Diègue a brisé son Lançon (2),
Et l'animal dedans l'arçon
Luy met ses cornes, de furie :
Voilà le cheval écrasé,
Le Sehor en est renversé.
Le taureau mugissant le prend par la croupière;
Et malgré sa dague et son fer.
D'une espouvantable manière
Le fait pirouëter en l'air.
XXXIX. Ces Morisques sont pleins de rage, En voilà desjà trois de morts; II faut avoir le diable au corps Pour s'exposer à ce carnage :
La canaille n'en pleure pas Pourveu qu'on mette taureaux bas!
Car dans taureaux occis elle aura de quoy frire ^.^i Pour voir tant de gens échinés Ces Marauts ne s'en font que rire.
Et n'en sont pas plus étonnés.
(i) C est la grande Place de Madrid, où se font les rombals do •annaux (de Bl.). . . ...
(2) C'est ainsi qu'ils appellent une espèce de demi-piqne avec quoi ils attaquent les taureaux avant que de mettre l'epoe à la main (de Bl. .
(3) Tous les taureaux qu on tuë dans la lice sont pour 1« populace qu, on fait ses choux gras (de Bl.).
XL. C est ds&ez veu de choses rares Retirons-nous à notre Estait; Ah! j'entens nieler le boyau.
Kl jurer cinq ou six guitares !
Marchons un peu plus doucement, Ou bien arrestons un moment Pour entendre ii loisir \n belle sérénade : Mais une exécrable Duegna M'a tout couvert de marmelade En me criant un Ai(na'{>a [\'\.
XIJ. Ah ! parbieu c'est de la plus fine Qui puisse saisir l'odorat!
Que Belsebtit sur son grabat Puisse enfiler la gourgandine !
La Chienne m'a tout empesté.
Et mon habit passcmenté D'une façon nouvelle et de la plus complète : .le croy, qu'ayrlé de Lucifer, Ce monstre a pris celle civette Dans les latrines de l'Enfer.
XLII. Mais. Muse, gaignuns la guérite Sans aller chez l'Ambassadeur, H riroit de nostre malheur S'il nous voyoit courir si vile :
Bon, nous voicy chez un ami; Un valel n'ouvre qu'à demi Qui me dit de Rébus une ample kiiielle : n me prend pour un Gadoùard (;^ui vient rallumer .sa chandelle Que le vent éteint par hazavd.
XI>III, Kcvcnu de celte surprise.
Il me reconnoit, ii la fin : Il s'informe de mon destin.
Moi je veux changer d«> cliemise :
(i) L cbi-à-diie Gare l'eau; inai> tes iiicchaiitcs vieilles ne crient bien sOiÉveiil nn'ai.rcs ;ivoir jetio leur potéo sur qtjiriqu'un (de Bl.).
Le cœur bondit à deux garçons ;
Le Maistre vient en calleçons,
La flarnberge à la main, la dague sous l'aissrlle :
Mais il sent Tanibre en un moment
Dont la Vieille sempiternelle
M'a parfumé si proprement.
XLIV. D'abord il rit de Tadranture, Et n'osant me joindre de près Il ordonne à tous ses valets 'D'aller dégraisser ma figure :
Ils me conduisent dans un bain Où je me couche tout soudain
Commeunpourceaubourbeuxse couche dansson auge: Puis m'ayant lessivé la peau, Ils m'apportent de l'eau de sauge Pour desbarbouiller mon museau.