‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 18 sur 169 · LA VIE DK CLAUDE LE PETIT XXIX · texte numérisé non relu

LA VIE DK CLAUDE LE PETIT XXIX

inier acte — son père n'étant guère disposé ii lui ouvrir sa bourse — est un appel pressant à la générosité de Mazarin :

Ciel, enfin donc mes maux ne finiront jamais, Criois-je l'autre jour, frappant du pied en terre, Le malheureux François doit-il seul estre en guerre, Lors que toute l'Europe est au sein de la Paix !

La France par hazard entendit ces regrets, Et s'approchant de irioy d'un transport volontaire, Elle me dit ces mots pleins d'un secret mystère, Dont tous mes désespoirs restèrent satisfaits.

Du cours de ces malheurs ne crains rien de sinistre, Va, dit-elle, mon fils, trouver mon Grand Ministre, Pour qui la Renommée a redoublé son vol.

Si ce Héros Romain, dont l'âme peu commune,

A pu faire ma Paix avecque l'Espagnol,

11 fera bien la tienne avecque la Fortune r).

L'avarice était un des défauts du Cardinal, il n'eut pas cependant le loisir de refuser à son quémandeur, la mort l'emportait le 6 mars. Notre libertin lui a gardé rancune de sa disparition intempestive en réservant deux épitaphes à sa mémoire ; sans en connaître le texte nous affirmons qu'elles trahissaient son dépit (a). Sa méchante humeur réveille sa bile, il achève un petit poème sur la capitale commencé depuis longtemps à l'imitation de la Rome ridi-

ou dans les premiers jours de novembre 1657. En etfet, Claude signe la Muse de la Cour du -28 octobre 1657, et il est de retour en France avant la mort de Mazarin, 6 mars 1661, ce qui donne iiu maximum i ans et 5 mois.

(i) Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes, t. II, 1667, p. i58, n. s.

fa) Peut-être sont-celes deux épitaphes suivantes du Ms. 126J8 de laB. N. '

Icy dessous gist Mazarin Enfin s'il est vray ce qu'on dit,

Qui plus adroit que Tabarin, L'Avarice eut tant de crédit

Par ses ruses dupa la France, Dans son cœur insatiable,

Il eut éternisé son sort, Qu'afin d'acquérir plus de bien

Si par finesse ou par finance S'il n'eut donné son âme au diable

Il avoit pu duper la mort. Il n'auroit jamais donné rien I

Autre épilaphe.

Cy gist ce grand pilier d'Église.

Qui nous a mis tous en chemise Mais s'il eut plus longtemps vécu Il nous eut fait montrer le eu.

Les deux épitaphes sur Mazarin ligurenl à la laLlo du /lordel des Muses.

Page 1