‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 17 sur 169 · XXVIII LA VIK DE CLAUDE LE PETIT · texte numérisé non relu

XXVIII LA VIK DE CLAUDE LE PETIT

en Bohème quand il reçut l'avis d'un ami de l*aiis, de son pcre ou de son frère, que son affaire de meurtre avait été classée. Mais lîj-bas, comme partout, il souffrait du manque d'argent, aussi interpelle-t-il Phébus lui demandant do transformer ses vers en pistoles d'Espagne :

Voy quels sont les hazards qu'on court en voyageant, Et si c'est sans sujet que ma Muse en blasphème : On m'appelle à Paris du fond de la Bohème, Il faut que je m'en aille, et je n'ay point d'argent.

Ne m'abandonne pas à mon stu't outrageant, 'f'i'ouve un dernier remède à ce malheur extrême, Et soit par manigance, ou bien par stratagème, Phébus, assiste-moy dans ce péril urgent.

S'il est vray que tu change à ton gré toutes choses, Des ans et des saisons les effets et les causes, Le métal dans la terre, et l'atome dans l'air :

•Si la même puissance aujourd'huy t'accompagne,

Ou change le dessein que j'ay de m'en aller,

Ou bien change ces vers on pislolcs d'Espagne f i).

Après la Bohème il parcourut l'Allemagne où il laissa deux bons amis, Christien Wolfang, gentilhomme et maître d'hostel de Son Altesse Mgr le prince de Sulzbach, et le baron de Schildebek (ce dernier a réimprimé le Bordel des Muses). Il gagna ensuite la Hollande, le pays si accueillant aux réfugiés français. Est-ce à la générosité de quelques-uns d'entre eux qu'il dut de s'embarquer pour gagner l'Angleterre et, après avoir visité Londres, de pouvoir rentrer définitivement dans sa patrie? C'est à supposer.

Quoi qu'il en soit, au mois de février 1661, Claude arrive i» Paris après une absence de trois années et demie environ (2), son pre-

(i) Becueil de queUjues pièces nouvelles et ^(ilantet, tHi]! , t. Il, p. i)6, sig. C. Petit. Le Conservateur..., mars 1738, p. 207.

'ui Dans l'Advis du Traducteur au Lecteur de l'Escole de l' Interest, Claude I>e Petit dit : « Je l'ay fait en me divertissant de l'occupation sérieuse d'une plus grande que j'ay commencée dès Madrid, continuée dans mes voyages d'Espagne, ri Italie, d'All'magno et d*,- Hollande, et que j'aclièveray sans doute en peu de jours icy, estant maintenant pacifique et sédentaire [dus que je n'ay esté depuis cjualre ans ». En précisant f/iiatre ans il y a de sa pari une exagération évidente, mais c'est pour masquer l'ay^ai/e du Frérol qui a dû avoir lieu fin octobre

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