‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 4)Chapitre 22 sur 169 · A XX II L\ VIK DE CLAUDK LE PETIT · texte numérisé non relu

A XX II L\ VIK DE CLAUDK LE PETIT

Est-ce aiiii que chacun contemple Son bon ménage ou son orgueil ?

Ou n'est-ce point pour lui le Temple Aussi bien comme le Cercueil ?

Nous pourrions multiplier nos citations.

Cliuide ne se souviendra de souJ^i/is ridicule qu'au jour fatal où il le comprendra dans Le Bordel des Muses.

Notre libertin avait profité de ses voyages en bien et en mal. Il parlait et écrivait ii merveille les langues espagnole et italienne, leurs littératures lui étaient devenues familières. Par contre, déjà dénué de sens moral, il avait rapporté, surtout d'Italie, une grande liberté d'expression et un déplorable penchant à l'impiété. Il savait dissimuler et mentir. Ses manières et son esprit le rendaient sympathique et auraient assuré son avenir s'il eut tenté de refréner ses passions et de réformer ses mœurs.

Le premier soin de Claude Le Petit fut de rechercher ses anciens amis tels que Pierre Du Pelletier (i). Aimant la musique on le vit fréfjuonter « tous les jeudis les concerts d'un sieur Vignon, inventeur d'un angélique instrument, participant du luth et du théorbe ». 11 y rencontra des jeunes gens comme lui : Edme Boursault (24 ans), l'élève de Des Barreaux (2), le journaliste de Vizé (aa ans), futur éditeur du Mercure galant, Jean Rou (^4 îms), Joli de Lourdines, sans compter l'irascible grammairien Richelet (3i ans), le galant poète Mathieu de Monlreuil (42 ans) (3) et plu-

(i) Pierro Du Pelletier, né à Paris en 1610, mort en 1668. Dans la seconde période de sa vie, ce brave homme qui aimait la poésie, faisait des vers par goût et aussi pour vivre, il avait la spécialité des poésies cncomiastiques. Jamais il n'a mendié son pain comme l'a laissé croire Boileau en substituant son nom à celui de fiuillauuie Colletct (voir l'article de la lievue d'histoire littéraire de la France, ujifi : Boileau et CoUatet).

Richelet lui a consacré une notice intércssaute : Particularités de la vie des auteurs français qui ont écrit des lettres en tête de : f.es plus belles lettres françaises, t. T., 1691). Consulter aussi \n Bibliographie des recueils de poésies du XVII' siècle.

(-i) K<lme Boursault, né en i638, mort en 1701, célèbre par ses démêlés avec Boileau et Molière ; on a de lui des comédies satiriques : La Satire des Satires (contre Boileau) ; le Mercure galant ou la Comédie sans titre (contre de Vizé), Esope à la Cour, etc.

(3) Jean Donneau de Vizé, né à Paris en 1640, mort en 1710, auteur de la Soirée des Auberf^es, de pièces de théâtre, etc., était un des ennemis de Molière et des amis de l'abbé Colin ; il devait épouser, en 1671, Anne Picon, (llle de Robert Picon, peintre et valet de chambre du roi.

Jean Rou, né en i638, mort en 171 1, avocat au Parlement <lt' Paris, secré-

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